Un jaloux, ça se soigne ?

Si la jalousie est un vilain défaut, c’est surtout une plaie pour qui la vit ET la subit! Plutôt que de connaître l’enfer, sachez que certains jaloux sont incurables…

Par Anne-Christine Schnyder
Photos: Archives TVA

Plutôt flatteur de savoir que notre coq se battrait bec et ongles pour nous garder dans sa basse-cour, qu’il nous mange des yeux et fusille du regard ceux qui osent s’approcher. On se sent importante, unique, aimée... Un grain de jalousie est normal – voire sain –, mais pas une montagne!

«L’un des éléments clé de la jalousie est une peur, plus ou moins irrationnelle, que l’autre nous trompe, nous laisse», explique la psychologue Angela Zizzi de l’Hôpital Louis-Hyppolite–Lafontaine. «Cette peur de perdre l’autre, d’être abandonné est légitime et en nous depuis qu’on est tout petit. Aimer quelqu’un sans être habité par cette peur voudrait dire qu’on le tient pour acquis.»

Certes, mais il y a des limites. On n’est pas sa chose, tout de même! Cette possessivité amoureuse devient vite étouffante et invivable!

Le jaloux «normal»

Blessé par une expérience passée, craignant qu’on lui fasse de nouveau pousser des cornes, ou alors hésitant à accorder sa confiance, il montre son insécurité en début de relation.

Il a des pincements au cœur quand on rigole avec notre ex, se sent rejeté dès qu’il tombe sur notre boîte vocale, nous demande des explications quand ça nous prend trois heures pour aller acheter du lait au dépanneur. Normal, il ne nous connaît pas encore bien, — en plus on est belle, intelligente et drôle, donc désirable! —, et ne sait ni à quel point on l’aime, ni qu’on est d’une fidélité à toute épreuve.

* Que faire?

Parler, le rassurer, lui montrer à quel point on tient à lui. Le temps fera le reste. Et puis, si on est tombée amoureuse, c’est qu’on lui trouve plein de qualités! Normalement jaloux, il va être capable de se remettre en question et de réaliser que sa peur est injustifiée.

Le jaloux «projectif»

Nettement plus pervers, ce jaloux-là va projeter sur nous ses propres fantasmes d’infidélité. «C’est lui qui va cruiser et être séduit. Il aura tendance à regarder les autres femmes et à être infidèle, mais il accusera sa conjointe de le faire», explique Angela Zizzi.

L’idée qu’on puisse le tromper est aussi une façon de justifier ses propres infidélités… «C’est parfois lié à un besoin de contrôler chez l’autre ce qu’il ne parvient pas à contrôler chez lui-même.»

* Que faire?

Rester soi-même! Le tromper pour ne plus être accusée à tort? Oui, mais ça ne résoudra rien. À moins d’être mère Teresa, mieux vaut passer au prochain appel! Se coltiner un jaloux n’est pas une sinécure; se faire tromper à tire-larigot par-dessus le marché, encore moins! Bon, ça ferait de nous la martyre idéale et on y gagnerait sans doute notre ciel; mais c’est quand même plus le fun de s’envoyer en l’air ici-bas, avec quelqu’un de «normal»!

Le jaloux «insécure»

Parce que son estime de soi est souvent au ras des pâquerettes, le jaloux «insécure» ne se croit pas assez bien pour nous et va constamment nous démontrer que Pierre, Paul, Jacques ou Lulu sont mieux que lui. Il va piquer une colère comme un enfant gâté si on ose sourire à un autre.

«Tout jaloux a, de manière plus ou moins importante, un problème de confiance en soi», explique Mme Zizzi. Au départ, il a plus de difficulté dans son rapport avec lui-même que dans son rapport à l’autre.»

* Que faire?

C’est lassant de répéter «mais non, chéri, c’est toi le meilleur», et puis, à la longue, on aura envie d’aller voir si ce ne serait pas mieux ailleurs, finalement. Pour éviter les prises de bec, il faut le valoriser et le convaincre de s’allonger sur le divan d’un psy pour cerner la source de son insécurité qui remonte sans doute à l’enfance.

Le jaloux «pathologique»

Prendre ses jambes à son cou, si on le croise! Invivable, quasi irrécupérable, il nous pourrira l’existence! Il voit le mal partout et sera même jaloux du nonagénaire avec qui on prend le thé!

«Chez ce type de jaloux, la peur de perdre l’autre est constante et irrationnelle, explique la psychologue. Même si votre conduite est plus qu’irréprochable, il vous interrogera tout le temps sur vos faits et gestes, aura des attitudes obsessionnelles, remettra toujours votre amour en question, sans tenir compte de la réalité, des preuves que vous lui donnez. Il aura de la difficulté à se contrôler et peut devenir agressif.»

*Que faire?

Surtout, ne pas entrer dans son jeu, ni se dénaturer. Se croire retournée au temps de l’Inquisition; s’habiller comme une nonne; subir une scène de jalousie parce qu’on n’a pas fermé les yeux au ciné quand Heath Ledger a enlevé son pantalon… ce n’est pas une vie! C’est d’abord à lui de reconnaître qu’il a un problème. Puis de suivre une thérapie. S’il refuse, on le quitte!

Source : http://clindoeil.canoe.com/ellelui/article1/2006/02/03/1425049-cd.html




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