Quelle est l'étendue du phénomène de la violence ou de l'exploitation sexuelle des enfants et des adolescents au Canada ?Bien que le phénomène de la violence ou de l'exploitation sexuelle des enfants existe depuis toujours, il n'a pas été publiquement reconnu comme un problème de société au Canada avant la publication en 1984 du Rapport Badgley(6). Bien que de nombreuses études aient été réalisés sur le sujet, il n'est pas possible de connaître l'étendue exacte du problème au Canada parce que les victimes peuvent ne rien révéler ou des incidents connus peuvent ne pas avoir été rapportés aux autorités. De plus, certaines formes de violence ou d'exploitation sexuelle des enfants peuvent ne pas être fidèlement rapportées dans les recensements des crimes à l'échelle du pays, ou par les services de protection de l'enfance des provinces et des territoires(7). Cependant, les données pan-canadiennes indiquent que le phénomène est extrêmement répandu au pays. L'étendue de la violence ou de l'exploitation sexuelle En 2002, 8 800 agressions sexuelles envers des enfants ou des adolescents ont été signalées à 94 services de police au Canada(8). Ce chiffre inclut 2 863 agressions sexuelles envers des enfants ou des adolescents commis par des membres de la famille. Une étude récente, l'Étude canadienne sur l'incidence des signalements de cas de violence ou de négligence envers les enfants (ECI), la première étude nationale sur l'incidence de la violence sexuelle et la négligence sur les enfants à partir des données des services d'entraide à l'enfance au Canada, une enquête sur dix (10 %) avait la violence sexuelle pour raison principale de maltraitance d'enfants en rapport aux services des agences de services sociaux en 1998. La violence sexuelle a été confirmée dans plus de 38 % des cas.(9) Pourquoi les victimes ne dénoncent pas Beaucoup de raisons font que la violence reste cachée :Même dans les cas où les victimes racontent à quelqu'un ce qui leur est arrivé, la victime peut ne pas rapporter l'événement à la police pour des raisons comme l'incrédulité, la honte, la peur ou une dépendance à l'égard de l'agresseur. Formes de violence sexuelle Selon l'ECI, la forme la plus répandue de violence sexuelle confirmée dans les cas de protection de l'enfance était les caresses et les attouchements aux parties génitales (68 % des cas), alors que les rapports sexuels partiels ou complets comptaient pour 35 % des cas. L'exposition à un enfant par un de ses parties génitales comptait pour 12 % des cas signalés de violence sexuelle envers des enfants(10). Dans six pour cent des cas, un adulte était impliqué sexuellement dans l'exploitation d'un enfant à des fins financières ou autre profit, et 4 % des cas avaient trait au harcèlement sexuel (y compris les propositions, l'encouragement ou les suggestions de nature sexuelle)(11). En 2002, selon l'Enquête sur le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondée sur l'affaire (DUC2), les enfants comptaient pour 61 % des victimes d'agressions sexuelles déclarées aux 94 services de police. Cela comprenait les crimes comme l'agression sexuelle, l'agression sexuelle avec une arme, l'agression sexuelle grave et plusieurs autres crimes à caractère sexuel y compris les contacts sexuels, les attouchements, l'exploitation sexuelle et l'inceste. Les agresseurs Les agresseurs sont la plupart du temps des personnes qui connaissent la victime, plutôt que des inconnus. Environ la moitié des agressions sexuelles (51 %) envers des enfants ou des adolescents signalées à la police en 2002 concernaient des amis ou des connaissances, alors que le quart de ces agressions (25 %) impliquaient des membres de la famille. Environ 18 % impliquaient des agressions commises par des étrangers. La plupart sont des hommes, mais pas toujours. Selon l'étude de l'ECI, la plupart des agresseurs sexuels étaient des parents « autres » (que le père ou la mère) dans 44 % des cas ou des personnes non-apparentées (dans 29 % des cas), et très peu (2 %) des cas confirmés de violence sexuelle impliquaient un inconnu. Les agresseurs présumés qui avaient un lien avec la victime pouvaient aussi bien être le père biologique ou le beau-père et moins souvent la mère biologique de l'enfant ou un parent adoptif(12). Les différents facteurs entourant la violence sexuelle sont complexes, mais certaines caractéristiques communes aux agresseurs sexuels peuvent être des antécédents familiaux marqués par la violence physique, sexuelle et émotive ainsi que des expériences sexuelles désastreuses, des problèmes de fonctionnement dans la société et des relations non satisfaisantes avec ses pairs(13). Certains agresseurs font usage de pornographie juvénile ou adulte tandis que d'autres non(14). Note
- L'âge /ou le stade de développement : Dans certains cas, les victimes peuvent être trop jeunes (troubles comportementaux, cognitifs ou émotionnels) pour exprimer ce qui leur est arrivé.
- Sentiments d'impuissance : Certaines victimes peuvent se sentir prisonnières des circonstances ou avoir été menacées de représailles, contre elles-mêmes ou des proches, si elles parlent.
- Dépendance : Il peut exister une situation de dépendance face à l'agresseur.
- Peur : Ellespeuvent redouter de ne pas être crues. Elles peuvent craindre d'être critiquées publiquement et que leur identité sexuelle soit remise en question. Elles peuvent craindre les représailles de l'agresseur ou d'autres conséquences négatives si elles en parlent à quelqu'un. Elles peuvent vouloir protéger les membres de leur famille (y compris l'agresseur).
- Émotions contradictoires : Elles peuvent se sentir en conflit et souffrir de confusion ou de honte. Elles peuvent croire qu'elles sont responsables de cette violence.
6 Canada. Comité sur les infractions sexuelles à l'égard des enfants, Violence sexuelle envers les enfants: Rapport du Comité sur la violence sexuelle envers les enfants et les adolescents (rapport Badgely), vols. 1 et 2 (Ottawa: Ministère Travaux publics et Services gouvernementaux Canada).
7 L'Enquête sur le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondée sur l'affaire (DUC2) découle des données provenant des services de police à travers le Canada (en 2002 représentait 56 % du total national de crimes). Les données ne sont pas représentatives de l'échelle nationale. Il existe également des différences au niveau des définitions et des rapports dans les services de protection et de mieux-être de l'enfance des provinces/territoires.
8 Canada. Statistique Canada, La violence familiale au Canada: un profil statistique, 2004 (Ottawa : 2004. Cat. no. 85-224-XIE) : p. 16. Accessible par Internet: http://www.statcan.ca/francais/freepub/85-224-XIF/free_f.htm.
9 Canada. Agence de santé publique du Canada, Maltraitance des enfants au Canada : Étude canadienne sur l'incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants : Résultats choisis, rapport préparé par Nico Trocmé et David Wolfe (Ottawa: Ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2001): p.3. Accessible par Internet: http://www.phac-aspc.gc.ca/cm-vee/cishl01/index.html.
10 Canada. Agence de santé publique du Canada, Maltraitance des enfants au Canada : Étude canadienne sur l'incidence des cas de violence et de negligence envers les enfants : Résultats choisis, rapport préparé par Nico Trocmé et David Wolfe (Ottawa: Ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2001): p. 13.
11 Canada. Agence de santé publique du Canada, Maltraitance des enfants au Canada : Étude canadienne sur l'incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants : Résultats choisis, rapport préparé par Nico Trocmé et David Wolfe (Ottawa : Ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2001): p.3. Accessible par Internet: http://www.phac-aspc.gc.ca/cm-vee/cishl01/index.html.
12 Canada. Agence de santé publique du Canada, Maltraitance des enfants au Canada : Étude canadienne sur l'incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants : Résultats choisis, rapport préparé par Nico Trocmé et David Wolfe (Ottawa : Ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2001):): p.20-21. Accessible par Internet: http://www.phac-aspc.gc.ca/cm-vee/cishl01/index.html.
13 La Société canadienne de la Croix-Rouge, « Chapitre 3 : Agresseurs sexuels, 2005 », Une responsabilité partagée : la prévention de la violence sexuelle par l'intervention, la protection et les lois canadiennes. Accessible par Internet: www.redcross.ca.
14 Canada. Ministère de la Justice, La relation entre la pornographie juvénile et les infractions sexuelles contre les enfants : une analyse documentaire : Rapport de recherche, rapport préparé par L. Jill Rettinger (Ottawa : 2000). Accessible par Internet: http://www.justice.gc.ca/en/ps/rs/rep/rr00-5.html).
Source : http://www.justice.gc.ca/fr/ps/fm/sexual_abuse_fs.html Ministère de la justice
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