LANCEMENT DE LA STRATEGIE QUÉBÉCOISE
D'ACTION FACE AU SUICIDE :S'ENTRAIDER POUR LA VIE"Contrer le suicide, c'est une affaire de solidarité, de concertation et de complémentarité''
- Jean Rochon Le ministre de la Santé et des Services sociaux et député de Charlesbourg, monsieur Jean Rochon, a rendu publique aujourd'hui la STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE dont le thème est S'ENTRAIDER POUR LA VIE. Pour la première fois au Québec, le gouvernement développe une stratégie qui vise à stabiliser et, éventuellement, à diminuer le taux de suicide au Québec. Selon le ministre Jean Rochon, "Contrer le suicide, c'est une affaire de solidarité, de concertation et de complémentarité". Pas uniquement entre spécialistes. Avec les partenaires, bien sûr; les bénévoles et les intervenants du milieu communautaire ont développé des habiletés d'intervention et leur engagement dans cette cause est remarquable. Mais pour assurer une action encore plus efficace, il faut favoriser un plus grand maillage entre différents acteurs, entre autres les policiers, les enseignants, le personnel médical et les intervenants psychosociaux. Et enfin, le suicide nous interpelle tous et toutes : à chacun et à chacune d'être plus attentif à son entourage et de se servir de ses compétences d'être humain en ayant toujours la possibilité de s'appuyer sur les ressources professionnelles et les ressources de son milieu. S'ENTRAIDER POUR LA VIE établit et définit des pistes d'action concrètes et propose de renforcer et de compléter les mesures déjà en place en matière de prévention du suicide. La Stratégie mise ainsi sur les points forts découlant de l'expérience québécoise tant au niveau de l'organisation du réseau de services que des actions déjà réalisées. Dans cet esprit de mobilisation, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) assurera le leadership et la coordination des actions pour réduire les gestes suicidaires et aider les personnes aux prises avec la problématique du suicide''. DES ACTIONS VISANT LA PREVENTION ET DES SERVICES ADAPTES AUX PERSONNES AUX PRISES AVEC LA PROBLEMATIQUE DU SUICIDE Les actions proposées dans la Stratégie visent notamment à assurer à toute personne aux prises avec la problématique du suicide et à ses proches une réponse adéquate à leurs besoins. La mise en oeuvre de ces actions va permettre d'atteindre des objectifs précis pour prévenir les gestes suicidaires. Il s'agit notamment :Un effort budgétaire de 700 000 $ est prévu pour les trois prochaines années afin de permettre aux régies régionales de la santé et des servicessociaux de proposer et de réaliser ces projets, en collaboration avec leurspartenaires. La "Stratégie québécoise d'action face au suicide'' est le fruit du travail d'un groupe d'experts provenant de différents milieux et s'appuie sur un large consensus établi lors de la consultation menée en 1997 auprès de plusieurs intervenants, chercheurs, organismes et établissements, à l'aide notamment d'un document de consultation. La Stratégie prend en considération les réflexions et les recommandations de plusieurs organismes qui se sont penchés sur la question, en plus de s'appuyer sur les expériences et l'expertise accumulées au Québec et ailleurs. Selon le ministre Jean Rochon, ``A la lumière de la qualité des échanges et de l'engagement perceptible ressentis lors de la récente consultation, nous sommes persuadés qu'il y aura une augmentation de la concertation entre les partenaires et une mobilisation plus grande de ceux et celles qui sont déjà en contact avec les personnes suicidaires; ce qui contribuera à stabiliser et, éventuellement, à réduire le taux de suicide au Québec''. S'ENTRAIDER POUR LA VIE signifie qu'il faut unir nos efforts pour contrer le suicide notamment en partageant nos connaissances dans un esprit de solidarité, de concertation et de complémentarité. La "Stratégie québécoise d'action face au suicide - S'entraider pour la vie'' sera bientôt disponible en version intégrale sur le site Internet du ministère www.msss.gouv.qc.ca , à la section Documentations, sous la rubrique Publications. STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE - S'ENTRAIDER POUR LA VIE LES FACTEURS ASSOCIES AU SUICIDE La majorité des chercheurs s'entendent sur le fait qu'on est capable de cibler un nombre de facteurs importants associés au risque de suicide et de comportements suicidaires. Ces facteurs ne sont ni indépendants, ni exclusifs. LES FACTEURS OU LES PREDISPOSITIONS INDIVIDUELS associés au suicide sont principalement: les troubles mentaux, incluant l'abus et la dépendance à l'alcool et aux drogues, la présence de maladies physiques et de liens pathologiques avec les proches et les problèmes d'adaptation. LES FACTEURS LIES AU MILIEU SOCIAL se rapportant à la famille, au milieu social plus large et aux valeurs et attitudes culturelles véhiculées dans ces milieux. Parmi les principaux facteurs de risque, on trouve notamment: un milieu familial dysfonctionnel, des conditions économiques difficiles, des antécédents suicidaires dans l'environnement familial, l'isolement social et un système de valeurs qui tend à considérer le suicide comme une solution acceptable à certains problèmes. LES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX IMMEDIATS OU LES EVENEMENTS CIRCONSTANCIELS peuvent être de différents ordres. Ils peuvent à la fois être des événements de la vie, par exemple: un décès, une perte d'emploi, une séparation, un échec à l'école, une hospitalisation ou encore l'accessibilité à des moyens d'attenter à ses jours (armes à feu, médicaments, etc.). La consommation d'alcool ou de drogues peut également entraîner des comportements suicidaires. Il faut souligner le fait que les troubles mentaux et les abus de substances psychoactives sont, de tous les facteurs étudiés, ceux qui ont été le plus souvent mis en évidence par les chercheurs. Ce sont également ceux dont l'association avec le suicide et avec les comportements suicidaires s'est révélée être la plus forte. Ils ne constituent toutefois pas une condition suffisante à l'apparition de ces phénomènes. Il faut par ailleurs reconnaître l'importante contribution de divers facteurs environnementaux et événements circonstanciels pour la compréhension de ces phénomènes. STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE - S'ENTRAIDER POUR LA VIE DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES UNE NOUVELLE TENDANCE A LA HAUSSE DE LA MORTALITE PAR SUICIDE DEPUIS 1990 Depuis le début des années 1970, le taux de décès par suicide a connu une hausse progressive pour atteindre un sommet en 1982 et 1983. Après plusieurs années de stabilité, on constate à nouveau une tendance à la hausse depuis le début des années 1990. LES HOMMES SE SUICIDENT QUATRE FOIS PLUS QUE LES FEMMES En 1995, 80 % des suicides était le fait d'hommes, soit 1 144 décès sur 1 442, ce qui représente un taux de 31,3 pour 100 000 personnes chez les hommes et de 7,9 chez les femmes (298 décès). Les femmes sont plus nombreuses à tenter de mettre fin à leurs jours. Près de 5 femmes sur 100 aurait fait une tentative de suicide au cours de leur vie, tandis que 3 hommes sur 100 auraient déclaré avoir tenté de mettre fin à ses jours. Chez les hommes, 3 décès par suicide sur 4 surviennent avant l'âge de 50 ans. Si proportionnellement le suicide des jeunes est moins important dans l'ensemble des décès par suicide, il est encore la première cause de mortalité chez les jeunes hommes de 15 à 29 ans. Chez les femmes, le plus grand nombre de décès est observé chez celles âgées entre 40 et 54 ans. LES TAUX DE DECES PAR SUICIDE SONT PLUS ELEVES DANS LES REGIONS PERIPHERIQUES Pour la période 1992-1995, la moitié de tous les décès par suicide ont été enregistrés dans la région du Montréal métropolitain. Cependant, même si on recense en nombre absolu une part importante des décès par suicide dans cette région en raison de l'importance de la population, les taux de mortalité y sont les moins élevés au Québec. A l'inverse, on constate que les taux de suicide les plus élevés sont de façon générale enregistrés dans les régions à faible densité de population, à l'exception de la Gaspésie - Iles-de-le-Madeleine. Les taux varient de 25,8 pour 100 000 personnes dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue, à 20,7 dans la région de Québec, à 14,7 dans la région de Montréal-Centre et à 14,5 pour la Gaspésie - Iles-de-la- Madeleine. Une analyse selon le milieu géographique vient confirmer l'écart entre le milieu urbain et le milieu rural. Chez les hommes, les taux de mortalité pour 100 000 habitants sont de 25,0 pour la métropole, de 31,0 pour les capitales régionales et de 38,0 pour les petites villes et le milieu rural. Chez les femmes, il n'y avait aucune différence statistique entre les taux observés selon ces milieux géographiques. STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE - S'ENTRAIDER POUR LA VIE DES EXEMPLES PROBANTS DE L'INTERVENTION FAITE PAR LES CENTRES DE PREVENTION DU SUICIDE ET LES GROUPES COMMUNAUTAIRES : L'INTERVENTION TELEPHONIQUE, LA FORMATION ET LA SEMAINE PROVINCIALE DE PREVENTION DU SUICIDE. Parmi les nombreuses actions faites par les centres de prévention du suicide et les groupes communautaires, il y a l'intervention téléphonique qui est disponible dans la majorité des régions du Québec, et ce, souvent 24 heures par jour, 7 jours par semaine. On estime à près de 100 000 le nombre d'appels téléphoniques par année. Quant au suivi des personnes endeuillées à la suite d'un suicide, une majorité des centres de prévention du suicide et des CLSC font de l'intervention clinique individuelle ou en groupe. Dans certaines régions, les centres de prévention du suicide offrent des activités de formation et de sensibilisation aux différents professionnels susceptibles d'être en contact avec les personnes suicidaires et leurs proches tels les policiers, le personnel des organismes communautaires, les enseignants, etc. Parmi les actions de l'Association québécoise de suicidologie, soulignons la ``Semaine provinciale de prévention du suicide''. La 8e édition s'étendra cette année du 8 au 14 février 1998. Elle représente un moyen de sensibiliser la population au problème du suicide et les multiples activités offertes dans chaque région par les centres de prévention du suicide et autres organismes locaux, au cours de cette semaine, aident à prévenir les gestes suicidaires. STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE - S'ENTRAIDER POUR LA VIE EXEMPLES D'INTERVENTIONS QUEBECOISES EXISTANTES EN MATIERE DE PREVENTION, D'INTERVENTION ET DE POSTVENTION : UNE PLANIFICATION REGIONALE EFFICACE DE LA REGION DE LA GASPESIE - ILES-DE-LA-MADELEINE En 1992, la Direction régionale de la santé publique de la Gaspésie - Iles-de-la-Madeleine a implanté une démarche dynamique de prévention du suicide dans huit territoires de CLSC, en collaboration avec ses partenaires locaux tels les centres hospitaliers, les CLSC concernés, les centres jeunesse, les organismes communautaires, les commissions scolaires et plusieurs autres entreprises ou organismes privés. Cette initiative a d'abord permis d'identifier les problèmes et les groupes à risque, et d'inventorier les services offerts sur le territoire dans le but notamment de déterminer les responsabilités de chacun des partenaires pour intervenir plus rapidement et efficacement auprès des personnes suicidaires et de leurs proches. La planification régionale établie dans cette région a permis de produire un cadre de référence régional en matière de prévention du suicide comportant des objectifs précis et de concevoir un plan d'action annuel par territoire de CLSC, tout en prévoyant des moyens pour évaluer les actions dans chaque territoire participant. Cette initiative de la région de la Gaspésie - Iles-de-la-Madeleine a permis une augmentation du volume des actions auprès des personnes suicidaires et de leurs proches ainsi qu'une meilleure concertation entre tous les partenaires. Après cinq ans d'implantation, plusieurs actions et services ont été mis en place, consolidés et évalués: formations spécifiques, formations générales, sensibilisations, guides d'intervention et de référence, trousse d'intervention en milieu scolaire, protocoles et autres. Le taux de mortalité par suicide pour la période 1992-1995 n'a pas connu une hausse comme dans les autres régions du Québec durant la même période. STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE - S'ENTRAIDER POUR LA VIE EXEMPLES D'INTERVENTIONS QUEBECOISES EXISTANTES EN MATIERE DE PREVENTION, D'INTERVENTION ET DE POSTVENTION : REDUCTION DE L'ACCES AUX MOYENS RETENUS PAR DES PERSONNES SUICIDAIRES, DES INTERVENTIONS APPROPRIEES INITIEES PAR DES PARTENAIRES DANS LA REGION DE QUEBEC.
- d'assurer et de consolider la mise en place d'une gamme essentielle de services (l'accessibilité téléphonique, l'intervention et la postvention) à l'égard des personnes suicidaires et de leurs proches et de briser l'isolement des intervenants;
- d'améliorer les compétences professionnelles afin de mieux identifier et de traiter les troubles mentaux de façon plus performante, un facteur prédisposant chez bon nombre de personnes décédées par suicide;
- d'intervenir en priorité auprès des groupes à risque en expérimentant de nouvelles façons d'intervenir. Ces groupes à risque sont les hommes avec des problèmes d'abus et de dépendance à la drogue et à l'alcool ou plusieurs facteurs de risque; les hommes et les jeunes présentant des troubles mentaux; les hommes en détention; les jeunes filles âgées de 14 à 19 ans présentant plusieurs facteurs de risque; les personnes ayant fait plusieurs tentatives de suicide (sexe et âge confondus);
- de développer les interventions en prévention du suicide auprès des jeunes.
- de réduire l'accès et de minimiser les risques associés aux moyens retenus par des personnes suicidaires pour mettre fin à leur jour (armes à feu, ponts et autres lieux à risques, médicaments, monoxyde de carbone dans les automobiles, etc.). Diminuer l'accessibilité à un moyen ou à un lieu stratégique permettra de réduire le nombre de suicides;
- de contrer la banalisation et la dramatisation du suicide en développant le sens de la solidarité et des responsabilités chez les intervenants, dans la population et chez les médias;
- d'intensifier et de diversifier la recherche dans le domaine du suicide en ce qui a trait à l'évaluation des activités préventives et des modes d'interventions.
- Le pont ferroviaire de Cap-Rouge Le CN, la Ville de Cap-Rouge et les Entreprises Microtec se sont concertés pour mettre en place un système de surveillance afin de contrôler l'accès au pont ferroviaire de Cap-Rouge. De plus, le Service de police de la Ville de Sainte-Foy s'est entendu avec le CN pour intervenir rapidement sur les lieux en cas de crise. Parallèlement à cette initiative, les CLSC Laurentien et Sainte-Foy/Sillery, en collaboration avec le Centre de prévention du suicide de Québec et la Commission scolaire des Découvreurs, ont organisé des rencontres de sensibilisation et de prévention-postvention auprès des parents dans les écoles primaires et secondaires du territoire pour notamment mettre sur pied des comités de prévention du suicide dans ces écoles. - Les armes à feu Toujours dans cette région, et dans le but également de réduire l'accès aux moyens, le Centre de prévention du suicide de Québec a réalisé une activité de prévention axée sur l'information et la sensibilisation des chasseurs en ce qui a trait à l'entreposage sécuritaire et préventif des armes à feu. STRATEGIE QUEBECOISE D'ACTION FACE AU SUICIDE - S'ENTRAIDER POUR LA VIE EXEMPLES D'INTERVENTIONS QUEBECOISES EXISTANTES EN MATIERE DE PREVENTION, D'INTERVENTION ET DE POSTVENTION : UNE APPROCHE PROMETTEUSE POUR FAIRE FACE AU PROBLEME DU SUICIDE CHEZ LES ADOLESCENTS : UN MODELE D'INTERVENTION ET DE SUIVI EST MIS EN PRATIQUE PAR L'HOPITAL DE MONTREAL POUR ENFANTS L'Hôpital de Montréal pour enfants utilise une approche particulière pour faire face au problème du suicide chez les adolescents de 13 à 17 ans présentant des problèmes de santé mentale et aussi chez ceux qui ont des idées suicidaires ou qui ont déjà fait une tentative de suicide. Les interventions s'appuient sur l'action concertée de deux équipes multidisciplinaires internes, soit l'Equipe d'intervention en situation de crise et l'Equipe d'intervention en phase aigue. Il s'agit d'un modèle d'intervention axé sur la qualité du suivi de la personne qui est déterminé au moyen d'une évaluation donnant lieu parfois à une hospitalisation et à une référence à l'une ou l'autre des équipes internes selon le cas. Un plan d'action est établi avec le jeune et sa famille et ceux-ci sont référés au besoin vers un intervenant d'une ressource externe soit communautaire, du réseau de la santé et des services sociaux (CLSC), du réseau scolaire, ou à une ressource en psychologie, pour compléter ou poursuivre le suivi. En plus de garantir une intervention et un suivi efficaces du jeune, cette approche a l'avantage de développer les échanges entre les divers intervenants du milieu et les équipes de l'hôpital qui demeurent toujours disponibles pour intervenir et conseiller au besoin les intervenants externes, afin de mieux faire face aux crises suicidaires et d'éviter parfois une nouvelle hospitalisation du jeune. source: www.refips.org/strategie.htm
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