L'intimidation à l'école peut mener au suicide
mais aussi aux tueries

Des conséquences dramatiques

Au Canada, trois élèves par classe sont victimes trois fois par semaine d'intimidation venant d'autres jeunes. Cela peut avoir des répercussions catastrophiques sur les victimes, voir même mener au suicide.

Granby n'échappe pas à ce phénomène, communément appelée bullying. Au début du mois, La Voix de l'Est rapportait un cas, celui de Michaël Gagné-Brodeur, assailli par quatre autres jeunes qui lui ont brûlé le visage avec un briquet.

"L'intimidation, c'est un rapport de force qu'a un individu ou un groupe sur un autre individu. Ça peut être par la parole, ça peut être physique, des menaces, du taxage ou des racontars", explique le psychologue scolaire Richard Gagné, qui attribue le phénomène à la nature humaine.

Les cas d'intimidation se développent vers la troisième année du primaire et durent jusqu'au troisième secondaire, avec une période de pointe en sixième année et secondaire un.

Les favoris des intimidateurs sont évidemment ceux qui se démarquent des autres. "Être différent des autres, c'est dur à porter, qu'on soit bollé ou qu'on échoue ses cours", considère l'intervenant.

Qu'ils soient hyperactifs ou socialement maladroits, ils ne sont pas aimés des autres jeunes. Ils sont anxieux et peureux de nature. Ceux-là représentent trois cas sur cinq, selon M. Gagné.

"Les autres, ce sont les intimidateurs victimes, qui un jour se sont moqués de celui qui a un grand frère costaud, ou de celui qui est populaire", soutient le psychologue.

Les autres élèves, qui ne participent pas directement aux actes d'intimidation, ne contribuent toutefois pas à faire arrêter ces actes.

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"Les autres jeunes sont témoins. Ils ne participent pas mais ils rient. (...) Certains voudraient aider mais ne le font pas pour ne pas devenir souffre-douleur", fait remarquer Richard Gagné.

Comme si ce n'était pas assez pour ces jeunes marginaux, leur attitude face aux gens leur vaut souvent la remarque suivante: "tu as couru après"...

Violence verbale

La violence n'est pas toujours brutale physiquement. Mais le rejet et les paroles blessantes font souvent encore plus de mal.

"Ça peut être extrêmement souffrant d'être isolé", assure M. Gagné.

Celui-ci a déjà été témoin d'une situation vécue par une jeune fille de cinquième année, qui avait refusé les avances d'un garçon de son âge, préférant se tenir avec ses copines. Pour se venger, le garçon l'a traitée de lesbienne à n'en plus finir.

"Ça l'a complètement déstabilisée. Elle avait l'identité chambranlante, elle n'était plus sûre d'elle. Elle était réduite à rien."

Bullycide

Les conséquences de l'intimidation peuvent être encore beaucoup plus dramatiques, comme l'illustre Richard Gagné.

"Plusieurs tueries dans les écoles aux États-Unis sont attribuables à l'intimidation. Un jeune est rejeté, et un bon jour, il se révolte violemment", affirme le psychologue.

En Angleterre, un terme, bullycide, définit le suicide de victimes du bullying. On estime à 80 par année le nombre de bullycides d'enfants en Angleterre.

Au Québec, le phénomène n'est pas documenté. "C'est sûr qu'il y en a. On a les mêmes chiffres ici que partout dans le monde quant à la proportion de victimes d'intimidation", observe Richard Gagné.

source: http://www.cyberpresse.ca/vde/actualites/0203/act_602030080087.html




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