Santé des hommes

Avoir 50 ans : acceptation ou rejet

Qui rêve de vieillir? Outre la retraite qui se pointe à l'horizon, peu de personnes voient l'arrivée de la cinquantaine d'un bon œil. Les hommes comme les femmes n'y échappent pas. Les petits bobos commencent à sortir, les cheveux tombent ou blanchissent davantage, le bedon se fait plus rond, la digestion devient plus lente, le cœur pompe plus difficilement, la presbytie fait son apparition, les rides se font plus présentes, les muscles se relâchent, la sexualité bat parfois de l'aile, etc.

Certains hommes franchiront le cap de la cinquantaine sans que rien paraisse. D'autres, par contre, connaîtront des hauts, et surtout des bas, qui bouleverseront leur vie. Remise en question, dépression, insatisfaction permanente, dévalorisation, difficultés sexuelles ou conjugales, réorientation de carrière sont autant d'exemples de problèmes rencontrés chez l'homme qui refuse de vieillir.

L'âge de nos enfants, alors au début de l'adolescence ou de l'âge adulte, est aussi là pour nous rappeler que nous sommes moins performants, moins énergiques. Il est aussi parfois difficile d'être grands-parents, nous avons alors deux générations derrière nous. Toute jeunesse qui nous entoure est carrément difficile à accepter : elle est le reflet de ce que nous avons été. La perte de nos parents peut aussi nous faire savoir que nous vieillissons.

Bien que la cinquantaine soit une garantie d'expérience, il est souvent difficile de se trouver un nouvel emploi. On recrute plus jeune, on veut du dynamisme, de la nouveauté, des hommes en santé sans problèmes cardiaques ou dorsaux, des hommes qui coûtent moins cher à l'entreprise, qui ont un plan de carrière à long terme et non des hommes qui rêvent d'une retraite dorée.

Moyens de défense

Chaque âge a ses avantages et ses joies, il suffit de les reconnaître et de les apprécier. Le confort matériel, la sécurité affective, l'aisance financière, la liberté quasi retrouvée (lorsque les enfants ont quitté la maison) sont souvent des réalités plus près de la cinquantaine que de la quarantaine. La crise survient justement lorsque l'homme trouve plus d'inconvénients à la cinquantaine que d'avantages. Une aide psychologique ou une aide familiale peut alors aider la personne à surmonter sa peur de vieillir. La conjointe peut, elle aussi, vivre la même situation que son conjoint. À deux, il est peut-être plus facile de vieillir, de cheminer et d'apprivoiser cette nouvelle étape de la vie.

Chaque homme développera son propre moyen de défense. Pour certains, l'alcool ou les drogues représentent une porte de sortie accessible et facile. D'autres préféreront la chirurgie plastique, une méthode cependant plus souvent employée par la femme. La jalousie envers les jeunes sera marquée par le mépris pour ces derniers et le rejet de leurs idées. Certains hommes iront jusqu'à avoir des idées suicidaires parce qu'ils n'auront trouvé aucun moyen de fuir la réalité.

Le moyen de défense le plus souvent rencontré est le jeu de la séduction, particulièrement avec les femmes beaucoup plus jeunes. Plus on frappe jeune, plus notre pouvoir de séduction est à toute épreuve. Les hommes sentent alors qu'ils peuvent encore plaire. Plaire à une plus jeune est signe qu'on a l'air encore jeune, non? Les hommes ont alors l'impression de revivre. Ils accompagnent leur nouvelle flamme dans leurs sorties «de jeunes» (bar, discothèque, centre sportif, voyage) et côtoient, par conséquent, des jeunes. Quelques-uns fonderont même une première ou une deuxième famille à la volonté de la nouvelle conjointe encore sans enfant. Or la venue d'une nouvelle conjointe ne doit pas être toujours attribuée à l'approche de la cinquantaine. Parfois, le changement est nécessaire et souhaitable pour le bien de l'homme. Par contre, lorsqu'il s'agit d'une véritable crise de la cinquantaine, la meilleure attitude à prendre est encore d'accepter de vieillir.

La cinquantaine peut faire peur lorsque l'on considère que nous avons plus de la moitié de notre vie derrière nous. Comme dans toute chose, l'acceptation est souvent la première étape vers la «guérison». Même si on repousse nos 50 ans du revers de la main, on ne fait que reporter une réalité qui nous rattrapera tôt ou tard.

Josée Lalande

Source : www.servicevie.com/02Sante/Sante_hommes/Hommes070699/hommes070699.html




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