LA FAMILLE MONOPARENTALE :Depuis plusieurs décennies, les chercheurs se penchent sur les problèmes de l'échec et de l'abandon scolaires chez les enfants. Les causes sont multiples. On explique ce phénomène en passant par les antécédents médicaux jusqu'à un enseignant moins compétent. L'éventail est grand, mais qu'en est-il des familles? Est-ce que le fait qu'un enfant soit issu d'une famille monoparentale peut jouer un rôle sur ses apprentissages? Les élèves en difficulté constituent environ 10% de la clientèle des classes ordinaires ( Dettmer, Thurston et Dyck, 1993; ministère de l'Éducation du Québec, 1994 dans Lise Saint-Laurent, Jocelyne Giasson, Claude Simard, Jean J. Dionne, Égide Royer et collaborateurs). Est-ce un lien avec l'augmentation des familles monoparentales dans la société? Et qu'en est-il de la lecture? Tout porte à s'interroger sur ce sujet. Dans un premier temps, je définirai le principal concept qui est celui de la famille monoparentale. Par la suite, vous trouverez un bref historique de l'évolution des familles depuis quelques décennies ainsi qu'un aperçu des recherches qui ont déjà été faites sur le sujet. Finalement, je discuterai les recherches déjà effectuées et je vous donnerai des pistes à suivre et des recherches qu'il serait intéressant de faire pour pousser l'étude. Une famille est appelée monoparentale quand un seul parent, quel que soit son statut civil, vit dans le même logement avec au moins un enfant jamais marié (Statistiques Canada, 1984 dans Malo, C. 1995). Le statut familial qui nous intéresse ici est celui du parent monoparental composé d'un adulte (souvent la mère) et de ses enfants. Certaines études feront également référence aux familles reconstituées qui ressemblent étrangement aux familles monoparentales sur le plan de l'engagement parental puisqu'elles sont composées d'un seul parent biologique (Suet-Ling Pong, 1997). Dans un premier temps, il est important de préciser que la famille a beaucoup évolué depuis les dernières décennies. En fait, depuis les trente dernières années, la proportion des familles monoparentales a considérablement augmenté. Selon Simons (1996, in Hetherington, E. M., Bridges, M., & Insabella, G.M.,1998 ), ce phénomène est dû a une augmentation des divorces depuis les années 1960 mais aussi à cause de l'augmentation des naissances attribuée aux mères seules. Aux États-Unis, la proportion des familles monoparentales en 1996 occupait 28% de l'ensemble des familles. C'est une augmentation de 14% lorsqu'on compare avec l'année 1970 (U.S. Bureau of the Census, 1998). On prévoit même que 50% à 60% des enfants nés dans les années 1990 vivront avec un seul parent qui, dans la plupart des cas, est la mère (Bumpass & Sweet, 1989; Furstenberg & Cherlin, 1991 in Hetherington, E. M., and al.,1998 ). Le nombre d'enfants qui vivront avec leur mère après le divorce est estimé à 84% (Seltzer, 1994 in Hetherington, E. M., and al., 1998). Il est intéressant de noter que, de ces divorces, 75% des hommes et 66% des femmes se remarieront (Booth & Edwards, 1992; Bumpass, Sweet & Castro-Marttin, 1990; Cherlin & Furstenberg, 1994; Ganong & Coleman, 1994 in Hetherington, E. M., and al.,1998) et que les divorces sont encore plus fréquents chez les couples remariés (Bumpass and al., 1990; Cherlin & Furstenberg, 1994 in Hetherington, E. M., and al.,1998). Il reste que la majorité des enfants sont élevés par leurs deux parents biologiques ce qu'on appelle communément la famille nucléaire. Comme le phénomène de la monoparentalité a tellement augmenté depuis les dernières décennies, ce n'est donc plus un phénomène marginal (Malo, 1990; Coutier et Bourque, 1988). Plusieurs chercheurs (Garfinkel and McLanahan, 1986; Hetherington, Camara and Featherman, 1983; McLanahan and Sandefur, 1994 in Doris R. Entwisle and al.,1996) ont découvert que les enfants issus de familles monoparentales redoublent plus souvent, quittent l'école plus tôt et performent généralement moins bien à l'école que les enfants venant de familles nucléaires. En 1988, aux États-Unis, le risque de redoubler une année était de 40% à 75% plus élevé chez les enfants issus de familles monoparentales que ceux issus de familles nucléaires (Dawson, 1991 in Doris R. Entwisle and al.,1996) et le risque est encore plus élevé chez les enfants vivant avec un mère pauvre. Les enfants vivant en famille monoparentale et de statut socioéconomique faible ont de 11% à 26% plus de chances de développer un retard scolaire que d'autres enfants du même sexe et de même nationalité qui vivent avec leurs deux parents (Bianchi, 1984 in Doris R. Entwisle and al.,1996 ). Plusieurs études ont démontré qu'il existait bien des liens entre la famille monoparentale et les difficultés liées à la réussite scolaire des enfants issus de ces familles. Ce sont les résultats à des tests de mathématique et de lecture qui sont utilisés pour expliquer les résultats des recherches (Doris R. Entwisle and Karl L. Alexander, 1996; Jay Teachman, Randal Day and Kathleen Paasch, Karen Carver, and Vaughn Call, 1998; Suet-Ling Pong, 1997). La lecture est une habileté indispensable afin de bien réussir à l'école (Cafee, 1984; Palincsar & Perry, 1995 in Cecilia A. Sofie and Cynthia A. Riccio, 2002). Des études longitudinales indiquent que les enfants qui sont identifiés avec des troubles de la lecture en bas âge, continuent de démontrer des difficultés en lecture tout au long de leur cheminement scolaire (Stanovich & Siegel, 1994 in Cecilia A. Sofie and al., 2002). Les enfants qui démontrent des difficultés au début du processus d'apprentissage de la lecture, deviennent rarement de bons lecteurs (Felton & Pepper, 1995; Gough, 1996; Juel, 1988; Stanovich, 1986 in Cecilia A. Sofie and al., 2002). La plupart des élèves apprennent à lire sans difficulté mais environ 25% de ces élèves vivront des difficultés de lecture à l'école (S.E. Shaywitz, Escobar, Shaywitz, Fletcher, & Makuch, 1992; Stedman& Kaestel, 1987 in Cecilia A. Sofie and al., 2002). Est-ce majoritairement des enfants issus de familles monoparentales? Jay Teachman, Randal Day and Kathleen Paasch, Karen Carver et Vaughn Call (1998) démontrent que les enfants issus de familles monoparentales ont obtenu des résultats en lecture et en mathématique plus bas que les enfants venant de familles nucléaires. L'étude effectuée entre les années 1988 et 1992 comprenait un échantillon formé de 328 frères et sœurs fréquentant la même école, dont 189 enfants qui venaient de familles nucléaires et 139 enfants qui venaient de familles monoparentales. Ces enfants n'ont subi aucun changement dans leur statut familial depuis le début de l'étude. C'est en estimant la moyenne de leurs modèles que les chercheurs en sont arrivés à leurs résultats. Ils ont constaté qu'à travers le temps, les résultats obtenus au test de mathématique étaient stables puisque l'école était capable de compenser pour le manque qui avait pu y avoir. Par contre, pour ce qui est de la lecture, ils ont constaté qu'à travers le temps, il y avait une baisse dans les résultats obtenus lors du test de lecture chez les familles monoparentales. En d'autres mots, l'enfant issu de famille monoparentale qui éprouve des difficultés en lecture verra ses difficultés augmenter tout au long de son cheminement scolaire. Comme l'étude comprenait deux enfants de la même famille ayant des âges différents, deux catégories ont été formées. La catégorie des plus jeunes ayant environ 7 ans et la catégorie des plus vieux ayant environ 10 ans. Ils ont constaté que les résultats étaient les mêmes pour les deux catégories d'âges, c'est-à-dire que peu importe l'âge de l'enfant dans la famille monoparentale, les difficultés de lecture continuent de croître et les difficultés de mathématique restent stables. L'étude n'a pas pu expliquer pourquoi les difficultés en lecture augmentaient avec le temps mais ils proposent que le manque de supervision des parents sur le plan scolaire a des effets négatifs sur l'apprentissage de la lecture. Doris R. Entwisle et Karl L. Alexander (1996) démontrent les mêmes résultats dans leur étude menée auprès d'élèves de première année dans la région de Baltimore à l'automne 1982. L'échantillon pris au hasard comprenait tous les niveaux socioéconomiques de la région. Les élèves venaient de 20 écoles différentes et devaient y rester pour les deux premières années de l'étude. Ils ont pris 308 élèves pour répondre au test de mathématique et 303 élèves pour le test de lecture, et ce pour l'automne 1982 et le printemps 1994. Au début de la première année, les enfants de familles monoparentales obtenaient un résultat inférieur de 5 points en comparaison aux enfants de familles nucléaires au test de lecture et deux ans plus tard, cette différence était devenue de 20 points. En mathématique, il y avait une différence entre les familles monoparentales et nucléaires mais elle n'était pas significative. Ceci vient donc appuyer les résultats de la recherche de Jay Teachman and al. (1998). Ces études ont démontré que les enfants issus de familles monoparentales obtiennent des résultats scolaires inférieurs aux enfants issus de familles nucléaires. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces effets négatifs sur la réussite scolaire des enfants. La première raison, qui est sans doute la plus importante, vient d'un statut socioéconomique faible (Entwisle and Alexander, 1995 in Doris R. Entwisle and al.,1996). McLanahan et ses collègues estiment que la moitié des effets causés par les familles monoparentales sur la réussite scolaire sont dus à un statut socioéconomique trop bas (Garfinkel and McLanahan, 1986; McLanahan and Sandefur, 1994 in Doris R. Entwisle and al.,1996). McLanahan et Sandefur (1994 in Suet- Ling Pong) avancent qu'un des désavantages lors du divorce, c'est que le parent qui a la garde des enfants doit souvent déménager dans un quartier plus pauvre étant donné la diminution du revenu familial. Le déménagement coupe les liens avec la communauté et empêche la famille de bénéficier des ressources de celle-ci. Il est prouvé que le fait de changer d'école est un indice d'échec scolaire (Teachman, Paasch and Carver, 1996 in Suet-Ling Pong, 1997). De plus, on a remarqué que ces quartiers, souvent plus pauvres ou défavorisés, sont composés d'écoles à grande concentration d'enfants issus de familles monoparentales et de familles recomposées. Ces écoles sont souvent faiblement financées et possèdent peu de ressources disponibles pour les apprentissages comme par exemple, des ordinateurs et du matériel didactique. Certains chercheurs ont noté que dans ces écoles, le personnel et les enseignants ont des attentes beaucoup moins élevées face aux élèves. Par ce fait même, les enseignants ne poussent pas les enfants au maximum de leurs capacités (Lee et Bryk, 1989; Gamoran, 1992 and Willms, 1992 in Suet-Ling Pong, 1997). Dans son étude, Suet-ling Pong a démontré que les enfants de familles monoparentales qui fréquentent une école à forte concentration de familles monoparentales et reconstituées obtiennent des résultats en mathématique et en lecture plus faibles d'environ 5.5 points que les enfants qui fréquentent une école à forte concentration de familles nucléaires. Selon lui, le fait de fréquenter une école à forte concentration de familles monoparentales et recomposées aurait un effet plus nuisible pour l'enfant que le simple fait de venir d'une famille monoparentale ou reconstituée. La deuxième raison qui démontre que les enfants issus de familles monoparentales ne performent pas aussi bien que les autres est que le parent est moins présent et impliqué dans l'éducation sociale de son enfant. Dans les familles nucléaires, il est plus probable qu'il y ait un parent plus disponible pour faire des activités avec les enfants comme leur faire la lecture d'histoires, jouer à des jeux éducatifs et d'imposer une structure plus rigide comme contrôler les heures de télévision, superviser les devoirs, préparer l'enfant pour l'école, etc. Aston et McLanahan, (1991, in Suet-Ling Pong, 1997) ont trouvé que les parents monoparentaux prennent moins de temps avec leurs enfants pour la supervision des travaux scolaires. L'étude menée par Suet-ling Pong (1997) a également démontré que l'implication des parents monoparentaux dans l'école et dans leurs rapports avec d'autres parents pour échanger des idées et des stratégies pourrait augmenter leurs habiletés sociales et ainsi être bénéfique pour les enfants. Si les relations sociales entre parents étaient plus présentes dans les écoles à forte concentration de familles monoparentales, on pourrait probablement produire des élèves aussi compétents sur le plan scolaire que dans les autres écoles. Pour son étude, Suet-ling Pong (1997) a évalué un échantillon composé de 970 écoles et 20 330 élèves. Dans l'échantillon de 20 330 élèves, 67% des enfants vivaient avec leurs deux parents biologiques, 22% vivaient en familles monoparentales, 11 % en familles recomposées et environ 85% des familles monoparentales et recomposées étaient formées de la mère biologique. Trois variables ont été utilisées pour mesurer les pratiques parentales afin de vérifier si elles avaient des effets sur la réussite scolaire des enfants : discussion sur des sujets scolaires avec l'enfant, la participation et l'implication des parents à l'école et la connaissance des parents des amis de leurs enfants. L'étude a révélé que les enfants qui vivent en familles nucléaires discutent plus avec leurs parents des sujets scolaires que les enfants issus de familles monoparentales ou reconstituées. De plus, les enfants de familles nucléaires rapportent que leurs parents participent plus à l'école et connaissent un plus grand nombre de parents de leurs amis. Parmi toutes les variables concernant l'implication des parents, c'est la discussion avec les enfants des sujets scolaires qui a une meilleure influence sur les résultats aux tests de lecture et de mathématique. De plus, l'étude démontre aussi que le fait que les parents connaissent les parents des amis de leurs enfants, augmente le résultat aux tests de lecture et de mathématique. Et finalement, l'étude avance même que le fait que les parents connaissent d'autres parents pourrait même compenser pour les effets négatifs causés par le contexte des familles monoparentales. Pour son étude, Suet-ling Pong (1997) a évalué un échantillon composé de 970 écoles et 20 330 élèves. Dans l'échantillon de 20 330 élèves, 67% des enfants vivaient avec leurs deux parents biologiques, 22% vivaient en familles monoparentales, 11 % en familles recomposées et environ 85% des familles monoparentales et recomposées étaient formées de la mère biologique. Trois variables ont été utilisées pour mesurer les pratiques parentales afin de vérifier si elles avaient des effets sur la réussite scolaire des enfants : discussion sur des sujets scolaires avec l'enfant, la participation et l'implication des parents à l'école et la connaissance des parents des amis de leurs enfants. L'étude a révélé que les enfants qui vivent en familles nucléaires discutent plus avec leurs parents des sujets scolaires que les enfants issus de familles monoparentales ou reconstituées. De plus, les enfants de familles nucléaires rapportent que leurs parents participent plus à l'école et connaissent un plus grand nombre de parents de leurs amis. Parmi toutes les variables concernant l'implication des parents, c'est la discussion avec les enfants des sujets scolaires qui a une meilleure influence sur les résultats aux tests de lecture et de mathématique. De plus, l'étude démontre aussi que le fait que les parents connaissent les parents des amis de leurs enfants, augmente le résultat aux tests de lecture et de mathématique. Et finalement, l'étude avance même que le fait que les parents connaissent d'autres parents pourrait même compenser pour les effets négatifs causés par le contexte des familles monoparentales. La troisième raison démontre que les parents monoparentaux ont des attentes beaucoup moins élevées quant à la performance de leurs enfants à l'école ce qui expliquerait que ces enfants performeraient moins bien que les autres (Alexander and Entwisle, 1988; Entwisle and Hayduk, 1981 in Doris R. Entwisle and al., 1996). L'étude de Doris R. Entwisle and al. (1996) décrite précédemment a également pris en compte des données sur les attentes des parents quant aux résultats scolaires de leurs enfants. Suite à un questionnaire, ils ont demandé aux parents de parler de leurs La troisième raison démontre que les parents monoparentaux ont des attentes beaucoup moins élevées quant à la performance de leurs enfants à l'école ce qui expliquerait que ces enfants performeraient moins bien que les autres (Alexander and Entwisle, 1988; Entwisle and Hayduk, 1981 in Doris R. Entwisle and al., 1996). L'étude de Doris R. Entwisle and al. (1996) décrite précédemment a également pris en compte des données sur les attentes des parents quant aux résultats scolaires de leurs enfants. Suite à un questionnaire, ils ont demandé aux parents de parler de leurs attentes quant aux résultats scolaires de leurs enfants. Les parents monoparentaux ont des attentes moins élevées face aux résultats scolaires de leurs enfants autant en mathématique qu'en lecture. Les parents biologiques s'attendaient à ce que leurs enfants obtiennent au moins un B en lecture et les parents monoparentaux s'attendaient à ce que leurs enfants obtiennent un résultat inférieur à B mais supérieur à C. Donc, ils ont découvert que les attentes de parents monoparentaux apportent moins de support sur le plan de la performance scolaire pour deux raisons : les parents ont moins d'attentes et leurs attentes influencent moins leurs enfants comparativement aux enfants de familles nucléaires. Les parents qui ont des attentes plus élevées sont plus impliqués et concernés à aider leurs enfants dans leurs devoirs et à les aider à apprendre à la maison, ce que les parents monoparentaux ont de la difficulté à faire par manque de temps. La quatrième raison serait l'absence du père. Des études psychologiques proposent que le modèle du rôle masculin est nécessaire pour les garçons lors des apprentissages des sujets stéréotypés comme les mathématiques (Garfinkel & McLanahan, 1996 in Doris R. Entwisle and al., 1996) mais il n'y a rien qui soit encore prouvé (Fox, Tobin & Brody, 1979 in Doris R. Entwisle and al., 1996). Dans des rapports d'études publiés avant 1969, Herzog et Sudia (1973, in Ann M. Milne, David E. Myers, Alvin S. Rosenthal & Alan Ginsburg, 1986) argumentent le fait qu'il n'y ait aucune différence dans la réussite scolaire des enfants dont le père est présent ou absent. Mais des recherches plus récentes (Shinn, 1978, in Ann M. Milne and al., 1986) ont démontré que l'absence du père avait des effets nuisibles sur les performances intellectuelles de l'enfant. Une étude menée par Blanchard & Biller (1971 in Michael E. Lamb, 1981) tentait de savoir si l'absence du père avait un effet négatif sur la réussite scolaire des enfants. Les résultats ont démontré que les groupes dans lesquels les pères étaient présents, les résultats au SAT" Standford Achivement test ", étaient de beaucoup supérieurs au groupe composé d'enfants dont les pères étaient absents. Il a été constaté que lorsque le père était absent quand l'enfant était plus vieux, les résultats étaient aussi inférieurs aux résultats du groupe de pères présents. De plus, plus le père est absent quand l'enfant est en bas âge, plus les résultats au test sont de beaucoup inférieurs, et ce en lecture et en mathématique. Il en ressort même que les habiletés en compréhension de lecture sont plus faibles que le reste. DISCUSSION Les recherches ont démontré que plusieurs facteurs liés à la famille monoparentale ont des effets négatifs sur le cheminement scolaire de l'enfant et plus particulièrement en ce qui concerne la lecture. Le statut socioéconomique faible, l'implication des parents dans la vie scolaire de leurs enfants, leurs attentes face aux performances scolaires de ceux-ci et la présence du père peuvent influencer la réussite scolaire des enfants. Par contre, étant donné la grande quantité de variables, il a été difficile pour les chercheurs d'expliquer avec certitude les raisons d'une telle différence dans les résultats scolaires chez des enfants issus de familles monoparentales. Selon Suet- Ling Pong (1997), en contrôlant le statut socioéconomique et les autres variables familiales (scolarité des parents, éducation, etc.), les effets négatifs liés à la famille monoparentale diminuent mais restent significatifs. De plus, même en contrôlant ces variables, les études montrent qu'il y a une croissance des difficultés de lecture à travers le temps pour les enfants issus de familles monoparentales. Si l'école est incapable de combler ce manque, c'est probablement que ce manque vient du passé de l'enfant, c'est-à-dire avant l'entrée à l'école. Dans l'ensemble, les recherches effectuées sur ce sujet étaient très complètes mais il aurait été intéressant que les chercheurs s'interrogent sur le passé des enfants avant leur entrée dans le système scolaire. Ces informations auraient pu être intéressantes lors de l'analyse des résultats. CONCLUSION Les familles monoparentales ont beaucoup intrigué les chercheurs depuis quelques décennies puisque l'on croyait que l'impact sur le développement des enfants serait néfaste. Après études et observations, ils se sont rendu compte que ce n'était pas autant le contexte familial qui était lié aux difficultés scolaires des enfants mais les facteurs qui en découlaient : baisse du revenu familial, manque d'implication des parents dans la vie scolaire de l'enfant, etc. Si le fait d'être issu d'une famille monoparentale n'a pas d'effets négatifs significatifs sur les apprentissages scolaires, il y a lieu de se remettre en question quant au rôle de l'école et des enseignants. Il serait intéressant de se questionner sur les méthodes d'enseignement qu'on utilise avec ces enfants et du support qu'on pourrait leur apporter afin de combler le manque du statut socioéconomique. Il serait également intéressant de s'interroger sur l'éducation que les enfants reçoivent avant l'entrée à l'école. Si les études démontrent que l'école ne peut pas combler le manque en lecture, c'est probablement qu'il vient de la petite enfance. Une étude des pratiques éducatives à l'égard des jeunes enfants pourrait être intéressante. Pour ce qui est de l'importance de la présence du père dans la réussite scolaire de l'enfant, il serait nécessaire de trouver des études plus récentes. Il apparaît nécessaire de se questionner davantage sur son rôle puisque la plupart du temps, lors du divorce, c'est le père est absent. Ce sont des pistes qu'il serait intéressant de poursuivre afin de préciser et de développer davantage ce sujet. BIBLIOGRAPHIE Ann M. Milne, David E. Myers, Alvin S. Rosenthal and Alan Ginsgurg ( 1986). Single parents, Working mothers and the educational achievement of school children. Sociology of education, 59, 125-139.
FACTEUR DE RISQUE SUR LA RÉUSSITE SCOLAIRE DES ENFANTS
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Cecilia A. Sofie and Cynthia A. Riccio (2002). A comparison of multiple methods for the identification of Children with reading disabilities. Journal of learning disabilities, 35, 234-244.
Doris R. Entwisle and Karl L. Alexander (1996). Family type and children's growth in reading and math over the primary grades. Journal of marriage and the family, 58, 341-355.
Hetherington, E. M., Bridges, M., & Insabella, G.M. (1998). What matters? What does not? Five perspectives on the association between marital transitions and children's adjustment. America Psychologist, 53, 167-184.
Jay Teachman, Randal Day and Kathleen Paasch, Karen Carver, and Vaughn Call (1998). Sibling Resemblance in Behavioral and cognitive outcomes: The role of father presence. Journal of marriage and the family, 60, 835-848 Lamb, Michael E. (1981). The role of the father in child development, second edition. United States: John Wiley & sons, inc, 582 p
Lise Saint-Laurent, Jocelyui1seim aosRo(u)-10.elyr et12 Source : http://www.google.ca/search?q=cache:twLdEXVYhe8J:www.er.uqam.ca/nobel/lire/textes/lafamillemonoparentale.pdf+parents+monoparentale&hl=fr&lr=lang_fr&ie=UTF-8
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