État de santé des Canadiens :
écarts entre les régions urbaines et rurales

Le 19 septembre 2006 — Un nouveau rapport publié aujourd’hui révèle que les taux de mortalité (décès) sont généralement plus élevés chez les Canadiens vivant dans les régions rurales que chez ceux des régions urbaines.

Le rapport Comment se portent les Canadiens vivant en milieu rural?

Une évaluation de leur état de santé et des déterminants de la santé est le fruit d’un partenariat de recherche entre l’Initiative sur la santé de la population canadienne (ISPC), de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) et le Centre de recherche en santé dans les milieux ruraux et du Nord de l’Université Laurentienne. Il fournit une nouvelle perspective pancanadienne sur la santé des Canadiens des régions rurales et compare les régions urbaines à quatre types de régions rurales : celles qui ont le taux de navettage le plus élevé (où au moins 30 % des personnes font la navette vers une région urbaine pour travailler) et celles qui ont un taux de navettage modéré, faible ou nul.

Des chercheurs ont constaté que les taux de mortalité sont plus élevés chez les Canadiens vivant dans les régions rurales et éloignées que chez ceux des régions urbaines. Les taux de mortalité annuelle étaient plus élevés dans les régions les plus rurales (où le taux de navettage est nul), soit 792 décès par 100 000 habitants, comparativement à 695 décès par 100 000 habitants dans les régions urbaines. Toutefois, dans les régions rurales dont le taux de navettage vers les régions urbaines est le plus élevé, les taux de mortalité sont plus faibles que dans les régions urbaines, soit 668 décès par 100 000 habitants. La différence entre les taux de mortalité dans les régions urbaines et rurales était surtout prononcée chez les enfants et les adolescents de 5 à 19 ans, particulièrement pour les cas de décès à la suite de blessures.

« Les taux de mortalité globaux plus élevés au sein des collectivités rurales semblent être liés à des causes comme les maladies de l’appareil circulatoire et les blessures », affirme Marie DesMeules, de l’équipe de chercheurs principaux ayant participé à l’étude. « Les maladies de l’appareil circulatoire sont la cause principale de décès au Canada. Notre analyse révèle que les facteurs de risque tels que le tabagisme et l’obésité sont plus fréquents chez les résidants des régions rurales que chez ceux des régions urbaines. Voilà qui semble contribuer au fait que les risques de mourir prématurément des suites de maladies de l’appareil circulatoire sont plus élevés chez les personnes vivant dans les régions rurales ou plus éloignées. »

Causes principales de décès

Les risques de décès liés aux maladies de l’appareil circulatoire, aux maladies de l’appareil respiratoire, au diabète, aux blessures et au suicide sont plus élevés chez les résidants des régions rurales. Dans l’ensemble, les taux de mortalité sont plus élevés dans les régions où le navettage est modéré, faible ou nul. Par exemple, les taux de mortalité liés aux maladies de l’appareil circulatoire varient de 290 par 100 000 habitants dans les régions où le taux de navettage est modéré à 302 par 100 000 habitants dans les régions sans navettage, comparativement à 273 par 100 000 habitants dans les régions urbaines. Pour ce qui est des maladies de l’appareil respiratoire, on a enregistré 47 décès par 100 000 habitants chez les hommes de 45 à 64 ans vivant dans les régions rurales sans navettage, comparativement à 33 décès par 100 000 habitants dans les régions urbaines, soit un risque de décès plus élevé de 42 %. Les hommes du même groupe d’âge vivant dans les régions ayant un taux modéré de navettage présentaient un risque de décès plus élevé de seulement 10 %, comparativement à ceux des régions urbaines.

Taux de cancer moins élevés dans les régions rurales

Le rapport met également l’accent sur les avantages en matière de santé dont jouissent les résidants des régions rurales au Canada. Les Canadiens vivant dans les régions rurales sont moins enclins à être atteints d’un nouveau cancer que ceux des régions urbaines. Les taux annuels de cancer varient de 419 à 456 par 100 000 hommes vivant dans les régions rurales, comparativement à 464 chez les hommes des régions urbaines, et de 303 à 324 par 100 000 femmes dans les régions rurales, comparativement à 336 chez les femmes des régions urbaines. Les taux de décès à la suite d’un cancer sont moins élevés dans les populations rurales pour ce qui est de certains types de cancer. Par exemple, les taux de mortalité liés au cancer du sein sont plus faibles chez les femmes de 45 ans et plus des régions rurales que chez celles des régions urbaines. Chez les femmes de 45 à 64 ans des régions rurales, le taux de mortalité lié au cancer du sein varie de 51 à 54 décès par 100 000 femmes, comparativementà 61 décès par 100 000 femmes des régions urbaines. Cependant, les populations rurales ne sont pas à l’abri de tous les types de cancer. Par exemple, les taux d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus sont plus élevés chez les femmes de certaines régions rurales que chez celles des régions urbaines; le taux les plus élevés ont été enregistrés dans les régions les plus rurales.

Les hommes de 45 à 64 ans vivant dans les régions ayant un taux de navettage modéré ou nul présentent un taux de mortalité lié au cancer du poumon plus élevé (123 et 125 décès par 100 000, respectivement) que les hommes du même âge vivant dans les régions urbaines (109 décès par 100 000 habitants). Ce n’est pas le cas pour les femmes des régions rurales du même groupe d’âge qui présentent les mêmes taux de cancer du poumon que les femmes des régions urbaines.

Taux élevés de tabagisme mais fort sentiment d’appartenance envers la collectivité

Les taux de tabagisme et d’exposition à la fumée secondaire, et la consommation de cinq portions ou plus de fruits et de légumes par jour varient selon qu’il s’agit d’une région urbaine ou rurale. Bon nombre de Canadiens vivant dans les régions rurales étaient des fumeurs (soit 32 % dans les régions les plus rurales, et 25 % dans les régions urbaines), et seulement 31 % des personnes des régions les plus rurales affirment consommer cinq portions ou plus de fruits et de légumes par jour, comparativement à 38 % des résidants des régions urbaines. Les Canadiens des régions rurales sont également plus enclins à accuser un excès de poids ou à être obèses (leur indice de masse corporelle était de 25 ou plus), soit 57 % dans les régions les plus rurales comparativement à 47 % dans les régions urbaines.
Par contre, vivre dans les régions rurales offre des avantages en ce qui a trait à la qualité de vie. Les résidants des régions rurales affirment être moins stressés et éprouver un sentiment d’appartenance très fort envers leur collectivité, comparativement à ceux des régions urbaines.

Le Québécois des villes est plus actif que son cousin des campagnes, tant dans ses passe-temps que ses déplacements, selon une étude de l'Institut national de santé publique.

Côté loisirs, les chercheurs avaient remarqué depuis un moment que l'urbain se démène plus physiquement, note Bertrand Nolin, kinésiologue.

Restait à savoir s'il en était de même côté transports.

Oui! En ville, on marche plus et on roule plus à vélo pour se rendre au travail, à la pharmacie, au dépanneur. Dans les grandes cités comme Québec et Montréal, une différence existe même entre les quartiers centraux et les banlieues: " À l'intérieur de la ville, lorsque la densité de population diminue, l'utilisation de la marche comme moyen de transport diminue."

Dans la capitale, environ 40% des banlieusards marchent au moins une heure par semaine pour "se transporter". Le taux grimpe à près de 60% au coeur de la ville. Le rapport est mimétique dans la métropole.

Même constat avec la bicyclette: "On utilise plus le vélo en ville qu'en campagne", observe M. Nolin. Mais, tous lieux de résidence confondus, les vélos sont peu populaires. Au centre-ville de Québec et de Montréal, environ 8% des résidents pédalent au moins une heure par semaine. Le taux tombe à 3% dans les villages. Sauf chez les adolescents, qui roulent beaucoup plus en région: "Ça se comprends. Si j'habitais sur Sainte-Catherine ou Sherbrooke à Montréal, je n'aimerais pas trop que mon jeune alle jouer en vélo dans le trafic."

Bertrand Nolin perçoit dans ces résultats un argumentaire solide pour la lutte contre l'étalement urbain et pour la promotion de l'exercice de transport. Cest facile, accessible et il ne faut pas s'inscrire dans un centre spécialisé pour s'y adonner, plaide-t-il. (...)

Source : http://secure.cihi.ca/cihiweb/dispPage.jsp?cw_page=media_19sep2006_f




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