Lorsque le travail devient une dépendance

La plupart des dépendances nous renvoient une image négative. Que ce soit à l'alcool, au jeu, à la nourriture ou au sexe, elles font l'objet d'incessantes recherches afin d'en trouver les causes et les traitements. La dépendance au travail fait exception à la règle. Encore aujourd'hui, les grands travailleurs sont perçus comme étant responsables, matures et vertueux. On croit volontiers qu'ils récoltent les promotions, gagnent beaucoup d'argent, sont respectés par leurs collègues de travail et par leurs supérieurs. La réalité semble pourtant tout autre. Le « workaholisme », décrit vers la fin des années ‘60 comme une relation pathologique d'un sujet à son travail, qui se caractérise par une compulsion à lui consacrer de plus en plus de temps et d'énergie, au détriment des autres aspects de sa vie, et qui persiste même si les conséquences sur la santé, la vie familiale et les relations sociales sont négatives, répond ainsi aux caractéristiques d'un trouble de dépendance. Une dépendance « propre », qui paraît bien et qui suscite souvent l'admiration, mais qui peut avoir des conséquences graves. Pour en savoir plus sur les comportements du workaholique, faites notre TEST et lisez ce qui suit. Peut-être profiterez-vous mieux de la vie, avant qu'il ne soit trop tard.

« Gros travailleur » ou « workaholique »

Les experts s’entendent pour dire qu'il y a une différence entre le « gros travailleur » et le « workaholique ». Le gros travailleur prend tous les moyens nécessaires pour accomplir son travail. Il peut passer de longues heures sur un travail et faire des heures supplémentaires lorsque la situation l'exige, mais les buts et les délais sont clairement définis. Et surtout, lorsque le travail est accompli, il décroche facilement et il se garde du temps pour sa famille et ses amis. Le « workaholique » considère le travail comme le centre de son univers. Il y sacrifie le sommeil, la nourriture, l'exercice, la famille, les amis et les loisirs. Son obsession est telle que son bien-être physique et sa santé mentale en sont affectés. Guidé par la logique, il se prend au sérieux, se donne de hauts standards de performance et n’accepte pas facilement la faiblesse. Il lui est difficile de travailler en équipe, son agressivité et son peu de confiance dans les autres le portant à vouloir tout faire seul. Et lorsqu'un travail est terminé, il se sent déprimé ou anxieux.

« Workaholique »

Lorsque le travail devient une dépendance

Les conséquences sur la santé

Le workaholique vit un état de stress chronique qui peut mener à des problèmes sérieux de santé physique et mentale. Maux de tête et migraines, tension artérielle élevée (risque accru de maladies cardiovasculaires), douleurs musculaires, indigestion, constipation ou diarrhée, ulcères, fatigue chronique et insomnie sont souvent associés à la dépendance au travail. De plus, le stress affecte le système immunitaire, ce qui rend le workaholique plus susceptible de contracter d'autres maladies. Psychologiquement, les choses ne sont pas plus roses : l'anxiété, l'irritabilité, la tristesse, la colère, l'hypersensibilité, l'apathie, le désespoir, l'insécurité et la dépression sont souvent le lot des workaholiques, de même que certains troubles du comportement : augmentation ou perte d'appétit, agressivité, augmentation de la consommation d'alcool ou de drogues, tabagisme et isolement.

Les conséquences sur la famille

Les workaholiques ne sont pas les seuls à souffrir de leur condition. Leur famille en est la plupart du temps affectée. Les conjoints se sentent ignorés, ont une image négative de leur union et ne se sentent pas en contrôle de leur vie de couple. Certaines études démontrent que les disputes sont plus fréquentes dans un couple où l'un des deux conjoints est workaholique et que le taux de divorce est plus élevé. Le climat malsain créé par un workaholique autour de lui a souvent des répercussions chez les enfants, qui manifestent parfois un besoin élevé de contrôle et un perfectionnisme exagéré, ce qui peut les entraîner à adopter des comportements compulsifs et à devenir eux-mêmes workaholiques.

Les conséquences au travail

À première vue, il peut sembler profitable pour une organisation d'engager un workaholique. Attention cependant! Le workaholique crée une atmosphère de stress dans une équipe, ce qui peut miner le moral de ses collègues et les conduire même à l'épuisement professionnel. Le travail d'équipe avec un workaholique est difficile, parce qu'il a tendance a vouloir tout contrôler et à prendre tous les crédits pour lui. Il n’est pas non plus le plus efficace des employés. Sa manie de faire des listes, de tout vérifier et revérifier, son incapacité à déléguer ou à partager les tâches le poussent à faire un tas de choses inutiles et à en prendre trop. Lorsque la fatigue s’installe, la productivité du workaholique en souffre, et il est plus susceptible de commettre des erreurs de jugement.

Lorsque le travail devient une dépendance

Quelques trucs pour renverser la vapeur

Huit heures de sommeil obligatoires

Faites-vous une obligation de dormir huit heures. Ne pensez pas : je me rattraperai demain ou je ferai une sieste plus tard. Le manque de sommeil ne se rattrape pas et il n’existe pas de substitut.

Jours de congé : pour la famille et les amis seulement

Si vous avez toujours de bonnes excuses pour travailler sans relâche du lundi au vendredi, vous pouvez certainement trouver des excuses pour passer les fins de semaines en famille.

Nourrissez-vous convenablement

Les workaholiques sont réputés pour sauter des repas. Si vous ne pouvez quitter votre travail pour vous sustenter, commandez un repas à l'extérieur ou prévoyez une collation.

Confinez le travail... aux lieux de travail

Résistez à la tentation d'apporter du travail à la maison. Et tenez-vous-en aux heures régulières de travail. Petit à petit, vous reprendrez le contrôle de vos heures de liberté.

Faites bouger vos muscles

Si vous travaillez sans arrêt, votre corps ne peut répondre aux efforts que vous lui demandez. Accordez-vous une heure par jour pour faire de l'exercice. Marchez, courez, nagez, peu importe : bougez.

Planifiez votre journée

Plutôt que d'essayer de tout faire en même temps, établissez une liste des priorités et concentrez-vous sur une tâche à la fois jusqu'à ce qu'elle soit terminée. Cette habitude vous permettra de mieux gérer votre temps. Mieux vous serez organisé, plus vous serez efficace.

Marie-Christine Tremblay

Source : www.servicevie.com/02Sante/Sante_hommes/Hommes29102001/hommes29102001.html




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