Qu'est-ce qu’on attend?On fantasme sur un emploi jet-set, un loft à New York ou un rôle à Hollywood? Le temps, l’argent, le chum idéal... Qu’est-ce qu’on attend pour faire de nos rêves une réalité? Par Emilie Villeneuve Que ce soit: a) l’insécurité financière, b) la peur de se tromper, c) le sentiment d’avoir à faire de trop grands sacrifices ou d) toutes ces réponses, il existe nombre d’obstacles qui nous empêchent de réaliser nos rêves. Souvent, nos désirs se présentent avec leur lot d’obligations: avoir des responsabilités sans perdre une part de liberté, c’est presque impossible. Mettre un enfant au monde, c’est s’engager pour la vie; s’acheter une maison, c’est aussi contracter une grosse dette; se marier, c’est faire équipe avec quelqu’un pour le meilleur… et pour le pire. Aussi, certaines préfèrent-elles le confort de l’immobilité, plutôt que le risque d’un éventuel échec. «Si je perds mon emploi et que je ne peux plus payer l’hypothèque?» se demande Marie-Ève en contemplant le condo de ses rêves sur Internet. Bref, c’est un peu comme si nous étions des actrices, talentueuses et éloquentes pendant les répétitions, mais terrassées par le trac juste avant d’entrer en scène. Résultat: on choke. Envie que vos rêves deviennent réalité? Suivez le guide. Décoder nos fantasmes «Les filles qui viennent me consulter ont des projets, explique la coach de vie Louise Lambert, mais elles ne savent pas comment les concrétiser.» Selon elle, la première étape, la plus cruciale, est d’apprendre à se connaître. «Si on hésite à franchir le pas, si ça bloque, il faut d’abord se demander ce que nous allons chercher dans la poursuite de ce rêve», indique-t-elle. Son conseil? Nous devrions nous poser les questions suivantes: Qu’est-ce que je souhaite réellement? Est-ce que ces désirs correspondent vraiment à qui je suis? «Trop souvent, on fait les choses pour les autres ou, parfois, l’objectif que nous nous fixons n’est pas en lien direct avec notre désir profond», explique la coach. Un exemple? «Devenir propriétaire, ça sous-entend souvent autre chose. Pour plusieurs, c’est l’expression du besoin de se sentir chez soi. Mieux vaut découvrir la véritable motivation qui se cache derrière nos aspirations.» Sinon, on pourrait bien se retrouver dans un bungalow sans âme… et avec des mensualités étalées sur 25 ans. «Garder le momentum» Vous rêvez de démarrer votre propre entreprise ou de fonder une association pour venir en aide aux fashion victims? «Une fois les désirs clairement nommés, dit Louise Lambert, il est important de "garder le momentum".» On pourra méditer, faire de la visualisation ou encore écrire de manière détaillée notre rêve: où l’on se voit, dans quelles circonstances, les gens qui nous entourent, notre état d’esprit; tout, jusque dans les moindres détails. Pas besoin de se prendre pour Balzac. On y va comme ça vient. «Je suggère de relire régulièrement son texte, histoire de garder ces images très présentes à l’esprit», ajoute la coach de vie. Elle propose aussi la réalisation d’un collage – à partir de photos et d’images trouvées dans nos magazines préférés – de ce que l’on veut dans toutes les sphères de notre vie. On l’affichera bien en vue, afin de pouvoir le contempler tous les jours. «La clé, c’est d’arriver à se voir là où l’on veut être», résume Louise Lambert. Affronter ses sacro-saintes peurs «Il faut apprendre à écouter davantage ses intuitions, affirme la coach de vie. Nous savons ce qui est bon pour nous. Mais, pour réaliser ses rêves, il faut faire des concessions. Et si la peur nous fige, il est primordial de ne pas se concentrer sur elle et de ne pas lui donner trop d’importance. Sinon, elle prendra vraiment toute la place.» Aux dires de Johanne Villeneuve, thérapeute en relation d’aide (TRA), sortir de l’isolement est un pas dans la bonne direction. «Que ce soit avec un thérapeute, une amie ou un professionnel de la santé, le fait d’en parler enclenche le processus qui nous aidera à passer à l’action.» Une fois la discussion entamée, on pourra aller voir en soi quelles sont ces peurs qui nous habitent, les mécanismes de défense qui nous empêchent d’avancer, les blessures qui nous affligent ou les introjections – les formules toutes faites, ces modèles que nous avons empruntés à nos parents – qui régissent notre existence. «Ensuite, on apprendra à accepter sa peur, à l’affronter au lieu de l’éviter ou de la tasser dans un coin», conclut-elle. Plonger Angoisser, faire du surplace, fumer une cigarette et ruminer, ça ne mène nulle part. Mais attendre la bonne vague et plonger, ça fait souvent le plus grand bien. Envie de vous mouiller? Les rêves de la génération Y Quels sont nos désirs les plus profonds, nous, femmes de la génération Y? «Les Québécoises de 24-39 ans sont globalement en recherche d’équilibre et d’épanouissement personnel dans leur vie», observe Céline Berre. Vice-présidente chez CROP et chargée du programme 3SC (Suivi des Courants SocioCulturels), elle s’intéresse aux valeurs personnelles des Québécois et des Canadiens. «Par exemple, fonder une famille constitue un élément très important de leurs aspirations [...]. Le plaisir et l’autonomie sont également des valeurs primordiales pour ce groupe. Ces femmes ont conscience d’avoir des responsabilités, mais cela ne doit pas être un obstacle à leur bien-être; elles ne veulent pas s’oublier par devoir», souligne madame Berre. Le syndrome des Invincibles «Nous allons vers un monde de satisfaction immédiate, c’est-à-dire un état où prime la jouissance personnelle, observe Jean-Paul Allaire psychiatre et psychologue clinicien. Il n’y a encore pas si longtemps, il y avait des mots pour structurer le réel, des mots comme "engagement", "mariage" ou alors les utopies, soit "liberté", "égalité", "fraternité".» Bien sûr, ça n’a pas toujours fonctionné; ça a parfois été aliénant – pensons à nos mères ou à nos tantes... Mais ces concepts structurants avaient aussi de bons côtés: ils facilitaient le passage à l’acte. «Je ne me suis pas posé de question, lance Noëlla, une jeune baby-boomer. Je me suis mariée, j’ai eu des enfants. C’est plus tard que j’ai réellement embrassé la maternité et le mariage en connaissance de cause.» Tout le contraire des protagonistes de la série télé Les Invincibles, ces quatre mecs, porte-étendards de la génération Y, qui recherchent une gratification totalement déresponsabilisée: pas de garantie, pas d’engagement, pas de contrat. Or, rappelle le psy: «Pour réaliser nos rêves, il faut s’engager.» Y aurait-il une petite part d’«Invincible» en chacune de nous? À méditer. Lectures et conférence Tremblez mais osez!, docteure Susan Jeffers, Marabout, 223 p., 10,95 $. Véritable manifeste du «passage à l’acte», Tremblez mais osez! nous invite à découvrir nos forces intérieures: de véritables moteurs de changement. Pour les adeptes de conseils «pratico-pratiques». Excusez-moi, mais votre vie attend: Le prodigieux pouvoir des sentiments, Lynn Grabhorn, Éditions ADA Inc., 347 p., 19,95 $ – best-seller du New York Times. La théorie (pas bête du tout) de l’auteure? Notre incapacité à passer à l’action vient du fait que nous sommes dépendante de notre douleur émotive. On est maso, quoi! Ou comment accéder au bonheur en quatre étapes faciles. Pour celles qui n’ont pas le temps de passer à côté de leur vie! Pssstt: On visite le www.excusemecourse.com pour des cours en ligne (en anglais seulement). Conférence Les 26 et 27 mai prochains, la coach de vie Louise Lambert propose une conférence sous le thème «Évoluez à travers vos émotions», une invitation à passer de la «réactivité» à la «proactivité», et de prendre les commandes de son existence. Centre Saint-Pierre, 1212, rue Panet, Montréal. Info: www.louiselambertcoach.com Source : http://clindoeil.canoe.com/bienetre/article1/2007/04/30/4142339-cd.html
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