page-1 page 2-Violence à l'égard des parents : Les mauvais traitements infligés aux parents par leurs adolescents
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Introduction
Qu 'est-ce que la violence à l 'égard des parents?
Formes de violence
Étendue de la violence à l'égard des parents
Qui est susceptible d'être violent?
Toxicomanie et activités criminelles
Victimes et agresseurs
Qui est victime de violence?
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Cat. H72-21/180-2000FIntroduction Il y a vingt ans, on croyait que la violence conjugale était peu répandue. On blâmait les victimes par le biais de commentaires comme " elle doit aimer ça, sinon elle s'en irait " ou " elle a probablement provoqué son mari ". Laviolence était considérée comme une affaire familiale et peu d'aide était offerte.Depuis que la question de la violence familiale retient l'attention du public, des politiques et des programmes d'aide ont été mis en oeuvre, et des efforts ont été déployés pour protéger les adultes contre des conjoints violents et les enfants contre des parents violents. Les mauvais traitements infligés aux parents par leurs adolescents s'avèrent une autre forme de violence familiale aussi souvent présente, mais qui demeure encore un sujet tabou. Certaines ressemblances sont frappantes entre les attitudes envers la violence à l'égard des parents et les vieilles attitudes concernant la violence envers les femmes. Les parents sont habituellement les premiers à être blâmés des comportements de leurs enfants, mais peu d'aide et d'appui leur sont offerts. Le public est également peu sensibilisé au sujet de la violence à l'endroit des parents.
Afin de déterminer la nature et les paramètres de la violence à l'égard des parents, Barbara Cottrell et Mary Anne Finlayson de Meta Research and Communications ont mené une recherche initiale à Halifax, en Nouvelle-Écosse, en 1995-1996. Financé par Santé Canada, le projet était parrainé par le Captain William Spry Community Centre , le Comité contre la violence envers les femmes et la Family Service Association de la Municipalité régionale de Halifax.
Nous avons tenu des groupes de discussion ainsi que des entrevues individuelles officielles et informelles avec des parents, des professionnels et des adolescents. Nous avons écouté 45 parents qui ont été victimes de violence, 39 adolescents et 34 travailleurs communautaires, cliniciens, chercheurs universitaires et autres professionnels. Un certain nombre de gens entendus en entrevue ont reconnu être à la fois des professionnels et des parents d'un adolescent violent. Nous avons tenté de répondre à certaines questions, notamment :
- Qu'est-ce que la violence à l'égard des parents?
- Quelle est l'étendue de la violence à l'égard des parents?
- Qui est l'agresseur?
- Qui sont les victimes?
- Comment la famille est-elle affectée?
- Pourquoi la violence se produit-elle?
- Où les familles peuvent-elles obtenir de l'aide?
Nous avons également fait une recherche documentaire sur le sujet et nous nous sommes rendu compte que la documentation était à peu près inexistante.
Qu 'est-ce que la violence à l 'égard des parents? Les conflits occasionnels entre gens vivant sous un même toit, notamment entre les parents et leurs enfants, sont normaux. La violence à l'égard des parents est difficile à définir, car il n'est pas toujours évident de savoir quand certains comportements sont "normaux " et quand ils sont " violents ".Un conflit devient violent lorsqu'une des personnes utilise les menaces, la force ou la manipulation pour dominer les autres. Tout geste de la part d'un enfant visant à causer des préjudices physiques, psychologiques ou financiers pourobtenir le pouvoir sur les parents et les dominer se définit comme de la violence à l'égard des parents.
Les adolescents traversent habituellement une phase visant à établir leur sentiment de détachement des parents. Cette phase se nomme " individu-alisation" et peut parfois comporter quelques actes de défi et une certaine résistance envers l'autorité. Il y a toutefois une différence entre résistance et agression, entre se détacher d'un parent et essayer de le dominer, entre comportements " normaux " d'un adolescent et violence à l'égard des parents .
La gravité des comportements violents des adolescents peut varier beaucoup, allant d'actes mineurs à des graves. Les parents doivent étudier le comportement de leurs adolescents et déterminer s'il est acceptable ou s'il est devenu violent. Les comportements violents ne devraient pas être tolérés. Les enfants ne sont pas des adultes. Ce sont des personnes dépendantes, vulnérables qui ont besoin de protection et de leadership. La relation entre les parents et les enfants n'est pas égale : c'est une relation où un adulte protège un enfant dépendant et elle est inégale. L'équilibre relatif entre la dépendance et l'indépendance n'est pas statique et change à mesure que l'enfant vieillit, mais essentiellement l'égalité n'est atteinte qu'à l 'âge adulte. Dans une relation parent-enfant positive, il incombe au parent d'exercer une autorité raisonnable envers l'enfant. La relation est dysfonctionnelle lorsque l 'inverse est vrai et qu'elle porte avec elle le risque de violence.
.Au départ, la violence est habituellement verbale. Pour la majorité des parents, les actes de violence sont des événements quotidiens qui suivent un modèle; habituellement, l'enfant ne montre aucun signe de remords ou de culpabilité. Certains parents ont cependant fait état d'un cycle de violence semblable à celui de la violence conjugale, où l'enfant exprime des remords, et même parfois de la haine envers lui-même. Beaucoup de parents sentent que, même lorsque les adolescents violents n'expriment pas de remords, ils sont conscients de leur comportement blessant. Certains parents mentionnent que les adolescents consommant de la drogue ou de l'alcool présentent un manque d'émotion effrayant relativement à leur violence.
Formes de violence Les conflits occasionnels entre gens vivant sous un même toit, notamment entre les parents et leurs enfants, sont normaux. La violence à l'égard des parents est difficile à définir, car il n'est pas toujours évident de savoir quand certains comportements sont "normaux " et quand ils sont " violents ".Un conflit devient violent lorsqu'une des personnes utilise les menaces, la force ou la manipulation pour dominer les autres. Tout geste de la part d'un enfant visant à causer des préjudices physiques, psychologiques ou financiers pourobtenir le pouvoir sur les parents et les dominer se définit comme de la violence à l'égard des parents.
Les adolescents traversent habituellement une phase visant à établir leur sentiment de détachement des parents. Cette phase se nomme " individu-alisation" et peut parfois comporter quelques actes de défi et une certaine résistance envers l'autorité. Il y a toutefois une différence entre résistance et agression, entre se détacher d'un parent et essayer de le dominer, entre comportements " normaux " d'un adolescent et violence à l'égard des parents .
La gravité des comportements violents des adolescents peut varier beaucoup, allant d'actes mineurs à des graves. Les parents doivent étudier le comportement de leurs adolescents et déterminer s'il est acceptable ou s'il est devenu violent. Les comportements violents ne devraient pas être tolérés. Les enfants ne sont pas des adultes. Ce sont des personnes dépendantes, vulnérables qui ont besoin de protection et de leadership. La relation entre les parents et les enfants n'est pas égale : c'est une relation où un adulte protège un enfant dépendant et elle est inégale. L'équilibre relatif entre la dépendance et l'indépendance n'est pas statique et change à mesure que l'enfant vieillit, mais essentiellement l'égalité n'est atteinte qu'à l 'âge adulte. Dans une relation parent-enfant positive, il incombe au parent d'exercer une autorité raisonnable envers l'enfant. La relation est dysfonctionnelle lorsque l 'inverse est vrai et qu'elle porte avec elle le risque de violence.
.Au départ, la violence est habituellement verbale. Pour la majorité des parents, les actes de violence sont des événements quotidiens qui suivent un modèle; habituellement, l'enfant ne montre aucun signe de remords ou de culpabilité. Certains parents ont cependant fait état d'un cycle de violence semblable à celui de la violence conjugale, où l'enfant exprime des remords, et même parfois de la haine envers lui-même. Beaucoup de parents sentent que, même lorsque les adolescents violents n'expriment pas de remords, ils sont conscients de leur comportement blessant. Certains parents mentionnent que les adolescents consommant de la drogue ou de l'alcool présentent un manque d'émotion effrayant relativement à leur violence.
Tout comportement qui est délibérément préjudiciable envers le parent et utilisé dans le but de le dominer peut être défini comme de la violence. Celle-ci peut être physique, psychologique (notamment verbale) ou financière. La plupart des actes de violence peuvent être classés dans plus d'une catégorie.
Voici quelques exemples des différentes formes de violence :
Violence physique
- Frapper; donner des coups de poing, des gifles, des coups de pied;
- Bousculer et pousser;
- Briser des objets;
- Défoncer les murs;
- Lancer des objets;
- Cracher.
Les récits des parents sur la violence physique qui leur est infligée par leurs adolescents sont détaillés et effrayants :
Violence à l'égard des parents : les mauvais traitements infligés aux parents par leurs adolescents. Il n'y avait aucun remords; et d'après lui, son comportement était tout à fait justifié.
(Un parent)
Il m'a poussé contre la porte et j'ai glissé par terre. Il m'a frappé deux fois dans les jambes et il est parti.
.Certains des gestes violents des adolescents livrent aux parents des messages qui ne trompent pas. " Si je peux faire ça à un mur, je peux te le faire. Ici, c'est moi qui mène. "
Violence psychologique et terrorisme émotionnel
- Intimider le parent, le rendre craintif;
- Jouer à une guerre des nerfs malicieuse, essayer de faire croire au parent qu'il est fou;
- Faire des demandes irréalistes aux parents, comme insister pour qu'ils cessent leurs activités pour se soumettre à ses demandes;
- Ne pas dire aux parents, de façon délibérée, où il va ou ce qu'il fait;
- Fuguer ou ne pas rentrer à la maison de la nuit;
- Mentir;
- Menacer de blesser, de mutiler ou de tuer le parent ou quelqu'un d'autre;
- Manipuler au moyen de menaces, telles que menacer de s'enfuir, de se suicider ou de se blesser, sans toutefois avoir vraiment l'intention de le faire;
- Dénigrer le parent ou un autre membre de la famille;
- S'abstenir de montrer de l'affection;
- Contrôler le fonctionnement de la maison.
La violence verbale
La violence verbale est une forme de mauvais traitements psychologiques, notamment :
- Crier;
- Se disputer, défier (" Tu n'as pas d'ordre à me donner! ");
- Être sarcastique ou critique, rabaisser les gens;
- Rire au nez des parents;
- Crier des noms (" Salope! ");
- " Je te hais!! ";
- Injurier les parents.
Qu'est-ce que la violence à l'égard des parents?
Je croyais qu'il allait me frapper au visage. Il était vraiment furieux et me faisait peur.
(Un parent). Les comportements de certains adolescents sont plus irresponsables et irréfléchis que violents. Toutefois, il arrive dans certains cas que les adolescents utilisent délibérément des moyens psychologiques pour manipuler, dominer et blesser leurs parents. L'adolescent qui a fait le témoignage suivant était tout à fait conscient des répercussions de son comportement sur ses parents :Exploitation financière
- Voler de l'argent ou des objets appartenant aux parents (parfois appelé " emprunt " sans permission);
- Vendre des biens, les siens ou ceux de ses parents;
- Endommager la maison ou les biens de ses parents;
- Demander aux parents d'acheter des choses qu'ils n'ont pas les moyens de payer;
- Contracter des dettes que les parents doivent rembourser (p. ex., résultant de dommages causés à la propriété d'autrui ou de vol). Les parents subissent continuellement de fortes pressions venant de l'idée répandue dans notre société qu'ils devraient acheter des biens matériels à leurs enfants. Tandis que la plupart des adolescents essaient de convaincre leurs parents de leur acheter les derniers produits signés, certains adolescents violents tournent à leur avantage les sentiments d'obligation et d'imperfection de leurs parents en essayant de les forcer à dépenser plus qu'ils ne le peuvent :
J'avais l'habitude de jouer avec les nerfs de mes parents, mais je ne les ai jamais frappés. Je faisais de petites choses pour les faire fâcher, pour les énerver. Par exemple, j'enlevais les piles de la télécommande du téléviseur et les cachais; ensuite, je regardais mon père devenir fou à essayer de changer de chaîne. Ou je cachais une petite boîte verrouillée sous mon lit et j'en laissais un coin dépasser, comme si j'avais vraiment voulu la cacher. Il n'y avait rien à l'intérieur, mais mes parents devenaient complète-ment fous à l'idée qu'il pouvait y avoir de la drogue dans ma chambre.
(Un garçon de 17 ans)
C'est impossible de la raisonner. Si elle veut quelque chose que je ne suis pas en mesure de payer, je le lui explique, mais elle me répond : " Je ne veux pas entendre ça. " Elle pense que tout est ma faute. J'ai même emprunté de la banque pour lui acheter un nouveau mobilier de chambre, mais ce n'est jamais assez, elle en veut toujours plus.
Étendue de la violence à l'égard des parents Beaucoup de professionnels sont d'avis que la violence à l'égard des parents augmente dans notre société. Il existe peu de statistiques pour appuyer ou contredire cette croyance. Les dossiers judiciaires ne mentionnent pas le lien entre la victime et l'agresseur dans le cas des accusations de voies de fait; et laLoi sur les jeunes contrevenants empêche l'accès à l'information relative aux accusations contre des mineurs. Dans les hôpitaux, les refuges et autres établissements,comme les agences de protection de l'enfance, les agences de santé mentale pour les adolescents et les écoles - où l'on pourrait penser trouver des rapports d'actes violents à l'égard des parents - il arrive fréquemment qu'on ne reconnaisse pas le problème, qu'on ne consigne pas l'information ou qu'on ne déclare pas le problème.
Qui est susceptible d 'être violent? Profil de l'adolescent
Sexe
Bien que bon nombre de professionnels croient que les garçons soient plus portés à être violents physiquement à l'égard de leurs parents, nos recherches montrent qu'à la fois les garçons et les filles participent à toutes les formes de violence.Âge et taille
Les professionnels sont d'avis qu'à l'origine un comportement violent se situe bien avant l'adolescence. La majorité des parents rencontrés en entrevue ont révélé que la violence avait débuté lorsque l'enfant était âgé entre douze et quatorze ans. Certains parents étaient conscients que leurs enfants montraient des signes de comportement violent bien avant (à quatre ou cinq ans), mais avaient considéré ce comportement comme une crise de colère plutôt que de la violence. La taille plus imposante des adolescents peut les rendre plus menaçants; et c'est alors que les parents commencent à reconnaître la violence dans le comportement de leur enfant.
Toxicomanie et activités criminelles Beaucoup d'adolescents violents participent à des activités anormales sur le plan social, comme la consommation de drogue ou d'alcool, ou à des activités criminelles (vol à l'étalage, fraude, introduction par effraction, vol, crime avec violence et/ou prostitution). Lorsque les adolescents se mettent à consommer de la drogue ou de l'alcool, les parents remarquent souvent un changement soudain et radical dans leurs travaux scolaires, leurs relations et leur comportement.
Victimes et agresseurs Parfois, les jeunes qui sont violents à l'égard de leurs parents ont eux-mêmes été victimes de violence physique, sexuelle et/ou émotionnelle. Celle-ci peut avoir eu lieu dans leur famille nucléaire ou étendue, ou tout à fait à l'extérieur de leur famille. Certains adolescents ne sont pas des victimes directes de la violence, mais peuvent en avoir été témoins dans leur foyer. Il est reconnu que les enfants qui sont témoins de violence courent plus de risques de développer des troubles de comportements, comme l'agressivité envers leurs pairs, le refus de se conformer aux demandes des adultes, le comportement destructeur et les démêlés avec la loi.
Qui est victime de violence? Profil de la famille
Structure de la famille
En raison de nombreux changements dans la structure et le revenu des familles, il est difficile de dire si le parent type victime de violence est céli-bataire ou marié, aisé ou pauvre. La majorité des parents (76 %) qui ont participé à l'étude de 1996 avaient été chef de famille monoparentale à un moment de leur vie. (L'étude n'a pas été réalisée selon un échantillon aléatoire; par conséquent cette proportion pourrait ne pas représenter la répartition de la composition des familles dans lesquelles les parents sont victimes de violence par leurs adolescents.) La violence à l'égard des parents se produit dans des familles de différentes ethnies, classes sociales et structures familiales.Notre étude comprenait des enfants adoptés, des beaux-fils et des belles-filles, des enfants en familles d'accueil et des enfants biologiques. Bien que la majorité des familles interviewées soient monoparentales, le problème survient égale-ment dans les familles biparentales.
Âge
L'âge moyen des parents interviewés, en 1996, était de 44 ans. Ce qui contredit la croyance populaire voulant que les parents victimes de violence aient surtout eu leurs enfants à un très jeune âge.
Mères
Les mères et les belles-mères, à la fois de familles monoparentales et biparentales, sont plus fréquemment les cibles des adolescents ayant un comportement violent. De nombreuses mères sont intimidées par la taille et la force supérieures de leurs fils et de leurs filles, quoique des mères dont est la taille plus imposante que celles de leurs enfants soient aussi victimes de violence. Il semble que les mères aient moins de facilité que les pères à " mettre le pied à terre " et à ordonner à leur adolescent de suivre les règles de la maison ou de la quitter. De plus, il arrive souvent que les mères victimes de violence de la part de leurs enfants les protègent.
Pères
Les pères et les beaux-pères sont aussi victimes de violence, mais pas généralement dans la même mesure que les mères et les belles-mères. Lorsqu'il y a violence entre un enfant et son père, le père réagit souvent violemment et perçoit l'incident comme une querelle plutôt que comme des mauvais traitements.
Parents ayant un handicap
Les parents ayant un handicap, notamment les pères, sont aussi fréquem-ment victimes de violence.
Autres cibles vulnérables
Certains adolescents sont aussi violents à l'égard d'autres membres vulnérables de la famille, tels jeunes frères et soeurs, ou encore les animaux familiers. Comme pour toute autre forme de violence familiale, il semble que les agresseurs persécutent ceux qu'ils croient vulnérables.
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