Résumé
Profil statistique du suicide dans la région de Montréal-Centre.
Les informations présentées dans ce document permettent de dresser un profil statistique du suicide dans la région de Montréal. À partir des données disponibles sur les décès par suicide, les hospitalisations à la suite d'une tentative de suicide, les parasuicides (tentatives de suicide sans égard à l’hospitalisation) et les idées suicidaires, il est possible de dégager certains constats relatifs à l’ampleur du phénomène, à son évolution temporelle, à la situation de Montréal par rapport à celles d’autres régions, et enfin aux groupes le plus touchés.L’AMPLEUR DU PHÉNOMÈNE
On enregistrait en 2000 chez les résidants de Montréal, près de 250 suicides et un peu moins de 400 hospitalisations pour tentative de suicide. Parmi les adultes de 18 ans et plus, 2,5 % ont eu des idées suicidaires au cours de 1999 et 7 % au cours de leur vie. Enfin, environ 3 % des adultes auraient tenté de se suicider au cours de leur vie.
ÉVOLUTION DANS LE TEMPS
- Le taux de mortalité par suicide des résidants de Montréal, après avoir enregistré une baisse constante au cours des années 80, s’est remis à augmenter au cours des années 90 pour atteindre, ces dernières années, la même intensité qu’au début des années 80. Cette situation est attribuable à l'augmentation des taux chez les hommes montréalais.
- Les taux d’hospitalisation ont nettement diminué depuis le milieu des années 90 à la suite de la transformation du réseau de la santé.
- Les données disponibles sur les idées suicidaires montrent que, d’une enquête à l’autre, de 3 % à 4 % des Montréalais âgés de 15 ans et plus déclarent avoir eu des idées suicidaires au cours de la dernière année.
MONTRÉAL COMPARATIVEMENT À D’AUTRES RÉGIONS
- Les taux de mortalité par suicide et d’hospitalisation pour tentative de suicide sont nettement plus faibles à Montréal que dans le reste du Québec. Alors qu’au début des années 80 le taux de mortalité par suicide était identique à Montréal et dans le reste du Québec, à la fin des années 90 le taux montréalais était le plus faible de toutes les régions du Québec et inférieur de plus de 20 % au taux québécois.
- L’écart entre les taux d’hospitalisation pour tentative de suicide de Montréal et du reste du Québec n’a cessé de se creuser au cours des années. Le taux montréalais représentait la moitié de celui du reste du Québec en 1999-2000.
- La comparaison avec d’autres régions urbaines ayant des caractéristiques sociales et démographiques s’apparentant à celles de Montréal suggère un tout autre portrait. Comparativement aux grandes régions urbaines du Canada, Montréal obtient non seulement le taux de mortalité par suicide le plus élevé, mais celui-ci surpasse de plus de 50 % ceux d’Ottawa, Toronto et Vancouver.
- Enfin, les quelques données d’enquêtes permettant d’établir des comparaisons entre Montréal et le reste du Québec ne montrent pas de différences en ce qui concerne la prévalence des idées suicidaires.
LES GROUPES LE PLUS TOUCHÉSÂge et sexe
- À tout âge les hommes montréalais se suicident davantage que les femmes. En 1999-2000, le taux des hommes était 3,5 fois celui des femmes. Les taux de mortalité les plus élevés se retrouvent chez les hommes de 20-24 ans et de 35-54 ans en 1996-1998.
- À la fin des années 90, pour la première fois, le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide des femmes montréalaises rejoint celui des hommes. Cependant, les adolescentes âgées de 15-19 ans se distinguent toujours par des taux nettement supérieurs à ceux des autres groupes d’âge.
- Dans l’enquête montréalaise de 1999, la proportion de tentatives de suicide est plus élevée chez les femmes que chez les hommes (4,2% pour 2,5 %) et relativement faible chez les personnes de 65 ans et plus.
La catégorie de revenu
- Les taux de mortalité par suicide et d’hospitalisation à la suite d'une tentative de suicide augmentent à mesure que le revenu diminue. En 1996-1998, le taux de mortalité de la catégorie de revenu faible était 2,8 fois supérieur à celui de la catégorie de revenu élevé, et le taux d’hospitalisation (1997-2000) était 1,9 fois plus élevé. L’écart entre les taux de mortalité des deux groupes a augmenté en 1996-1998.
Le territoire de CLSC
- Les territoires de CLSC ayant un indice de mortalité par suicide significativement supérieur à la moyenne régionale sont : Des Faubourgs, Hochelaga-Maisonneuve, Montréal-Nord, Plateau Mont-Royal et Saint-Henri.
- Les territoires de CLSC ayant un indice d’hospitalisation pour tentative de suicide significativement supérieur à la moyenne régionale sont : Des Faubourgs, Hochelaga-Maisonneuve, NDG/Montréal Ouest, Olivier-Guimond, Pointe Saint-Charles, De Rosemont, Saint-Henri, Verdun / Côte Saint-Paul.
Profil statistique du suicide dans la région de Montréal-Centre. Violaine Ayotte, Robert Choinière, Carole Poulin. 4 e trimestre 2002. 64 pages. ISBN 2-89494-362-8 . 9,50$
Source : www.santepub-mtl.qc.ca/Publication/trauma/suicide2002.html
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