À quoi reconnaît-on un joueur pathologique?

Si le jeu représente une activité de détente sans conséquence pour la plupart d'entre nous, pour d'autres, le jeu devient une maladie ou une dépendance qui se traduit par une impulsion incontrôlable à miser de l'argent. Au Québec, on estime que 3 % des adultes et 2,6 % des adolescents ont un problème de jeu pathologique, des chiffres semblables à ceux observés dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis. On note également que les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à se débattre avec ce problème.

Les signes du jeu pathologique

Dans le Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders - 4th Edition, l'American Psychiatric Association classe le jeu pathologique parmi les troubles du contrôle des impulsions et le décrit comme une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu qui n'est pas mieux expliquée par un épisode maniaque et qui donne lieu à au moins cinq des manifestations suivantes :

Les personnes qui souffrent de jeu pathologique présentent souvent des distorsions de la pensée. Elles ont une impression de contrôle illusoire face au jeu qui les fait surestimer leurs chances de gagner et de croire à toutes sortes de superstitions. Cette illusion de contrôle est plus grande lorsque le joueur peut participer activement au jeu, en lançant des dés, par exemple, ou en actionnant les boutons de machines à sous.

L'évolution du jeu pathologique

Les études sur le jeu pathologique démontrent que les adultes qui ont des problèmes avec le jeu ont généralement commencé à jouer pendant leur adolescence, entre l'âge de 10 et l9 ans. L'évolution vers le jeu excessif se fait habituellement en trois phases qui peuvent durer de quelques mois à plusieurs années selon les individus. La première est une phase de gain. Le joueur remporte des sommes d'argent parfois importantes, qui lui permettent d'être généreux avec son entourage et d'obtenir une certaine reconnaissance sociale. Ses gains lui donnent l'impression qu'il peut contrôler ou influencer le jeu en sa faveur : il perd de vue la dimension du hasard et augmente la fréquence à laquelle il joue. Après la phase de gain, vient inévitablement la phase de perte. Mais comme le joueur est convaincu qu'il contrôle le jeu, il attribue ses pertes à des conditions extérieures. Pour se refaire, il retourne jouer et si la phase de perte se poursuit, il ira jusqu'à emprunter, à vendre ses biens ou à commettre des actes illégaux pour se procurer de l'argent. Sûr que la chance reviendra et qu'il pourra rembourser ses dettes, il devient obsédé par le jeu. De perte en perte, s'installe alors une phase de désespoir. À ce stade, il n'est pas rare que le joueur ait envisagé plusieurs fois le suicide.

Les conséquences

Les conséquences du jeu pathologique se répercutent autant du côté familial et professionnel que psychologique et social. On estime que pour chaque joueur pathologique, au moins dix personnes en subissent les effets négatifs. La dépendance au jeu mène tôt ou tard à une série de problèmes : dettes chroniques, divorce, chômage, pauvreté, dépression et pensées suicidaires. De plus, les joueurs pathologiques commettent souvent des actes illégaux, comme des falsifications, des fraudes, des vols ou des détournements d'argent qui peuvent les amener devant les tribunaux.

Les traitements

Il existe plusieurs formes d'interventions thérapeutiques pour traiter le jeu pathologique. Tous les aspects de la problématique sont considérés dans le traitement, tant le comportement lui-même que ses conséquences financières, sociales, psychologiques ou familiales. Au Québec, le Centre québécois d'excellence pour la prévention et le traitement du jeu (CQEPTJ) a formé des intervenants de toutes les régions pour venir en aide aux joueurs excessifs. Pour obtenir plus d'informations sur le jeu pathologique, visitez le site : http://www.psy.ulaval.ca/~jeux/

Source : www.servicevie.com/02Sante/Sante_hommes/Hommes15042002/hommes15042002.html




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