l'ecstasy

La face cachée de l'ecstasy
D'où vient l'ecstasy?
Effets recherchés
Effets indésirables
Intoxications aiguës
Sept risques pour la santé
Dommages sur le cerveau
Minimiser les risques
Qu'arrive-t-il lorsqu'on en abuse?
Divers genres d'abus de drogues
Trop grande quantité
Trop longtemps
Mauvais usage
Mauvaise combinaison
Mauvaise drogue
Drogues dont on abuse le plus
Ecstasy : la "drogue de l'amour" qui a la cote chez les 18-30 ans
L'envers de la pilule...

À la recherche du plaisir

La face cachée de l'ecstasy

Encore considérée comme la principale drogue des raves, l'ecstasy procure, selon ses usagers, une ivresse légère, un plaisir intense et une sensation d'euphorie. Vendue sous forme de comprimés de couleurs et de formes variées, souvent ornés d'un motif, l'ecstasy porte aussi plusieurs appellations comme E, XTC, Adam ou Mitsubishi. Fabriquée clandestinement, la " pilule de l'amour " ne semble pas en perte de vitesse. En janvier 2002, on saisissait deux valises remplies d'ecstasy à l'aéroport de Dorval. La drogue était évaluée à 3,4 millions de dollars. À environ 25 $ le comprimé, il y avait là de quoi faire " raver " tout le Québec. D'abord considérée comme inoffensive, l'ecstasy a depuis fait l'objet de plusieurs études. Même si on ne connaît pas encore tous les effets à long terme de sa consommation, on sait maintenant que dans certaines conditions, l'ecstasy peut présenter des risques pour la santé.

D'où vient l'ecstasy?

L'ecstasy est le nom courant pour désigner la MDMA (3,4- méthylénedioxyméthamphétamine). C'est en 1914 que la MDMA a fait sa première apparition alors qu'une entreprise pharmaceutique allemande la faisait breveter comme médicament coupe-faim. Ses effets secondaires la firent cependant reléguée dans l'oubli, sans même qu'elle soit mise sur le marché. En 1978, la MDMA refaisait surface à la suite d'une publication soulignant ses effets psychotropes. Utilisée par certains psychiatres américains comme complément à la psychothérapie, elle était appréciée parce qu'elle réduisait les inhibitions des patients et les portait à parler plus ouvertement de leurs problèmes. Abandonnée encore une fois par le milieu médical, elle connaissait un nouvel essor dans les années 80 à la faveur des raves ou fêtes technos comme drogue récréative. Elle portait dorénavant le nom d'ecstasy, était fabriquée dans des laboratoires clandestins et n'était pas sans effets parfois dévastateurs. Devant l'ampleur du phénomène, l'Organisation mondiale de la santé proposait de l'inscrire comme stupéfiant, ce que la plupart des pays firent entre l984 et l988. Malgré cette mesure, l'ecstasy n'a cessé de croître en popularité

Effets recherchés

Les effets de l'ecstasy dépendent de plusieurs facteurs. Ils varient selon l'âge et le poids de la personne, la quantité consommée (les doses dans un comprimé varient de 50 à 200 mg), la fréquence de consommation (on remarque une certaine tolérance à l'ecstasy au fur et à mesure de sa consommation), l'état physique et mental de la personne, le lieu de consommation, et la combinaison avec de l'alcool, des médicaments ou d'autres drogues illicites. " Généralement rapportés comme une expérience positive, les effets se font généralement sentir à peu près une demi-heure après l'absorption. Après une période de flottement ou d'inquiétude, qui ne dure que quelques minutes, s'installe un sentiment de bien-être physique et mental. La notion du temps semble irréelle. Les blocages, les défenses et les interdictions tombent. La personne se sent plus proche des autres et ressent une profonde envie de communiquer et de partager. Les effets stimulants de l'ecstasy donnent l'impression que l'on est débordant d'énergie. Tous les sens sont exacerbés, en particulier le toucher. " C'est pourquoi on l'appelle la pilule de l'amour. On devrait dire pilule de la sensualité, car malgré sa réputation d'intensifier l'activité sexuelle, elle empêche généralement l'érection chez l'homme et l'orgasme sans distinction de sexe. Les effets durent de trois à sept heures, selon la quantité ingérée et les circonstances de la consommation. Dans certains comprimés vendus sous le nom d'ecstasy, on a retrouvé des amphétamines, de la kétamine (une autre drogue), du PCP (un tranquillisant pour le bétail), du LSD, de la caféine des antidépresseurs, des hormones et même de la strychnine! Les effets décrits plus haut peuvent donc différer grandement selon ce que l'on a consommé.

Effets indésirables

Les effets secondaires indésirables les plus fréquemment rapportés sont :
  • une transpiration abondante ;
  • une augmentation de la tension artérielle et du rythme cardiaque ;
  • des grincements de dents ;
  • des contractions des muscles de la mâchoire ;
  • une vision trouble, des nausées ;
  • des vomissements ;
  • un sentiment d'angoisse ;
  • des crises de panique.

L'activité physique intense et prolongée, la déshydratation, le bruit, la foule, la température et le manque de ventilation peuvent augmenter ces effets. Lorsque les effets cessent, certaines personnes peuvent ressentir des moments de passage à vide, d'anxiété et de dépression qui peuvent durer de trois à quatre jours.

Intoxications aiguës

Les intoxications aiguës à l'ecstasy sont caractérisées par une amplification des effets psychiques et physiques déjà décrits, mais le risque majeur demeure l'hyperthermie. La température du corps peut parfois atteindre 43 °C sous certaines conditions. L'hyperthermie s'accompagne de convulsions, d'insuffisance rénale aiguë, d'atteintes musculaires et d'une modification de la formule chimique du sang. On a aussi rapporté des hépatites fulminantes, des perturbations graves du rythme cardiaque et des accidents vasculaires cérébraux. Ce type d'intoxication constitue une urgence médicale.

Sept risques pour la santé

  1. L'ecstasy provoque une déshydratation de l'organisme, souvent amplifiée par une atmosphère surchauffée et par un effort physique important.
  2. Lorsque l'ecstasy est associée à d'autres drogues illicites (cocaïne , LSD, speed, kétamine, GHB) et à l'alcool, la toxicité des substances ingérées augmente.
  3. Les personnes qui prennent déjà des médicaments s'exposent à une interaction médicamenteuse dangereuse, notamment avec l'aspirine, certains antidépresseurs et certains médicaments utilisés dans le traitement du VIH.
  4. Les personnes qui souffrent d'asthme, de troubles circulatoires et cardiaques, d'épilepsie, de problèmes rénaux, de maladies du foie, de diabète, de fatigue chronique ou de problèmes psychologiques sont particulièrement vulnérables et devraient en tout temps s'abstenir de consommer de l'ecstasy.
  5. Les usagers réguliers font face aux mêmes risques que les usagers de la cocaïne ou d'amphétamines : confusion, agressivité, instabilité de l'humeur, insomnie, anxiété sévère, paranoïa, amaigrissement et faiblesse.
  6. Pour quelques-uns, la consommation peut entraîner ou révéler des troubles psychiques durables.
  7. On ne constate pas de dépendance physique à l'ecstasy bien que certains usagers chroniques puissent développer une dépendance psychologique.

Dommages sur le cerveau

En 1999, des chercheurs américains démontraient que la consommation à long terme d'ecstasy réduisait la concentration de sérotonine dans le cerveau. Ce neurotransmetteur est notamment impliqué dans la régulation de l'humeur, la mémoire, la douleur, le sommeil et l'appétit. L'effet de l'ecstasy sur la sérotonine expliquerait la dépression qui affecte certains usagers une fois l'euphorie passée. On pense aussi que l'ecstasy pourrait causer à la longue une dégénérescence des neurones responsables de la dopamine et pourrait conduire à des troubles moteurs semblables à ceux que l'on retrouve dans la maladie de Parkinson. Malgré ces percées, les dommages de l'ecstasy sur le cerveau sont mal connus et font encore l'objet de recherches.

Minimiser les risques

La meilleure façon de minimiser les risques est de s'abstenir de consommer de l'ecstasy. Mais si malgré tout vous avez envie d'un petit moment d'" ecstase ", voici quelques conseils provenant de ravers avertis :

Marie-Christine Tremblay

Qu'arrive-t-il lorsqu'on en abuse?

L'expression "abus de drogues" désigne toute consommation d'une drogue qui entraîne un problème (sauf les effets secondaires indésirables mais inévitables liés à une consommation normale de drogues utilisées à des fins médicales).

L'abus de drogues peut donner lieu à des problèmes sur le plan de la santé, par exemple une propension plus grande à la maladie, et endommager physiquement l'organisme.

L'abus de drogues peut entraîner des problèmes personnels comme une perte de la motivation ou une dépendance.

L'abus de drogues peut entraîner des problèmes relationnels, notamment au niveau du couple, de la famille ou du travail.

L'abus de drogues peut entraîner des problèmes sociaux tels qu'un accroissement du nombre de délits et des accidents de la circulation et une détérioration de la situation économique des usagers.

Certaines drogues prescrites légalement peuvent aussi faire l'objet d'abus et causer des problèmes.

Divers genres d'abus de drogues

L'abus de drogues ne se limite pas aux drogues illicites comme l'héroïne, le cannabis ou la cocaïne. Toute drogue peut faire l'objet d'un abus, intentionnellement ou non.

Trop grande quantité

Une personne peut abuser d'une drogue si elle en consomme une trop grande quantité. Certains médicaments présentent des effets bénéfiques lorsqu'ils sont pris à petites doses. D'autres drogues, comme l'alcool, peuvent ne présenter aucun danger si elles sont consommées avec modération. Mais le fait de consommer une trop grande quantité d'une drogue donnée à un moment donné, ou de prendre trop fréquemment de petites doses, peut provoquer des problèmes qui peuvent aller de la dépendance à la dose excessive fatale.

Trop longtemps

Une personne peut abuser d'une drogue si elle en prend régulièrement pendant une longue période. Certains médicaments, comme les analgésiques, peuvent provoquer des problèmes graves si la personne en prend même lorsqu'elle n'en a plus besoin.

Mauvais usage

Une personne peut, sans le vouloir, abuser d'une drogue si elle la consomme pour une mauvaise raison ou si elle ne respecte pas la posologie. Une drogue prescrite pour aider une personne à dormir peut être beaucoup trop forte dans le cas d'une autre personne. Le fait de consommer des drogues sans tenir compte des avertissements peut également mener à des problèmes graves, particulièrement dans le cas de drogues qui peuvent nuire à la conduite d'un véhicule et de drogues qui ne devraient pas être mêlées à de l'alcool.

Mauvaise combinaison

Une personne peut abuser d'une drogue si elle la mélange, volontairement ou non, avec certaines autres drogues.

Certaines combinaisons peuvent produire des effets indésirables ou inattendus. D'autres combinaisons, comme le fait de mélanger des barbituriques et de l'alcool, peuvent entraîner la mort.

Mauvaise drogue

Dans le cas de certaines drogues, surtout les drogues illicites, comme le PCP (connu sous le nom d'Angel Dust), les dangers éventuels sont extrêmement graves, et il n'y a pas d'usage légitime de cette drogue chez les humains. D'autres drogues peuvent causer de graves problèmes, quels que soient la façon et le moment où une personne les consomme. Dans le cas de telles drogues, il n'y a guère de différence entre l'usage et l'abus. En consommer revient à en abuser.

Drogues dont on abuse le plus

Outre la caféine, la drogue psychotrope qui fait le plus l'objet d'un abus aussi bien chez les jeunes que chez les adultes est l'alcool. L'abus d'alcool est de loin la forme d'abus d'une drogue la plus répandue dans notre société; c'est aussi la plus onéreuse et la plus dommageable. À l'exclusion des drogues prescrites, la nicotine vient au second rang des psychotropes les plus consommés et le cannabis, en troisième place.

Ecstasy : la "drogue de l'amour"
qui a la cote chez les 18-30 ans

Principalement consommée dans les raves et dans les bars afterhours, l'ecstasy gagne de plus en plus en popularité auprès des 18-30 ans. Cette petite pilule aux vertus euphorisantes est surnommée " pilule de l'amour ". Quel genre d'amour procure-t-elle aux jeunes adultes qu'ils ne retrouvent pas ailleurs ? Nous tenterons de répondre à cette question en regardant les effets de l'ecstasy et ce qu'elle apporte, l'espace d'une nuit, dans la vie de ces jeunes adultes.

Les amateurs de soirées techno ont trouvé que les principales caractéristiques de l'ecstasy, le sentiment d'empathie, d'euphorie et de bien-être avec les autres cadraient bien avec l'ambiance recherchée lors des partys raves. La " pilule de l'amour " est constituée de MDMA, une molécule qui agit sur trois hormones du cerveau : la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. Ces hormones agissent normalement sur le centre du plaisir, sur le cycle de l'éveil et du sommeil, sur l'humeur, sur les émotions et sur les fonctions sexuelles. Toutes ces fonctions sont stimulées en même temps par le MDMA. Imaginez l'état béat dans lequel se trouve la personne qui a consommé de l'ecstasy.

L'envers de la pilule...

Au point de vue psychologique, les effets sont très agréables et recherchés par les jeunes consommateurs d'ecstasy, mais le lendemain est moins enchanteur. Les hormones du plaisir n'étant plus libérées en grande quantité par l'ecstasy, le corps subit un effet de sevrage de 24 à 72 heures qui plonge la personne dans un état dépressif. Les effets à long terme sont encore inconnus, mais on croit que la pilule d'amour pourrait créer une dépendance psychologique importante. Un phénomène d'habituation pourrait aussi créer des lésions au système nerveux et peut-être même un délire paranoïaque. Malgré tous ces risques, pourquoi certains jeunes adultes attendent-ils avec impatience leur prochain rave et leur prochaine consommation d'ecstasy ?

À la recherche du plaisir

Depuis une dizaine d'années, de plus en plus de personnes dans les pays occidentaux font l'expérience des partys raves. Ce sont surtout des jeunes de 18-30 ans qui s'y retrouvent et qui consomment de l'ecstasy. Dans ces événements, on valorise la beauté, la santé et la jeunesse. Les corps sont beaux et musclés, les hommes sont torses nus avec un pantalon sport et les femmes aussi légèrement vêtues. Qu'est-ce que ces jeunes gens, loin d'avoir des profils de consommateurs de drogue, vont-ils chercher dans ces rassemblements ? Et que leur apporte l'ecstasy ?

Les jeunes de 18-30 ans sont au début de leur vie d'adulte. Ils ne sont plus des adolescents et encore moins des enfants, mais ils ne sont pas encore des adultes accomplis non plus. Ils entreprennent des études sérieuses ou commencent à faire leurs preuves sur le marché du travail. Ils ont peu d'expérience de la vie. Ils vivent beaucoup de stress en affrontant leurs responsabilités. Ils sont dans un monde de liberté sexuelle, pourtant la monogamie est encore la norme. Ils ne reçoivent plus l'affection de leurs parents comme auparavant, mais n'ont pas encore fondé leur propre famille... C'est ici que les partys raves, et l'ecstasy, leur procurent une nuit de plaisir, de réconfort.

Ils se retrouvent à plusieurs milliers dans une ambiance " sensuelle " ; où tous les sens sont sollicités : la musique techno qui les fait vibrer, les jeux de lumières impressionnants, les odeurs de " Tiger balm " qui les stimulent, les boissons énergisantes et, bien sûr, l'ecstasy, qui leur donne envie de se toucher, de se faire des massages. Tout y est pour créer une atmosphère sensuelle, réconfortante et stimulante et pour favoriser les effets de l'ecstasy. Cette pilule provoque un désir de se rapprocher des autres, de leur parler, de les toucher. Dans un party rave, les jeunes ont l'impression d'être physiquement et psychologiquement près des autres. L'ecstasy a un effet excitant, mais provoque aussi un sentiment de bien-être intense, un sentiment d'euphorie, de la spontanéité, un plaisir sensoriel et une inhibition qui favorise les rapprochements autant avec les amis qu'avec les inconnus. L'ecstasy n'est donc pas une drogue sexuelle et elle n'est pas non plus un aphrodisiaque. Elle est plutôt nommée " pilule de l'amour " pour le côté empathique et sympathique que les jeunes ressentent les uns pour les autres lorsqu'ils la consomment. Cette drogue ne stimule pas le désir sexuel, mais le désir sensuel.

Enfin, c'est peut-être la pression, le stress et l'individualisme que vivent les jeunes de 18 à 30 ans qui ont permis à la " E " de devenir si populaire depuis peu. Malgré ses nombreux dangers sur le corps, l'ecstasy est consommée pour l'amour qu'elle fait naître l'espace de quelques heures. On peut peut-être voir dans ce phénomène nouveau un désir et un besoin d'amour fraternel chez les jeunes adultes. Ce besoin semble aussi grand que leurs désirs sexuels. L'ecstasy n'étant pas un aphrodisiaque, elle provoque plutôt des expériences de groupe où tout le monde est bien dans sa peau, souriant, heureux, empathique et sensuel. À la base des dysfonctions sexuelles des jeunes adultes, on retrouve souvent l'anxiété, l'angoisse de performance et le stress. Cela semble démontrer que les jeunes adultes ont besoin de relâcher la pression, de créer une ambiance où tous semblent heureux de vivre et surtout où ils peuvent aller chercher de l'affection. C'est comme s'ils recréaient un événement qui copie la rencontre sexuelle (relâchement de la tension et rapprochement intime avec une autre personne) mais vécue à grande échelle, en foule. Ils sont en train de crier fort que leurs besoins d'affection, d'amour et de sensualité sont aussi grands que leurs besoins sexuels. Malheureusement, l'ecstasy, la drogue qui sert cette ultime recherche d'amour, est dangereuse et peut causer des dommages irréparables, voire mortels.

Mélissa Marcotte, B.A.
Sexologue
Membre de l'Association des sexologues

Association des sexologues du Québec
Téléphone : (514) 270-9289
Courriel : asq@qc.aira.com

Source : http://www.servicevie.com/02Sante/Sex/sex13052002/sex13052002.html





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