Survivre à la jalousie maternelleEntrevue avec Micheline Dubé, psychologue Est-ce fréquent que des mères soient jalouses de leur fille? Non, mais il peut y avoir des moments où on a le sentiment que la compétition existe. Cependant, la jalousie dont on parle ici est plutôt maladive, et c’est encore moins courant. La maman, c’est le lien le plus significatif qui s’établit au commencement de notre vie. Elle doit nous encourager à grandir et à nous distinguer. Quant à la mère jalouse, elle entretient une compétition possessive. D’où vient cette jalousie? Il est possible que les mères qui n’ont pas connu suffisamment de succès jalousent la réussite de leur fille. Mais elles oublient que cette enfant est leur prolongement. Comment cette jalousie se traduit-elle? Parfois, par des propos désobligeants. Il y a des mères extrêmement critiques qui disent des choses blessantes à leur fille. Ou encore, elles réfrènent toujours leur enthousiasme. Résultat? La fille ne peut donc pas faire part de ses succès à sa mère. Quel tort cela cause-t-il? Ça tue la spontanéité et le dynamisme de la fille. Celle-ci se sent dévalorisée, et son estime de soi baisse. Peut-on parler à sa mère de cette jalousie? Je pense qu’il faut le lui dire. Si on ne le fait pas, c’est qu’on ne veut pas perdre sa mère; malgré ses défauts, on l’aime. Mais, en même temps, on voudrait qu’elle change son comportement. En faisant un travail thérapeutique, on apprend à dire ce qu’il faut pour ne pas dépasser les limites et, par conséquent, ne pas briser le lien entre elle et nous. Peut-on mettre un terme à cette jalousie? Si la jalousie est pathologique, ce n’est pas évident. La mère n’est pas très consciente du tort qu’elle cause à sa fille. Elle en est détachée; c’est le déni. Mais une mère dont la jalousie est momentanée aura de la peine si on la met devant les faits. Doit-on cesser tout rapport avec sa mère? Dans certains cas, oui. Dans d’autres, un éloignement peut être suffisant, surtout si rompre tous les liens nous ferait trop de peine. Il faut toutefois maîtriser la situation: calculer le temps passé avec elle. Et si notre mère nous dénigre devant les autres, on ne doit pas l’inviter quand on reçoit la belle-famille, par exemple. Se remet-on de cette blessure? Je pense qu’on n’en revient jamais. Qu’on en parle ou pas. Il faut accepter que notre mère nous a aimée à sa façon, malgré tout. Source : http://femmeplus.canoe.com/bienetre/article1/2007/04/20/4080547-fp.html
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