"Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font." Luc 23,34

Pardonner... ce n'est pas à la mode !

Les médias véhiculent volontiers aujourd'hui des idées de revanche, de rancune, de vengeance. Les films diffusés sur petit et grand écran n'échappent pas non plus à cette mode. Nous assistons ainsi à un retour à la loi du talion qui avait cours sous Moïse. Preuve - s'il en fallait ! - qu'il est toujours plus aisé de céder à la tentation du mal qu'à l'inspiration du bien, et de suivre des inclinations négatives - celles qui tirent l'homme vers le bas - que ces inspirations positives qui le tirent vers le haut et l'appellent à grandir…

Ces publicistes, journalistes, réalisateurs, producteurs... semblent avoir oublié (ou ignorer ?) que Jésus est venu il y a 2000 ans "révolutionner" cette loi, par ces mots qui lui seront tant reprochés par les gardiens des lois anciennes : "Vous avez entendu qu'il a été dit... Mais moi je vous dis...".

Quel a donc été ce message de Jésus aux hommes, pour qu'il s'attire ainsi les foudres des scribes et des pharisiens ?

"Vous avez entendu qu'il a été dit : œil pour œil et dent pour dent. Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre ; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau... [...] Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes." (Matthieu 5,38-47)

Quel programme !

Ces paroles ont parfois été interprétées comme un appel à la faiblesse, voire à la lâcheté. Il n'en est rien, et c'est bien au contraire une force immense que requiert ce choix du pouvoir de l'amour, face au pouvoir de la haine !

Pourquoi cet appel de Jésus ?

L'amour ne peut régner que là où règne déjà la paix. Nous sommes donc appelés à bâtir cette paix en nous, en un premier temps. "Si tu es unifié, tu seras unifiant ; si tu es pacifié, tu seras pacifiant." a écrit justement Frère Pierre Marie, responsable de la Fraternité monastique de Jérusalem à Paris. Nous sommes appelés ensuite à bâtir cette paix autour de nous. Nous devons devenir, comme le disait François d'Assise, des artisans de paix ! Bâtir la paix dans un monde déchiré par les guerres, pari impossible, me direz-vous ? Non, pari possible, grâce à la vertu du pardon !

Qu'est-ce que pardonner ?

Jésus, le Christ, le Fils du Dieu vivant a le pouvoir de pardonner les péchés à tous les hommes. De même, l'homme, enfant du Père, est appelé à pardonner à son frère, à l'imitation de Celui qui a ouvert ce Chemin de Paix et d'Amour, et qui reste en toute occasion l'exemple parfait que nous sommes appelés à suivre.

Ne pas pardonner, c'est entretenir en soi un sentiment négatif à l'égard de celui qui nous a fait du tort. En agissant ainsi, non seulement nous portons sur notre frère un jugement mais encore nous fermons une porte, nous bâtissons un mur entre lui et nous.

Et puis, si nous avions été à sa place, n'aurions-nous pas agi de même ? Lorenzo Scupoli, auteur du "Combat spirituel", écrivait avec raison : "sachez qu'au moment où vous pensez quelque mal de votre frère, vous en portez quelques racines en votre cœur"...

Quel que soit le mal qui nous ait été fait, ne confondons pas la maladie et le malade... Combattons la maladie, mais aimons le malade qui s'est approché de nous, et qui, sous l'emprise de ce mal, s'est éloigné pour un temps de la route de l'amour... Lui en garder rancune, ce serait la quitter à notre tour !

Par ailleurs, l'homme ne peut être en paix avec Dieu s'il ne l'est avec son frère. C'est le sens de ces mots de Jésus :

"Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande." (Matthieu 5,23-24). C'est ainsi qu'en nous, nous bâtirons la paix.

Pardonner, ce sera donc d'abord ne pas juger. Sur un chemin d'humilité, conscients de nos propres faiblesses, mais aussi confiants en l'infinie miséricorde du Père, manifestée en Jésus, le Christ, nous comprendrons les fautes commises par nos frères à notre encontre. Pardonner, ce sera nous ouvrir à cette miséricorde sans fin, pour en devenir un canal puissant, de sorte qu'un jour viendra où le pardon s'écoulera sans cesse à travers nous comme un baume apaisant sur les plaies de nos frères. Ainsi, nous bâtirons la paix autour de nous.

Semons les graines du pardon, pour qu'un jour vienne où fleuriront les roses de l'Amour !

Texte écrit par Jean-Claude

oiseau

Le pardon.

Chaque être humain cache au fond de lui une part de ressentiment, avec la sensation parfois pesante que celui-ci retient notre énergie vitale prisonnière des torts du passé.

Des expériences de vie, une période de souffrance qui refont surface peuvent nous conduire à adopter une attitude ayant les apparences du pardon. Nous cherchons à minimiser l'événement, à assumer une responsabilité inutile ou à amoindrir l'impact d'une relation.

Le désir d'échapper à la douleur, quoique tout à fait humain et compréhensible, bloque le processus de guérison et nous empêche de comprendre en profondeur le sens du pardon. En refoulant ainsi les expériences douloureuses sans chercher à en connaître la signification profonde, on laisse le ressentiment couver profondément en soi, bien caché, jusqu'à ce qu'il se manifeste brutalement par divers symptômes, y compris la maladie physique et mentale.

Si nous avons le courage d'aller au fond de nos problèmes, guidées par quelqu'un en qui nous avons confiance, nous pouvons éclairer peu à peu les recoins obscurs où se dissimule le ressentiment. Si nous affrontons notre douleur et savons écouter sa voix, nous pourrons entendre les messages cachés, porteur des vérités dont nous devons tenir compte dans notre vie.

Tout au long de cette démarche, nous saisissons la relation souvent obscure entre le ressentiment et la culpabilité, ce nuage noir qui nous empêche d'exprimer nos dons et nos talents, que de passer au travers d'une nappe de brouillard.

Le pardon, c'est le lever de cette nappe de brouillard qui transforme la tragédie en occasion de grandir, la perte en don, la crise en réorientation et l'échec en réussite.

Le pardon embrasse du regard la condition humaine, et trouve des pousses bien vivantes même dans les jardins les plus dévastés. Il prend la forme voulue, quelle qu'elle soit, pour que nous en retirions la leçon.

C'est la voix universelle qui cherche sans relâche à se faire entendre par-dessus le tumulte des batailles politiques, idéologiques ou raciales…

C'est une exploration qui nous mène, à travers nos angoisses les plus profondes, jusqu'à l'accomplissement d'un potentiel que nous soupçonnions à peine.

C'est le relâchement des liens serrés par lesquels nous contrôlons nos expériences de vie.

C'est un choix qui peut transformer notre vie, à condition qu'on y adhère par le cœur et l'esprit.

Une voix qui ne peut être entendue que dans les territoires paisibles de l'âme, par un don profond de sois. Tendre la main a notre prochain, le secourir dans son désarroi, apaiser ses douleurs par le sentiment de l'amour c'est un don que nous ressentons dans notre profondeur de l'Être. Nous avons reçu " l'amour de notre créateur " et cette amour demande de se manifester dans chaque instant de notre vie

Par un Anonyme.

Le pardon

Si nous voulons adopter une attitude totalement bénéfique pour notre évolution dans l'Amour, il nous faut parvenir à pardonner tout et à tous, pour les offenses du passé, du présent et même de l'avenir puisque l'on peut pardonner par avance tout acte négatif qui peut nous être fait. C'est, je pense, une des attitudes d'Amour les plus difficiles à acquérir mais c'est le seul chemin que nous pouvons prendre pour rétablir la fraternité que ce soit autour de nous ou à l'échelon de l'humanité.

Pourquoi les effets des guerres sont-ils si dévastateurs dans le temps ? C'est qu'ils sont générateurs de haines qui perdurent sur plusieurs générations.

A l'aube du 21ème siècle, si nous voulons voir l'émergence d'un monde plus spirituel, il va bien falloir que certaines personnes prennent le parti de stopper l'escalade du manque d'Amour. Pour cela, il n'existe qu'un seul moyen : oublier les offenses quelles qu'elles soient ; parvenir à comprendre pourquoi certains en font souffrir d'autres ; prendre conscience que le pardon est là pour éliminer les effets des manques d'Amour et combler d'Amour ceux qui en manquent. Ainsi, le manque d'Amour qui nous aura été fait deviendra générateur de l'Amour que nous donnons. Nous ressentirons alors la satisfaction d'avoir positivement orienté l'événement.

Cette maîtrise, nous devons chercher à l'acquérir car elle est difficilement spontanée. C'est pourquoi, à chaque instant, il nous faut nous y préparer pour être capables, à la moindre occasion, de ne pas nous laisser entraîner vers un comportement négatif. Il est temps de comprendre que le pardon est la seule solution pour que l'Amour règne, il n'y en a pas d'autres.

Claudine.






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