ZONE LIBRE Le reportage de Zone Libre en février 2002 porte à nous faire réfléchir sur l'avenir du suicide au Québec. Je voudrais inscrire un peu ce reportage sur cette page car je crois dans le fond de mon coeur que quelque chose doit être fait. Plus nous en parlons, plus de chances nous avons de sauver des personnes.
FÉVRIER 2002
Il y a deux fois plus de suicides au Québec que de morts associés aux accidents de la route.
On consacre beaucoup plus de moyens pour améliorer la sécurité sur nos routes que pour lutter contre le suicide.
Nos campagnes de sécurité routières sont même, tellement efficaces, quelles servent de modèle ailleurs dans le monde. En 20 ans, de 1977 à 1997, ils ont réduis de plus de 76% de mortalités sur les routes au Québec. Qu'est-ce qu'on attend pour en faire autant dans le cas des suicides ?
Nous manquons de moyens Les taux de suicide :
Nous nous situons en troisième position mondiale pour le taux le plus élevé de suicides.
La Hongrie
La Finlande
Le Québec
Autriche
France
Danemark
Belgique
Canada
Norvège
États Unis
Australie
Suède
Allemagne
Islande
Japon
Israël
Royaume-Unit
Pays-Bas
EspagneLe suicide est devenu la première cause de décès chez les moins de 40 ans. C'est un véritable fléau qui touche d'abord les jeunes hommes. La situation ne s'améliore pas. Ils étaient 106 des jeunes de 10 à 19 ans en 1999. Malgré ces statistiques affolant, le gouvernement du Québec semble s'attaquer à d'autres maux, comme l'alcool au volant. Des barrages routiers sont fait. Tous ces efforts sont visés à dissuader les 2% des conducteurs qui prennent le volant la nuit avec les facultés affaiblies.
Dans les derniers 10 ans, la société d'assurance automobile du Québec a investi plus de 18 millions dans la lutte contre l'alcool au volant avec des résultats spectaculaires. Les accidents ont diminué de 44% durant cette période.
Le Québec a dépensé l'année dernière, plus de 1.6 millions de dollars en publicité pour prévenir les accidents de la route. 30 milles dollars seulement pour s'attaquer au suicide. Pourtant la route fait beaucoup moins de victimes.
782 décès sur la route contre 1527 suicides
Voici les faits : En 1975, 1983 décès d'accidents de la route.
En 1999, 762 décès d'accidents de la route.
La publicité en valait la peine.En 1975, 582 décès du au suicide.
En 1999, 1549 décès du au suicide.
PEUT-ÊTRE QUE DE LA PUBILICITÉ EN VAUDRAIS LA PEINE !En 1997 c'est le coroner Pierre gagné qui a enquêté sur les suicides en série à Quaticook. Spécialiste reconnu, le suicide et auteur de vastes études sur le suicide chez les adolescents. Le coroner en a marre de compter les morts. Il suggère maintenant une audacieuse campagne de publicité à fin de contrer la banalisation du suicide. Si on démontrait ce que cela à l'air quelqu'un qui est pendu... ce qui est la forme privilégiée des adolescents qui se suicide ! Si on leur montrait qu'est-ce que c'est que quelqu'un qui s'est mis une carabine de haut calibre dans la bouche, je pense que ça enlèverais cette image romantique; que l'on décède et après la vie continue et ceux laissés derrière vont venir le rejoindre.
Le coroner Gagné propose d'utiliser la solide expertise développé par la société assurance automobile du Québec. Il insiste pour repousser la fatalité tout comme le fait Claude Dussault, le chef de la stratégie en sécurité routière.
En fin de journée, il y aura 4 personnes qui se seront enlevé la vie et 80 vont y avoir songé.
En Angleterre la loi limite à 2 paquets l'accès aux médicaments comme l'acétaminophène (tylenol) et l'aspirine. Cela a sauvé 45 vies en 1 an. Aux États-Unis ils vendent des formats géants de 2 bouteilles à 500 comprimées chaque bouteille.
Au Québec, il n'y a pas de limites et l'équipe de Zone Libre a pu acheter sans se faire questionner, 580 comprimés et 168 paquets de ces substances.Nous sommes le gouvernement en Amérique du Nord qui met le plus d'argent pour traiter, prévenir le jeu pathologique. Il à fait 20 victimes cette année.
Certaines régions du Québec n'ont plus de services après 17h00 heures, comme à Sherbrook. Le gouvernement ne voie pas l'utilité d'avoir une ressource téléphonique après les heures de travail. L'intervenante disais à la télévision, qu'elle se souvenait d'un message d'une personne en crise et qui c'est suicidé car personne n'étais au bout du fil cette nuit là !
UN MUSICIEN Le suicide d'un compositeur c'est aussi de la musique que l'on n'entendra jamais, comme celle composée par Laurent Boucher, joueur de trombone, récipiendaire de la médaille du gouverneur général, étudiant brillant, issue du conservatoire de Trois-Rivière et qui avait poursuivi ses études, à l'université McGill. À l'âge de 22 ans après s'être heurté à un système de santé incapable de le soigner, le musicien s'est tût.
3 mois avant son suicide, il avait manifesté clairement à ses parents, ses états d'âmes, son intention et de la manière dont il le ferait. Devant cela, ses parents ont eu une réaction violente et ils sont restés démunis devant ça ! Catastrophés, ses parents réagissent vite et lui trouvent une psychologue. Après 3 semaines de traitements, la thérapeute juge la situation assez grave pour l'accompagner à l'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières.
Les parents constatent alors que le filet tendu pour attraper les suicidaires ont pleins de trous. Arrivé à l'hôpital vers 20h00, on le garde pour la nuit car l'hôpital n'a aucuns psychiatres en devoirs. Après de longues heures d'attentes, il quitte son lit pour aller fumer une cigarette à l'extérieur. Les infirmiers s'aperçoivent que la civière est vide. Ils appellent la sécurité, la police et après les parents dans le beau milieu de la nuit pour leur demander où était leur fils. Les parents sont consternés que son fils est en danger de mort et il n'y a pas de ressources d'urgences.
Il est transféré au pavillon Ste-Marie, au département psychiatrique. Il va devoir encore attendre, car pour son plus grand malheur, il y a pénurie de médecins en Mauricie. Il n'y a que 2 psychiatres à ce département pour desservir 200,000 personnes.
La Mauricie est une région record pour les suicides entre 15-19 ans. Ce n'est qu'après 12 heures, après son entrée au pavillon que Laurent rencontre un psychiatre itinérant. La rencontre ne dure qu'une dizaine de minutes, sa mère attend dans le couloir. Elle est consternée d'apprendre que le psychiatre lui a dit de continuer de voir son psychologue et de respirer par le nez.
Après cette visite à l'hôpital, Laurent reprend ses études à l'université.
Le 29 septembre il s'ouvre les veines. On lui donne 2 prescriptions et on le renvoi chez lui.
Laurent se suicide le 23 octobre 1999.
Au cours des 25 dernières années, 30,000 personnes se sont suicidées.site créé par: Isabelle ![]()
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