Conseils d'experts pour parents d'adosPar Isabelle Pauzé Tous les parents d’adolescents s’entendent sur un point: les discussions animées avec leurs enfants leur laissent par moments l’impression d’être des dinosaures incompréhensifs et intolérants. Deux experts fournissent ici quelques conseils pour aider les parents à vivre sans trop d’égratignures cette période d’intense transformation chez leurs jeunes. Mes adolescents considèrent la maison comme un vaste terrain de jeu dont ils sont les propriétaires. Que dois-je faire? «Actuellement, on assiste à l’éclosion d’un phénomène majeur: les parents en perte d’autorité», note Michel Delagrave, travailleur social. Les enfants rois sont devenus des ados rois qui prennent littéralement toute la place dans la maison. Comment en sommes-nous arrivés là? Selon lui, la dévalorisation du rôle d’autorité dans la société actuelle est la principale responsable. «Plus personne ne veut porter l’odieux d’un refus», explique-t-il. Or, quoi qu’ils disent, les jeunes ont besoin de balises pour se développer harmonieusement. «L’amour seul ne suffit pas. Il faut y ajouter l’encadrement pour sécuriser les enfants.» Mes jeunes ne font pas assez de sport. Comment les inciter à bouger davantage? «Voilà un problème répandu partout en Occident», explique Céline Boisvert, psychologue clinicienne spécialisée auprès de la clientèle adolescente au CHU Sainte-Justine. Pourtant, il ne sert à rien de brandir aux ados sédentaires la menace de l’obésité ou d’éventuels problèmes cardiovasculaires s’ils ne se dépensent pas suffisamment. «Pour cette génération de l’instantané, “plus tard” est un concept vague dont ils n’ont pas conscience», poursuit Mme Boisvert. Ce qui compte, c’est de rattacher une notion de plaisir à la pratique d’un sport, plutôt qu’une obligation. «Il importe de miser sur la détente que cela procure, l’augmentation de la concentration, les occasions de socialisation, bref, sur les nombreux avantages de l’activité physique», résume la psychologue. J’ai trouvé quelques joints dans le jean de mon adolescente. Comment devrais-je intervenir? Céline Boisvert est formelle: «En matière de drogue, la politique de l’autruche n’est jamais une bonne stratégie.» Ainsi, sans que cela ait l’air d’un interrogatoire en règle, il convient d’exprimer notre préoccupation et de questionner notre jeune pour connaître ses habitudes de consommation: fréquence, type de substances utilisées, circonstances de consommation, etc. De plus, précise Michel Delagrave, on surveille attentivement tous les aspects du comportement de notre ado: son rendement scolaire a-t-il diminué? Sa concentration et son humeur sont-elles affectées? A-t-il tendance à s’isoler, à fuir les discussions? Cela donne de bons indices sur l’étendue de la situation. Au besoin, les CLSC, les groupes de soutien et diverses associations proposent des ressources professionnelles pour venir en aide aux jeunes toxicomanes. Que dire à notre jeune qui voudrait que sa petite amie dorme à la maison? Selon Céline Boisvert, avant de prendre une décision, il faut considérer le degré de maturité de notre jeune, de même que la qualité et la durée de sa relation avec sa petite amie. On doit aussi fixer des balises pour assurer l’intimité de la maisonnée. Si cette demande heurte vraiment nos valeurs, il ne faut pas avoir peur de refuser, quitte à devoir subir la colère et la frustration de notre ado. Mon adolescente ne jure que par les vêtements griffés. Comment l’aider à avoir un lien responsable avec la consommation? Céline Boisvert croit que les parents ont tout intérêt à établir leurs limites financières, par exemple pour l’achat de vêtements, et à enjoindre les jeunes à payer la différence. «Qu’ils occupent un emploi à temps partiel, qu’ils gardent des enfants, qu’ils exécutent des tâches domestiques rétribuées ou qu’ils épargnent l’argent reçu pour leur anniversaire. Les adolescents doivent assumer, au moins en partie, leur appétit de luxe.» Les amis de mon fils ont une mauvaise influence sur lui. Comment devrais-je aborder ce sujet avec lui? Vous êtes consternée par l’allure vestimentaire des copains de votre ado? De l’avis de Michel Delagrave, méfiez-vous de vos premières impressions basées uniquement sur l’apparence, car elles peuvent être réductrices. «Invitez les “spécimens” à la maison, histoire de mieux les connaître, suggère-t-il. Il sera toujours temps de fermer votre porte à ceux qui ne vous conviennent vraiment pas.» Selon Céline Boisvert, il faut apprendre à tolérer le fait que nos choix et ceux de nos enfants ne coïncident pas nécessairement. Cependant, si on a l’impression que notre jeune fréquente des délinquants, on doit intervenir en lui demandant de mettre fin à ces relations. Mon ado vit une peine d’amour. Que faire? Le premier chagrin d’amour d’un adolescent se traduit souvent par une réaction dépressive tout à fait normale, rassure Céline Boisvert. Il ne faut pas banaliser la situation, mais plutôt aider à la dédramatiser. Comment? En entourant l’ado, en le consolant et en lui expliquant que le temps est le plus formidable des alliés. Bien sûr, si les symptômes persistent et laissent croire à une réelle dépression, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste. Mon fils veut aller vivre à plein temps chez son père, dont je suis séparée. Que dois-je en penser? Pour un adolescent, le parent du même sexe représente une figure importante d’identification. Ainsi, si notre garçon manifeste le besoin d’avoir des liens plus étroits avec son père, il est important de le respecter. «Par contre, insiste Michel Delagrave, il s’agit d’une décision importante qui doit être prise de concert avec les deux parents.» Ma fille souhaite se faire tatouer, et j’ai des réticences. Nombreux sont les acteurs, les danseurs et les chanteurs tatoués. «Il s’agit essentiellement d’un effet de mode», considère Céline Boisvert. Bien sûr, il faut porter une attention particulière à l’environnement sanitaire dans lequel l’intervention s’effectue et amener notre demoiselle à réfléchir à l’effet permanent du tatouage. Dans cette optique, on l’incite à choisir un motif discret ou une partie du corps moins visible (épaule, cheville, dos) pour apposer le dessin épidermique convoité. Mon fils souhaite abandonner ses études pour travailler à temps plein. Que devrais-je lui conseiller? Même si c’est difficile, il faut écouter le jeune et tenter de comprendre ses arguments. Il importe également de voir quelles raisons motivent ce souhait. Sa démotivation vient-elle du fait qu’il éprouve des difficultés à l’école? Veut-il à tout prix gagner de l’argent? De plus, il faut l’amener à voir les enjeux à court et à moyen termes de cette décision importante. Aujourd’hui, rares sont les emplois pour lesquels la réussite des études secondaires n’est pas exigée. Toutefois, rappellent les spécialistes, ce choix peut s’avérer salutaire pour l’ado bien qu’il déçoive souvent les parents. «Il vaut mieux qu’un jeune fasse l’expérience d’un emploi qui le valorise plutôt que d’être en perpétuelle frustration sur les bancs d’école, soutient Céline Boisvert. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des décrocheurs “raccrocher” après quelques années sur le marché du travail.»
Pour en savoir plus:
* Ados: mode d’emploi, Michel Delagrave, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2005, 160 p., 14,95$
* Parents d’ados: de la tolérance nécessaire à la nécessité d’intervenir, Céline Boisvert, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2003, 206 p., 14,95$
* www.masexualite.ca
* www.parlonsdrogue.com
* www.toutpourreussir.com
Source : http://femmeplus.canoe.com/bienetre/article1/2006/03/18/1494274-fp.html
site créé par: Isabelle ![]()
Je n'accepte plus les courriels qui finissent par un
(.com) sauf ceux qui sont déjà abonnés, trop de pourriels.
Mon logiciel les détruira automatiquement. De retour à www.suicide-quebec.net