Le viol1- Le viol: mieux le comprendre pour mieux le prévenir
2- Qu'est-ce qu'un viol?; Les fausses croyances populaires
3- Qui sont les violeurs?; Les motifs qui poussent au viol
4- Les répercussions du viol sur la victime; Quoi faire après un viol?
5- Quoi faire après un viol?
6- Viol et sanctions à travers l'histoire
7- Saviez-vous que...; Quelques indices de danger potentiel; Trucs pour prévenir; Ressources
8- Conseils pour les hommes; S'assurer qu'elle consent; Processus légal et conséquences 1- Le viol: mieux le comprendre pour mieux le prévenir Selon un rapport publié par Statistique Canada en 1993, on estime qu'environ 86 952 femmes québécoises de 15 ans et plus seraient victimes chaque année d'une forme quelconque d'agression sexuelle ! Le phénomène de l'agression sexuelle est très large. Il comprend les abus sexuels d'enfants, dont l'inceste. Il peut être pratiqué sur des mineurs, comme il peut faire des victimes adultes. Ce présent article se concentrera davantage sur le viol commis sur des adultes, non unis par des liens familiaux.
par Brigitte Paquette, sexologue clinicienne Vous sentez-vous personnellement concerné ? Messieurs, saviez-vous que les hommes peuvent être victimes d'agression sexuelle ? Pour votre information, The Sourcebook of Criminal Statistics estime qu'en 1977, 15 hommes sur 100 000 furent violés aux États-Unis. En d'autres termes, cela signifie que 5000 hommes ont été victimes d'un viol au cours de cette même année. Même si cette statistique est peu récente, on est en mesure de constater que ce phénomène est relativement répandu, et l'est peut-être encore davantage aujourd'hui. À ce sujet, il est faux de croire que les hommes ne se font violer qu'en milieu carcéral. Le film Pulp Fiction montre une scène de viol où l'on voit clairement l'humiliation d'un homme après avoir été violé par un représentant de son propre sexe. Un homme peut également être violé par une femme. Vous vous dites peut-être que c'est impossible, puisque les hommes sont toujours prêts à avoir des relations sexuelles : ceci est complètement faux. Il est difficile d'évaluer le taux de viols commis par des femmes, puisque très peu d'hommes osent porter plainte à la police pour ce crime. Lorsqu'il s'agit d'une femme qui contraint un homme à avoir des activités sexuelles, elle utilise particulièrement sa force psychologique, son statut de pouvoir ou bien la manipulation pour en arriver à ses fins. Ce pouvoir de la femme sur l'homme est d'ailleurs bien démontré dans le film Harcèlement. Et vous, mesdames, vous vous imaginez peut-être à l'abri d'un éventuel assaut sexuel, car vous ne correspondez pas à l'image que vous vous faites d'une victime de viol ? Détrompez-vous, car toute personne peut courir le risque un jour ou l'autre d'être la cible d'un prédateur sexuel. Les victimes proviennent de tous les milieux sociaux, de toutes les cultures et de tous les groupes d'âge. 2- Qu'est-ce qu'un viol?; Les fausses croyances populaires Le département de sexologie de l'UQAM définit l'agression sexuelle comme suit : «Acte de pouvoir où l'emploi de la force ou de menaces est utilisé pour contraindre une personne à avoir des activités sexuelles contre son gré, quelle que soit la nature de ces activités et quel que soit son âge». Les agressions sexuelles ne se limitent donc pas à la pénétration vaginale, mais incluent également tout attouchement à caractère sexuel ou bien le fait de forcer la victime à pratiquer une activité sexuelle quelconque, telles que la fellation et la sodomie. Lorsqu'une victime est blessée aux seins ou aux parties génitales, on considère qu'il s'agit d'une agression à caractère sexuel. D'autre part, s'il y a consentement de la victime sous la menace d'une arme, suite à des menaces verbales, sous l'influence de la drogue ou de l'alcool préalablement donné par l'agresseur, il s'agit bel et bien d'un viol.
Par ailleurs, les viols qui se produisent dans les ruelles tard la nuit, commis par un parfait étranger, ne sont pas représentatifs de la majorité des cas d'agression sexuelle. Les études démontrent plutôt que les viols sont plus souvent effectués par une connaissance de la victime : un ami, un voisin, un professeur, une nouvelle fréquentation, un collègue de travail, un compagnon de classe, un ex-conjoint, un amant et même un mari ! En effet, une personne qui en force une autre à avoir un rapport sexuel commet un viol, même si les deux intéressés sont unis par les liens du mariage. Les viols peuvent être commis dans divers endroits, comme par exemple dans l'appartement de la victime ou dans celui de l'agresseur. Enfin, l'agression sexuelle est parfois exécutée en groupe. Habituellement, ces agresseurs sont soit des adolescents ou des jeunes adultes ayant d'autres comportements anti-sociaux à leur actif. Le film Appel à la justice traite du viol collectif ainsi que de la provocation de la victime, une croyance répandue discutée ci-dessous. Les fausses croyances populaires Beaucoup de gens ont tendance à croire que la plupart des victimes de viol ont couru après, tout comme d'autres considèrent que bien des accusations de viol sont sans fondement. Ce qui est déplorable, c'est que même le proche entourage des victimes a parfois de tels jugements de valeurs. L'ignorance et les fausses croyances populaires au sujet du viol ainsi que les nombreux préjugés concernant les victimes sont des facteurs qui, à mon avis, jouent un rôle social important dans l'ampleur et le maintien que prend cette pratique sexuelle coercitive. L'indulgence du système judiciaire dans les causes de viol n'est-elle pas le reflet de notre vision sociale à l'égard des agressions à caractère sexuel ? La croyance erronée la plus répandue stipule que la victime a eu des comportements provocateurs qui ont poussé l'agresseur au viol. À la vue d'une femme provocante, l'individu aurait des pulsions sexuelles incontrôlables et l'irrésistible besoin de les assouvir. Les femmes seraient provocantes, lorsque leur tenue vestimentaire est sexy, lorsqu'elles ont des propos de nature sexuelle, lorsqu'elles ont à leur actif de nombreux partenaires sexuels, etc. Non seulement ce mythe déresponsabilise l'agresseur, mais il justifie son geste. S'il était vrai que les femmes provoquent les hommes de la sorte et que ces derniers ne peuvent contrôler leur libido, la majorité des hommes commettraient des viols; or, ce n'est pas le cas. De plus, si ces propos étaient véridiques, comment expliquer alors que les victimes ne soient pas toutes de belles jeunes femmes sexy? 3- Qui sont les violeurs?; Les motifs qui poussent au viol Il n'y a pas de profil unique, car les violeurs n'ont pas tous les mêmes caractéristiques et ne commettent pas leurs viols de la même façon. On peut tout de même avancer quelques faits à leur sujet. D'abord, un grand nombre de jeunes dans la vingtaine sont arrêtés et condamnés pour ce délit. Les agresseurs sexuels appartiennent néanmoins à tous les groupes d'âge. Plusieurs violeurs ont été eux-mêmes victimes d'abus sexuels ou de mauvais traitements dans leur enfance ou leur adolescence. Quant à la consommation d'alcool ou de drogue, on constate qu'elle est souvent impliquée lors d'un viol (mais n'explique pas pour autant ce geste à elle seule). Par ailleurs, certaines personnes violent impulsivement, avec peu ou pas de planification, lorsqu'une opportunité se présente. D'autres, au contraire, planifieront leur passage à l'acte à l'avance. Certaines choisissent leur victime en fonction de caractéristiques bien précises (exemple : de gros seins), alors que, pour d'autres, n'importe qui fait l'affaire. Enfin, vous serez sûrement surpris d'apprendre que plusieurs violeurs ont des troubles sexuels pendant l'agression (problème d'érection, incapacité d'éjaculer) et que certains omettent de pénétrer leur victime pour cette raison. Voilà un argument de plus qui prouve que l'assouvissement d'un désir sexuel incontrôlable ne permet pas d'expliquer le phénomène du viol. Une ligne directrice commune à tous les violeurs est qu'ils ont des fausses croyances au sujet des femmes, ce qui joue un rôle dans leur passage à l'acte délictuel. En voici quelques-unes : «Les femmes ne sont pas particulièrement intéressées par le sexe, on peut les réveiller avec de la persuasion et de la séduction», «Même si elles résistent, les femmes apprécient, sans l'avouer, les attouchements sexuels», «Quand elles disent "non", ça ne veut pas nécessairement dire "non"», «Même si elles se montrent réticentes au départ, elles changeront sûrement d'idée par la suite, lorsqu'elles constateront à quel point je suis un bon amant». Dans un même ordre d'idée, plusieurs agresseurs ont tendance à adopter un système de valeurs correspondant aux rôles sexuels traditionnels, plus rigides. Par exemple, penser et adopter une attitude conforme à la croyance que c'est l'homme qui est fort et dominant et qu'il a plein pouvoir sur la femme qui, elle, est docile et soumise (cette croyance est souvent véhiculée à travers la pornographie violente). Mais, derrière cette image de dominateur, peut se cacher un homme qui a très peu confiance en lui et qui éprouve des difficultés à entrer en relation avec les femmes. Finalement, beaucoup de violeurs codifient d'une mauvaise manière les comportements qu'ils observent chez les femmes. En d'autres termes, ils croient détecter un message d'ouverture à une rencontre sexuelle, alors qu'en fait ce n'est que le fruit de leur imagination trop fertile. Par exemple, une femme qui accepte de prendre un verre, de se faire raccompagner à la maison ou d'entrer dans l'appartement d'un homme, qui s'habille sexy, qui fait des blagues à connotation sexuelle, etc. Ces hommes ne comprennent pas qu'une femme puisse désirer un homme, vouloir lui plaire, espérer établir une plus grande intimité à long terme, etc., sans pour autant vouloir une relation sexuelle le soir même ! Les motifs qui poussent au viol Selon la croyance populaire, les violeurs agresseraient sexuellement dans le but de satisfaire l'urgence de leurs pulsions sexuelles. Il est vrai que certains agresseurs sont, de prime abord, motivés par leur désir sexuel. Actualiser leurs fantasmes sexuels de viol dans la réalité est au centre de leurs préoccupations. Ce type d'agresseur utilise habituellement seulement la force nécessaire pour immobiliser et maîtriser sa victime et il espère ne pas avoir à porter des coups pour atteindre son but. Même si elle s'extériorise de façon moindre, l'agressivité à l'égard de la victime est bel et bien présente chez ces individus. Synonyme d'excitation sexuelle, cette agressivité peut prendre diverses formes à l'intérieur de leurs fantaisies érotiques. Plusieurs études sont arrivées à la conclusion que le motif principal qui pousserait au viol est l'hostilité à l'endroit de la femme, cette composante étant présente dans la majorité des agressions à caractère sexuel. Cette hostilité serait toutefois présente à des degrés variables selon les agresseurs. Lorsque l'hostilité est à son degré le plus élevé, l'agresseur est motivé par la rage qui gronde à l'intérieur de lui. Lors d'un viol, la sexualité est alors utilisée comme instrument de pouvoir. Cette rage qui habite l'agresseur s'exprime par son besoin d'humilier, de dégrader, de détruire la femme en tant que représentante du sexe féminin. La violence déployée peut aller jusqu'à des blessures graves : mutilations aux seins et aux organes génitaux, introduction d'une bouteille ou d'un canon de fusil dans le vagin ou dans l'anus, forcer la victime à boire de l'urine, la faire suffoquer pendant une fellation, la brûler sur des parties de son corps, etc. Bref, ce type d'agresseur jouit en faisant mal à sa victime. Certaines études avancent que, lorsque l'accès de violence est à ce point élevé, la victime serait plus souvent inconnue de son agresseur. 4- Les répercussions du viol sur la victime; Quoi faire après un viol? Les victimes d'agression sexuelle subissent un traumatisme considérable dont l'intensité varie selon le degré de stress vécu lors de l'attentat. Suite à l'agression, les victimes se trouvent d'abord dans un état de désorganisation où divers symptômes se manifestent de façon prononcée : pleurer beaucoup, être sur le qui-vive, avoir peur de manière exagérée, être tendue, altération de la mémoire, difficultés de concentration, refus de croire ce qui s'est passé, dégoût, évitement des activités qui éveillent le souvenir de l'événement, rêves répétitifs relatant l'événement, insomnie, sentiment de culpabilité, colère, hostilité envers l'agresseur. La grossesse et les MTS sont d'autres conséquences possibles d'une agression sexuelle. Cette période où la victime est en état de choc s'échelonne sur plusieurs semaines et se prolonge davantage pour celles qui ne dénoncent pas leur agresseur, de même que pour celles qui ne vont chercher aucune aide de soutien psychologique. Même si ces manifestations finissent par s'atténuer, plusieurs conséquences psychologiques persistent à long terme, telles que phobies, flash-backs récurrents, cauchemars, sentiments négatifs accrus par rapport aux hommes, difficultés relationnelles avec le partenaire de vie et avec l'entourage, peur de se promener seule dans la rue ou de rester seule à la maison, réduction des activités sociales, problèmes reliés au sommeil, etc. Le défi pour la victime est de réorganiser sa vie malgré les blessures profondes laissées par l'agression. Plusieurs ont comme réaction de déménager sans cesse ou de changer d'emploi pour tenter d'amoindrir les souvenirs ou la peur omniprésents. Certaines préféreront s'isoler dans un mur de silence, dans l'espoir d'oublier cette tragédie qui a marqué leur vie à jamais... Des années peuvent donc s'écouler avant qu'elles ne retrouvent une certaine paix d'esprit. Mais, bien souvent, elles y parviendront seulement avec une aide professionnelle spécialisée auprès des victimes d'agression (voir références ci-bas). Quant à la vie sexuelle des victimes, elle peut être affectée à divers niveaux. D'abord, la baisse ou l'absence de désir sexuel est l'une des conséquences les plus prévisibles suite à une expérience de violence sexuelle. La victime peut également développer certains symptômes comme du dégoût, des phobies, des états de panique et de l'évitement. Ces réactions peuvent se manifester par rapport à toute forme de rapprochement intime ou bien face à certains attouchements ou certaines activités sexuelles (particulièrement celles qui ont eu lieu au cours de l'agression), ou certaines caractéristiques du sexe masculin (sperme, érection). D'autres répercussions notables peuvent faire surface suite à un viol. Certaines femmes souffriront par exemple de vaginisme, même si elles consentent à une relation sexuelle avec leur partenaire régulier. D'autres femmes auront un problème de dyspareunie et ce, sans rapport avec des blessures reliées à l'agression. De plus, l'excitation sexuelle peut être réduite et ainsi amener une baisse de lubrification vaginale. La capacité de la femme à atteindre l'orgasme peut également être affectée. En effet, la victime peut avoir de la difficulté à s'abandonner en toute confiance et ce, même dans les bras de l'être aimé. Elle peut également être sujette, pendant un rapport sexuel, à revoir des images traumatisantes de l'agression (flash-back), ce qui perturbe automatiquement sa capacité à ressentir du plaisir. Bref, la vie sexuelle peut se détériorer sérieusement suite à une agression. Ces conséquences peuvent perdurer à très long terme et, si tel est le cas, une thérapie sexuelle est une alternative de choix pour apprivoiser de nouveau son corps, pour reprendre goût à une vie sexuelle harmonieuse et, bien sûr, pour renouer les liens d'intimité qui ont pu s'effriter avec son partenaire de vie... 5- Quoi faire après un viol? La réaction première d'une victime après avoir subi un viol est de penser à aller se laver. Toutefois, la victime qui agit de la sorte détruit par le fait même les preuves de l'agression. La victime devrait plutôt faire appel à une personne en qui elle a confiance ou bien recourir aux policiers pour être emmenée à l'hôpital où elle passera des tests (détection de MTS, mesures préventives contre l'éventualité d'une grossesse) et recevra les soins d'usage. Même si les policiers sont contactés, la victime n'est pas obligée de porter plainte contre son agresseur. Toutefois, si elle décide de le poursuivre, elle passera un examen médico-légal afin de recueillir les preuves nécessaires pour que les policiers puissent entamer le processus judiciaire. Cette démarche lui permettra également de demander une indemnisation pour les séquelles subies (voir références ci-bas). Après le séjour hospitalier, il ne peut être que bénéfique pour la victime de faire appel à un service d'entraide aux victimes d'agression sexuelle (voir références ci-bas). Les proches de la victime sont souvent eux-mêmes trop ébranlés pour aider la victime, alors que les intervenants spécialisés dans ce domaine connaissent les besoins spécifiques de la victime et les moyens d'y répondre. Les services suivants y sont généralement dispensés : information, support et accompagnement dans les démarches à faire (suivi médical, indemnisation, processus judiciaire...), soutien ou suivi psychologique, éducation sur les moyens de prévention contre les agressions, etc.Il existe des services d'aide aux victimes d'agression sexuelle dans presque toutes les régions du Québec. Pour connaître celles qui oeuvrent dans votre région, contactez votre CLSC ou les services suivants :6- Viol et sanctions à travers l'histoire Dans l'histoire de l'humanité, le viol a toujours été vu et vécu comme étant un rapport de force entre un homme et une femme, transposé dans une activité sexuelle non consentante. Cet acte répugnant et barbare a toujours été condamné à travers les lois criminelles. Néanmoins, l'interprétation des sanctions qui entourent le délit en tant que tel a toujours été l'objet de mésententes qui ne sont pas uniques aux temps d'aujourd'hui.
Regroupement Québécois des C.A.L.A.C.S. (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) : 514 529-5252
Regroupement des C.A.V.A.C. (Centre d'aide aux victimes d'actes criminels) : 1 800 492-2822
I.V.A.C. (Indemnisation des victimes d'actes criminels : 1 800 561-4822 Autres professionnels : Association des Sexologues du Québec : 514 270-9289
Ordre des Psychologues du Québec : 1 800 561-1223
À travers l'histoire de la culture occidentale, l'une des vieilles définitions qui se rapporte au viol est celle où l'homme «...s'approprie brutalement une femme... la force à avoir un rapport sexuel ou à le marier sans son consentement et sans qu'elle ne soit l'objet de séduction ou de courtoisie de sa part...». À l'origine, on retrouve dans le mot «viol» la signification qui se rapporte aux mots «voler» et «enlever». Dans les temps primitifs, l'homme avait ce privilège «de prendre, d'enlever ou de voler» la femme qui lui plaisait et de l'amener au sein de sa tribu et de son clan. Celle-ci était considérée comme un genre de trophée qui valorisait la masculinité du «voleur» en question. Les guerres que se livraient ces tribus primitives étaient aussi l'occasion d'enlever ou de violer une ou des femmes du camp adverse et celles-ci faisaient partie du «butin de guerre» que rapportaient les combattants. À l'époque Même s'il était fortement condamnable par la loi, certains législateurs ont banalisé ce crime qu'est le viol. Celui que l'on qualifia de «Père de la science de l'Histoire», le très savant Hérodote (484-425 av. J.-C.), parlait du viol en ces termes : «...enlever une jeune femme, n'est pas nécessairement un crime en soi et il est très navrant que les victimes fassent grands bruits de cet état... il est par contre évident que même si une jeune femme n'admet jamais qu'elle désire être un jour enlever par un homme, l'on doit protéger celle qui n'est pas consentante à un tel acte...». Dans la tradition juive, ainsi qu'à la période de l'Antiquité grecque et romaine, chaque fille appartenait légalement à son père. Mais, lorsqu'elle se mariait, son appartenance se transférait à son futur époux. Il y avait une différence au niveau des sanctions pénales lorsqu'un homme violait ou «déflorait» une fille vierge comparativement à une femme mariée. La sanction était plus sévère si l'homme, qui avait violé une vierge, était reconnu coupable. En effet, la peine de mort était la sanction imposée au violeur à cause du statut social que l'on conférait à la fille vierge et chaste. Violer une fille vierge était considéré comme un crime haineux parce que non seulement l'on atteignait les vertus surnaturelles que la fille vierge possédait, croyait-on, mais cela faisait aussi baisser son prix d'achat, c'est-à-dire la dot que devait recevoir son père du futur époux. Qui aurait voulu d'une fille non vierge ? La chasteté d'une fille était un pré-requis à l'établissement d'un bon contrat de mariage. Il est bon ici de rappeler que l'amour entre les conjoints, à cette époque, n'était pas une nécessité pour la garantie d'une union longue et solide. Si une femme se faisait violer avant son mariage, son futur mari était en droit de demander l'annulation des procédures du mariage afin de sauver son honneur. L'homme qui violait une femme mariée pouvait aussi être également condamné à la peine de mort, mais on lui accordait un peu plus de clémence, car on considérait son geste comme étant une erreur de conduite de sa part, rien de plus. Ce qui n'empêchait pas le mari de la victime de demander le divorce, à cause d'un doute raisonnable pouvant exister sur sa paternité, si jamais un rejeton naissait de cette union non consentante. Chez les Assyriens et les Babyloniens de l'Antiquité, les lois spécifiaient que le violeur pouvait être condamné à la peine de mort, si ce dernier était marié. On était plus clément envers un violeur non marié, car on le condamnait, en terme de punition, à marier sa victime et à payer au père de celle-ci trois fois le prix d'un mariage traditionnel. Et, comme punition supplémentaire, on défendait au violeur de divorcer de sa victime pour le restant de sa vie. Dans les temps médiévaux, et spécifiquement en Angleterre, la sanction pénale était en fonction du rang social de l'accusé et de celui de la victime. Si l'accusé appartenait à la classe aisée et que la victime était de condition inférieure, on réglait l'affaire par une simple amende imposée à l'inculpé. Cette amende était diminuée de moitié si la victime était une esclave. Mais si l'accusé était un esclave ou un homme du peuple et que la victime fut également une femme du peuple, le prévenu était condamné à la castration. L'esclave et l'homme du peuple, qui étaient reconnus coupables de viol envers une femme appartenant à la classe aisée ou à la noblesse, étaient exécutés «sur le champ». Il était impossible d'accuser de viol un membre de la noblesse ou un membre appartenant au clergé, car ils étaient des individus faisant partie «d'une classe au-dessus de tout soupçon»; toute accusation contre eux n'avait donc aucun impact, ces privilégiés du système étant très bien protégés. Dans la France médiévale, le crime du viol était répréhensible, s'il était commis à l'intérieur des enceintes de la ville, à cause de la facilité de trouver des témoins pouvant corroborer les dires de la victime. Si le viol avait été commis en-dehors de ces enceintes, on ne retenait que très rarement les accusations de la victime et on la culpabilisait en lui disant qu'elle avait été très imprudente de s'aventurer en-dehors de la ville. La justice du temps ne pouvait presque rien faire contre les filous et les manants de l'époque, s'attaquant aux braves gens qui empruntaient les grands chemins pour leurs affaires personnelles. Au XIIe siècle, à Paris, on autorisa la prostitution, mais de façon non officielle et avec le concours des autorités civiles et religieuses, afin de contrer la vague de viols qui déferlait dans «l'île de la Cité» et qui était causée par un contingent de célibataires en mal de contrôler leurs ardeurs sexuelles. Plus près de nous, en Nouvelle-France, on pouvait condamner à mort celui qui était trouvé coupable de viol. La justice du temps pouvait être très «sanglante» par rapport à ce délit. En effet, en 1686, un prénommé Jacques Pourpoint de la région de Québec fut condamné à être pendu et décapité pour le viol d'une nommée Germaine Dubé, dit Duclos, épouse de Pierre Perrot. De plus, sa tête, surmontée au bout d'un pic, fut exposée jusqu'à décomposition sur une route qui menait à Lévis. Encore en l'année 1686, l'une de nos plus grandes figures héroïques de la Nouvelle-France, Pierre Le Moyne d'Iberville, fut accusée d'avoir séduit et violé, l'année d'avant, une orpheline prénommée Jeanne-Geneviève Picoté de Belestre, alors âgée de 19 ans et habitant chez ses soeurs au moment du délit. Parce qu'elle était tombée enceinte, Jeanne-Geneviève fut rejetée définitivement par sa famille. Elle fut obligée de se réfugier chez un certain Pierre Devanchy qui la prit sous sa tutelle. Iberville, quant à lui, fut trouvé coupable et condamné par le Conseil Souverain de la Nouvelle-France, le 22 octobre 1688, à prendre l'enfant (une fille du même prénom que la mère) née de cette union. Ce qui n'empêcha pas Iberville de quitter la colonie pour vaquer à ses occupations et expéditions militaires contre les Anglais. Il n'était même pas présent lorsque sa sentence fut prononcée contre lui. Elle fut lue à un nommé Denis Riverin, son procureur désigné. Du fait qu'Iberville se trouvait constamment en dehors du pays et que l'administration du système judiciaire était très lente à agir, l'application de la condamnation ne s'est jamais faite. Pierre Le Moyne d'Iberville se maria le 8 octobre 1693 avec une certaine Marie-Thérèse Poulet et le couple eut six enfants. Il mourut à La Havane, en pleine gloire, en 1706. Quant à Jeanne-Geneviève, la victime, elle s'inscrivit le 2 octobre 1693 au couvent des religieuses de l'Hôtel-Dieu de Montréal où elle finit ses jours au mois de juin 1721. Aucun membre de sa famille ne signa son acte de décès et on ne sut jamais ce qui était advenu de sa fille. 7- Saviez-vous que...; Quelques indices de danger potentiel; Trucs pour prévenir; RessourcesQuelques indices de danger potentiel
- Selon le rapport Badgley (1984), la plupart des abuseurs sont connus de la victime (70%), ils ne font habituellement pas partie de la famille, mais ont un lien de confiance avec l'abusé.
- L'inceste contribue à 10% des abus sexuels.
- 1 femme sur 2 et 1 homme sur 4 a été victime au cours de sa vie d'actes sexuels non désirés.
- Environ seulement 16% des viols sont rapportés à la police.
- Dans 12% des cas non rapportés à la police, la raison invoquée était la peur de la réaction des policiers et d'être blâmée pour ce qui est arrivé.
- La majorité des hommes condamnés pour agression sexuelle est hétérosexuelle.
- Les meurtres sexuels constituent en moyenne 4% des homicides au Canada depuis 10 ans.
- Les victimes de viol ont 8.7 fois plus de chances de se suicider.
Trucs pour prévenir Prenez le temps d'établir votre volonté d'avoir des rapports sexuels avec celui que vous rencontrez.
- Si vous sentez que l'homme avec qui vous êtes ne vous écoute pas, vous interrompt ou vous ignore, ceci démontre bien qu'il a peu de respect pour vous.
- Quelqu'un qui s'invite ou qui est plutôt audacieux dans ses paroles ou ses gestes démontre une tendance envahissante.
- Une personne très indépendante qui ne prend jamais en considération votre point de vue risque une fois de plus faire ce qu'il lui plaît.
- Des gens qui vantent leur «grande ouverture» ou compétences au niveau sexuel dans le but, bien entendu, de vous en montrer davantage en la matière!
- Un homme jaloux ou possessif.
- Quelqu'un qui a consommé de la drogue ou un peu trop d'alcool a souvent des réactions imprévisibles qui mènent à la violence.
- Des gens qui vous font sentir que vous ne vous «éclatez» pas assez veulent habituellement vous pousser à transgresser les limites que vous vous êtes établies.
Évitez d'inviter chez vous de nouvelles connaissances surtout si vous êtes seule.
Soyez à l'affût des beaux parleurs qui vous poussent à l'acte sexuel parce qu'ils vous «AIMENT» et qu'il s'attendent au même traitement si vous les aimez... Quand l'amour est vraiment en cause, l'autre saura vous respecter et attendre que vous soyez prête.
Rien de mieux que d'avoir une communication claire, alors évitez d'être ambiguë entre vos gestes (non verbal) et ce que vous laissez entendre. En étant plus catégorique dans votre discours, on comprendra plus facilement si vous affirmez votre accord ou votre désaccord.
Imposer vos limites dès le départ; «J'ai l'intention de rentrer seule après la soirée!». En vous affirmant, vous affichez votre contrôle et la confiance en vous même.
Soyez ferme sur votre position dès que vous sentez que la situation devient imposante. Dites clairement que vous n'aimez pas ça, qu'il arrête de vous toucher ou que vous n'en avez pas envie! Rendu à ce stade, il est préférable de prendre une distance et de quitter au plus tôt.
Si la situation devient violente ou hors de contrôle, n'hésitez pas à crier, à vous défendre et surtout à aller chercher de l'aide rapidement. Ressources
Les CLSC de votre région ou les ressources spécialisées suivantes; Centre d'Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel : (514) 529-5252; Centre d'Aide aux Victimes d'Actes Criminels : 1 800 492-2822; Indemnisation des Victimes d'Actes Criminels : 1 800 561-4822; 8- Conseils pour les hommes; S'assurer qu'elle consent; Processus légal et conséquences Il n'est JAMAIS CORRECT de forcer une femme ou de pousser une femme à une relation sexuelle (même sans pénétration) même si :GARDEZ EN TÊTE QUE...
- elle est habillée de façon sexy;
- elle tient des propos qui vous allume ou vous excite;
- elle vous frôle et vous agace;
- elle refuse vos avances et vous pensez qu'elle joue le jeu de la fille facile «à avoir»;
- elle dit non et que vous pensez que dans le fond elle veut;
- elle est sous l'influence de la drogue ou de l'alcool;
- vous avez déjà eu des relations sexuelles avec elle;
- vous l'avez invitée au resto et lui avez payé ses dépenses de la soirée;
- vous pensez que les femmes aiment être forcées;
- vous pensez qu'en cours d'acte elle finira par aimer cela;
- vous dormez dans le même lit;
- vous avez atteint un certain degré d'intimité et de caresses.
S'assurer qu'elle consent
- la femme peut à n'importe quel moment refuser de continuer d'être en votre présence et ce peu importe le degré d'intimité.
- le désir d'affection de la part de votre partenaire n'est pas nécessairement signe qu'elle désire avoir une relation sexuelle.
- seul votre stature d'homme peut suffire à intimider la femme. Elle risque alors de se soumettre à votre insistance, seulement par peur de ne pouvoir se défendre.
- personne n'aime être pris de force ou violenté.
- ne supposez jamais que votre partenaire désire une relation sexuelle au même moment et dans le même contexte que vous.
- ne prenez pas pour acquis que votre partenaire a les mêmes intentions que vous
Processus légal et ses conséquences Les agressions à caractère sexuel sont classifiées ainsi : graves (violence avec blessures physiques, collectifs, etc.); armées (fusil, couteau, etc.); simples (menaces,intimidation, etc.)., La victime qui décide de porter plainte à la police doit le faire pour elle-même dans le but de l'aider à se rétablir et non pas dans un but de vengeance. Ce processus vise particulièrement à s'assurer que l'agresseur ne récidivera pas auprès d'une autre personne. Source : www.canoe.qc.ca/artdevivrecorpsetame/aout6_02_viol_a_ca-par.html
- Communiquez clairement vos désirs sexuels.
- Abordez la question de protection sexuelle, généralement c'est une bonne façon de clarifier les intentions de chacun.
- Sa proximité, son ouverture, sa gentillesse ou votre niveau d'intimité ne sous-entend pas nécessairement un désir de relation sexuelle. Alors si la situation devient douteuse pour vous, arrêtez et précisez la situation.
- La seule façon de déterminer le désir de votre partenaire d'avoir des rapports sexuels avec vous, est de lui poser la question avant.
- Une approbation verbale de sa part est votre seule assurance que la relation sexuelle est désirée de part et d'autre, ainsi il n'y a aucune place à la supposition.
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