Résumé de l'article
La vieillesse est
une réalité qui nous touche tous, que nous le sachions ou non. Plus on avance en
âge, plus elle s'impose à notre conscience malgré le fait qu'on cherche
généralement à l'éviter. Notre corps est souvent le premier à nous lancer des
avertissements qui deviennent de plus en plus insistants. C'est ensuite notre
vie sociale et familiale qui nous force à en prendre conscience. Plus on va,
plus la vieillesse devient incontournable.
Quelles sont les raisons
fondamentales pour lesquelles nous sommes si souvent portés à nier cette
réalité? Quels sont les défis que l'âge nous apporte à tous, tôt ou tard?
Comment est-il possible de vivre cette tranche de vie d'une façon satisfaisante,
enrichissante ou même épanouissante? Jean Garneau présente dans cet article ses
réflexions de psychologue humaniste sur ces troublantes questions.
Table des matières
A. Introduction B. La vieillesse incontournable C. Le refus de
vieillir
- Les confrontations
- Les privations
- Les menaces
D. Les défis de l'existence
- La finitude
- La liberté
- La solitude
- La mort
E. La confrontation sereine
A. Introduction
Les enfants
ont hâte de grandir et ils s'emploient de leur mieux à développer les nouvelles
habiletés qui correspondent à devenir "des grands". Ils trouvent interminables
les journées où ils n'apprennent rien. Les adolescents ont beau afficher souvent
un souverain mépris des adultes, ils aspirent à en faire partie de leur monde.
Leur contestation du monde des adultes est, au fond, une façon d'en prendre
possession. Le temps ne passe pas assez vite à leur goût.
Même les
jeunes adultes ont généralement tendance à vouloir vieillir; ils ont hâte
d'avoir les connaissances et les habiletés que procure l'expérience. Ils
continuent d'apprendre, de se perfectionner et de travailler à s'améliorer. Ils
trouvent aussi que le changement n'arrive pas assez vite.
Mais à partir
d'un moment, notre regard sur l'âge change radicalement. Le passage du temps
cesse d'être synonyme de croissance. Il acquiert la signification de
détérioration, d'arrêt, de retraite et de mort. Le temps ne sert plus à grandir
mais à rétrécir. Et tout à coup, les années semblent trop courtes. On a
l'impression de se faire voler les jours qui disparaissent trop vite dans le
passé.
La théorie de la relativité s'appliquerait-elle aussi à notre
perception de la durée des jours? Qu'est ce qui explique un tel changement de
perspective? |
B. La vieillesse incontournable
Pour l'enfant, l'adolescent ou le jeune adulte, la
vieillesse est une réalité étrangère qui appartient à un autre univers. Ils ont
beau apprécier souvent le contact avec les vieux, ils les considèrent comme
appartenant à une espèce différente. C'est comme s'il y avait un changement de
nature, une cassure, entre leur vie et la vieillesse qu'ils voient chez les
autres. La vieillesse, c'est bon pour les grands-parents.
Puis ils
deviennent des adultes "mûrs" et sont "dans la force de l'âge". La vieillesse
n'est pas encore un concept qui s'applique à leur vie; elle est devenue
l'affaire de leurs parents. Ils sont amenés par ceux-ci à en prendre conscience
de façon plus aiguë, mais ça reste l'affaire des autres. Ils voient cette
vulnérabilité du haut de leur "force de l'âge".
Et plus les années
s'additionnent, plus il devient difficile de ne pas être concerné. On a beau
s'occuper à autre chose et s'efforcer de continuer sa vie de la même façon,
l'âge nous rattrape inexorablement.
C'est d'abord la force de nos
muscles et notre endurance qui nous désertent dans des situations de plus en
plus nombreuses et nous forcent à nous rendre à l'évidence. Les rides et les
cheveux blancs se multiplient et nous renvoient une image moins familière. La
jeunesse nous quitte.
Puis, c'est notre environnement humain qui nous
rappelle l'écoulement du temps. Nos parents meurent, les enfants nous quittent,
certains collègues prennent leur retraite. Et de plus en plus souvent, les plus
jeunes nous traitent avec un respect qui nous garde à distance. Il n'est plus
possible de fermer les yeux: la vieillesse nous guette au prochain tournant.
Ce virage est difficile. La plupart des gens voudraient nier cette
réalité devenue évidente et continuer leur vie comme avant. On se surprend à
imaginer revenir en arrière, à songer à ce qu'on ferait d'une nouvelle vie.
C'est presque comme si la suite de la vie n'avait aucune importance, aucune
valeur. |
C. Le refus de vieillir
En
fait, la vieillesse est souvent vécue comme un ghetto. À partir du moment où on
en est "atteint", c'est comme si on n'avait plus de place dans l'univers des
autres. On est neutralisé par une politesse et un respect où il est facile de
déceler le refus d'entendre les ainés et de les considérer comme des adultes
véritables. Il n'est pas nécessaire de réfléchir longuement pour constater que
la société s'occupe des "aînés" de la même façon que des enfants: elle les garde
occupés et décide tout pour eux.
Ces raisons sociales sont déjà de
bonnes raisons pour refuser la vieillesse de toutes nos forces. Mais elles ne
sont pas les plus importantes. En réalité, le fait de vieillir nous confronte,
nous prive et nous menace dans ce que nous avons de plus cher. C'est surtout
cette bataille intérieure qui nous pousse à refuser cette étape de notre vie.
1. Les confrontations
Pendant une grande
partie de notre vie, l'âge correspond à un accroissement de nos capacités. Nos
limites physiques, intellectuelles, professionnelles et sociales sont
continuellement repoussées pendant une quarantaine d'années.
Mais peu de
temps après, c'est le phénomène inverse qui se manifeste. Nos forces commencent
lentement à diminuer, nous n'avons plus autant d'endurance et d'énergie
qu'auparavant. Insidieusement, nos limites commencent à se faire sentir plus
souvent et à rétrécir nos possibilités. C'est physique, mais c'est aussi mental:
notre mémoire n'est plus aussi fiable, notre concentration n'est plus aussi
facile à soutenir. Notre endurance diminue dans l'effort intellectuel comme dans
l'effort physique. Ces diminutions de performance peuvent facilement avoir un
effet considérable sur notre confiance et notre estime de nous- mêmes. C'est
alors notre personne qu'ont considère comme diminuée.
Et les mêmes
réalités nous atteignent au plan professionnel et social. Notre environnement
professionnel est de plus en plus occupé par des plus jeunes qui y prennent de
plus en plus d'importance et de pouvoir. Déjà inquiétés par nos limites plus
contraignantes, nous pouvons facilement nous exclure discrètement des groupes
les plus intéressants et les plus dynamiques. L'expérience accumulée ne suffit
plus tout à fait à compenser pour les nouveautés que les jeunes apportent avec
eux. Et si on doit alors se chercher un nouvel emploi ou un nouveau partenaire
de vie, il est très difficile de croire que quelqu'un voudra de nous.
Le
fait de vieillir nous confronte directement à nos limites. Il n'est plus
possible de les ignorer car nous les touchons presque quotidiennement. Il est de
plus en plus futile de les nier, car elles se manifestent dans des secteurs de
plus en plus nombreux de notre existence. Si nous étions jusque là portés à
refuser nos limites, le réveil est particulièrement brutal. Il faut maintenant
les voir, de gré ou de force.
2. Les privations
En plus de nous forcer à admettre nos limites, le fait de vieillir nous
prive de plusieurs plaisirs qu'on prenait jusque là pour acquis. Considérée sous
cet angle, la vieillesse nous lèse directement dans la qualité de notre vie.
Dans la plupart des cas, ces privations se manifestent d'abord
physiquement. Pour certains, c'est la fréquence plus grande des malaises et
maladies physiques qui constitue la première forme de cette privation. Pour
d'autres, l'approche de la ménopause a le même effet. Alors qu'on considérait
notre santé et notre bien-être physique comme un état normal auquel les
exceptions étaient rares, on découvre peu à peu que les moments où nous en
sommes privés sont de plus en plus nombreux. On ne peut se lancer dans des
activités nouvelles sans en payer le prix en courbatures pendant plusieurs
jours. On ne peut commettre d'imprudences sans se faire mal. Et même lorsqu'on
ne fait rien d'inhabituel, on se retrouve souvent avec des douleurs ou des
maladies. Le malaise devient presque l'état le plus normal.
Et plus on
avance en âge, plus on perd des proches auxquels on tenait. Nos parents, nos
amis et nos collègues sont de plus en plus nombreux à tomber malades ou à
mourir. C'est comme si nos liens avec les personnes qui nous entourent
devenaient plus fragiles, chaque personne pouvant toujours nous être enlevée par
la maladie. Le fait de renoncer à des personnes auxquelles nous étions attachés
devient un défi de plus en plus fréquent.
3. Les
menaces
Et avec l'affaiblissement qui fait partie du
vieillissement, on est menacé par des dangers de plus en plus nombreux. Nos
forces diminuées nous permettent moins bien de nous défendre devant les
multiples agressions qui font partie de la vie. Nous sommes moins forts devant
la maladie, mais également devant les personnes qui veulent nous contraindre à
suivre leur volonté. Que ce soit devant les abus des organismes publics, ceux
des voleurs et des escrocs ou devant les défis d'une chaussée glissante, on est
plus vulnérable. C'est de plus en plus régulièrement qu'on a le sentiment d'être
sans défense.
Et au fond de toutes ces vulnérabilités qui prennent une
place croissante dans notre quotidien, on entrevoit à l'horizon la perte
d'autonomie et la mort qui approchent irrémédiablement. On repousse autant qu'on
le peut ces questions désespérantes, mais les événements qui les rappellent à
notre attention se font de plus en plus nombreux, de plus en plus fréquents.
|
D. Les défis de l'existence
Toutes ces confrontations, ces privations et ces
menaces qui font partie de l'expérience de vieillir nous atteignent au coeur de
notre identité. Si elles nous touchent autant, c'est parce qu'elles nous
rappellent les défis fondamentaux auxquels doivent se mesurer tous les humains.
Ces quatre défis fondamentaux de notre existence sont décrits de façon
détaillée dans "L'Auto- développement:
psychothérapie dans la vie quotidienne". Il serait trop long de reprendre
ici ces explications. Je vais donc me contenter de signaler de quelle façon
chacune de ces réalités se manifeste en rapport avec la vieillesse.
Mais
il faut d'abord rappeler que toute personne assume plus ou moins complètement
certaines de ces quatre questions existentielles fondamentales alors qu'elle en
refuse d'autres avec vigueur. Lorsque la vie nous force à regarder en face une
de celles que nous avions l'habitude de nier, nous vivons une crise
existentielle.
Les personnes qui persistent alors à nier la réalité
sortent de cette crise encore plus angoissés qu'auparavant, encore plus menacés
par cette dimension de leur vie à laquelle elles refusent de faire face. Par
contre, celles qui acceptent l'invitation que leur lance la vie sortent de cette
difficile confrontation plus fortes et plus sereines.
1. La
finitude
C'est le premier défi. Il nous force à admettre que
nous sommes limités. Nos capacités sont limitées de même que les choix que nous
pouvons faire et le succès que nous obtenons.
Pour les personnes qui
acceptent déjà cette finitude, la diminution de leurs forces et le manque de
temps pour réaliser leurs rêves est décevant, certes, mais il est vécu comme
naturel, "dans l'ordre des choses". Mais pour celles qui avaient tendance à
refuser ou nier leurs limites, il est beaucoup plus difficile de tolérer cette
diminution qui les force à reconnaître leur finitude.
L'âge fait
diminuer plusieurs de nos capacités. Par là, il nous force à considérer nos
limites qui deviennent de plus en plus évidentes; il nous invite à les intégrer
dans notre identité. Si nous relevons le défi, nous deviendrons capables
d'adapter notre façon d'agir et nos activités à nos ressources réelles pour bien
profiter de cette étape de vie où la finesse et la subtilité ont plus
d'importance que la force. Si nous refusons, la perte de force et la
vulnérabilité aux malaises seront des sources de soucis, de révolte et
d'angoisse de plus en plus constants.
2. La liberté
Le défi de la liberté, c'est aussi celui de
la responsabilité qui en découle. Nous avons la capacité de choisir nos actions
et de créer les conséquences qui en découlent. Si nous refusons cette liberté,
nous vivons dans un monde illusoire où notre sort, favorable ou défavorable,
dépend essentiellement du hasard.
Par la vulnérabilité qui la
caractérise, la vieillesse invite bien des gens à se donner des droits sur notre
existence et à se considérer comme plus adéquats pour faire nos choix. Les
enfants adoptent souvent ces attitudes devant leurs parents. Mais on peut
observer le même phénomène dans le système social et les divers organismes qui
s'occupent des aînés. Animés de bonnes intentions, ils empiètent largement sur
la liberté des personnes qu'ils veulent aider.
Celui qui accepte ou
apprécie sa liberté voit facilement les nombreuses occasions où on peut l'en
priver. Il est capable d'y réagir en affirmant sa capacité de faire ses choix et
de vivre avec leurs conséquences réelles. C'est ce qui lui permet de conserver
sa liberté malgré les nombreuses occasions qu'on lui présente de l'abandonner.
C'est aussi ce qui l'aide à garder sa dignité et son estime de lui-même, malgré
des moyens plus limités.
Pour la personne qui avait l'habitude de nier
cette liberté-responsabilité, les initiatives de son entourage devant son
vieillissement peuvent lui faire découvrir ce qu'elle perd en voulant attribuer
au hasard, à la société et aux autres personnes la responsabilité de son destin.
C'est une nouvelle occasion de devenir maître de son existence.
Si elle
refuse le défi de cette liberté, elle devient plus ou moins un objet ballotté
par les décisions des autres. Mais si elle ose y faire face, elle sort de
l'expérience avec une vitalité et un dynamisme accrus. Elle devient capable de
choisir la forme qu'elle veut donner à cette dernière étape majeure de sa vie,
de décider quelle personne elle veut être maintenant. Pour bien des personnes,
c'est l'occasion de se donner entièrement à la tâche la plus importante qui
soit: réussir sa vie.
3. La solitude
Le défi existentiel de la solitude consiste principalement
à reconnaître que chacun d'entre nous est seul responsable de son existence.
Contrairement à ce qui se passe dans l'utérus et, à un degré moindre, dans
l'enfance, chacun est la seule personne vraiment capable de voir adéquatement à
sa satisfaction. La fusion est une illusion qui n'apporte que frustrations,
reproches et plaintes.
L'âge nous invite de diverses façons à faire face
à cette réalité. Mais la plus importante est sans doute le fait que nous perdons
beaucoup de personnes sur lesquelles nous avions appris à faire reposer la
satisfaction de certains besoins. Que ces personnes nous quittent par choix, à
cause de circonstances ou par la mort, le résultat demeure le même: nous
redevenons responsables de certains de nos besoins.
La personne qui se
considérait déjà comme principale responsable de son bonheur est moins troublée
par ces pertes. Elle est encore capable de trouver d'autres sources de
satisfaction. Mais ce n'est pas le cas de celle qui s'appuyait essentiellement
sur une ou plusieurs autres pour répondre à ses besoins. Elle se retrouve
facilement démunie et désespérée devant la disparition de sa source de
satisfaction.
Cette perte est l'occasion de reprendre possession de soi
et de sa vie. Si on consent à prendre activement la responsabilité de sa
satisfaction, on découvre des ressources considérables auxquelles on n'avait pas
l'habitude de faire appel. Les plus importantes de ces ressources son en nous:
notre capacité d'identifier nos besoins avec précision et d'y trouver dans notre
environnement les réponses les plus adéquates.
Pour la personne qui
refuse le défi, l'avenir est nettement plus sombre: elle est à la merci des
décisions des autres. Ce sont les personnes qui sont chargées d'elle qui
décident ce dont elle a besoin et quelles sont les façons de répondre à ces
besoins. Leurs choix sont évidemment guidés par un grand nombre de facteurs où
le bien-être réel, la satisfaction et la dignité de la personne ne figurent pas
toujours au premier rang. C'est vrai lorsque ce sont des institutions qui
prennent la personne en charge, mais c'est vrai aussi lorsque ce sont les
enfants on même un conjoint de longue date.
4. La
mort
Le défi de la mort est aussi celui de la vie. C'est parce
que notre vie se termine un jour que les moments qui en font partie sont
vraiment importants. Dans une vie éternelle, le présent n'aurait aucune
signification spéciale, mais si sa durée est limitée, les instants de notre vie
deviennent précieux. Il suffit de se demander ce qu'on ferait si on n'avait
qu'une semaine à vivre pour constater la valeur de chaque moment. Fréquemment le
décès d'un être cher nous pousse à faire un bilan de notre vie et de la façon
dont nous en utilisons les moments. Il arrive souvent que ce soit l'occasion de
redéfinir nos priorités d'une façon où le présent prend une meilleure place.
Plus la vieillesse nous atteint, plus notre mort devient une réalité
tangible. On ne peut pas aussi facilement l'ignorer ou continuer d'en nier
l'importance. La personne qui refusait jusque là de considérer sa vie comme
limitée peut être très intensément menacée par cette réalité qui s'impose de
plus en plus clairement. La fuite et le déni deviennent alors de plus en plus
difficiles.
Le fait de vieillir est donc une dernière occasion de
découvrir combien la vie est précieuse. Et la personne qui accepte ce défi est
capable de traiter tous les moments de vie qui lui restent comme des ressources
précieuses qu'elle peut exploiter de son mieux. C'est ce qui lui permet de
compléter harmonieusement sa vie en mettant l'accent sur les aspects et les
expériences qui ont le plus de valeur à ses yeux. C'est le chemin qui conduit à
une mort sereine où on peut partir en ayant la satisfaction d'avoir vraiment
vécu.
Pour la personne qui repousse ce défi, l'idée de mourir devient
alors très angoissante. La fuite qui en résulte a des conséquences importantes
sur la qualité de l'existence de la personne. Elle multiplie les précautions et
cherche à neutraliser tous les dangers. Il en résulte que son espace vital
rétrécit considérablement, un peu comme celui de la personne qui souffre d'une
phobie envahissante. Au bout du comte, c'est à une existence de moins en moins
vivante et de plus en plus éteinte que la personne s'accroche. Il n'est pas
étonnant qu'elle ait alors l'impression de ne pas avoir assez vécu.
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E. La confrontation sereine
La vieillesse est donc une dernière occasion de
faire face aux réalités les plus fondamentales de notre existence. Elle nous
présente les défis de la vie auxquels nous n'avons pas encore consenti et nous
invite à les confronter.
Les défis ne sont pas les mêmes pour tous;
chacun d'entre nous y rencontre ses zones aveugles les plus importantes. Il
s'agit, en quelque sorte, d'une occasion pour compléter le travail de notre
existence.
Si nous relevons ces défis, la vieillesse cesse d'être une
détérioration qui nous déprime. Elle devient une nouvelle occasion de
croissance, une démarche pour nous épanouir davantage. Tout comme pour les
jeunes, le fait de vieillir devient alors une façon d'élargir le champ de nos
possibilités et de nos capacités. Ce que nous gagnons alors, c'est la
possibilité de vivre une vieillesse pleine.
Et c'est à une nouvelle
tâche de vie que nous pouvons alors consacrer toutes nos énergies: compléter une
vie dont nous pourrons sortir vraiment satisfaits, une vie qui aura valu la
peine d'être vécue. Et l'avantage de la vieillesse, c'est que le peu de temps
dont on dispose nous donne la liberté de ne s'occuper que des choses qui ont le
plus d'importance à nos yeux.
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