Enfants doués : signes et particularités du comportement

En général, l'enfant-doué ne commence à parler que lorsqu'il a saisi un minimum de grammaire et ses premières phrases sont construites et bien éloignées du "parler-bébé". Par la suite, il profitera de son aisance d'expression à chaque fois que l'occasion se présentera.

Le langage : En général, l'enfant-doué ne commence à parler que lorsqu'il a saisi un minimum de grammaire et ses premières phrases sont construites et bien éloignées du "parler-bébé". Par la suite, il profitera de son aisance d'expression à chaque fois que l'occasion se présentera. Il lui semblera tout naturel de participer à la discussion des adultes à tout bout de champ. L'enfant-doué aime beaucoup dialoguer avec les adultes. Son vocabulaire est très riche et il s'efforce d'utiliser "le mot juste" chaque fois qu'il le peut.

La lecture : L'apprentissage de la lecture n'est pas un problème pour l'enfant-doué qui peut même apprendre à lire tout seul avant l'âge légal. Ensuite, il manifeste un grand intérêt pour les encyclopédies et les dictionnaires. Il lit beaucoup et rapidement. Par contre les garçons ont souvent des problèmes avec l'écriture.

L'apprentissage en général : L'enfant-doué manifeste une très grande rapidité d'apprentissage et de compréhension. Ses réflexions étonnent d'autant plus qu'il les formule avec le vocabulaire adéquat. Sa compréhension est globale et synthétique et il n'apprend pas à analyser. Il n'aime pas les répétitions et tout ce qui est routinier. L'enfant-doué supporte très mal l'échec et manque de ténacité face aux difficultés.

La curiosité : Dès qu'il est en mesure de l'exprimer, l'enfant-doué fait preuve d'une insatiable curiosité pour nourrir son envie d'apprendre. Il posera des questions métaphysiques à son entourage bien avant de savoir lacer ses souliers ! Les questions sont variées et originales. Comprendre le "pourquoi" des choses est un souci permanent.

La mémoire : L'enfant-doué est généralement pourvu d'une mémoire très développée qui lui confère une aisance hors du commun. Il n'a pas besoin d'apprendre par cœur, d'où ses brillants résultats scolaires dans les petites classes. Dès que le travail scolaire requiert un minimum de réflexion et d'effort, l'enfant-doué se retrouve très souvent en situation d'échec.

La solitude : L'enfant-doué est solitaire et il perçoit sa différence comme un défaut. Il ne veut pas se faire remarquer et arrive à s'adapter à la situation du moment en jouant un rôle de composition. Cette habileté à se camoufler rend souvent l'enfant-doué indétectable.

La distraction : Dès qu'un sujet l'ennuie, il s'évade par la pensée. Il suit son imagination très développée, dans des univers qui n'appartiennent qu'à lui. Il apprend rapidement à donner l'impression qu'il est attentif, mais son esprit est ailleurs. Lorsque le sujet l'intéresse, il est capable de se concentrer et de montrer un grand sens de l'observation.

Le perfectionnisme : L'enfant-doué est souvent perfectionniste, ce qui se traduit par moments, par une lenteur à exécuter des tâches qui paraissent simples aux autres.

L'humour : Le recours à l'humour est fréquent et précoce. C'est le meilleur moyen que trouve l'enfant-doué pour se mettre à distance des événements. Plus que tout autre, il a besoin de ce regard d'observateur, comme s'il était étranger à son entourage.

L'esprit critique : L'enfant-doué voit rapidement les "failles" d'une personne ou d'une démonstration, et n'hésite pas à les dénoncer.

Les centres d'intérêts : Les enfants-doués sont généralement attirés par l'univers, l'astronomie, la préhistoire et l'origine de l'homme. Ils aiment souvent aussi les jeux compliqués, ceux qui peuvent leur apporter quelque chose car sinon, ils n'ont aucune prédilection pour les efforts vains. Ils ont des passions, mais lorsqu'ils ont l'impression d'avoir épuisé le sujet, ils en changent.

L'hyper-sensibilité : L'enfant-doué est hypersensible, tout spécialement à l'injustice qui lui semble naturellement illogique, et ce, même s'il n'en est pas victime personnellement. Il se sent aussi très concerné par la détresse des autres et fait preuve d'altruisme. Son sens esthétique est aussi très développé, qu'il s'agisse d'arts ou d'environnement. Il attache une grande importance à ce dernier.

La dyssynchronie : (D'après la définition donnée par Jean-Charles Terrassier) Les enfants-doués surprennent par le décalage entre leurs remarques pertinentes et les maladresses dont ils font preuve dans certaines activités. Leur comportement est souvent perçu comme puéril et négatif par les autres.

Le sang-froid : L'enfant-doué fait généralement preuve d'un sang-froid hors du commun dans les situations d'urgence. Son esprit de synthèse évalue rapidement la situation et il cède rarement à la panique. Il s'en veut souvent, à posteriori, de ne pas être intervenu alors qu'il estime qu'il aurait du le faire. Mais sa grande timidité l'empêche trop souvent d'agir.

Témoignages d'Adolescents IP : "Ils m'ont volé mon enfance et mon adolescence."

Autant que je me souvienne, je me suis toujours senti différent des autres, ce sentiment de différence ne fit que s'amplifier avec le temps. Il y a quelques temps, peu après mes 18 ans, j'ai passé des tests psychométriques et les résultats sont sans équivoque : je suis surdoué.

Certes, cette nouvelle est un choc, mais c'est surtout une délivrance. Quel bonheur de pouvoir mettre un nom sur ces problèmes.

Etre surdoué, c'est être différent bien sûr, mais surtout, c'est être obligé de subir les "brimades" (mot politiquement et médiatiquement correct qui est cependant bien en deçà de la réalité) des autres sans savoir ce que l'on nous reproche ce qui, plus que tout, est une injustice difficilement acceptable. Cela, c'est mon point de vue que je me suis forgé d'après mes expériences. C'est un jugement très négatif de la situation mais qui reflète assez bien plusieurs années de mon cursus scolaire.

Autant le dire d'emblée, je n'ai jamais sauté de classe. Je ne saurais dire si cela était dû à moi qui ne paraissais pas assez avancé ou alors si la direction de l'école était trop limitée pour se rendre compte de la situation (il n'y a, à ma connaissance, jamais eu de saut de classe) ou encore si mon père, pédagogue, refusa de me faire sauter de classe (les pédagogues belges réfutent l'existence des surdoués). Je ne le saurai probablement jamais, je ne veux pas le savoir. Je n'ai jamais redoublé non plus.

Mes années de primaire (En France CP -> 6e) se sont déroulées dans un village de 2 000 habitants qui comportait deux écoles primaires, celle de l'enseignement officiel et celle de l'enseignement catholique. Les classes étaient relativement petites (dix-quinze élèves par années) et elles étaient regroupées par deux. Je n'ai donc pas eu le problème qu'ont beaucoup de surdoués de ne pas pouvoir apprendre autant de choses nouvelles qu'ils le souhaitent, sauf pour la dernière année car il n'y avait plus de classes supérieures. Si à ce niveau là, il n'y a pas eu trop de problèmes, il n"en va pas de même au niveau des relations avec les autres. Je n'était pas comme eux et ils me le faisait savoir. Coups, injures, ... Ce n'est plus un secret pour moi. Et pourtant, je suis certain que les instituteurs étaient au courant de ma douance, sinon pourquoi à plusieurs reprises m'avoir appelé deux classes plus haut pour résoudre des problèmes qu'une classe entière ne pouvait résoudre ? Savaient ils ce que le manque de reconnaissance peut engendrer ?

En primaire, Je n'ai été ami qu'avec les plus mauvais éléments de la classe, sans comprendre pourquoi, mais ne dit-on pas que les extrêmes se rejoignent... L'exception à cette règle se déroula en 4e et 5e années (CM1 et CM2), où je fis la connaissance d'un élève qui venait d'arriver et qui était une classe plus haut. On lui avait fait sauter une classe dans son ancienne école. Il est le meilleur ami que j'aie eu à ce jour, il ne m'avait jamais trahi, même si nous ne nous voyons plus depuis plus de 6 ans. A l'âge de 10 et 11 ans, nous passions la plupart des récréations dans la salle d'informatique à dessiner des figures au LOGO, programmer des fichiers BATCH sous DOS ou encore à essayer (en vain!) de programmer TETRIS sur un ZX SPECTRUM. Et puis il a quitté le primaire et je ne l'ai jamais revu. L'année suivante fut une année de doutes et d'ennui, il n'y a cependant pas eu de baisse dans les points car la difficulté n'était pas plus grande que dans les années précédentes. En 6e, on m'en voulut beaucoup, cela ne se fait pas de poser des questions trop approfondies au prof alors que les autres n'ont toujours pas compris, cela ne se fait pas non plus de vouloir répondre à chaque fois. Oui je commençais à m'ennuyer, mais qu'est-ce que je pouvais bien faire d'autre à part ENCORE écouter pour la énième fois la même leçon, je ne voyais pas l'utilité de créer le désordre.

Le secondaire (5e->Terminale) s'annonçait pour moi comme un défi... En théorie du moins. Le dernier instit de primaire nous avait prévenus : ...changement radical ... efforts à fournir ... STOP. Sur le terrain, c'était tout différent. Bien sûr il y avait des nouvelles têtes, mais la mentalité restait. Je ne voulais plus être traité comme en primaire. La solution fût pénible pour moi : C'est en effet le décès de mon père en plein milieu de l'année qui calma les esprit. Est-ce que je pourrai un jour oublier le mensonge que mes "camarades" de classe m'ont fait cet année là :

"NOUS SERONS LA TOUJOURS POUR TOI", tel était le message qu'ils m'ont remis le jour de l'inhumation. Les questions au prof, je les posaient maintenant après le cours, toujours dans le but d'approfondir. Mais cela les agaçait : ils préféraient aller fumer leur clope plutôt que de répondre à ce gosse qui, après tout, n'avait qu'à aller acheter un bouquin. Il est à préciser qu'à cette époque, dans ces deux premières années, il n'y avait pas d'examen du tout, ce qui renforçait le sentiment d'inutilité. La deuxième, elle, a englouti un tiers de l'année dans une grève qui ne donna aucun résultat. Durant ces années, mes points ont chuté de très haut à vraiment moyen.La troisième année est certainement le tournant de mon adolescence : Toute ma classe et quasiment toute l'école se retournèrent contre moi pour des raisons qui me sont restées obscures pendant très longtemps (maintenant, je suppose que c'est à cause de la douance).

J'avais un ami qui, du jour au lendemain me lâcha, sans raisons apparentes, en entraînant toute ma classe en moins d'une semaine. Je le pris très mal et devint dépressif. Je suis incapable de dire de quel manière toute cette école s'est retournée contre moi, ou encore par quel mouvement de groupe je m'en suis retrouvé exclu. J'était trop différent, trop sensible, un peu timide. Je ne savais pas comment changer cela. Mes résultats restèrent dans la moyenne voire parfois l'échec. Je ne pouvais plus réagir. Après l'isolement psychologique que l'on m'infligea, mon corps tomba dans le laisser-aller dont je suis heureusement sorti aujourd'hui. A l'isolement intellectuel se superposa l'isolement physique, ce qui renforçait le regard négatif que l'on portait sur moi. Les pleurs pouvaient arriver n'importe quand, sous le regard indifférent d'une trentaine de personnes, comme cette fois où on attendait pour rentrer en classe et tout le monde évitait mon regard. Lorsque je n'en pouvait plus, les maladies psychosomatiques venaient en renfort et me donnaient un certificat médical pour quelques jours. Les profs le voyaient mais personnes ne disait rien.

JE N'AI JAMAIS ETE AIDE. On ne m'a jamais pris pour un surdoué, bien au contraire, puisque j'avais souvent une réputation de faible et de con ! Comment alors ne pas comprendre pourquoi je me suis sous-estimé ?!? Comment ne pas comprendre pourquoi j'ai eu envie de suicider... L'année suivante, je n'ai pas changé d'école, j'avais trop peur que ce ne soit pareil ailleurs. Curieuse réaction. La 4e se passa comme si la 3e n'avait jamais existé. J'ai dû passer pour celui que je n'était pas durant un an, me forcer à être normal. Je ne pouvais plus supporter ce jeu de rôle, même si j'était bon comédien, ce n'était pas moi. Et pourtant, j'avais déjà oublié qui j'avais été. Ce fût une épreuve difficile ces 3 dernières années de retrouver mon passé en faisant abstraction de ma "mauvaise passe". La 5e et la 6e, les années de trop, m'ont appris que tout les amis que j'avais pu avoir en 4e n'en étaient pas et elles ont renforcé mon impression de l'inutilité du système scolaire belge. Point positif : c'est également là que j'ai lié amitié avec un prof qui, bien qu'inexpérimenté en éducation, a donné un sens à ces années en me nivelant vers le haut tandis qu'une autre qui, au lieu de donner un cours censé (moins de pages en un an pour un cours de chimie!), préféra m'envoyer chez la psychologue de l'établissement pour examen psychologique. Alors que j'aurais du raconter l'histoire qui précède, je jouai le gars qui est bien dans sa peau tout simplement parce que je ne voulais pas prendre le risque d'être un malade, un fou. Dans cette situation, j'ai beaucoup douté et culpabilisé pour quelque chose que je ne connaissais pas. Quel ironie. J'ai donc fini mes études secondaires en juin 2000, et alors que les élèves de ma classe se trouvaient soudainement des liens d'amitié fraternels et se congratulaient, moi je partais, je les oubliais.

C'est certainement la dernière fois avant longtemps que je raconte ainsi cette vie vie, ma vie. Et je ris (jaune) lorsque j'entends parler de l'égalité des chances. Ma chance, c'était celle d'être épanoui, avec mes aptitudes. Ils m'ont volé mon enfance et mon adolescence et bien que j'aie confiance dans le potentiel de l'Homme, je peux rarement maintenant faire confiance aux autres humains. J'essaie d'oublier. On me dit que je peux oublier. Mais est-ce que l'on peut oublier une grande partie de sa vie ?

Aujourd'hui, heureusement, je m'en sors. Il n'empêche qu'il y a en moi quelque chose de gâché. Toutes ces années où j'aurais pu faire autre chose, autre part, avec d'autres personnes. Voilà, désolé d'avoir été long et même peut-être vous avoir ennuyé avec ma vie. Mais j'aurais pu difficilement faire plus court. J'aurais pu écrire un texte un peu plus mature aussi, avec plus de recul, mais il aurait mal reflété la confusion que cette situation avait provoqué dans mon esprit.

Ludwig
le 13 Février 2001

Source : http://www.precoces.org/site/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1373&mode=thread&order=0&thold=0
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