L'homosexualité ne devrait pas être une raison pour se tuer! Les personnes homosexuelles présentent un risque élevé de suicide.Bien que la perception à l'égard de l'homosexualité soit de plus en plus positive, il n'en demeure pas moins que les personnes qui la vivent sont toujours confrontées à des sentiments hostiles, allant de la moquerie au rejet pur et simple. Tous n'ont pas pour autant envie de se suicider. Par ailleurs, les études qui se sont intéressées à la question ont mis en évidence que les jeunes homosexuels présentent un risque de suicide beaucoup plus élevé que les jeunes hétérosexuels. Une recherche américaine menée par Bell et Weinberg en 1978 estime que les jeunes homosexuels sont, à l'âge de vingt ans, treize fois plus à risque de suicide que les jeunes hétérosexuels. Une autre étude conduite en 1997 dans la région de Calgary (Bagley et Tremblay) montre que les jeunes gais et bisexuels sont quatorze fois plus à risque de suicide que les jeunes hommes d'orientation hétérosexuelle. Cette réalité n'est pas étrangère à Gai Écoute. Même si le centre d'écoute téléphonique n'est pas spécialisé dans les questions du suicide, le spectre du suicide et surtout des idées suicidaires est présent dans de nombreuses interventions. Si les morts pouvaient parler, plusieurs nous révéleraient une orientation sexuelle jusque-là insoupçonnée, même par les plus proches. Hélas, les enquêtes du coroner ne peuvent établir les mobiles secrets du suicide et qui ne sont même pas connus par les proches. Pour s'en faire une idée, il faut s'en remettre aux personnes qui ont fait des tentatives de suicide. Il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire pour convaincre les grands décideurs que les personnes homosexuelles constituent un groupe à risques de suicide. Le ministère de la Santé et des Services sociaux n'a pas pris l'orientation sexuelle en compte dans l'élaboration de sa stratégie d'action face au suicide publiée en 1998. Dans ce contexte, depuis 1997, Gai Écoute travaille activement à faire évoluer ce dossier jusque-là ignoré au Québec. Bien que Gai Écoute ne soit pas un organisme de prévention du suicide, sa mission lui a toutefois permis de développer une sensibilité particulière à la problématique du suicide chez les personnes homosexuelles. Gai Écoute obtenait une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux en vue de mener une étude sur les mobiles de suicides chez les jeunes homosexuels. Gai Écoute a donc joué un rôle de premier plan dans la reconnaissance de cette problématique en se faisant le promoteur de l'étude Mort ou fif dirigée par le professeur Michel Dorais de l'Université Laval, publiée en octobre 2000. L'Association québécoise de suicidologie soulignait d'ailleurs la contribution exceptionnelle de Gai Écoute à la prévention du suicide en lui décernant le Prix Réjean-Marier de l'année 2001. La recherche a démontré les jeunes homosexuels québécois sont de six à quatorze fois plus à risque de suicide que les jeunes hétérosexuels, corroborant ainsi les études antérieures citées plus haut. Le professeur Dorais a mis en évidence que « les jeunes qui sont très tôt identifiés comme homosexuels subissent un harcèlement homophobe qui finit par saper leur goût de vivre. Ceux qui tardent à révéler leur homosexualité ou qui demeurent invisibles comme homosexuels vivent les même angoisses. Dans les écoles, le dénigrement et les agressions sont très souvent tolérés. Personne ne se porte à leur défense. » Les témoignages recueillis auprès des jeunes qui ont participé à l'étude sont très révélateurs. « J'ai lâché l'école parce que je n'étais plus capable. Cette violence-là [vécue à l'école] me validait dans la haine de moi-même. J'avais 31 ans quand mes parents ont su de quelle violence j'étais victime au collège. Ça a été un choc pour eux… » Cette histoire personnelle n'est malheureusement pas un cas unique. L'étude nous révèle en effet qu'« il est consternant de constater le nombre de jeunes interviewés qui rapportent avoir été obligés d'abandonner leurs études au secondaire (ou du moins de changer d'école) simplement afin de fuir la haine et la violence qu'ils retrouvaient en milieu scolaire. » Le Québec est déjà doté d'un réseau d'organismes en prévention du suicide dont la qualité du travail est reconnue. Gai Écoute cherche à mettre en place des services complémentaires et il ne saurait être question de développer des services parallèles. Agir en première ligne signifie qu'il faut travailler sur l'adaptation à l'orientation sexuelle et non pas sur le suicide. Il faut intervenir avant la manifestation des désirs suicidaires. Beaucoup de personnes homosexuelles vivent dans la clandestinité, sont victimes de rejet et d'ostracisme. Elles ont le sentiment d'être seules. Lorsqu'elle communiquent avec Gai Écoute, avant même d'entreprendre la conversation, elles posent la question suivante : « Es-tu gai, es-tu lesbienne? » La réponse sera évidemment positive. Gai Écoute est le premier contact avec la communauté et la porte d'entrée vers les ressources disponibles. Des programmes adaptés aux réalités homosexuelles doivent aussi être mis en place pour agir en première ligne. Être d'orientation homosexuelle et heureux dans la vie, voilà le message à répandre si l'on veut faire échec au suicide.Voir section Suicide du site Internet de Gai Écoute.
Source : www.emergence.qc.ca/documents/suicide.html
site créé par: Isabelle ![]()
Je n'accepte plus les courriels qui finissent par un
(.com) sauf ceux qui sont déjà abonnés, trop de pourriels.
Mon logiciel les détruira automatiquement. De retour à www.suicide-quebec.net