DANS LA MIRE AVEC JOCELYNE CASINJocelyne Casin
03 FÉVRIER 2003
SEMAINE DE PRÉVENTION DU SUICIDE
Parler de suicide n'est jamais un sujet facile, surtout s'il faut en parler avec un certain détachement. Je vous dirais en contre partie que ne pas en parler du tout, on serait assez loin merci de la solution à la prévention du suicide surtout quand on apprend qu'il y a encore, aujourd'hui au Québec 1300 suicides pas années. C'est pas au Canada, c'est au Québec. 80 % des suicidés sont encore des hommes, des garçons. On va essayer de comprendre pourquoi des garçons, comment ca se fait que des garçons se suicident plus que les filles. Et des fois je dis à la blague, "mais qu'est-ce que l'on fait à ces garçons au Québec pour qu'ils se suicident autant". Aussi ce que l'on apprend dans les fameuses statistiques, il y a 1300 suicides qu Québec mais savez vous combien il y a de tentatives de suicide, pas par année mais par jour ? 250 tentatives par jour en moyenne, c'est quand même quelque chose ! Il y a aussi et ca c'est quand même intéressant cette donnée là, il y a 4 fois plus de suicide qu'il y a 40 ans. Il y a 40 ans, c'était le début des années 60, le début de la révolution tranquille, et c'était aussi la fin de la pratique religieuse. Je ne sais pas s'il y a un lien de cause à effet, mais dans le temps il ne fallait surtout pas se suicider quand on était de la religion catholique, c'était pratiquement un crime que de se suicider. On était carrément ex-communié. Donc il y avait cette peur là et aussi il y avait peut-être le sentiment que l'on s'accrochait à quelque chose, c'est à dire la foi en l'église catholique, en tout cas c'est une hypothèse. Il y a des mythes qui laisse croire que les suicides se font sans avertissements. 75 % des suicidés en auraient déjà parler à leur entourage d'une manière ou d'une autre ou auraient donner des indices. Évidemment ce sont parfois des indices qu'on aurait de la difficulté à déceler. Il y a autre chose qui me frappe dans les chiffres que l'on a aujourd'hui, c'est de constater que beaucoup de personnes âgées se suicident c'est pas rien ! 25 personnes âgées de 65 ans et plus par 100,000 habitants. Il me semble que c'est énorme. La question que je vous pose est ceci : Sauriez-vous aider une personne suicidaire ? Ce n'est pas facile de répondre à cette question, c'est un pensez-y bien ! En décembre dernier j'ai entendu un témoignage qui m'a impressionnée et qui m'a bouleversée à la fois, d'un suicidé ressuscité, c'est comme ca que je l'identifie. Peut-être que vous l'avez entendu à l'émission Arcand. Quand je l'ai entendu, je me suis dis, quand on va parler de suicide, parce que je le savais qu'on parlerait de suicide, je veux l'avoir à mon émission parce que je veux que l'on comprenne plus les raisons pour lesquels on arrive à cette solution ultime. M. Did-Tafari Bélizaire, vous vous êtes jeté en bas du pont jacques Cartier en septembre dernier, aujourd'hui vous êtes handicapés, pour la vie. M Bélizaire
Les diagnostiques ne sont pas… c'est rare qu'ils vont vous dire, c'est fini pour la vie mais il faut faire l'équation des choses et accepter les choses aussi. Jocelyne Casin
En septembre dernier, c'était le trou noir ? M Bélizaire
La fin du monde, plus de lumière au bout du tunnel, la honte de sois, la honte de ce qu'on est devenu c'est une suite d'événement, j'avais un problème de jeux pathologique à l'époque, que j'ai encore d'ailleurs. C'est une suite d'événement qui fait qu'il n'y a plus de lumière, il n'y a plus de ressources, on en voit plus, ils sont là mais on ne les voit pas. Jocelyne Casin
Vous, vous étiez entouré de problèmes ? M Bélizaire
Oui, que j'ai moi-même créé à cause de mes habitudes à l'époque et puis tu arrive un jour et tu te dis, " ce n'est plus moi, faut que j'arrête ça ", on se sent tout seul, on est tout seul, on en parle pas de ça, on a honte de nous-même alors on ne veut pas l'extérioriser. Jocelyne Casin
Quand vous dites, on en parle pas, vous avez entendu dans mon préambule, apparemment 75 % des suicidés donne des indices. Vous, vous n'aviez jamais donné d'indices ? M Bélizaire
J'ai déjà fait une tentative voilà longtemps pour une autre raison, je ne le considérerais pas comme un indice mais c'est surtout, moi je pense que dans le 75 % il y a des gens qui vont le dire clairement mais aussi le non verbal. D'après moi le 75 % est là. Comme, " eille ça va pas ben je vais arrêter ça un jour ". Jocelyne Casin Dites-moi M. Bélizaire, quand vous avez posé le geste vous êtes sur le pont Jacques Cartier, vous vous jeté au bas du pont a ce moment est-ce que vous étiez un homme seul, aviez vous quand même un entourage qui existait ? M Bélizaire
Il y avait un entourage qui existait mais je m'étais reculé de cet entourage la, du fait que j'avais blessé beaucoup de gens et je ne m'aimais pas. Je veux mettre le point sur le fait qu'on ne s'aime plus quand on est rendu là tout dépendant des raisons, je me suis rendu compte que je ne m "aimais plus, je n'étais plus la personne que j'aurais du être, je ne voyais plus la façon de redevenir le bon petit gars que j'étais. Jocelyne Casin
Donc on ne s'aime plus, on ne se suicide pas parce qu'on est de bonne humeur. M Bélizaire
Non. Je veux mettre l'emphase sur le fait que je ne m'aimais plus je n'aimais plus la personne que j'étais et je ne voyais plus comment dans un avenir rapproché comment j'aurais pu m'améliorer et m'en sortir. Jocelyne Casin
Vous êtes sorti du casino de Montréal, vous avez marché jusqu'au pont Jacques Cartier, est-ce que c'était prématuré, est-ce que vous saviez que ce soir là, vous vous êtes dis, " si je perds au jeu, moi c'est fini " ? M Bélizaire
Quand je suis sorti du casino j'étais déjà perdu, mon idée avait fait je me suis dis " moi c'est assez, j'arrête ça là. Jocelyne Casin
Alors, en marchant vous avez le temps d'y penser. Vous avez le temps de changer d'idée ? M Bélizaire
Normalement oui mais pas dans mon cas, mon idée était fait, je n'ai pas eu de " second guess ", (changer d'avis) du point A au point B et ça fini comme ça. Jocelyne Casin
Vous vous jetez en bas du pont jacques Cartier et la, vous n'êtes pas mort… M Bélizaire
Pas trop fier de moi quand j'arrive dans l'eau, évidemment, avec l'impacte, la colonne et la moelle épinière se sont sectionnés. J'ai pas eu de mal, de douleur comme on se casse un bras, je suis dans l'eau, j'ai essayé de me couler moi-même, de me laisser aller mais ça ne fonctionne pas, la vie est beaucoup plus forte. A partir du moment que tu es dans l'eau, tu essaie de t'en sortir. Jocelyne Casin
Donc vous décidez de vous en sortir, M Bélizaire
De cette position là oui. Jocelyne Casin
On finit par vous retrouvez… M Bélizaire
J'ai essayé de nager, cela a pris 1h00 1h15 avant que quelqu'un me voie et que les secours arrivent. Jocelyne Casin
Une fois que vous reprenez conscience M. Bélizaire qu'est-ce qui se passe en dedans de vous, est-ce que vous avez commencé à vous sentir coupable, à avoir honte, à être gêné, à vous dire, qu'est-ce que va dire mon entourage ? M Bélizaire
Une fois dans l'eau, quand on s'aperçoit qu'on est pas mort c'est l'esprit de survie y pas a d'autres choses, on essaie de se sortir de cette position fâcheuse là, et on verra après. Jocelyne Casin
Quand vous vous en êtes sorti, quelques jours après, comment vous vous êtes vu ? M Bélizaire
Cela a pris un certain temps car il y a eu des opérations, j'ai été en traumatologie, j'avais plein de tubes et tout ça. Je dirais que cela a pris une quinzaine de jours avant que je réalise ta situation physique et je me demande ce que je vais faire. Ça ne s'avale pas… ça ne se prend pas bien. Tu essaie de la pousser, de le tasser mais éventuellement faut que tu fasses face à la réalité. À ce moment là se sont des petites victoires à chaque jour qui fait qu'on avance tranquillement, et je suis encore dans le processus d'avancer. Jocelyne Casin
En septembre dernier vous avec vu le geste du suicide comme une solution a vos problèmes, nous sommes quelques mois plus tard, comment voyez-vous ce geste là ? M Bélizaire
Si le mauvais " dide " est resté dans le fond du fleuve, j'aurai quand même fait une bonne chose à quelque part. C'est sur que là le chemin va être plus ardu pour avoir une certaine paix intérieure et vivre normalement, mais au moins, je me suis débarrassé d'un gros poids, d'un gros problème en étant une personne qui avait le jeu pathologique, qui consommait de la drogue ainsi de suite. Je ne prends pas ça comme une deuxième chance, je prends ça comme une deuxième vie parce que les chances on en a à tous les jours. Je sors de mon bureau, je vais avoir une chance, mais une vie on en a pas deux. Jocelyne Casin
J'espère M Bélizaire que vous êtes en train de comprendre votre utilité cette terre la. M Bélizaire
Oui, mais ça ne viens pas comme un flash, d'un coup, a tout les jours on s'aperçoit de ce qu'on peut faire de bien et on voit ou on va aller. Jocelyne Casin
Je ne sais pas si vous avez envie de répondre à cette question là mais avant de poser le geste, avez vous penser à vos parents, M Bélizaire
Plus en marchant, mais je vous dirais que non, faut bloquer ça. Dans mon cas je l'ai bloqué car ça m'aurais dis, non fait le pas, la seule chose que j'ai fait est d'appeler ma copine et de lui demander pardon c'était important pour moi. Jocelyne Casin
Avec nous, on a un parent aujourd'hui M. Michael Sheehon Quand votre enfant c'est suicidé, il était quand même un adulte, il avait 25 ans en 1995, le sentiment qu'un parent peut vivre c'est effroyable. Culpabilité, rejet, colère. M. Sheehon
Tout ça, d'abord le sentiment d'échec d'avoir manquer notre coup comme parent. C'est la pire des échecs. Comme parent on contribue à donner la vie, et avoir un enfant qui s'enlève la vie c'est comme s'il nous le renvoyait en plein visage. Jocelyne Casin
J'ai lu votre lettre et il y a quelque chose qui m'a frappé. La veille du suicide de votre fils, c'était la fête à la maison, tous les enfants étaient réunis, vous avez quatre enfants, vous êtes tous réunis pour fêter l'anniversaire de votre épouse et vous avez même dis a votre fils, à la fin du souper, " je t'aime mon fils " et il vous a même dis " je t'aime moi aussi papa ". On est loin de penser que son fils va se suicider le lendemain. M. Sheehon
On dit vous savez que quand la décision est prise, il y a un certain soulagement, une certaine euphorie et on est capable d'aller fêter. Quand on est ambivalent, on veut, on veut pas, c'est très angoissant il paraît. Jocelyne Casin
Ce que je veux vous dire par-là, c'est que c'est pas toujours une question d'amour, autrement dit, ce n'est pas nécessairement un manque d'amour, qu'on se suicide. M. Sheehon
Non, il ne manquait pas d'amour, on l'aimait, on l'adorait, on le soutenait. Mais moi, je marchais sur l'ignorance. Je ne connaissais rien du suicide " l'ignorance et l'amour " mais l'ignorance et l'amour c'est presque comme l'essence et l'alcool, ça fait pas la job. Ça prend l'amour bien sur, mais ça prend aussi de l'aide professionnel, je suis convaincu de ça. Jocelyne Casin
Quand vous dites que vous ne connaissiez pas ça, on est tous des gérants d'estrade, les gens qui nous regardent aujourd'hui, sont dans la même position que nous, on ne connaît pas jusqu'à ce que ça nous arrive. Mais il y avait une particularité avec votre fils, il avait déjà fait une dépression. M. Sheehon
Oui. Il avait fait une dépression, j'avais nié, j'avais dis à mon épouse, il ne peut pas avoir fait une dépression, il avait toute les raisons d'être heureux. Mais quand même on l'a amener à l'hôpital et je n'ai pas voulu intervenir auprès de son médecin parce que je voulais que le médecin mette toutes ses énergies pour s'occuper de lui, ils s'en sont occupé. Jocelyne Casin
Mais son médecin ne vous a pas parlé ? N'a pas parlé aux parents, il ne vous a pas dit, votre fils est dans une situation de dépression prenez-en soins ? M. Sheehon
Non il ne nous en a pas parlé et à son épouse non plus. Mais ça ne se passera pas aujourd'hui comme ça je vous assure, mais moi, je n'étais pas au courant. Quand ils l'ont libéré de l'hôpital un mois après, j'ai dis, " le médecin l'a guérit, il a sorti sa baguette magique, il l'a guérit, il est correct, il ne l'aurait jamais sorti de l'hôpital s'il n'était pas correct. Il prenait ses médicaments, il a suivi tout ses indications et à un moment donné il a arrêté de prendre ses médicaments plusieurs mois plus tard, j'ai vu ça comme un bon signe, dans mon ignorance, et quelques mois plus tard encore, la fête de mon épouse et c'est le suicide. Par ce que je n'étais pas renseigné ! Jocelyne Casin
De la tentative de suicide manquée, il est allé à l'hôpital, on décèle qu'il fait une dépression, est-ce que vous comprenez aujourd'hui qu'il se fait que malgré tout ça, vous n'ayez rien vu, est-ce que c'est qu'on ne veut pas voir, comment s'expliquer ça ? M. Sheehon
C'est tellement gros, on voit ça comme une impossibilité. On ne peut pas imaginer, ça ne fait pas partie de notre vie, ç'est toujours pour les autres, ça arrive aux autres, jamais a-nous ! . C'est comme le cancer, je ne l'ai jamais vécu non plus mais le suicide, je ne connaissais rien, et ça m'a coûté très très cher. C'est pour ça qu'on doit se renseigner. Jocelyne Casin
Que voulez-vous dire que ça vous a coûté très très cher ? M. Sheehon
J'ai perdu mon fils à cause de mon ignorance. Jocelyne Casin
Je sens la culpabilité quand vous parlez comme ca. M. Sheehon
C'est évident, je vais toujours être coupable, toujours ! J'essaie de me résonner par ce que la culpabilité n'est pas rationnelle. Je le sais… et je le sais que comme parent j'ai fais de mon mieux, mais ça ne me console pas. Jocelyne Casin
M. Bélizaire, quand vous entendez un parent qui dit ça, ça fait quand même 8 ans que le fils de M. Sheehon c'est suicidé,, il se sent encore coupable M. Bélizaire
C'est sur que ce n'est que des paroles mais moi je vous dirais M. Sheehon de ne pas vous culpabiliser parce que, si je prends mon expérience a moi, j'ai eu du support de ma mère qui m'adore, j'avais tout le support émotionnel que quelqu'un aurait eu de besoin mais c'est nous, face à, c'est la personne face à elle-même. Jocelyne Casin
Après la pause on va essayer de comprendre les personnes qui veulent se suicider (Le sondage de l'émission de point de mire était, " sauriez-vous aider une personne suicidaire ?" Les réponses, 65 % oui et 35 % non) (début de l'émission) Ça drôlement baissé du côté des oui depuis ce matin. C'est un pensez-y bien, on pense qu'on peut, peut-être aider une personne suicidaire, c'est pas évident de découvrir les signes. (54% oui et 46 % non) (315 votes a date, 15 minutes plus tard) le courriel que le point de mire a reçu: Martin qui nous dit ceci : J'avais un ami qui souvent à la blague nous disait qu'il allait se suicider. Au début, nous le prenions au sérieux, mais par la suite nous ne l'écoutions plus, on pensait à une blague. Finalement, il est passe À l'acte. Il faut toujours prendre le suicide au sérieux. Un autre courriel de Isabelle de St-Raymond (c'est moi hi hi) Je suis une intervenante en prévention du suicide. Je trouve que les gens ne savent vraiment pas comment agir quand ils rencontrent une personne suicidaire. J'ai bâti un site internet sur le sujet et je reçois beaucoup de courriels, de questions de personnes impuissantes. Merci Isabelle et merci de vous impliquer également. (Appel téléphonique de Suzanne) J'ai la fille de mon conjoint actuel qui c'est suicidé voilà près de quatre mois, une jeune adolescente qui allait avoir bientôt 17 ans. Je peux vous dire que les signes avant coureur, s'il y en a eu, on a pas pu les voir, les décelés. A tout le moins on voyait un changement dans son attitude et on a tenté par des téléphones au CLSC et de rencontrer des intervenants dans son école pour se faire dire, c'est beau si on veut l'aider la personne mais si la personne ne le veux pas ? On ne peut pas l'obliger comme on se l'est fait dire par le CLSC. On ne peut pas la prendre par les cheveux, l'embarquer dans le Camoin et aller les voir avec. Donc ça nous surprend tous je peux vous dire au moment que ça arrive et on ne peut pas ni dire que c'est un geste de lâcheté ou un geste de courage. Par contre pour ceux qui restent, il faut trouver une façon de vivre avec le deuil. c'est vrai que c'est pas facile de comprendre le message d'un suicidaire et c'est vrai que ça na rien avoir à faire avec le courage ou la lâcheté, c'est un des mythe qu'il faut casser, on va en parler tout à l'heure c'est vraiment un signe de grande souffrance. Bonjour Mme Thibodeau, psychologue C'est la souffrance et c'est l'envie que ça arrête cette souffrance là. Dans le témoignage qu'on a eu tantôt, je pense qu'il est éloquent. Jocelyne Casin
Qu'est-ce qui vous a le plus frappé dans les témoignages de M. Bélizaire et de M. Sheehon ? Mme Thibodeau
On a l'habitude de dire que la personne qui veut mourir ou qui essaie de mourir, c'est pas un accroissement de la conscience, bien au contraire, c'est un rétrécissement du champ de la conscience. Momentanément cette personne là, a un seul objectif dans la vie, c'est d'arrêter de souffrir. Et c'est ce que monsieur Bélizaire témoignaient tantôt admirablement bien. Ce qu'il nous disait, moi je suis sorti du casino ma décision était prise, les idées qui auraient pu me ramener à la vie, me garder dans la vie, je les bloquais, je ne pouvais pas être déranger par l'envie de vivre je voulais mourir et J'ALLAIS mourir. L'idée de mourir deviens quelque chose, qui est pour nous presque inconcevable à imaginer mais quelque chose qui est apaisant, enfin quelque chose s'apaise et ça deviens une idée fixe. Ce que le père de l'autre monsieur qui n'est plus ici malheureusement nous disait c'est qu'effectivement quand la décision est prise l'ambiguïté n'existant plus, la souffrance se calme, l'angoisse se calme et a ce moment là on a un passage a l'acte. Jocelyne Casin
M. Bélizaire, vous le voyez un peu comme ça une souffrance carrément insupportable ? M.Bélizaire Effectivement. Jocelyne Casin
C'est pour ça que vous avez posez le geste ? M. Bélizaire
Faut que ça finisse. Tout dépendant de tous et chacun, on apprend à se connaître, on essaie de s'auto gérer parce que ça ne vient pas du jour au lendemain. Personnellement quand je suis sorti du casino il n'y avait pas d'autre issue, ma porte de sortie, ma porte de salut c'était ça, un, pour moi et aussi pour les autres que j'avais fait souffrir que j'avais manipuler, que j'avais abuser ainsi de suite, il fallait que ça arrête pour tout le monde et la solution c'était ça ! Jocelyne Casin
Dans la lecture que l'on fait sur le suicide, on dit que c'est une douleur physique qui est insupportable est-ce que vous avez senti ça vous ? M. Bélizaire
Je ressentais un poids dans le sens que c'était pesant, tout ce que je vivais était tellement pesant. Il fallait que je me débarrasse de ce poids la dans le passé j'aurais pu le bloquer, aller chercher de l'aide, en parler à des amis sans vraiment en parler mais là, c'était trop pesant, il fallait que je m'efface. Jocelyne Casin
Mme Thibodeau, vous avez entendu M. Bélizaire, il a fait référence à son problème de jeu, est-ce qu'il y a toujours un problème de quelque chose Mme Thibodeau
Il y a toujours une perte qui est insupportable, que ce soit une perte amoureuse, la perte d'un conjoint, la perte d'un travail, la perte de l'estime de sois. Jocelyne Casin
La peur de perdre aussi peut-être… Mme Thibodeau
La peur de perdre n'ira pas nécessairement jusqu'au suicide, la peur de perdre va amener un chantage au suicide ; si tu t'en vas, je veux mourir. C'est dans l'espoir que tu ne partes pas que je vais énoncer mais c'est pas aussi proche du suicide encore. C'est quelque chose qu'il nous faut entendre, qui nous faut recevoir qui faut prendre au sérieux mais quand je veux mourir, je suis rendu plus loin que ça. Quand M. Bélizaire se retrouve dans l'eau, sa chance à lui, je ne sais pas si vous en avez parlé, je vais peut-être plus loin et vous m'arrêté si ça ne vous convient pas, il nous disait à quel point le personnage qu'il était devenu ne lui convenait plus, il n'était plus capable de supporter ce qu'il était, il n'était plus capable de supporter non plus ce que ça faisait vivre à son environnement. Alors quand il se ramasse dans l'eau, qu'il se ramasse malheureusement avec les séquelles qu'il connaît et qu'on voit maintenant, ce personnage là, il l'a tué. Et pour lui à quelque part ça devient une deuxième vie. Un psychanalyste dirait que qu'il est allé chercher sa punition d'une certaine façon. Jocelyne Casin
D'ailleurs M. Bélizaire vous l'avez bien dit tout à l'heure, vous avez laissé le mauvais " dide " au fond de l'eau Mme Thibodeau Tout à fait, et le nouveau en paie cher la note. Mais le nouveau a le droit de vivre, le nouveau a le droit d'être différent, le nouveau a le droit de ne pas prendre de drogue, le nouveau a le droit de ne pas aller jouer et le nouveau va probablement être plus heureux qu'il ne l'a jamais été. Sauf que pour un, pour qui ça marche les autres ça ne marche pas. Jocelyne Casin
Il y a des gens qui vont dire, Mme Thibodeau, je ne comprends pas, je lui ai donné l'amour, d'ailleurs M. Sheehon, c'est un peu le message qu'il nous a passé, je lui ai donné l'amour, il me semble qu'il a eu une bonne éducation, il a eu tout ce qu'il fallait, et il se suicide ! C'est comme si on était dans la compréhension. Mme Thibodeau
C'est tellement difficile a admettre que rendu là, la personne est vraiment seule au monde et avec elle-même. Papa, maman, amour, ami, conjoint cela n'existe plus. C'est " je veux arrêter d'avoir mal ", je veux arrêter de souffrir, il faut que ça finisse. Je me souviens d'une patiente qui avait un passé épouvantable de souffrances incroyables qui voyait sa famille dégénérer avec une froideur, me regarde dans les yeux et me dis "quand je regarde de génération en génération ma famille se détériorer à ce point il faut que ça finisse. Et elle me le disait avec une froideur telle que j'en ai encore des frissons dans le dos. Et finalement j'ai réussi à négocier mais c'est un hasard que j'ai été au bon moment et à la bonne place dire, il y a une autre façon avec cette misère si vous, vous en sortez, peut-être que vos enfants s'en sortiront. C'est le pacte qu'on a fait ensemble qui l'a fait vivre mais il fallait que ça finisse. Et c'est ça qu'on a de la difficulté à accepter. C'est quand la personne est mal dans sa peau ça ne concerne plus personne d'autre qu'elle-même. Et quand on vient pour aider ces gens là, ce qu'on oublie de faire, c'est de juste les écouter. Ce qu'on fait plus souvent qu'autrement c'est qu'on parle trop, on va au devant on veut réassurer, " t'en fait pas c'est un mauvais moment, au bout du mauvais moment il y a de la lumière " en fait ce dont on prend soins ce n'est pas de l'autre a ce moment là ce dont on est après prendre soins c'est de notre propre peur, de nos propres intolérances d'être en face de nos souffrances. La seule façon d'aider les gens là quand il en sont rendu là, c'est de les entendre et de leur permettre d'évacuer tout haut quand l'occasion nous en est donné, et l'occasion nous en ait pas toujours donner. Votre dame qui est venu tantôt au téléphone dire, quelle avait noté les changements. Quand vous nous souligner que la majeur partie des gens nous donne des signes avant coureurs, les signes ne sont pas si évident. On les voit après, on se souvient de ! On remarque que ! Mais au fur et à mesure du quotidien, on ne les voit pas nécessairement passés. Ce qu'on peut à la rigueur voir passer, ce sont des changements d'attitudes et de comportements. Quand il y a un changement d'attitude et de comportement chez quelqu'un c'est toujours quelque chose à prendre au sérieux. Jocelyne Casin
Et c'est pour cette raison là Mme Thibodeau, et M. Sheehon, je veux que vous ressentiez ce message là, qu'il faut cesser de se sentir coupable. Il n'y a pas de culpabilité Mme Thibodeau J'aimais beaucoup le témoignage quand M. Sheehon disait ma rationnelle le sait que ! Mais mon cœur n'en est pas dégagé. Et ça prendra des années peut-être avant qu'il puisse accepter que son fils aille été le seul propriétaire de sa vie. Dans un quotidien où il n'y a pas de drame, c'est difficile de laisser partir nos enfants, de leur redonner cette autonomie qui leur appartient. Ils se foutent les pieds dans les plats, on se sent coupable et pourtant il n'y a rien de grave. Alors de là, d'en arriver comme parent à rompre le cordon ombilical au point de reconnaître que la vie que je lui ai donné lui appartenais et qu'il pouvait en disposer, c'est une histoire d'année au pluriel. Jocelyne Casin
Êtes-vous d'accord avec ça M. Sheehon ? M. Sheehon
Sur le plan du cœur, ça ne marche pas ! On est incapable de se convaincre qu'on est pas coupable. Comme parents on se pense tout puissant ! On pense qu'on a beaucoup d'influence, c'est pas vrai ! Je le sais que c'est pas vrai ! Ça ne nous empêche pas d'avoir mal. Jocelyne Casin
(sondage oui 52% et non a 48% à 30 minutes de l'émission) Si cette émission peut contriber à vous aider et peut-être faire en sorte qu'une personne qui écoute l'émission aujourd'hui va rester vivante, ce sera toujours ça de pris parce qu'effectivement c'est le but de l'émission. Courriel d'Anne-Marie
Les personnes qui pensent au suicide ne donnent pas toujours de signes. Souvent, elles font comme si tout allait bien et même les proches ne peuvent se douter de leur détresse. Courriel de Cédric. Mon meilleur ami c'est suicidé il y a 2 ans. Depuis, je suis beaucoup plus attentif aux autres. Mais je trouve que les signes ne sont pas faciles à détecter. Téléphone de Marie Claude Marie Claude
J'ai pensé de me suicider en janvier cette année c'est tout récent, je suis encore en thérapie. Je fais affaire avec un centre d'intervention de crise, ils m'aident beaucoup. J'ai été hébergée après mon hospitalisation et maintenant je suis suivie par semaine avec ce centre là. J'aimerais aussi parler des gens, ce qu'ils pensent envers les suicidaires. Moi avant, quand j'étais une personne qui n'avais jamais pensé au suicide, je pensais que les gens étaient faible. Jocelyne Casin
Le jugement sur vous, qu'est-ce qui en est ? Marie Claude
J'en ai pas, j'ai une famille qui me supporte beaucoup, je suis beaucoup aimé et je l'ai toujours été avant mais je ne le voyais pas. Jocelyne Casin
Il y a des gens, il y a des organismes qui s'occupent des gens qui sont suicidaire. Il ne faut pas se gêner surtout pas se gêner pour appeler ces centres ou ces organismes et c'est le cas notamment à Montréal de suicide-action. Nathalie Roy (reporter) vous êtes allé faire un tour à suicide-action et vous avez vu des gens qui sont totalement dédiés à la cause____________________________________________________________________Reportage de Nathalie RoyNathalie Roy
On travail fort à suicide-action Montréal, 250 bénévoles qui sont là à tous les jours et vous savez qu'au Québec il y a une trentaine d'organismes qui font de la prévention pour le suicide uniquement. Chez suicide-action Montréal seulement, on reçoit 70 appels par jours c'est beaucoup. Des gens qu'on aide, des gens qui sont en détresse, il y a beaucoup d'homme on le sait, 80 % des personnes qui se suicident sont des hommes mais il y a d'autres clientèles qui sont à risque quand on parle par exemple des personnes qui ont un diagnostique de dépression ensuite les gens qui sont des toxicomanes et les gens qui ont fait des tentatives de suicide au cour des dernières semaines. on aide tout ces gens là, on aide également les gens qui ont un proche qui c'est suicidé vous savez la maman dont le fils c'est suicidé peut également téléphoner à ces organismes là. C'est pas facile être bénévole dans ces organismes là mais c'est par contre très enrichissant c'est ce qu'on nous a dis là-bas, ça prend une bonne formation, une cinquante d'heures de formation on est allé faire un tour, on a constaté qu'il y avait beaucoup de cœur chez suicide-action Montréal. Nathalie Roy
Mme Brillancon je lis ici qu'au Québec à tous les jours il y a 4 personnes qui s'enlèvent la vie, est-ce qu'on peut faire quelque chose pour éviter ces drames là ? Mme Brillancon
Bien sur, vous venez de le dire, ce sont des morts évitables. Première chose que vous pouvez faire, c'est de vous préoccuper des gens qui sont autour de vous, quand elles ne vont pas bien, allez vérifier comment elles se sentent et la deuxième chose que vous pourriez faire, si ça vous intéresse c'est de devenir bénévole pour suicide-action Montréal. Nathalie Roy
Qui appelle ici à suicide-action Montréal ? Mme Brillancon
Par année on reçoit environ 25,000 appels, 70 % se sont des personnes qui pensent au suicide. L'autre partie se divise entre les personnes qui connaissent quelqu'un qui veut se tuer, ils ont besoins d'être entendus et qui ont besoin de savoir quoi faire, les personnes qui ont perdus un être cher, ça aussi c'est un deuil qui est particulièrement difficile donc on essaie des accompagner la dedans. Le suicide est un processus qui ce vie par différentes étapes et les gens qui nous téléphone peuvent nous contacté peut importe où ils en sont rendus dans ce processus là. Il y a des gens qui nous appellent qui ont des flashs, qui rêvent, qui vivent des difficultés et qui disent, je ne sais pas comment ça se fait que je pense à ça, j'ai jamais pensé à ça de toute ma vie je suis un peu inquiet et il y a d'autres personnes qui nous appellent et qui nous disent, je suis pas mal décidé comme la date, les moyens. Il y a des gens qui nous appellent, ils ne savent pas trop non plus, ils hésitent entre un moyens ou un autre. Il y a différentes urgences au niveau de l'évaluation quand les personnes nous appellent ici. Ce qui est important de garder en tête c'est que peut importe l'urgence, la souffrance demeure présente et elle demeure difficile à gérer pour la personne et le bénévole est là pour aider cette personne à passer au travers cette période là. Nathalie Roy
Qu'est-ce qu'on dit à ces personnes là, on les encourage ? Mme Brillancon Oui c'est bien certain, il faut leur lancer un message d'espoir il faut être porteur d'espoir. Il faut bien leur faire ressentir qu'on a confiance en eux qu'on sait qu'ils sont capables, qu'on va ensemble trouver des petites alternatives pour soulager un peu la souffrance. C'est bien évident qu'on ne peut pas régler tous les problèmes qui mènent à des idées de suicide mais on peut faire diminuer l'anxiété Nathalie Roy
Est-ce qu'il y a des choses qu'on doit éviter, des choses qu'on ne doit pas dire. Mme Brillancon
Effectivement, les jugements de valeur c'est quelque chose dont il faut s'abstenir ; ben non, pourquoi tu ferais ça, voyons ça vaut pas la peine, 1 de perdu, 10 de retrouvés. Nathalie Roy
Quelqu'un appelle me dis, moi demain je passe à l'action, qu'est-ce que je fais ? Mme Brillancon
On va commencer par évaluer le plan. Comment vous voulez vous tuer, de quelle façon à quel endroit pour avoir une idée très précise. Ensuite de ça on va évaluer ce qui se passe c'est quoi le problème. Qu'est-ce qui fait que vous avez mal au point de vouloir vous suicider. Ensuite de ça on va permettre à la personne de ventiler, si elle est émotive, si elle pleure si elle est en colère on va l'accompagner la dedans, rester là, écouter. Ensuite on va essayer de voir c'est quoi les alternatives. Qu'est-ce que la personne a déjà fait qui a fonctionné, qu'est-ce quelle n'a pas fait quelle pourrait peut-être faire. On va prendre des contrats avec elle si c'est nécessaire par exemple, est-ce que tu t'engage à nous rappeler, un appelant qui nous dirait, " j'ai rendez-vous avec mon psychiatre demain matin " on dirait, est-ce que tu peux t'engager à nous rappeler après, si tu penses encore au suicide est-ce que tu nous promet de nous rappeler. Les bénévoles ce qu'ils vivent ici c'est une évaluation dans le temps qu'ils proposent et dans la petite goutte qu'ils mettent dans la vie de cette personne la et dans la leur aussi, dans leur relation qui se passe pendant 5, 15 ou 30 minutes, ça dépend des besoins de l'intervention et de la personne qui est au bout du fil. Ce qui est à retenir, c'est vraiment cette souffrance là, où il faut un espace pour la laisser évacuer.Fin du reportage de Nathalie Roy____________________________________________________________________(sondage oui 52 % et non 48 % 45 min de l'émission 432 votes) Jocelyne Casin
J'ai envie de vous dire aussi, ce qui me frappe dans le domaine du suicide, c'est que ça frappe beaucoup les personnes âgées et dans les chiffres, ce qu'on dit c'est que, en 2001 on a chiffré à 115 personnes âgées qui se sont suicidés chez les 65 ans et plus c'est quand même énorme et on dit que c'est 25 par 100,000 habitants. Mme Françoise Roy qui est à l'association québécoise de prévention du suicide, Mme Roy c'est beaucoup les personnes âgées, beaucoup se suicident, j'en reviens pas. Françoise Roy
En effet, le problème chez les personnes âgées est aussi important que le problème dans l'ensemble de la population. Peut-être qu'on entend moins souvent parler, c'est peut-être un peu plus tabou. Ce que l'on sait entre autres, souvent on va reconnaître les signes de détresses chez les personnes âgées mais en faite on va les associés au fait normal du vieillissement. Les personnes s'isolent d'avantage, ils ont moins le goût à la vie etc. et il ne faut pas tomber dans ce panneau là, c'est important quand on voit quelqu'un en détresse d'aller voir c'est quoi qui se passe, d'aller lui demander est-ce que tu penses au suicide. Jocelyne Casin
Je voulais aussi que l'on casse un peu les mythes entourant le suicide et ça c'est important par exemple que c'est une question de courage, c'est pas vrai du tout ça ? Françoise Roy
Non, le suicide n'est pas une question de courage ni de lâcheté, c'est une question de désespoir comme M. Bélizaire l'a dit plutôt, et tout le monde, quand on en arrive à penser au suicide c'est qu'à nos yeux il n'y a plus de solutions mais ça ne veux pas dire qu'il n'y en a pas d'autres mais on ne se lève pas un matin comme ça en pensant au suicide, c'est un processus par laquelle la personne passe c'est important et quand on se retrouve sois-même la dedans d'aller demander de l'aide Jocelyne Casin
Un autre mythe qui est véhiculé, le suicide c'est un choix personnel Françoise Roy
Ce n'est pas un choix, pas un réel choix. Pour faire un choix il nous faut différentes solutions et un peu comme on l'a déjà dit, ce n'est pas une affaire de choix, c'est un manque de choix mais il y a des alternatives, il y a des gens qui peuvent nous aider et on peut aider quelqu'un qui pense au suicide. Si on se retrouve face à quelqu'un qui ne va pas bien dans sa vie, on a pas besoin d'attendre que cette personne là nous dise " je pense au suicide " pour savoir que, vivre une perte, une perte d'amour, la perte d'un ami, d'un parent que c'est difficile et devant la souffrance on peut tous faire quelque chose selon nos compétences. L'analogie que je fais souvent c'est quand une personne tombe devant nous en arrêt cardiaque, on ne peut pas tous le réanimer mais on peut tous appeler le 911 par exemple. Jocelyne Casin
Autre mythe que vous aller brisé tout de suite, ceux qui en parlent ne le font pas. Françoise Roy
On l'a vu la majorité des personnes qui se suicident ont laissés des messages mais faut savoir que ces messages là ne sont pas toujours des messages verbaux, ce sont les changements de comportements, des signes de la dépression. Quand on est inquiet pour quelqu'un, faut aller voir quelqu'un et quand nous autres même on ne va pas bien, faut aller voir quelqu'un et lui dire, " je ne vais pas bien, je pense au suicide ". Jocelyne Casin
Suicidaire un jour suicidaire toujours… Françoise Roy
Non. On peut se sortir de nos difficultés, c'est un peu dans le sens c'est un tunnel dans lequel on se retrouve et on peut en ressortir avec un goût de vivre aussi. Jocelyne Casin
M. Bélizaire est-ce que vous ressentez ça ? M.Bélizaire
Suicidaire un jour, suicidaire toujours ? Non personnellement c'est sur que la pente va être dure à monter mais elle vaut la peine d'être monté, je n'ai plus ce poids là en arrière de moi. Jocelyne Casin
M. Bélizaire À quoi vous vous accrochez ces temps-ci ? ça fait depuis septembre, vous remontez la pente tranquillement, qu'est-ce qui vous aide à vous accrocher à vous dire, ça vaut la peine de vivre ? M.Bélizaire
Je pense que c'est la force que j'avais en moi déjà au départ, je me dis un jour à la fois ça, on ne peut pas passer à côté et essayer de faire le mieux possible. Jocelyne Casin
J'espère M. Bélizaire que vous vous sentez utile à la société déronavant, parce que vous l'êtes M.Bélizaire
Merci. Jocelyne Casin
M. Sheehon rapidement, 52% nous disent qu'ils sauraient aider une personne suicidaire vous trouvez que c'est énorme ? M. Sheehon
J'aimerais que ce soit beaucoup plus et on dit que c'est difficile de déceler les signes, c'est vrai ! Mais si on marchait sur le doute, ce serait beaucoup plus facile. Quand une personne vit des difficultés, on l'écoute et si on a le moindre doute, on dit, " viens, on va aller chercher de l'aide.
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