La guerre des mèresLe dilemme de toute une génération: la carrière ou les enfantsDe nos jours, c'est le principal dilemme que les mères vivent et c'est un choix très déchirant à faire. Faut-il rester à la maison avec les enfants ou poursuivre une carrière? Par Joanne Richard
Sun Media Il s'agit d'un conflit sans fin qui donne lieu à un malaise intérieur - et parfois même à une querelle extérieure entre les mères qui travaillent et celles qui sont au foyer. Cela dresse les mères les unes contre les autres, mais principalement contre elles-mêmes, toujours dans un effort désespéré de ne pas faire de pots cassés, selon Leslie Morgan Steiner, mère de trois enfants de moins de dix ans. «Que nous soyons à la maison ou au travail, nous devons toutes livrer bataille, glisse cette auteure qui est cadre au Washington Post. C'est incroyablement difficile; le tourment interne est énorme.»Définition d'une générationBienvenue au pays de la guerre des mères - et la bataille est violente. «À notre époque, c'est manifestement une des questions qui définit notre génération pour les femmes, et tout le monde a sa petite opinion à ce sujet.» Mme Steiner dit que c'est un débat constamment ouvert sur les mères; chacun a l'impression d'avoir le droit de juger de ce qui fait une bonne mère. «Nous sentons que nous sommes jugées en tout temps alors que nous voulons toutes être de bonnes mères. En fin de compte, nous sommes unies dans notre combat pour rester saines d'esprit et bien élever nos enfants, mais nous ne le savons même pas.» Selon elle, peu importe si vous travaillez ou restez à la maison, cela ne se résume pas à une corvée et à des occasions manquées. Manifestement, il s'agit plutôt d'une jalousie envers celles qui semblent se la couler douce à la maison.Plus richeAprès avoir jonglé entre une carrière à temps plein et la famille, elle dit qu'elle a finalement trouvé la solution parfaite pour elle. Cela lui a permis de mener une vie «infiniment plus riche en combinant la maternité à un emploi à temps partiel». «Ça m'a permis de travailler et de faire un deuxième quart avec ma famille. J'ai travaillé fort pour pouvoir faire ces choix, et mes enfants aiment ça. Celui de neuf ans me dit que je crie beaucoup moins. «Nous sommes toutes dans le même bateau, dit-elle. Que nous soyons à la maison ou au bureau, nous risquons notre santé mentale lorsque nous devenons mères, mais ça vaut totalement la peine. Ça fait partie de l'affaire. Dès qu'on a un bébé, notre vie ne nous appartient plus, mais c'est la plus belle chose au monde.»Tout avoir?«On ne peut pas tout avoir, ajoute Joan Wright, 47 ans, de Mississauga. Lorsque les deux parents travaillent, le prix émotif à payer sape tout. J'aimais mieux accuser une perte financière et me simplifier la vie que de vivre le combat émotif, le bouleversement et le stress.» Bien qu'elle travaille à la maison avec succès, Mme Wright est isolée et gagne environ un tiers de moins que ce qu'elle touchait à titre de directrice d'entreprise. «Ça vaut tellement la peine! la culpabilité est disparue, assure la mère de deux enfants. Nous devons tous nous empêcher de juger les différentes solutions des autres mères, même si nous ne l'admettons pas.»Un conflit permanent«J'appelle au moins dix fois par jour», souffle Natalie Bean-Sole, une entrepreneure pour qui la culpabilité est au rendez-vous tous les jours. Elle quitte sa maison à 6 heures pour aller s'entraîner au gym. Ensuite, elle se rend au travail pour la journée et revient à la maison vers 18 heures. Cela nécessite une gardienne douze heures le jour, puis une autre qui travaille huit heures la nuit, le tout pour la coquette somme de 1 100 $ par semaine. «Je sais que c'est fou, mais je dois travailler. Je gère mon entreprise, et je n'ai même pas la possibilité de prendre un congé de maternité payé», dit Natalie, qui est revenue au travail huit semaines après avoir donné naissance à sa fille, Lexi. Elle admet vivre un conflit permanent: «J'aime être avec ma fille, mais je suis une personne très active. J'aime travailler et accomplir quelque chose chaque jour. De toute façon, si je ne travaillais pas, nous ne pourrions nous offrir le style de vie que nous menons. Je veux être en mesure de donner à Lexi tout ce dont elle a besoin, et cela exige deux revenus, dit-elle. Je ne juge pas les autres mères - à chacun ses problèmes.»Une vie compliquéeCe style de vie, Linda Garneau, 40 ans, a préféré le laisser tomber il y a deux ans - en même temps que son poste de cadre et son salaire de 150 000 $ - afin de rester à la maison à temps plein avec ses enfants. «La vie était si compliquée! J'aimais mon travail, mais je n'étais pas heureuse, explique la mère d'Alina, 7 ans, et de William, 5 ans. Vu de l'extérieur, tout allait bien, mais je ne me sentais pas bien. «Je commençais à me sentir comme si je vivais deux vies, mais ne me trouvais douée pour aucune des deux.» Elle travaillait pour que sa famille ait une meilleure qualité de vie mais n'y parvenait pas. «Ça m'a pris beaucoup de courage pour laisser tomber un bel emploi qui payait bien et me promettait un bel avenir. Ce n'était simplement pas l'avenir que je souhaitais», indique Mme Garneau. «Mes enfants grandissaient, se développaient... et ça me manquait. Bien sûr, j'appuie celles qui choisissent de travailler. Certaines femmes sont fantastiques pour gérer de front la famille et le travail, et elles n'en sont que plus heureuses. La clé, c'est d'avoir une carrière qu'on aime; ainsi on ne se vide pas au travail. C'est une question d'équilibre. Et cela revêt une signification différente pour chaque personne.» Source : http://www.canoe.com/artdevivre/societe/article1/2006/04/20/1542562-jdm.html
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