La problématique de l'hypoglycémie chez les enfants
quoi faire…
par Louise Lambert-Lagacé, diététiste
Introduction par Odette Bouchard, psychothérapeute
Malheureusement, on ignore qu'il y a de nombreux enfants qui ont une tendance à l'hypoglycémie. Au-delà des prédispositions héréditaires qui favorisent cet état de fait, on constate que leur nombre augmente. La mauvaise alimentation est encore ici au banc des accusés. Sous l'influence de la publicité télévisée, des pairs et des modes alimentaires si chers à leur génération, ils se gavent de boissons gazeuses, de friandises, de jus, de gâteaux, de céréales sucrées et de « fast food » ; très souvent repus de calories vides entre les repas, ils sautent le déjeuner, le dîner ou le souper.
Une hypoglycémie qu'on néglige de contrôler chez l'enfant peut engendrer des problèmes importants de rendement et de comportement à l'école ou à la maison : des problèmes relationnels et des échecs scolaires.
Bien qu'il soit encore plus difficile chez l'enfant de les initier à de nouvelles habitudes alimentaires, il demeure quand même possible avec l'exemple et le soutien des parents de leur suggérer ou de leur préparer (selon l'âge) des menus-santé et des boîtes à lunch savoureuses accompagnés de desserts invitants qui pourraient faire l'envie de leurs amis(es).
Nous verrons dans cette section, comment effectuer le dépistage de l'hypoglycémie fonctionnelle (de type réactionnelle) selon l'âge de l'enfant, puis quels conseils alimentaires ils devraient suivre.
S'occuper d'une tendance à l'hypoglycémie chez l'enfant, c'est prévenir pour l'âge adulte une hypoglycémie plus sévère, plus longue à stabiliser. S'occuper d'une hypoglycémie effective chez l'enfant, c'est lui donner la chance de vivre une enfance heureuse et les aider à réussir sa vie d'adulte.
À noter, il ne s'agira ici que d'une hypoglycémie fonctionnelle (de type réactionnelle), car il existe au moins deux grands types d'hypoglycémie :
L'hypoglycémie organique
Elle reflète un problème « organique » : tumeur au pancréas, déficit de certains enzymes nécessaires à la mise en circulation du sucre, maladie du foie ; condition très rare chez le jeune enfant;
L'hypoglycémie réactionnelle
Elle est souvent reliée au stress associé à une mauvaise alimentation et en particulier à une consommation excessive de sucre, d'aliments raffinés, pauvres en fibres alimentaires; ce type d'alimentation provoque une sécrétion trop importante d'insuline qui par la suite fait chuter le niveau de sucre dans le sang.
C'est :
· · un symptôme popularisé par les médias et mal compris par la science médicale parce que relié à plusieurs causes et difficile à cerner ;
· · une chute anormale et souvent chronique du niveau de sucre dans le sang; ce niveau critique ou taux de glucose par 100 ml de sang peut varier d'un enfant à un autre ;
· · le signe d'un mauvais fonctionnement de l'organisme qui se manifeste par divers problèmes de comportement.
Dépistage
Il peut se faire avant 5 ans par un prélèvement sanguin dans le bureau du médecin au moment d'une crise; après 5 ans, par un test d'hyperglycémie provoquée de 5 heures.
Incidence
· · peu fréquent chez l'enfant d'âge préscolaire ;
· · plus fréquent chez l'enfant d'âge scolaire et chez l'adolescent ;
· · se rencontre plus souvent chez l'enfant maigre qui mange mal et irrégulièrement.
Symptômes
On soupçonne une hypoglycémie « réactionnelle » chez un enfant de 3, 4 ou 5 ans lorsque celui-ci a :
a) une série de problèmes bénins, non localisés, qui s'apparentent en partie à ceux de l'hyperactivité sauf pour quelques signes plus spécifiques à l'enfant « hypoglycémique » tels :
· · un comportement extrêmement « variable », tantôt calme, tantôt fébrile ;
· · énergie « intermittente » ;
· · des épisodes de sommeil quasi instantanés, imprévisibles;
· · une fatigue « anormale » compte tenu des heures de sommeil de l'enfant;
b) de très mauvaises habitudes alimentaires :
· · ne déjeune jamais ou presque;
· · absorbe des boissons ou jus à longueur de journée;
· · passe plusieurs heures sans manger un vrai repas;
· · a des rages de sucre;
· · ne mange que des aliments raffinés : pain blanc, biscuits.
· ·
Intervention alimentaire
Lorsqu'on soupçonne une hypoglycémie « réactionnelle », à cause des symptômes de l'enfant et après avoir vérifié son alimentation, il vaut la peine de tenter l'intervention alimentaire pendant un ou deux mois.
Cette intervention alimentaire est essentiellement une amélioration de la qualité et de la répartition des aliments mangés par l'enfant. Elle vise à stabiliser le niveau de sucre dans le sang en évitant tous les aliments susceptibles d'élever brusquement et temporairement la glycémie. Elle consiste à :
· · nourrir l'enfant plus souvent et plus régulièrement : 3 petits repas; 3 ou 4 petites collations;
· · réduire au minimum la consommation de TOUT SUCRE; sucre blanc, cassonade, miel, mélasse, confitures, sirop d'érable ainsi que les aliments contenant du sucre;
· · remplacer les produits « raffinés » par des produits à grains entiers :
- offrir du pain de blé entier au lieu du pain blanc;
- cuisiner avec de la farine de blé entier au lieu de farine blanche;
- servir du riz brun au lieu du riz blanc;
- servir des nouilles de blé entier au lieu de nouilles blanches;
- offrir du gruau non sucré au lieu d'une céréale raffinée et sucrée.
· · éliminer les boissons à saveur de fruits, les boissons gazeuses et même les jus de fruits puisque ces aliments sont très rapidement absorbés et qu'ils contribuent à élever très brusquement le niveau de sucre dans le sang;
· · offrir plus de légumes crus et cuits, ainsi que des fruits frais (3 par jour);
· · planifier des collations « sans sucre » qui fournissent un peu de protéines et de fibres alimentaires; lait, yogourt, tartine de beurre d'arachide, cubes de fromage et morceaux de fruits frais.
Si les symptômes disparaissent ou diminuent de façon importante au cours de l'intervention alimentaire, maintenir le « nouveau menu ».
Une alimentation problématique versus une alimentation-santé
À l'aide de ce tableau comparatif, nous verrons des exemples de menus-santé à privilégier pour nos enfants et nos jeunes.
Une alimentation problématique
Une alimentation santé
Exemples de menus riches en sucre et en aliments raffinés
Exemples de menus sans sucre et riches en fibres alimentaires
Petit déjeuner
· · boisson à saveur de fruits
· · pain blanc grillé
· · confitures
Collation : cola
Petit déjeuner
· · quartiers d'orange
· · gruau et quelques amandes finement hachées
· · lait
Collation : crudités et beurre d'arachide
Dîner
· · soupe au poulet et aux nouilles
· · biscottes salées
· · biscuits aux brisures de chocolat
· · boisson à saveur de fruits
Collation : biscuits à la confiture
Collation : cola
Dîner
· · crudités
· · demi-sandwish au fromage ou au saumon sur pain de blé entier avec germes de luzerne
· · tranche d'ananas dans son jus (non sucré)
· · lait
Collation : yogourt nature
Souper
· · Hot-dog
· · frites
· · lait au chocolat
Collation : boisson à saveur de fruits
Souper
· · riz brun avec poulet
· · brocoli ou choux de Bruxelles
· · brochette de fruits frais
· · lait
Collation : muffin de blé entier
L'enfant hypoglycémique et le stress
par Murielle Thériault
Vous n'êtes pas sans savoir que, non seulement les adultes vivent des stress négatifs, mais les enfants aussi. Changer les habitudes alimentaires de votre enfant, c'est fondamental ; mais diminuer le stress et lui apprendre à le contrôler est tout aussi important.
Les causes du stress négatif
Les causes de stress sont nombreuses dans la vie d'un enfant; énumérons-en quelques-unes :
· · des problèmes relationnels entre les parents : séparations, divorce, alcoolisme et drogues;
· · des abus sexuels ou des coups;
· · une atmosphère familiale empreinte de rigidité, d'autoritarisme et de tristesse;
· · la concurrence entre frères et soeurs;
· · des problèmes d'apprentissage scolaire;
· · des pressions venant des parents concernant les résultats scolaires;
· · de l'anxiété naissant du besoin de gagner dans les pratiques sportives;
· · des changements fréquents de milieux entraînant la perte d'amis précieux;
· · des rejets à l'école;
· · des maladies chez l'enfant ou chez des personnes qui lui sont chères;
· · des décès;
· · des peurs reliées à certaines menaces mondiales comme la pollution, le terrorisme et la guerre atomique.
Les solutions
Pour que l'enfant hypoglycémique cesse d'être triste, déprimé, dévalorisé et distrait à l'école, il faut lui permettre de parler abondamment, avec vous et un adulte en qui il a très confiance, de ce qui l'inquiète et le blesse.
· · Ensuite, lui apprendre à respirer profondément plusieurs fois par jour.
· · Lui permettre de pratiquer la natation une ou deux fois par semaine.
· · L'amener le plus souvent possible à la campagne.
· · Lui permettre de recevoir des traitements en chiropractie et en acupuncture, des massages hebdomadaires ou de la relaxation par le Reiki.
· · Lui faire prendre un bain quotidien plutôt qu'une douche, s'il est très nerveux.
· · Harmoniser ses émotions par les Fleurs du Dr Edward Bach.
Ainsi, votre enfant qui a une tendance à faire de l'hypoglycémie progressera de jour en jour.
Conseils aux parents
par Annie-Claude Dumesnil, criminologue à Gatineau
Certains parents pourraient avoir tendance à reconnaître facilement de l'hypoglycémie chez leur(s) enfant(s), souvent de peur que ces derniers ne subissent ce qu'ils ont vécu eux-mêmes à leur âge. Je les inviterais, toutefois, à demeurer prudents et à laisser la porte ouverte à d'autres alternatives ou explications.
Cependant, plusieurs parents qui ont dépisté des symptômes analogues aux leurs chez leurs enfants, ont commencé à leur inculquer les principes de base d'une alimentation adaptée ou à favoriser une approche thérapeutique et auraient constaté, selon ce qu'ils m'ont rapporté, d'assez bons résultats.
Dans le cas où vous avez de bonnes raisons de croire que votre enfant a tendance à faire de l'hypoglycémie, il serait important que vous commenciez à l'éduquer, dès le jeune âge, à une saine alimentation et à identifier promptement ses allergies ou intolérances alimentaires (en vous faisant, de préférence, assister par un professionnel); mais il faudrait également lui apprendre comment réagir efficacement aux situations ou aux facteurs de stress qui peuvent se présenter dans sa vie. Enseignez-lui de petits trucs simples qui lui seront facilement accessibles et à la portée d'un enfant de son âge. Il doit être volontaire dans les moyens à prendre pour se sentir mieux et ce serait une erreur, selon moi, de le faire se sentir différent des autres ou comme un malade « en sursis ». La meilleure attitude à prendre est de partir du symptôme identifié et de lui proposer, si désiré, d'essayer un moyen qui pourrait l'aider.
Il est fort possible que les causes de la tendance hypoglycémique de votre enfant soient différentes des vôtres, ce qui veut dire que ce qui réussit pour vous peut ne donner que de piètres résultats chez votre enfant. Ne lui faites donc pas miroiter que tout se réglera en appliquant « votre » méthode.
Pour de tous jeunes enfants, je laisse au jugement du(es) parent(s) de leur parler d'« l'hypoglycémie » comme telle, car ceci risque de confirmer, pour eux, un état de « maladie » susceptible de les effrayer ou de les insécuriser par rapport à leurs possibilités éventuelles de mener une vie normale. N'oubliez pas qu'ils vous ont probablement vu(e) dans des états très difficiles et qu'ils pourraient facilement s'identifier aux symptômes qu'ils ont observés.
Dans tous les cas, je recommanderais d'en discuter avec votre médecin de famille, un pédiatre ou un autre spécialiste ou professionnel compétent. Les symptômes que vous reconnaissez comme « hypoglycémiques » peuvent être attribuables à d'autres raisons comme, par exemple, un problème physiologique quelconque, un malfonctionnement glandulaire, de l'anémie, une mononucléose... dont vous ne soupçonnez pas l'existence et qui se doivent d'être investiguées.
Je préconiserais d'éviter de devenir le médecin de votre(vos) enfant(s); un avis neutre et objectif m'apparaît souhaitable lorsqu'il s'agit de santé.
L’importance d'un dépistage précoce
Il est crucial de dépister la tendance à faire de l'hypoglycémie dès le jeune âge. L'enfant, puis l'adolescent qui acceptera d'adopter cette nouvelle alimentation-santé quand il est à la maison, connaîtra une amélioration de son état même si on lui permet quelques écarts quand il est entre amis ou quand la famille reçoit la parenté.
Cet enfant, qui deviendra adolescent par la suite, ressentira un double bien-être : d'abord, un bien-être physique qui se traduira par plus d'énergie, moins d'hyperactivité et d'infections à répétition; en conséquence, il aura besoin de moins d'antibiotiques; il souffrira de moins d'allergies, d'intolérances alimentaires et de crises d'asthme. Puis d'un bien-être psychologique qui rendra l'enfant plus optimiste et plus confiant dans ses moyens; ce qui le protégera éventuellement de la dépression juvénile qui conduit parfois au suicide.
Suggestions de lectures pour les parents
BONDIL, Alain Dr et Marion KAPLAN. L'alimentation de la femme enceinte et de l'enfant, selon l'enseignement du Dr Kousmine, Paris, J'ai Lu , 1995, 255 p. Ce livre de poche contient plusieurs recettes.
CAMPBELL, Ross Dr Comment vraiment aimer votre enfant, Richmond, Orion, 1979, 156 p. Traduction de Danièle Starenkyj.
CAMPBELL, Ross Dr L'adolescent; le défi de l'amour inconditionnel, Richmond, Orion, 1982, 171 p., Traduction de Danièle Starenkyj.
CAMPBELL Ross Dr Votre enfant et les drogues, Richmond, Orion, 1989, 189 pages. Traduction de Danièle Starenkyj.
CAMPBELL, Ross Dr, Les enfants en colère, Richmond, Orion, 1995, 240 p. Traduction de Danièle Starenkyj.
CROOK, William G. m.d. Les enfants difficiles, Boucherville, Éditions Pierre Derek, 1992, 64 p.
CROOK, William G. m.d. Allergies, Boucherville, Éditions Pierre Derek, 1991, 88 p. Texte très simple.
CROOK, William G. m.d. L'hypoglycémie, Boucherville, Éditions Pierre Derek, 1991, 88 p. Texte très simple avec dessins.
LAMBERT-LAGACÉ, Louise. La sage bouffe de 2 à 6 ans, Montréal, Éditions de l'Homme, 1984, 282 p.
LAMBERT-LAGACÉ, Louise. Comment nourrir son enfant, Montréal, Éditions de l'Homme, 1996, 304 p.
LAMBERT-LAGACÉ, Louise et Louise DESAULNIERS. La nouvelle boîte à lunch, Montréal, Éditions de l'Homme, 1992, 291 p.
LAMBERT-LAGACÉ, Louise, Louise DESAULNIERS et Michelle LAFLAMME. Le lait de chèvre, Montréal, Éditions de l'Homme, 1999, 105 p.
MARTIN-LAVAL, Henri. Comment négocier avec l'Enfant de l'autre et garder le sourire, Montréal, Éditions Libre Expression, 1984, 119 p.
STARENKYJ, Danièle. L'enfant et sa nutrition, Richmond, Orion, 1988, 220 p.
STARENKYJ, Danièle. L'adolescent et sa nutrition, Richmond, Orion, 1989, 285 p.
STARENKYJ, Danièle. Le bébé et sa nutrition, Richmond, Orion, 1987, 220 p.
VIGEANT, Yolande. Espoir pour les mal-aimés, Montréal, Edimag, 1990, 223 p. Ce volume peut aussi aider les jeunes adultes qui vivent ou ont vécu avec un parent alcoolique.
Source : www.hypoglycemie.qc.ca/
site créé par: Isabelle ![]()
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