Souffrance des hommesSÉPARATION, DÉTRESSE ÉMOTIONNELLE ET SOUFFRANCEAujourd’hui, près de 50% des couples se séparent. Ce phénomène de société est apparu dans le sillon de la Loi du divorce de la fin des années 1960. Statistique-Canada constate que le phénomène a atteint, momentanément du moins, son plafond. Quoiqu’il en soit, ce phénomène demeure important, et ce d’autant plus que des enfants mineurs sont impliqués dans les ruptures de couple. Récemment, l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (E.L.N.E.J.) a constaté que les couples se séparent quelque soit l'âge des enfants De manière générale, on affuble les hommes séparés d’une mauvaise image, et ce à tort. Les hommes séparés sont considérés et traités comme des irresponsables, des parents déficients ainsi que dépourvus d’émotion. Et ce sans compter qu’on les fait relever d’une idéologie qui présente la gens masculine comme étant imbue de domination et de violence à l’égard de la femme et de l’enfan. Ainsi on considère habituellement les hommes comme des parents de second ordre. Les études sur la séparation ont négligé de les prendre en considération, et ce jusqu’au début des années 1980. Ceci a laissé la place à des erreurs de recherche grossières et majeures à leur égard. Aussi, on ne les considère pas suffisamment dignes pour bénéficier d’un support social ou communautaire significatif. Leurs difficultés propres ne sont pas considérées en soi. Au contraire, il faut créer des alternatives à la promotion d’une vision déficitaire du masculin, du père et du père séparé. La clientèle de Pères Séparés inc. vise essentiellement des pères (et des hommes) en difficulté manifestant un haut degré de stress ou d’angoisse suite à la séparation d’avec leur conjointe. Ceci n’a rien d’étonnant, l’échelle des événements de vie les plus stressant de Holmes et Rahe classait la séparation au second rang, et ce tout juste après la perte d’un être cher. Aussi, les données statistiques suggèrent fortement que, même si les deux parents souffrent substantiellement de détresse émotionnelle lors de la séparation, les pères se portent beaucoup moins bien que les mères suite à la rupture. Bref, les hommes ont plus de difficulté à récupérer émotionnellement suite à la séparation. Ceci tient à divers facteurs. Dans les situations de séparation, la réaction est très différente selon qui prend l’initiative de la séparation : la personne qui prend la décision finale (le laisseur) s’est préparée à le faire et tend à ressentir de la culpabilité; la personne laissée est souvent saisie par la situation et réagit selon les symptômes indiqués ci-dessous. Or, la majorité des décisions finales de séparation sont prises par les conjointes. La personne laissée, dans les 2/3 aux ¾ des cas, sont des hommes : Quant à notre membership, il consiste en hommes laissés dans 90 ou 95% des cas. Ceci n’a rien d’étonnant parce que le choc est plus foudroyant chez le laissé. Ainsi, notre membership manifeste certains symptômes psychologiques caractéristiques des hommes laissés tels que : la perte d’estime de soi, l’impuissance, l’isolement social et affectif, la dépression, la colère. Nombre d’entre eux ont dû avoir recours à des prescriptions de médicaments : anti-dépresseurs, somnifères. Aussi, les hommes séparés, divorcés ou veufs ont des taux de première hospitalisation psychiatrique 2 à 3 fois plus élevés que ceux des femmes dans ces situations. Les symptômes de dépression, d’admissions hospitalières et de problèmes de travail sont accrus de 9 fois chez les hommes divorcés, alors qu’ils s’accroissent de 4 fois chez les femmes divorcées. Les données concernant la dépression chez les hommes sont sous-représentées car vécues sur un mode d’agir qui les isole socialement : le taux de suicide des hommes est 4 fois plus élevé que les femmes, et chez les hommes séparés il est 5 fois plus élevé que chez les hommes mariés. Le bénéfice public d’intervenir auprès de ce genre de clientèle a été entre autres récemment souligné, parallèlement aux initiatives et études visant à modifier la loi du divorce depuis 1997 [11] , par le Ministère de la Santé/Division de l’Enfance et de la Jeunesse. Ainsi, ce ministère a mis sur pied, au début de 1998, le Projet de Stratégie Intersectorielle. Source : http://www.peres-separes.qc.ca/QNS_SouffranceDesHommes.htm
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