QUELLE EST L'ÉTENDU DE LA VIOLENCEIl n’est pas possible de connaître avec précision l’étendue de ce problème, mais les données disponibles indiquent que la violence dans les fréquentations est courante. Une grande attention a été portée au fait que certaines études ont révélé que la violence dans les fréquentations est l’affaire à la fois des hommes et des femmes. Les limitations méthodologiques dans lesquels les actes de violence ont été mesurés pourraient bien expliquer pourquoi les taux de violence physique dans les fréquentations ont souvent été les mêmes chez les hommes et les femmes. Il en est différemment, cependant, pour ce qui est des conséquences, du contexte, de la motivation et de la signification de la violence. De nombreux auteurs ont noté que le contexte social de la violence dans les fréquentations est différent pour les femmes, que les conséquences du fait d’avoir été maltraitée sont plus graves pour les femmes et que les femmes emploient la violence pour des raisons différentes (souvent pour se défendre). (Voir, plus loin, les sections intitulées « Quels sont les facteurs qui jouent un rôle dans la violence dans les fréquentations? » et « Quelles sont les conséquences de la violence dans les fréquentations? ».) Dans les recherches qui ont porté sur la violence sexuelle, les femmes ont déclaré en avoir été victimes beaucoup plus souvent que les hommes. Selon des recherches récentes, les fréquentations chez les adolescents peuvent souvent être marquées de violence physique, sexuelle et psychologique. Cependant, les définitions de la violence diffèrent, et quelques études seulement ont traité de tous les aspects de ces formes de violence. Un plus petit nombre encore d’études ont parlé de la situation des adolescents de 12 ou 13 ans, qui est l’âge auquel les fréquentations et, en conséquence, la violence dans les fréquentations peuvent débuter. Certains auteurs ont souligné que l’intimidation exercée dans l’enfance peut s’aggraver et se transformer en des formes plus flagrantes de harcèlement sexuel et, si le problème n’est pas réglé, faire place à différents types de violence, notamment la violence dans les fréquentations. La violence dans les fréquentations chez les élèves du primaire Un échantillon de 3 142 étudiants d’universités et de collèges au Canada (1 835 femmes et 1 307 hommes) ont participé à la Canadian National Survey de 1993 (l’enquête nationale). Ces étudiants ont été interrogés au sujet des expériences de violence vécues à l’école primaire (de la première à la huitième année) avec leurs amis. Les hommes devaient parler de la violence qu’ils avaient commise et les femmes, de celle dont elles avaient été victimes. Parmi les hommes qui ont répondu à la question, 2 p. 100 avaient menacé d’employer la force pour contraindre une camarade à participer à des activités sexuelles; 2 p. 100 avaient employé la force pour contraindre une amie à avoir des activités sexuelles; 19 p. 100 ont indiqué avoir usé de violence psychologique; 4 p. 100 avaient été violents physiquement. Du côté des femmes, 3 p. 100 ont signalé que des amis avaient menacé d’employer la force pour les contraindre à participer à des activités sexuelles; 4 p. 100 ont indiqué qu’elles avaient été contraintes par la force à participer à des activités sexuelles; 24 p. 100 ont dit que leurs partenaires leur avaient causé un tort psychologique; 7,2 p. 100 ont mentionné qu’elles avaient subi des blessures. La violence dans les fréquentations chez les étudiants du secondaire Dans le cadre de l’enquête nationale, on a aussi interrogé des étudiants collégiaux et universitaires au sujet de leurs expérience de violence dans les fréquentations pendant leurs études secondaires. Les hommes devaient parler de leurs comportements violents et les femmes, de la violence exercée contre elles. Parmi les hommes qui ont répondu à la question, 1 p. 100 avaient menacé d’employer la force physique pour contraindre leurs partenaires à participer à des activités sexuelles; 2 p. 100 avaient employé la force pour contraindre une femme à avoir des activités sexuelles; 33 p. 100 avaient causé un tort psychologique à leurs partenaires; 1 p. 100 leur avaient causé des blessures. Du côté des femmes, 8 p. 100 ont signalé que leurs partenaires avaient menacé d’employer la force pour les contraindre à participer à des activités sexuelles; 14 p. 100 ont indiqué qu’elles avaient été contraintes par la force à participer à des activités sexuelles; 50 p. 100 ont dit que leurs partenaires leur avaient causé un tort psychologique; 9 p. 100 ont mentionné que des hommes qu’elles fréquentaient leur avaient causé des blessures. La violence dans les fréquentations dans les écoles secondaires au Canada Région de l’Atlantique Selon une étude menée en 2000 à laquelle ont participé près de 1 700 étudiants de la 7e, de la 9e et de la 11e années de la région de l’Atlantique, 29 p. 100 des jeunes femmes et 13 p. 100 des jeunes hommes avaient été victimes d’une quelconque forme de violence par une personne qu’ils fréquentaient et en avaient été bouleversés. Québec Une étude menée en 1995 auprès d’étudiants du secondaire du Québec a révélé que 16 p. 100 des jeunes femmes et 25 p. 100 des jeunes hommes avaient déjà été victimes d’une quelconque forme de violence physique. Ontario Selon une étude réalisée en 1993 auprès de plus de 1 500 étudiants du secondaire à London, en Ontario, les étudiants qui avaient signalé le plus grand nombre d’incidents de violence dans les fréquentations étaient les jeunes étudiantes de la 9e et de la 10e années qui avaient des fréquentations stables : une sur deux (59 p. 100) avait été victime de violence verbale ou psychologique; une sur trois (27 p. 100), de violence physique; une sur trois (32 p. 100), de violence sexuelle. La violence dans les fréquentations chez les adolescents
DANS LES FRÉQUENTATIONS AU CANADA?La violence dans les fréquentations chez les étudiants des collèges et des universités L’incidence de la contrainte sexuelle se situe entre 20 et 30 p. 100 chez les étudiants des collèges, et ce taux pourrait même être plus élevé si l’on tient compte des menaces verbales et de la violence psychologique. Selon la Canadian Campus Survey de 1998, qui a porté sur un échantillon de 7 800 étudiants universitaires, un grand nombre d’entre eux ont dit avoir été victimes de violence (dont probablement de la part de la personne qu’ils fréquentaient) :
- Selon une étude menée à Ottawa en 2000 auprès de 90 adolescents âgés de 13 à 17 ans, deux tiers d’entre eux (67 p. 100) ont dit avoir maltraité leur petite amie : environ le tiers (34 p. 100) ont exercé de la violence psychologique, physique et sexuelle; près du quart (22 p. 100), de la violence psychologique et physique; le dixième (10 p. 100), de la violence psychologique et sexuelle. Les 30 jeunes hommes marginaux et violents qui ont fait l’objet d’interviews en profondeur ont indiqué qu’ils avaient tous, seuls et avec d’autres, maltraité leur petite amie à plusieurs reprises.
- Une étude menée au Québec en 1995 auprès d’adolescents de 15 à 19 ans a révélé que 54 p. 100 des jeunes femmes et 13 p. 100 des jeunes hommes avaient déjà été forcés de participer à des activités sexuelles contre leur gré par la personne qu’ils fréquentaient.
Selon l’enquête nationale de 1993, la violence dans les fréquentations chez les étudiants universitaires et collégiaux est fréquente :
- 13 p. 100 des étudiants ayant participé à l’étude avaient déjà été victimes d’une agression sexuelle, dont 4 p. 100 au cours de la dernière année ;
- un étudiant sur cinq avait déjà été victime de violence physique, dont 5 p. 100 au cours de la dernière année.
La violence dans les fréquentations dans la population adulte L’Enquête sur la violence envers les femmes (EVF) de 1993 a révélé qu’un grand nombre de femmes adultes sont victimes de violence dans leurs fréquentations. Cette étude a aussi permis d’apprendre :
- près de 35 p. 100 des femmes interrogées ont indiqué qu’elles avaient été victimes d’au moins une agression physique par un partenaire masculin ;
- 28 p. 100 des femmes ont signalé qu’elles avaient été victimes d’une agression sexuelle au cours des 12 mois précédant l’étude, alors que 11 p. 100 des hommes ont indiqué qu’ils avaient exercé de la violence sexuelle à l’égard d’une partenaire féminine au cours de la même période;
- 45 p. 100 des femmes ont dit avoir été victimes d’une agression sexuelle depuis la fin de leurs études secondaires, et 20 p. 100 des hommes ont indiqué avoir vécu au moins un incident violent au cours de la même période.
Il est impossible de connaître toute l’étendue de la violence dans les fréquentations parce que les victimes de violence peuvent ne pas signaler les actes commis contre elles. Les raisons suivantes peuvent expliquer pourquoi une victime garde le silence :
- que, selon une estimation, 1,7 million de Canadiennes (environ 16 p. 100 de la population féminine) avaient été victimes au moins une fois d’une agression sexuelle ou physique dans le cadre de leurs fréquentations depuis l’âge de 16 ans ;
- que, parmi les jeunes femmes célibataires (de 18 à 24 ans), 24 p. 100 avaient été agressées par la personne qu’elles fréquentaient (15 p. 100 avaient été victimes d’une agression sexuelle et 14 p. 100, d’une agression physique);
- que, selon une estimation, 25 p. 100 de toutes les femmes qui allaient à l’école au moment de l’enquête avaient déjà été victimes d’une agression sexuelle (17 p. 100) ou d’une agression physique (12 p. 100) commise par leur petit ami ou un homme avec qui elles sortaient.
Également la violence dans les fréquentations peut ne pas être reconnue ou signalée pour les raisons suivantes:
- le fait de ne pas reconnaître que les actes commis constituent de la violence
- l’embarras
- la honte
- la dénégation
- la crainte de ne pas être crue
- la crainte d’être rejetée par le partenaire ou les pairs
- la crainte de faire l’objet de représailles ou d’être abandonnée
- la conviction que l’acte est insignifiant et ne vaut pas la peine d’être signalé
- la conviction qu’elle est responsable de l’acte.
Source : http://www.justice.gc.ca/fr/ps/fm/datingfs.html Ministère de la justice
- les pressions sociales intenses exercées sur les jeunes hommes et les jeunes femmes pour qu’ils fréquentent quelqu’un (sans égard à ce que cela peut leur coûter). À cause de ces pressions et du statut social associé aux fréquentations, les jeunes peuvent essayer de minimiser ou de nier la violence existant dans leurs relations;
- les croyances relatives aux rôles sexuels traditionnels, qui renforcent l’inégalité dans les relations;
- la normalisation de la violence dans la société et dans les fréquentations.
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