Fondation des maladies mentales - Le suicideSuzanne Dubois M.B.A
Directrice générale fondation des maladies mentalesLe suicide
L'ensemble des données sur le suicide brosse un portrait plutôt sombre. Même si ces données sous-estiment l'ampleur réelle du phénomène, il reste que le Québec connaît une hausse vertigineuse du taux de suicide, que le problème est important chez les jeunes et les personnes seules, séparées, veuves ou divorcées. Le suicide n'est donc plus le problème de quelques individus trop isolés pour qu'on leur prête temps et attention. Il est maintenant devenu un problème de société.
Malgré les efforts de prévention, on ne pourra jamais empêcher tous les suicides. Il y aura donc toujours des parents et des amis durement touchés par le geste fatal d'un individu. Il importe donc qu'ils puissent, au besoin, utiliser eux aussi les services offerts aux personnes suicidaires et qu'on les aide à faire face aux perturbations émotionnelles qui les envahissent, comme la honte ou la culpabilité.
Des intervenants compétents leur permettront de parler du drame qu'ils viennent de vivre et d'exprimer leurs émotions ; ils leur donneront aussi des directives et des explications tout en leur procurant le soutien et l'assurance dont ils ont besoin.
Le suicide en général
- Chaque jour, cinq personnes se suicident au Québec.
- Pour chaque suicide, cinquante tentatives ont été faites.
- Pour cinq personnes qui se suicident par jour, 250 autres tentent d'en finir avec la vie. (source : Le journal du Barreau, 15 avril 2001)
Le suicide chez les jeunes
Une étude de la Direction de la santé publique de la Montérégie, dévoilée en juin 2001, révèle que :
- 14 % des enfants de 12 ans auraient déjà pensé à se suicider ;
- 6 % auraient déjà tenté de s'enlever la vie ;
- le problème est pire chez les filles que chez les garçons, tant pour les idées suicidaires (20 % contre 10 %) que pour les tentatives (9 % contre 4 %) ;
- dans 82 % des cas, les amis seraient les principaux confidents ;
- peu ont parlé à leurs parents (12 %) ou au personnel de l'école (10 %).
" La situation est identique dans les autres régions (du Québec) ", affirme Luc Boileau, directeur de la santé publique en Montérégie. (source : Journal de Montréal, 2 juin 2001)
Depuis le suicide de leur fils Thomas en 1994, à 14 ans, Drs Pierre Bégin et Doris Adem font une croisade auprès des médecins afin qu'ils sachent mieux diagnostiquer la dépression chez les adolescents. Comme 80 % à 90 % des gens qui se sont suicidés, Thomas souffrait d'une maladie mentale : la dépression.
Selon Dr Bégin, lors du suicide de son fils, " la dépression chez l'adolescent était ignorée. On croyait que le jeune vivait sa crise d'adolescence. Or un jeune qui s'isole, montre des troubles d'humeur, connaît soudainement des problèmes de comportement, a des résultats scolaires dramatiques et se sent toujours fatigué… eh bien il doit être écouté et entouré. La dépression, ça se soigne à la condition de l'identifier ". (source : Journal de Montréal, 26 novembre 2000).
Le suicide chez les personnes âgées
Après celui chez les jeunes, le Québec détient aussi le taux de suicide le plus élevé au pays chez les personnes âgées.
- Chaque année au Québec, plus de 150 à 200 personnes de 65 ans et plus s'enlèvent la vie.
- Six personnes sur dix en avaient parlé à leur entourage avant de poser le geste fatal.
- Trois personnes sur quatre se suicident avant l'âge de 75 ans et les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes à le faire.
- 58 % des gens âgés de 65 ans et plus qui se sont suicidés n'avaient jamais fait de tentatives.
- Contrairement aux jeunes, la personne âgée passe aux actes rapidement et durement.
- Les gens âgés de 65 ans et plus qui se suicident sont majoritairement veufs, vivent loin de leurs enfants, ont mal accepté leur retraite et ne voient pas de solution à la détresse qu'ils ressentent.
" Ces gens ne sont pas nécessairement atteints de graves maladies, commente Michel Préville, chercheur de l'Université de Sherbrooke, mais ils se sentent isolés et en perte de statut social depuis leur retraite".
" Les résultats nous ont surpris et confirment que le phénomène du suicide chez les personnes âgées est important et ne cesse d'augmenter. En 1999, au Québec, le taux de suicide fut 1.6 fois plus élevé chez les gens de 65 ans et plus que chez les jeunes de moins de 20 ans. Mais on en parle pas. C'est comme si la société disait : c'est normal, ils sont vieux ", ajoute M. Préville.
Source : www.fmm-mif.ca/fr/maladies/problematiques/suicide;jsessionid=aaa5bxgtadZLYV
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