Fondation des maladies mentales - Le suicide

Suzanne Dubois M.B.A
Directrice générale fondation des maladies mentales

Le suicide

L'ensemble des données sur le suicide brosse un portrait plutôt sombre. Même si ces données sous-estiment l'ampleur réelle du phénomène, il reste que le Québec connaît une hausse vertigineuse du taux de suicide, que le problème est important chez les jeunes et les personnes seules, séparées, veuves ou divorcées. Le suicide n'est donc plus le problème de quelques individus trop isolés pour qu'on leur prête temps et attention. Il est maintenant devenu un problème de société.

Malgré les efforts de prévention, on ne pourra jamais empêcher tous les suicides. Il y aura donc toujours des parents et des amis durement touchés par le geste fatal d'un individu. Il importe donc qu'ils puissent, au besoin, utiliser eux aussi les services offerts aux personnes suicidaires et qu'on les aide à faire face aux perturbations émotionnelles qui les envahissent, comme la honte ou la culpabilité.

Des intervenants compétents leur permettront de parler du drame qu'ils viennent de vivre et d'exprimer leurs émotions ; ils leur donneront aussi des directives et des explications tout en leur procurant le soutien et l'assurance dont ils ont besoin.

Le suicide en général

Le suicide chez les jeunes

Une étude de la Direction de la santé publique de la Montérégie, dévoilée en juin 2001, révèle que :

" La situation est identique dans les autres régions (du Québec) ", affirme Luc Boileau, directeur de la santé publique en Montérégie. (source : Journal de Montréal, 2 juin 2001)

Depuis le suicide de leur fils Thomas en 1994, à 14 ans, Drs Pierre Bégin et Doris Adem font une croisade auprès des médecins afin qu'ils sachent mieux diagnostiquer la dépression chez les adolescents. Comme 80 % à 90 % des gens qui se sont suicidés, Thomas souffrait d'une maladie mentale : la dépression.

Selon Dr Bégin, lors du suicide de son fils, " la dépression chez l'adolescent était ignorée. On croyait que le jeune vivait sa crise d'adolescence. Or un jeune qui s'isole, montre des troubles d'humeur, connaît soudainement des problèmes de comportement, a des résultats scolaires dramatiques et se sent toujours fatigué… eh bien il doit être écouté et entouré. La dépression, ça se soigne à la condition de l'identifier ". (source : Journal de Montréal, 26 novembre 2000).

Le suicide chez les personnes âgées

Après celui chez les jeunes, le Québec détient aussi le taux de suicide le plus élevé au pays chez les personnes âgées.

" Ces gens ne sont pas nécessairement atteints de graves maladies, commente Michel Préville, chercheur de l'Université de Sherbrooke, mais ils se sentent isolés et en perte de statut social depuis leur retraite".

" Les résultats nous ont surpris et confirment que le phénomène du suicide chez les personnes âgées est important et ne cesse d'augmenter. En 1999, au Québec, le taux de suicide fut 1.6 fois plus élevé chez les gens de 65 ans et plus que chez les jeunes de moins de 20 ans. Mais on en parle pas. C'est comme si la société disait : c'est normal, ils sont vieux ", ajoute M. Préville.

Source : www.fmm-mif.ca/fr/maladies/problematiques/suicide;jsessionid=aaa5bxgtadZLYV




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