Quelles sont les répercussions sur la famille?
Pourquoi la violence se produit-elle?
Changements dans la structure de la famille
Histoire de la violence
Représentation des sexes et violence envers les femmes
Rôle des écoles
Drogues et alcool



Quelles sont les répercussions sur la famille?

Les parents

Dénégation

Tous les parents victimes de violence passent par toute une gamme d'émotions : peur de leurs adolescents, crainte pour la sécurité de leurs enfants, et culpabilité de porter plainte auprès de la police pour voies de fait. La plupart des parents ont de la difficulté à reconnaître que leur enfant pourrait être violent envers eux et peuvent souvent avoir tendance à nier le problème :

Échec, honte et reproches

De nombreux parents se sentent déprimés et honteux de n'avoir su créer une famille heureuse. Ils remettent en question leurs capacités d'être parents, se torturent en pensant à leurs erreurs et commencent à se sentir comme des ratés. Les femmes, en particulier, craignent toujours de ne pas répondre aux exigences de la société et d'être traitées de mauvaises mères :

Dans notre société, on ne prend pas collectivement la responsabilité de nos enfants. Même si les parents jouent à coup sûr un rôle important dans l'évolu-tion de leurs enfants, ce sont habituellement eux qui sont blâmés pour tout ce qui ne va pas. Ces parents, ainsi que tout le monde, acceptent cette croyance et prennent souvent l'entière responsabilité des actions de leurs enfants violents. C'est mon enfant. On invente des excuses, on ne voit pas vraiment ce que c'est.
Je me sens punie. C'est comme si toutes les erreurs que j'ai commises au cours de ma vie de parent revenaient me hanter.

Mme Anne-Marie Ambert remet en question cette perspective étroite de la relation parent-enfant :
Remettre en question cette croyance peut être une perspective bienfaisante pour les parents, en particulier pour ceux qui sont écrasés sous le poids de la culpabilité et de la honte à cause des actions de leurs enfants. Cette croyance ne tient pas compte des répercussions des autres influences sociales qui font partie de la vie de l'enfant et impose aux parents une charge de responsabilités insoutenable. Lorsqu'ils demandent de l'aide, ils sont souvent blâmés. Comme ils se sentent blâmés et seuls responsables de la situation, il est parfois difficile pour les parents d'accueillir des suggestions positives et utiles pour changer leur comportement, et de considérer celles-ci comme des solutions possibles aux difficultés éprouvées avec leurs enfants :

Le public considère encore les parents comme la première, et souvent la seule, source d'influence de leurs enfants. Même si les parents perçoivent que les autres adolescents peuvent jouer un rôle très important, ils continuent de se blâmer lorsque les jeunes souffrent des répercussions de l'influence nuisible des autres adolescents de leurs groupes de pairs.

C'est si difficile de demander de l'aide, parce que vous ne voulez pas vous définir comme un raté. Vous ne voulez pas admettre que vous n'avez pas réussi avec cet enfant. Tous les adultes font l'éducation de la prochaine génération. Et les membres de la collectivité - notamment les voisins, les proches, les professeurs, les ministres, les travailleurs sociaux et les services de police - tous partagent la responsabilité de ce qui arrive à nos enfants.

Désespoir et isolement

En plus de se sentir seuls responsables, les parents se sentent souvent isolés et non appuyés. Ils sont désespérés et désemparés, parce qu'ils sont incapables de gérer la situation, soit en raison du danger physique ou de leur propre confusion. Le fait d'être désespéré, parce que la vie de famille n'est pas harmonieuse, et de se sentir isolé dans cette situation rend le changement encore plus difficile. L'expérience vécue par des parents victimes de violence psychologique est aussi déroutante et destructrice pour l'âme que la violence physique.

Relations tendues

Le comportement violent des adolescents mène souvent à des disputes entre les adultes de la maison sur la façon dont les enfants devraient être disciplinés. De telles tensions réduisent le temps de qualité que les adultes passent ensemble. Dans de nombreux cas, la relation de couple est mise à l'épreuve et il arrive même que des couples se séparent en raison du comportement de l'adolescent :

Les plus grands obstacles au changement sont le désespoir que vivent les parents violentés et l'inertie qui découle de leur désespoir. Les parents d'adolescents violents semblent être, ou bien paralysés dans une stupeur indifférente, ou amenés à avoir un ensemble de réactions traditionnelles au cours duquel ils s'emportent en vain contre la tyrannie de leurs enfants.

Une distance s'est creusée entre ma femme et moi. Je devais décider entre être un père ou un mari. Je n'arrivais pas à considérer mon enfant responsable de la situation - quand j'arrivais à la maison, ma fille était toujours tranquille et docile, alors que ma femme était en colère.

Confiance

Presque tous les parents victimes de violence se sentent incapables de faire confiance à leurs adolescents, en particulier lorsqu'ils les laissent seuls à la maison. L'incertitude quant à ce qu'ils vont trouver au retour ne cesse de les préoccuper. Certains se demandent si leur enfant sera à la maison, ou si la maison et leurs biens seront encore intacts, tandis que d'autres appréhendent le seul fait d'avoir à traiter avec leur adolescent :

Santé

Le stress de s'occuper d'un adolescent violent peut avoir des répercussions négatives sur la santé des parents, aggravant parfois certains problèmes ou en causant de nouveaux. Un certain nombre de parents ont avoué avoir recours à des médicaments sur ordonnance pour les aider à supporter les tensions et le stress causés par la situation. Certains parents se sont aussi tournés vers l'alcool et les drogues pour les aider à s'en sortir.

Le stress de s'occuper d'un adolescent violent peut avoir des répercussions négatives sur la santé des parents, aggravant parfois certains problèmes ou en causant de nouveaux. Un certain nombre de parents ont avoué avoir recours à des médicaments sur ordonnance pour les aider à supporter les tensions et le stress causés par la situation. Certains parents se sont aussi tournés vers l'alcool et les drogues pour les aider à s'en sortir.

Perte

Lorsque l'adolescent doit quitter la maison, certains membres de la famille vivent un fort sentiment de perte : pour les enfants, celle d'un frère ou d'une soeur, et pour les parents, celle de leur enfant. Ils ont également à faire le deuil d'une famille unie. Cette expérience est particulièrement traumatisante lorsque l'adolescent est l'enfant unique d'une famille monoparentale. Dans certains cas, lorsque l'adolescent a lui-même un enfant, les parents ne perdent pas seulement le contact avec leur enfant, mais aussi avec leur petit-enfant.

Frères et sœurs

Le comportement violent des adolescents affecte les autres enfants de la maison et les parents craignent pour leur sécurité. Certains parents sont préoccupés par le fait que les activités dangereuses des adolescents (drogues, alcool, prostitution) affectent les autres enfants de la maison et comportent des risques pour le reste de la famille. De plus, comme les parents se concentrent plus sur leur adolescent violent, il leur reste souvent peu de temps et d'énergie à consacrer aux autres enfants. Des parents ont avoué que les enfants ainsi ignorés passent parfois à l'acte pour attirer l'attention ou deviennent déprimés. C'était tellement grave qu'il me faisait plaisir d'aller travailler et que je craignais le retour à la maison. Ma première crainte était qu'elle n'y soit pas, et la seconde, qu'elle y soit. En retournant à la maison en autobus, je me demandais ce qu'elle allait faire au cours de la soirée pour me blesser.

Autres relations

Les relations des parents et des enfants avec les amis et les membres de la famille élargie peuvent être compromises par la violence. Les adolescents manipulent aussi les autres membres de la famille pour leur faire croire que cette violence est la faute des parents :

Milieu de travail

Le stress de la gestion d'une situation de violence s'étend au-delà de la maison. Les parents apportent leurs préoccupations et leur anxiété au travail. Les parents dont les adolescents manquent l'école ou sont en fugue, peuvent avoir de la difficulté à se concentrer au travail. Ils sont préoccupés, se demandent où est leur adolescent, s'il a des problèmes ou s'il est en danger; ces préoccupations peuvent générer de l'anxiété face à leur emploi et même à la sécurité de leur emploi. Certains parents s'inquiètent aussi du nombre d'appels qu'ils reçoivent au travail concernant leur adolescent, ainsi que du nombre de fois qu'ils ont dû s'absenter du travail pour des situations d'urgence ou pour se présenter devant un tribunal. Les coûts du counselling pour la famille causent des tensions financières supplémentaires lorsque les services publics sont inadéquats ou inexistants; il est donc encore plus important que les parents conservent leur emploi. Elle disait à son père que je lui avais fait des choses, puis elle appelait ma soeur et ma mère et leur racontait des choses que je n'avais même pas faites. Elle a lentement miné ma relation avec ma mère.

Pourquoi la violence se produit-elle?

Il n'y a pas d'explication définitive à la violence à l'égard des parents; en fait, il y a une multitude de dynamiques qui contribuent au comportement violent. Toutefois, on a cerné plusieurs facteurs qui y contribuent.

Dynamiques de la famille

Autorité parentale

Les familles ont besoin d'une structure et d'un leadership clairs. Les parents ont besoin de savoir comment être responsables, réaliser qu'ils ont le droit d'établir des limites et de dire " Ici, c'est ma maison et tu n'as pas le droit d'agir ainsi ". Ils ont parfois peur de perdre l'amour de leurs adolescents en appliquant des règles et des normes de comportement. Parfois, les parents ont tellement peur qu'ils laissent l'adolescent mener le foyer afin d'éviter tout affrontement. Lorsque les adolescents sentent qu'ils ont le pouvoir, ils agissent parce qu'ils ne se sentent pas en sécurité. Les tâches développementales de l'adoles-cent sont particulièrement complexes et peuvent être difficiles. Pour la majorité, avoir le pouvoir sur ses parents représente un fardeau de plus.

Appliquer les règles

Il est normal pour les adolescents de vivre une phase de " je déteste tes règles ", mais le rôle des parents est de tenir la bride haute à l'enfant et de lui imposer des règles. Parfois, les tentatives des parents pour appliquer des règles dans la maison fonctionnent. Cependant, certains enfants deviennent encore plus violents et refusent de suivre les règles lorsque les parents leur font clairement comprendre que leur comportement est inacceptable et qu'ils imposent les conséquences nécessaires :

Changements dans la structure de la famille

Dans les cas où les parents sont séparés, il arrive que l'enfant éprouve du ressentiment à l'égard du parent avec lequel il vit (généralement la mère), parce qu'il a changé de maison, de collectivité,d'école, d'amis ou de mode de vie. Lorsque le père ou la mère a un nouveau conjoint, les adolescents sont parfois jaloux, se sentant délaissés. Lorsque la mère est chef de famille monoparentale, il arrive que l'adolescent se défoule de sa colère et de ses frustrations sur elle simplement parce qu'elle est là. Lorsqu'on a demandé à une adolescente pourquoi elle était violente envers sa mère, elle a répondu : " Parce que je n'ai personne d'autre ".

Isolement social

Les adolescents de culture nord-américaine peuvent se sentir isolés et exclus de la famille, de l'école et de la société. Le sentiment d'aliénation ne mène pas la plupart des jeunes à la violence et n'est pas l'unique fondement du comportement violent d'un adolescent; mais il existe peut-être un lien entre l'isolement et l'agressivité des adolescents. Les pressions de la vie moderne, relatives au travail et aux finances, causent des tensions et des problèmes supplémentaires à la famille, ne laissant que peu de temps aux parents pour s'occuper de leurs adolescents. Quand les enfants sont plus jeunes, les parents veillent à la planification de leurs activités, mais lorsqu'ils atteignent l'adolescence, cette tâche devient de plus en plus difficile.

Les adolescents qui se sentent aliénés de leurs parents réclament souvent leur attention et, afin d'exprimer leurs frustrations et leur colère, agissent souvent avec violence. De plus, il arrive que les adolescents n'aient pas la maturité pour avoir la maîtrise de soi; ce qui peut mener à d'autres formes de comportements déviants socialement. Ces adolescents ont besoin d'être guidés par les adultes qui ont du leadership.

Histoire de la violence

Dans notre société, la violence et les comportements violents sont généralement utilisés pour atteindre des objectifs et conserver le pouvoir. Les parents crient après leurs enfants, les policiers vaporisent du gaz poivré sur les manifestants et les héros d'Hollywood utilisent des armes à feu et tuent pour sauver le monde. Les images violentes envahissent les moindres recoins de notre vie. Dans certaines familles ou collectivités, la violence physique, émo-tionnelle et verbale est un moyen de communication accepté. Si cette situation dure depuis des années, voire des générations, elle est peut-être même devenue une coutume.

Certains adolescents violents ont eux-mêmes été victimes de violence physique, sexuelle ou émotionnelle, ou ont vu leurs parents ou frères et sœurs en être victimes; ils peuvent alors devenir violents afin de reprendre le pouvoir ou le contrôle qu'ils ont perdu. Selon Shulman et Seiffge-Krenke :
Malheureusement, les adolescents qui réagissent avec violence n'axent pas souvent leur riposte contre leur agresseur. Ils sont plutôt violents à l'égard de leurs parents qui eux ne le sont pas. Shulman et Seiffge-Krenke mentionnent également que les garçons, plus que les filles, s'identifient à leur père. Ils sont donc susceptibles de posséder les traits positifs et négatifs de leur père; ce qui comporte des conséquences graves pour les garçons qui ont vu leur père être violent envers leur mère. Dans cette étude de 1984 1 , on a découvert que 23 % des pères de jeunes violents avaient battu leur femme. Les auteurs en sont venus à la conclusion que " la combinaison du comportement violent du père, d'une discipline inadéquate et d'une attitude négative envers l'enfant favorise le développement d'un comportement

Représentation des sexes et violence envers les femmes

La dévaluation continue des femmes signifie que leur salaire est encore moindre que celui des hommes et qu'elles sont sous-représentées dans les postes de direction. Comme elles sont continuellement victimes de violence et de dénigrement, beaucoup de femmes manquent de confiance en elles-mêmes en tant qu'êtres humains et en tant que parents. Néanmoins, les femmes con-tinuent d'être les principales responsables de l'éducation des enfants. Bien que de nombreux pères soient également préoccupés par leurs enfants violents et participent à la recherche d'aide relativement au problème, certains sont absents émotionnellement et physiquement, ou sont eux-mêmes violents.

1 Cité dans le livre de Shulman, Shmuel et Inge Seiffge-Krenge. Fathers and Adolescents: Developmental and Clinical Perspectives. London et New York: Routledge. 1997. Pourquoi la violence se produit-elle?

De nombreuses études ont fourni des données probantes appuyant l'hypothèse que, le fait d'être victime ou témoin de violence pendant l'enfance peut produire un comportement violent à l'adolescence. Wisdom (1989) a fait l'examen des constatations de telles études et a déterminé que les garçons montrant des comportements violents avaient vraisemblablement plus été victimes ou témoins de violence physique grave que les garçons non violents.

Au cours des dernières décennies, on a constaté une augmentation des comportements violents chez les adolescentes. Certains ont émis l'opinion que les jeunes femmes d'aujourd'hui se rebellent contre le concept traditionnel voulant que " les filles soient timides, passives et craintives ". Bon nombre de jeunes femmes veulent avoir le pouvoir et être reconnues; leur colère est parfois considérée comme une réponse justifiée et constructive à l'injustice sociale et à la domination. Toutefois, il arrive que leur colère soit injustifiée et exprimée de façon inacceptable. Certains professionnels indiquent que des filles expriment de la haine à l'égard de leur mère, leur reprochant d'être soumises et de s'être exposée, ainsi que leurs enfants, à la violence de leur mari ou de leur conjoint. Ces filles se méfient de l'état passif et de la dépression qu'elles perçoivent chez leur mère, et expriment leur mépris de façon violente, imitant souvent le comportement violent des hommes. Une mère nous a signalé que sa fille ne cessait de lui crier avec mépris " tu n'es qu'une lâche! ". Les stratégies comme la soumission adoptées par les femmes en réaction à la violence, mènent souvent encore plus à la victimisation.

Habituellement, les femmes sont conscientes des sentiments et des émotions des gens autour d'elles et y sont réceptives. Au cours de nos entrevues, beaucoup d'adolescents s'accordaient pour dire qu'il est plus facile de faire part de leurs émotions à leur mère. Ils n'ont pas aussi peur de leur mère que de leur père, ce dernier ayant appris à répondre aux sentiments des adolescents de façon plus agressive.

Les jeunes nous ont dit : " Je n'oserais jamais frapper mon père ". Par conséquent, les adolescents peuvent exprimer toute une gamme d'émotions envers leur mère, notamment la colère.

Un adolescent de 15 ans...
On se remet plus facilement d'une dispute avec sa mère qu'avec n'importe qui. Si tu te disputes avec un ami, tu ne lui parles pas pendant longtemps. Les ados tiennent leurs parents pour acquis. On se défoule sur nos parents parce qu'on sait qu'ils vont nous pardonner.

Rôle des écoles

Les jeunes vivent de fortes pressions de la part de l'école et de leurs pairs. L'environnement scolaire peut être violent, non sécuritaire et irrespectueux. Les adolescents sont victimes de violence et de menaces de violence de la part d'autres étudiants. La menace de la violence et les pressions pour être " cool " à l'école font que beaucoup d'adolescents se sentent vulnérables et ont une piètre estime de soi. Ils croient qu'ils doivent avoir le pouvoir afin de ne pas devenir une victime et apprennent à ne pas montrer leur faiblesse devant leurs pairs. Souvent, les professeurs se sentent aussi impuissants que tout autre adulte lorsque vient le temps de faire face au comportement violent des adolescents. Les adolescents ont peu d'exutoires pour gérer le stress qu'ils vivent à l'école, et beaucoup d'entre eux réagissent à cette victimisation et à cette rage en agissant de façon très violente à la maison. Les parents victimes de violence ont avoué se sentir rarement appuyés par l'école où étudie leur enfant. Comme le mentionnait un parent, même si chaque situation doit être évaluée séparé-ment, la communication avec l'école est essentielle.

Un adolescent...
C'est très violent à l'école. Vous devriez entendre la façon dont parlent les jeunes; ils disent des choses comme : " Joue pas au plus fin avec moi ", et ils le pensent. Un jour, mon ami se promenait et un gars est venu le voir en disant : " Où sont les 20 $ que tu me dois? ". Si tu es un peu nerveux, si tu n'es pas " cool ", il faut que tu lui trouves l 'argent, même si tu ne l'as jamais emprunté, sinon tu vis dans la peur de te faire battre.

Un travailleur social...
Les parents ont besoin de rester en contact avec l'école. L'école doit savoir que ces enfants ont une famille qui est là pour eux. Ainsi, le personnel de l'école sera probablement moins porté à croire que les parents sont responsables de la situation et à simplement expulser l'enfant; il cherchera plutôt à apporter de l'aide.

Drogues et alcool

La consommation de drogue et d'alcool est généralement liée au comportement violent des adolescents. Selon une enquête de 1994 , la consommation de drogues illicites est d'abord un phénomène lié à l'adolescence. Le plus haut taux de consommation de cannabis se trouvait chez les jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans (26 % à 28 %). On estimait que dans le groupe des 15-17 ans, 27 % des garçons consommaient du cannabis; 31% avaient fait usage d'au moins une drogue illicite au cours de leur vie; 27 % des garçons, au moins une drogue illicite. Les statistiques sont un peu inférieures en ce qui concerne les jeunes femmes : 24 % des filles du groupe des 15-17 ans avaient consommé du cannabis; 29 % avaient fait usage d'au moins une drogue illicite au cours de leur vie; 24 %, utilise au moins une drogue illicite.

On a constaté depuis 1994, grâce à une série d'enquêtes sur les jeunes canadiens âgés de 11, 13 et 15 ans 3 , une augmentation significative du nombre de jeunes qui avaient consommé de la marijuana trois fois ou plus avant leur dixième année de scolarité. Selon le rapport, en 1994, 30 % des garçons et 27 % des filles consommaient de la marijuana. En 1998, on remarquait une augmentation de ces pourcentages, à 44 % pour les garçons et à 41 % pour les filles. On observe aussi une légère augmentation chez les adolescents qui inhalent des solvants. En 1994, 7 % des garçons et 5 % des filles en utilisaient. En 1998, c'était 9 % des garçons et 6 % des filles. On dénote également une légère augmentation de la consommation de cocaïne : de 3 % à 6 % pour les garçons, et de 3 % à 5 % pour les filles.

Le rapport conclut que, depuis l'enquête de 1994, on a pu observer une relation très forte entre la consommation de marijuana et les autres com-portements à risques du point de vue de la santé. On constate aussi que les jeunes qui consomment de la marijuana consomment vraisemblablement plus d'alcool, fument et passent beaucoup de temps avec d'autres jeunes ayant les mêmes comportements. Ils sont plus enclin à sentir la pression de l'école, à manquer plus de cours et à tyranniser les autres. Bien que la toxicomanie ne soit pas à l'origine d'un comportement violent, les parents signalent que, lorsque leurs adolescents consomment de la drogue, leur comportement est plus excessif et ils ne montrent aucun signe de remords.

" Enquête candienne de 1994 sur l'alcool et les autres drogues ",dévoilée dans Le Rapport statistique sur la santé de la population canadienne de 1999, préparé par le Comité consultatif FPT sur la santé de la population, publié par Santé Canada, 1994.
3 Enquêtes sur le comportement des élèves d'âge scolaire et la santé. Menées au Canada en 1989-1990, en 1993-1994 et en 1997-1998. Ces enquêtes sont menées tous les quatre ans auprès d'un échantillon représentatif des jeunes (13 à 15 ans) dans les pays participants. En 1998, 28 pays y ont participé. Le rapport résume les tendances dans la santé des jeunes canadiens se trouvant dans trois enquêtes entre 1990 et 1998.

Price (1996) mentionne que la toxicomanie est souvent perçue comme la cause du comportement problématique d'un enfant; il avertit que la toxico-manie, l'instabilité émotive et la baisse du rendement scolaire sont souvent les symptômes d'autres problèmes graves. La toxicomanie des parents peut contribuer au problème de la violence à leur égard. Il se peut que les adolescents soient furieux contre leurs parents parce qu'ils ont l'impression que leurs parents ne sont pas disponibles et parce qu'ils se sentent abandonnés émotivement. Les adolescents peuvent alors tenter de dominer leurs parents en les menaçant de révéler leur toxicomanie.






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