Suicide chez les 6-12 ansMême s’il est peu ou mal connu, le phénomène du suicide chez les enfants âgés de 6 à 12 ans est bel et bien réel. C’est à tout le moins ce qui ressort de l’un des ateliers présenté dans le cadre du Colloque conjoint de l’Association des centres jeunesse du Québec et de l’Association des CLSC et CHSLD du Québec qui se tenait aujourd’hui au Centre des congrès de Québec. La présentation a en effet permis de mettre en lumière le fait qu’une augmentation de 300 % des décès par suicide a été enregistrée chez les jeunes Québécois âgés de 10 à 14 ans entre 1975 et 1998. En nombre absolu, on observe également une augmentation du nombre de suicides chez les enfants de plus en plus jeunes. Ainsi, comparativement à la période 1987 à 1990 au cours de laquelle six (6) enfants québécois âgés de 11 et 12 ans se sont suicidés, entre 1995 à 1998, presque trois (3) fois plus de décès par suicide ont été enregistrés chez des enfants (17) dont l’étendue d’âge varie entre 8 et 12 ans. Par ailleurs, fait à noter, contrairement au phénomène rencontré chez les 15 ans et plus, on dénombre presque autant de suicides chez les jeunes filles que chez les garçons âgés de 10 à 14 ans, soit 1,6 garçons pour une fille. Tout comme chez les adolescents, les problèmes de santé mentale auraient un rôle particulièrement important à jouer dans la décision des enfants de passer à l’acte. À l’affût de cette réalité, les Centres jeunesse de Montréal et le département de pédopsychiatrie de l’Hôpital Sainte-Justine, ont greffé un Volet enfance au projet d’intervention concerté sur le suicide chez les jeunes en difficulté à Montréal qu’ils mène depuis l’automne 1998. Plus spécifiquement depuis mars 2000, les membres du Volet enfance, provenant de divers horizons, dont les Centres jeunesse de Montréal, les CLSC des Faubourgs et du Plateau Mont-Royal, l’Hôpital Sainte-Justine et le CHUM, travaillent à élaborer un modèle d’intervention adapté aux besoins des enfants âgés de 6 à 12 ans. Un modèle qui permettra d’atteindre quatre objectifs bien précis, à savoir le dépistage des enfants qui présentent une problématique suicidaire ou qui vivent dans des environnements à risque élevé de suicide; le dépistage des indications de problèmes de santé mentale chez ces enfants et leur famille ; le développement d’interventions de pointes et efficaces face à ces problèmes ; et la mise en place d’une certaine continuité et complémentarité d’intervention, tant auprès des enfants que de leur famille. Pour la responsable du volet enfance aux Centres jeunesse de Montréal, Rachel Bigras, "il s’agit d’une expérience unique au Québec qui permettra de développer d’ici le printemps 2001, une expertise, des connaissances et des pratiques face aux enfants et aux familles à risque. " Pour information :
Le phénomène est plus répandu qu’on le croit
Lisa Massicotte
Association des CLSC et des CHSLD du Québec
(514) 931-1448 Source : www.clsc-chsld.qc.ca/document/communic/comm20.htm
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