Quatre types d'expériences émotives

Qu'est-ce que le sentiment d'abandon ?
À quoi sert le sentiment d'abandon?

Qu'est-ce que la peur
La peur est subjective
Réaliste ou irréaliste
Manifestations physiques de la peur
À quoi sert la peur?
La paralysie
L’évitement
La négation du danger

La colère
Des exemples
Qu'est-ce que la colère ?
À quoi sert la colère?
Les erreurs typiques reliées à la colère
Erreur #1: dévier de son objectif de satisfaction
Erreur #2: la révolte contre les problèmes de la vie
Erreur #3: S'attaquer à la mauvaise cible

L'angoisse
Des exemples
Qu'est-ce que l'angoisse ?
À quoi sert l'angoisse?

Quatre types d'expériences émotives

 

Émotions simples

 

Ce sont les émotions proprement dites, dans leur plus simple expression. Pour s'informer sur ce qui est important pour nous, il est nécessaire de les ressentir.

 

Émotions mixtes

 

Elles sont composées de plusieurs expériences émotives. Elles contiennent habituellement une ou deux émotions et d'autres genres d'expériences qui servent à se défendre contre une de ces émotions. Pour s'informer correctement, il faut donc décomposer l'émotion mixte afin de pouvoir ressentir la ou les émotions et traiter adéquatement les autres expériences qui la composent.

 

Émotions repoussées

 

Ce sont des expériences habituellement à dominance corporelle. Elles prennent place lorsqu'on repousse une émotion ou que l'on évite son expression. Il faut retrouver l'émotion refoulée.

 

Pseudo-émotions

 

Elles ont l'apparence d'émotion. Elles sont plutôt des "façons de dire les choses" qui cherchent à cerner l'émotion. Il faut identifier l'émotion qu'elles traduisent.

 

Qu'est-ce que le sentiment d'abandon ?

 

Le sentiment d’abandon n’est pas une émotion mais un vécu complexe lié à l’expérience d’avoir été abandonné. C’est une impression très profonde porteuse d’une immense tristesse. Très souvent, la tristesse n’est pas ressentie directement. La peur du gouffre qu’elle suscite (tellement elle est immense) ou encore la hantise de la dépression font en sorte que celui qui a cette expérience ancrée en lui fuit la tristesse. C’est ce qui explique la grande angoisse associée souvent au sentiment d’abandon.

L’angoisse n’est pas toujours présente. Elle est cependant stimulée dans certaines situations: moments de solitude, rejet par un être aimé, images évocatrices...

Il n’est pas toujours possible de déterminer si un abandon a réellement eu lieu dans l’enfance. Mais il demeure certain que subjectivement, c’est l’effet que certains événements ont eu sur nous. Les comportements qui ont été perçus comme un abandon se sont produits à une période où nous étions particulièrement vulnérables à ces messages affectifs. De plus, ils provenaient de personnes dont nous étions dépendants au plan affectif.

Par exemple, l’attitude des adultes, responsables de prendre soin de nous durant l’enfance, a été si détachée, absente ou empreinte de rejet qu’elle nous plongeait dans une solitude sans issue. La coupure, par la mort et les séparations, le délaissement en bas âge ont pu aussi engendrer un traumatisme de cette nature.

 

 

Le sentiment d’abandon est ancré profondément dans l’être, souvent parce que l’expérience d’avoir été abandonné, négligé ou rejeté a été vécue à un moment crucial du développement. Il peut aussi être fortement imprégné en nous parce que ces expériences se sont répétées sur une longue période.

L’expérience d’abandon nous laisse avec une grande insécurité quant à notre valeur comme personne. Plus ou moins consciemment, nous craignons que ce rejet se répète dans nos relations importantes actuelles. Certains se protègent de cette expérience douloureuse éventuelle en évitant de se lier vraiment. D’autres s’accrochent, en quelque sorte, en ayant sans cesse la peur d’être laissés s’ils osent un tant soit peu être eux-mêmes. D’autres enfin, contre toute logique, font en sorte de provoquer cet abandon tant redouté. Bien que misérables, il leur semble impossible de faire autrement dans une relation qui a de l’importance.

 

À quoi sert le sentiment d'abandon?

 

Le sentiment d’abandon est lié intimement au besoin d’être aimé et considéré, c’est-à-dire, de recevoir une confirmation de notre valeur comme personne. Nous attendons cette confirmation des êtres qui comptent le plus pour nous. Au départ, il s’agit de nos parents, mais plus tard, nous le vivons avec les personnes sur qui nous transférons nos parents, c’est-à-dire d’autres personnes qui prennent à nos yeux une valeur parentale symbolique. Il s’agit d’un besoin fondamental qui joue un rôle important sur la solidification de notre identité personnelle.

À cause de cela, le sentiment d’abandon est associée à une grande vulnérabilité, celle qui est liée au besoin fondamental en cause dans cette expérience. La sensibilité à cette vulnérabilité de même que la capacité de nous y donner accès sont des facteurs incontournables dans la résolution de cette problématique.

Le sentiment d’abandon ou la peur d’être abandonné par un être cher nous rappelle donc que ce conflit intrapsychique n’est pas résolu. À chaque fois qu’il survient, il devient une occasion de nous laisser aller aux émotions qu’il contient, particulièrement à la tristesse ainsi qu’à la peur de cette tristesse ou de la dépression. Ceci permettrait d’aller à fond dans le sentiment d’abandon et d’en découvrir les diverses facettes.

De plus, la peur d’être abandonné par une personne nous révèle avec force, l’importance particulière de cette personne et partant, notre dépendance à son égard. Si nous choisissons d’assumer cette dépendance, cette relation constituera une occasion de croissance phénoménale.

Enfin, le sentiment d’abandon est un indicateur de la fragilité de notre valeur personnelle. Il est important de la prendre en considération pour travailler efficacement à notre évolution de ce point de vue.

 

La peur

Qu'est-ce que la peur ?

La peur est une émotion d'anticipation. Elle informe l’organisme d’un danger potentiel. Ce n’est pas ce qui se produit dans le présent qui représente un danger, mais ce qui pourrait survenir dans un avenir plus ou moins rapproché (quelques secondes, des jours...).

La peur est subjective

L’évaluation du danger est toujours subjective; la peur donc, comme toutes les émotions, est subjective. Dans le premier exemple, on est enclin à considérer la peur comme “objective”, mais elle ne l’est pas plus que dans les deux autres. Dans cette même situation, en effet, un pilote de voiture de course verrait probablement uniquement un défi alors que moi je crains la catastrophe. Cette différence d’interprétation du danger repose sur l’inégalité de notre expérience et de nos habiletés en tant que conducteurs.

Réaliste ou irréaliste

La peur est déclenchée par la perception d’un danger. Cette perception n’est pas forcément réaliste même si celui-ci est vécue comme inéluctable. L’imagination joue un rôle important dans la formation de la perception. L’opération mentale qu’est la perception est constituée de quatre éléments: (1) des faits, (2) des émotions, (3) une production de l’imaginaire et (4) un jugement. (Le sujet de la perception est traité plus en profondeur dans le “Programme Savoir Ressentir”.

Dans le cas de la peur, c’est l’anticipation, donc le fait d’imaginer ce qui pourrait se produire (étant donné les faits observés), qui déclenche l’émotion. La peur de se noyer dans une déferlante de deux mètres (second exemple) apparaît irréaliste pour certains. Mais celui qui n’est pas familier avec les vagues ou qui est craintif dans l’eau pense que cela est plausible. Il s’imagine, être emporté par le reflux ou encore paniquer si la force de la vague le maintient quelques secondes sous l’eau.

Mais l’événement prédit ne se produit pas fatalement. Et en intervenant sur la situation on peut changer le cours des choses. Ceci est vrai dans le cas d’un accident potentiel: ma perception du danger me pousse à agir pour éviter que l’accident ne se produise. J’analyse rapidement le mouvement de la voiture sans contrôle et je conduis mon véhicule de manière à l’éviter.

Cela est vrai aussi dans les rapports interpersonnels. Je peux craindre, comme dans le troisième exemple, que mon ami ne supporte pas l’expression de mes mécontentements et de ma colère. J’appuie cette prédiction sur des faits qui se produisent régulièrement: il m’en veut et s’éloigne pendant un certain temps chaque fois que je me montre mécontente. Mais je puis changer le cours des choses. Si je considère mon expression comme légitime et non abusive, je peux l’inviter chaque fois à s’interroger sur les raisons qui l’amènent à répudier cette émotion en particulier. Il est possible qu’avec le temps et sa collaboration, je puisse exprimer ce genre d’émotion sans menace de séparation.

Manifestations physiques de la peur

La peur s’accompagne d’une série de réactions physiques de mobilisation. Lorsque l’organisme perçoit un danger, les glandes surrénales augmentent leur production d’adrénaline. L’organisme se mobilise alors pour la fuite ou la défense: accélération des battements du coeur, augmentation de l’acuité mentale, décomposition des graisses pour fournir plus d’énergie, etc...

C’est seulement quand le péril est écarté qu’on ressent toute l’intensité des effets physiologiques de la peur. C’est aussi à ce moment où l’attention se relâche qu’on se met parfois à trembler et à prendre complètement conscience de l’ampleur du danger auquel on a fait face.

À quoi sert la peur?

La peur nous avertit de la présence possible d’un danger. L’information qu’elle fournit nous permet de prendre les mesures pour nous protéger. À ce titre, elle est très précieuse et même indispensable à la vie. Les animaux disposent eux aussi de cette émotion protectrice.

Nous avons toutes sortes de réactions devant la peur. Certaines fois ces réactions sont tout à fait fonctionnelles mais à d’autres moments, elles nous handicapent.

La paralysie

Dans certains cas, la paralysie est une réaction protectrice fort efficace. Si j’assiste à un cabriolage où les voleurs sont armés, il est probablement mieux que je me fasse oublier plutôt que de tenter de m’échapper ou de crier de peur. Mais lorsque je rencontre un danger sur la route, il est généralement plus efficace de tenter de l’éviter que d’attendre passivement.

L’évitement

Il est tentant d’éviter, sans discrimination, tout ce qui nous fait peur. Si on vit ainsi, toutefois, on s’aménage une existence qui s’avérera de plus en plus restreinte. Pour gagner de la liberté dans la vie il est nécessaire, au contraire, d’apprivoiser ses peurs.

Jusqu’à quel point et sur lesquelles de nos peurs nous choisirons d’investir sont des décisions que nous devons prendre en fonction de ce qui nous importe. Certains mettront beaucoup d’énergie à vaincre leur peur des hauteurs parce que la montagne les attire, mais choisiront de ne jamais relever le défi de donner une allocution ou de se produire devant les médias, parce que le défi leur semble trop grand ou parce que ces activités ne présentent aucun intérêt à leurs yeux. L’important, pour décider de ce que l’on fait avec une peur, est de prendre soin d’évaluer le prix que nous paierons à l’apprivoiser comparativement à celui de l’éviter.

La négation du danger

À l’opposé de l’évitement on trouve les comportements “contre-phobiques” où la personne fonce, tête baissée, apparemment insensible au danger. Elle aborde le danger en le minimisant ou en ne le considérant pas comme réel.

Une telle attitude amène ces personnes à se lancer dans des aventures qui sont nettement au-delà de leurs forces ou encore à négliger de prendre les précautions nécessaires pour minimiser les dangers.

La colère

Des exemples

1- J'en veux à mon patron d'ignorer notre entente sur mon augmentation salariale.

2- Je suis furieuse contre mon fils qui veut abandonner ses cours.

3- C'est le troisième problème que je rencontre avec mon ordinateur aujourd'hui. Je suis hors de moi!

Qu'est-ce que la colère ?

La colère est un émotion simple qui traduit l'insatisfaction. Elle est vécue à l'égard de ce qu'on identifie, à tort ou à raison, comme étant "responsable" de notre frustration. On éprouve donc de la colère envers "l'obstacle" à notre satisfaction.

C'est sur cet aspect que la colère se différencie fondamentalement de la tristesse (qui elle aussi traduit une frustration). Dans la tristesse, on est directement en contact avec le manque lui-même, alors que la colère est une réaction à la cause de la frustration.

La colère est une émotion que nous vivons fréquemment. En effet, il y a de multiples occasions d'insatisfaction durant une journée de vie. De plus certaines d'entre elles perdurent parce que nous négligeons de nous en occuper adéquatement.

Selon l'importance de l'insatisfaction , la colère prend différentes intensités et diverses identités. Pour n'en nommer que quelques-uns, disons que le mécontentement et l'irritation se situent à une extrémité, alors que l'exaspération et la fureur sont près de l'autre extrémité.

Il y a aussi divers genres d'insatisfactions qui s'expriment à travers une gamme d'émotions de colère reflétant leurs particularités. La rage, par exemple, est déclenchée en partie par l'impuissance à se soustraire à la situation non désirée. La révolte est spécifique aux situations où on perçoit une injustice. Plusieurs émotions traduisant de la colère sont composites, comme le mépris, la jalousie, le dépit, la rancune...

À quoi sert la colère?

Les organismes vivants cherchent à maintenir l'équilibre nécessaire pour conserver un degré optimal de vitalité et de croissance. Leur processus d'adaptation fonctionne continuellement pour veiller à cet équilibre. Chez l'homme, les émotions jouent, au plan psychique, un rôle d'informateur spécifiquement sur le degré de satisfaction des besoins (cf. "À quoi servent les émotions").

La colère surgit lorsque l'équilibre est rompu dans un aspect de notre vie. Le déséquilibre prend la forme générale d'une insatisfaction. Celle-ci peut signifier qu'un besoin est insatisfait, qu'un désir n'est pas comblé, qu'une attente est sans réponse ou peut-être même qu'un caprice n'est pas satisfait.

La colère porte un double message: elle signale à la fois l'insatisfaction et ce que nous considérons comme "l'obstacle" à notre bien-être. La colère, en effet, est toujours vécue à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose. On en veut "à" de nous "faire vivre" telle chose.

La colère déclenche une mobilisation de l'organisme entier. L'esprit est concentré sur le problème (plus particulièrement sur l'obstacle). Plusieurs réactions physiologiques sont déclenchées; elles sont particulièrement visibles lorsque la colère est intense. L'expression "la moutarde me monte au nez" traduit bien la sensation physique que produit le début de cette mobilisation physiologique.

La mobilisation nous prépare à "l'attaque". On devient prêt à se défendre, à conquérir ce qui nous apportera la satisfaction désirée. Essentiellement, la colère fournit l'énergie pour vaincre l'obstacle qui se dresse devant nous.

Comme toutes les émotions, la colère est une saine manifestation d'insatisfaction. Mais la façon dont on la vit peut parfois engendrer des problèmes. Dans la mesure où elle se développe selon le processus vital d'adaptation , elle nous conduit à une action "appropriée". (Voir: "La vie d'une émotion")

C'est lorsqu'on agit impulsivement, en omettant des étapes du processus, qu'on déclenche des problèmes. C'est le cas lorsqu'on passe, par exemple, directement de l'émergence de la colère à l'action.

Les erreurs typiques reliées à la colère

Une saine gestion de la colère va de pair avec l'attitude qui consiste à porter la responsabilité de sa vie. Lorsqu'au contraire on considère les autres (ou la vie elle-même) comme responsables d'assurer notre bien-être, on est naturellement porté à les accuser de nos frustrations.

Il est donc faux d'affirmer que la colère est "mauvaise conseillère" ou encore qu'elle provoque l'emportement. Ce sont plutôt les blocages dans le processus émotionnel ou les erreurs dans l'attribution des responsabilités de notre satisfaction qui expliquent nos faux pas.

Par exemple, le fait de sauter une seule étape du processus émotionnel de ma colère, m'empêche d'agir en respectant "tout ce qui m'importe". Si je ne prends pas la peine de la ressentir et de comprendre "comment et combien" je suis affecté, je ne pourrai pas trouver une façon d'agir pour "compléter" réellement mon expérience. En négligeant une ou plusieurs étapes du processus, il me sera également impossible de savoir si ma colère est défensive ou fondée. Par exemple je ne pourrai me rendre compte que ma colère sert de camouflage à ma tristesse ou encore que j'attaque au lieu de reconnaître une vérité dénoncée.

Si par ailleurs j'ai tendance à faire porter la responsabilité de ma satisfaction aux autres, ma colère portera souvent sur des cibles impropres. Dans ce cas, je risque souvent de stagner dans mes insatisfactions, car les personnes faussement accusées ne collaboreront pas. Si je mets la responsabilité de ma satisfaction dans les mains des autres à cause d'un "déni de la solitude", je porterai peut-être indéfiniment un certain nombre de griefs qui empoisonneront ma vie avec mes proches.

Erreur #1: dévier de son objectif de satisfaction

Dans le premier exemple, mon patron est la source de mon mécontentement en ne respectant pas une entente faite d'un commun accord. À ce moment-ci, toutefois, ce n'est plus l'augmentation de salaire qui est en jeu, mais son respect à mon égard. Mon objectif devient donc d'obtenir de lui le respect que je souhaite. Si je n'y arrive pas, mon nouvel objectif pourra devenir d'agir en conséquence afin de me respecter moi-même.

Dans cette perspective, le fait de lui exprimer mes sentiments actuels pourrait constituer une solution satisfaisante. Lui exprimer mes réactions et changer mon degré d'implication au travail pourrait être une autre solution qui me satisfasse. Enfin, il se pourrait que la meilleure solution pour moi soit d'entreprendre des démarches pour quitter cet emploi.

Si au lieu des options précédentes, je choisis de faire payer mon patron en adoptant une attitude boudeuse ou en négligeant mon travail, je n'aurai jamais la satisfaction d'être respecté. Le problème ne pourra qu'empirer.

Erreur #2: la révolte contre les problèmes de la vie

La vie est constituée d'une série de problèmes. Pour assurer notre satisfaction et notre confort, il faut régler ces problèmes. Dans cette perspective, m'en prendre à l'ordinateur est sans issue du point de vue de ma satisfaction. (Il ne peut aucunement porter la responsabilité d'enjoliver ma journée.) Je puis bien sûr "ventiler" et me soulager en l'accusant de tous les maux, mais si j'entreprends de le détruire, il est clair que je concentre mon énergie sur la mauvaise cible.

J'ai sans doute plus de chance d'être vraiment satisfait en consentant à consacrer le temps qu'il faut pour le remettre en marche. Je pourrais par exemple appeler un technicien et ré-orienter mes priorités en fonction du problème apparu. J'en sortirai sans doute plus satisfait que si je pleurais toute la journée sur mon sort

Erreur #3: S'attaquer à la mauvaise cible

Il n'est pas toujours facile de confronter la personne ou la situation qui nous cause une frustration. C'est souvent exigeant aussi, de poser les gestes nécessaires pour trouver la satisfaction désirée. Il n'est pas rare, donc, qu'au lieu de faire face à ces difficultés on s'en prenne à un tiers pour déverser sa colère. Un grand sentiment d'injustice s'installe alors chez celui qui est ainsi utilisé. C'est là une des manières par lesquelles on arrive à empoisonner une relation.

L'angoisse

Des exemples

1- Chaque fois que mon fils se plaint de son sort, je deviens angoissée.

2- J'ai été assailli par une bouffée d'angoisse dès que j'ai pénétré dans ces lieux.

3- Je me réveille souvent avec une boule d'angoisse



Qu'est-ce que l'angoisse ?

L'angoisse est un malaise plus ou moins intense qui surgit souvent de façon inattendue. Elle peut être momentanée ou s'installer durant de longs moments. L'angoisse s'accompagne d'un serrement "au creux de l'estomac". Lorsqu'elle est intense, il s'ajoute d'autres réactions physiologiques: difficulté à respirer, transpiration, palpitations, étourdissement, faiblesse, nausée, etc... À cause de cela, la crise d'angoisse est parfois confondue avec un malaise cardiaque.

L'angoisse peut surgir à l'occasion d'une pensée, au contact d'une personne, d'un lieu, d'une odeur... On peut ne pas avoir conscience de ce qui l'a déclenchée et avoir l'impression qu'elle "vient de nulle part" mais l'angoisse a toujours un fondement, elle ne vient jamais de "nulle part". C'est le fait de repousser l'expérience qui tend à apparaître à la conscience qui donne l'angoisse.

Le rejet de ce qui cherche à émerger donne lieu à une bataille intérieure qui prend la forme d'une angoisse. Le grand inconfort qu'on nomme angoisse est en effet le résultat de forces qui s'affrontent en nous: celles qui poussent le sujet à émerger et celles qui repoussent ce sujet de la conscience.

À quoi sert l'angoisse ?

Contrairement à la peur, l'angoisse ne semble, à première vue, reliée à aucun objet. Mais en fait elle apparaît lorsqu'on néglige de faire une place à un sentiment qui émerge ou à un sujet qui nous préoccupe.

On devrait considérer l'angoisse comme un signal. Le signal qu'on repousse une émotion ou une préoccupation. L'émotion ou la préoccupation repoussée est parfois une nouvelle expérience qui tente d'émerger, comme dans l'exemple 1. La personne repousse la colère qui surgit en elle chaque fois que son fils se plaint ainsi, "le ventre plein".

Mais l'angoisse qui persiste est un signe que l'émotion ou le sujet de préoccupation est repoussé régulièrement, comme dans l'exemple 3. "Je me réveille avec angoisse qui sous-tend une peine ou un mécontentement par rapport à quelque chose de mon existence, peine où mécontentement sur lequel je ne m'arrête jamais." L'angoisse persistera tant que je ne consentirai pas à "rester avec" le sentiment refusé.

On doit considérer l'angoisse comme un "symptôme", au même titre que l'insomnie (pour en savoir plus, voir l'article: L'enfer insomniaque: comment en sortir vivant ?), la "migraine de tension" (pour en savoir plus, voir l'article: Vaincre la migraine sans médicament), et que d'autres réactions psycho-somatiques comme l'irruption d'eczéma, le "feu sauvage", etc...

On peut comprendre qu'elle surgisse sans qu'on sache pourquoi puisqu'elle remplace l'émotion refusée. On peut comprendre aussi qu'elle surgisse à l'occasion d'une pensée, d'un contact, devant une image, en humant un parfum, etc... Ces situations stimulent le sentiment ou le sujet de préoccupation occulté systématiquement.

Il faut donc voir l'angoisse comme un signal: quelque chose d'important se passe en nous. Il s'agit d'un vécu qui nous fait peur et devant lequel on a la réaction de fermer les yeux.






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