Le jeu l'a poussé à se jeter
en bas du pont Jacques-Cartier

Plus heureux paraplégique que d'être demeuré accro du jeu « Je vis mes victoires au jour le jour » Accueil > Dossier de presse > Le jeu compulsif > Plus heureux paraplégique que d'être demeuré accro du jeu

Le mardi 8 juin 2004.

Devenu paraplégique à la suite d'une tentative de suicide qui l'a mené à se jeter en bas du pont Jacques-Cartier le 20 septembre dernier, l'ex-joueur compulsif Did Tafari Belizaire croit qu'il sera plus facile de vivre paraplégique que de demeurer un accro du jeu.

M. Belizaire sortait d'un bar de quartier lorsqu'il a décidé, vers 7h, d'attenter à ses jours. « Je n'avais pas perdu plus d'argent qu'à l'accoutumée dans ce bar, j'avais perdu l'espoir de m'en sortir », indique-t-il.

Après son plongeon, le désespéré, toujours conscient, reste une heure dans les eaux avant d'être repêché, près de Pie-IX. « Je me suis accroché à un remorqueur et on a attendu l'arrivée des autorités. Après, j'ai perdu la carte et on m'a opéré à l'hôpital », relate-t-il.

Quelques mois après l'événement qui l'a laissé paraplégique, M. Bélizaire, qui suit toujours une thérapie au centre Dollard-Cormier, est content d'être parmi nous. « Je vis mes victoires au jour le jour. J'ai laissé « mon ancien moi » en bas du pont ce matin-là et, même si j'ai gagné un fauteuil roulant au change, je crois malgré tout que la vie va m'être plus facile maintenant que cet événement draconien me tient loin du jeu. »

10 ans d'enfer

L'enfer de M. Bélizaire avait commencé de façon anodine. Pendant 10 ans, le joueur compulsif fréquente les bars de son quartier et à l'occasion les casinos, avant de tenter de se suicider. « On veut toujours retrouver l'argent perdu. Puis, c'est son âme qu'on perd, on ne s'aime plus. Parce que je perdais le contrôle de ma vie, j'ai décidé d'en finir », explique-t-il.

Un fléau

Membre de la Coalition EmJEU, Did Tafari Bélizaire sait qu'il n'est pas le premier ni le dernier à qui il arrivera une tragédie semblable. « Je veux m'assurer d'aider la société à contrer ce fléau, à réveiller l'opinion publique. L'accessibilité de ces jeux enclenche une détresse psychologique énorme dans toutes les couches de la société », souligne-t-il.

« Je ne crois pas au jeu responsable. C'est une maladie et on n'a présentement pas les structures pour composer avec ça. Voilà pourquoi je veux enrayer ces maudites machines », termine le survivant d'une pathologie de plus en plus courante au Québec. Source : http://www.sccm3939.com/presse.php?id_article=292




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