1-2-3 Je change de vie

Je change de vie
Le grand saut... sans coach
Les autres m'aiment quand même!
Plan de match

Je change de vie

«Je n'en peux plus! Cette vie ne me ressemble pas!» Carrière, amour, famille, amis... rien ne va plus? Il paraît que ça arrive aux femmes les plus gâtées par l'existence! Trois d'entre elles racontent comment elles ont repris le contrôle de leur destinée, avec ou sans l'aide d'un coach de vie.
Par Josée Larivée

Pendant 20 ans, Lina Durigon a géré de main de maître les conflits de travail dans les grands magasins, au gré d'horaires de fous. Le jour, le soir, les week-ends, elle était d'abord et avant tout gestionnaire de grande surface. De longues semaines et de lourdes responsabilités, sept jours sur sept. Lina était une femme de devoir et le travail, une priorité. «Je me mentais sur mes propres besoins, mes propres désirs. C'est à 44 ans que j'ai trouvé le courage de vivre.»

Remarque étonnante de la part d'une femme qui avait tout pour réussir: l'intelligence, la beauté, la grâce, la jeunesse, l'éducation et la profession adéquate. Le salaire de Lina frôlait les six chiffres et elle était persuadée que l'argent apportait la liberté. «J'ai mené une belle vie. Mais à un certain moment, j'ai compris que j'étais à côté de mes pompes. Je m'étais tissé de très beaux habits dans lesquels j'étais à l'étroit.»

Cette prise de conscience s'est faite doucement, presque sournoisement. En 1997, elle obtient une prime de séparation d'une grande chaîne de vêtements haut de gamme. Chèque en main, elle se demande pour la première fois «qu'est-ce qui me ferait plaisir?» plutôt que «comment vais-je investir?»! Âgée à l'époque de 39 ans, elle décide de faire ce qu'elle n'a pas accompli à 20 ans. Elle remise sa voiture, liquide son appartement et met le cap sur Londres pour étudier l'anglais. Elle va d'une pension de famille à l'autre, son Guide du routard sous le bras, et voilà que le séjour d'un mois s'étire sur toute une année. Au retour, quelque chose en elle a changé. «Je ne voulais pas retourner dans le même secteur. Je n'en pouvais plus des chicanes pour des bouts de tissu griffés. J'étais tannée de cette superficialité. Peut-être parce que la mienne s'y reflétait.»

Une chaîne de supermarchés l'approche. Reposée et confiante, elle accepte le défi. «Pour prouver que j'étais bonne, pour me faire aimer, accepter, féliciter, et Dieu sait quoi encore, j'ai mis les bouchées triples. Travaillant dans un milieu d'hommes, je me sentais observée, jugée. Par orgueil, je me suis vidée. Au bout de trois ans, mes performances étaient si remarquables qu'on m'a transférée dans une succursale à problèmes: on m'avait identifiée comme une spécialiste de la gestion de crise. J'ai compris que jamais je n'allais pouvoir m'installer quelque part, me faire une vie, des amis, monter une équipe stable et paisible, travailler avec des gens heureux, souriants, confiants et jouir des fruits de mon travail. C'était pourtant ce que je voulais! J'arrivais à tout, sauf à ce que je souhaitais pour moi. J'étais victime de ma compétence!»

Un sentiment d'injustice l'enva-hit. Une grande fatigue, aussi. Son médecin diagnostique un burnout et la met en arrêt de travail.

«Je n'avais pas la patience de voir un psy. Ni la foi. Je voulais renforcer mes points forts, et non mes bibittes. J'ai trouvé un article qui parlait des coachs de vie. Dans cette solution, j'aimais l'idée d'aller de l'avant, plutôt que de s'attarder à comprendre son passé. J'ai choisi ma coach en me fiant à mon instinct, après en avoir passé quatre ou cinq en entrevue. Sa voix était comme une lumière. Je me sentais bien en sa présence. Je la trouvais brillante et équilibrée. Je savais qu'elle allait me faire du bien et être efficace.»

La coach a fait travailler Lina très dur. «D'abord, j'ai signé une entente de trois mois. J'avais un but: je voulais changer le disque dur que j'avais dans la tête. Je m'efforce toujours de trouver une vie qui me ressemble. Surtout, je veux retrouver des amis, vu que j'ai perdu les miens à force de ne pas être disponible. Je veux aussi un amour véritable. Mes albums de photos sont remplis de souvenirs de vacances avec des hommes qui ne voulaient pas s'engager. Je tombais amoureuse d'eux pour combler un vide. Je croyais que l'amour allait m'apporter la paix intérieure.»

Aujourd'hui, elle sait que c'est la paix intérieure qui permet l'amour. «En m'ensevelissant sous le travail, j'ai oublié que je pouvais avoir un conjoint, des enfants, des amis. Je me suis oubliée, moi. Ma coach m'a fait faire des exercices afin que je comprenne mieux qui je suis et ce que je veux. Il m'a fallu reconquérir mes émotions: en affaires, c'est une faiblesse et je m'en étais éloignée. Ma maison est pleine de post-it qui me rappellent ce que je veux devenir. Comme ça, pas de danger d'oublier!»

Lina et sa coach ont élaboré un plan étalé sur trois ans. «Je veux pallier mes lacunes sociales. Je veux plus de spiritualité et de partage. Je veux m'entourer de femmes différentes, parce que je deviens différente. Je me suis jointe à un groupe d'entraide, avec des femmes de tous les milieux, et j'apprends beaucoup d'elles. Quel cadeau! Celle que j'étais avant n'aurait jamais gaspillé deux heures pour discuter avec une femme qui vient d'un milieu différent du sien! Je roulais sur la mauvaise track et cela faisait de moi un imposteur dans ma propre vie.»

Aujourd'hui, Lina gère sa propre entreprise de consultante, celle dont elle rêvait quand elle était étudiante. «Mon train de vie a diminué, mais ma qualité de vie a augmenté! J'ai 45 ans, et je voudrais dire aux femmes qu'il est possible de changer de vie. Il n'est jamais trop tard pour prendre le risque de vivre. Ma coach me demande régulièrement si je m'embaucherais comme gérante de ma vie. Une journée comme aujourd'hui, où j'ai bien travaillé ce matin, où j'ai fait du patin à roues alignées pendant ma pause de midi, je m'embaucherais anytime!»

Le grand saut... sans coach

Depuis 20 ans, Marie-Christine Brusq vivait à Beauvais, une petite ville de province à 80 kilomètres de Paris. Un matin, au volant de sa voiture, en route pour l'hôpital où elle était infirmière depuis autant d'années, elle est prise d'un vertige. «Je me suis vue refaire la route en sens inverse, huit heures plus tard. Recom-mencer le lendemain matin. Et ce, pour les 20 prochaines années. Tout était inscrit d'avance. J'ai dit non. Je ne vais pas plus loin.»

Pour elle, pas question de tout balancer d'un seul coup pour vivre la vie de bohème. «J'avais un travail, une profession, une relation stable depuis 20 ans, un appartement, des amis, une vie, quoi! Dans mon milieu, j'étais considérée et aimée.» Bref, personne n'aurait pu soupçonner un tel coup d'éclat. Il reste qu'elle a tout quitté! Marie-Christine a fait les choses à son image, tout en douceur et de manière très organisée.

C'est en impliquant tout le monde qu'elle a préparé son départ. Un mois et demi avant le jour J - elle a choisi l'anniversaire du 11 septembre pour prendre son envol! - elle organise une brocante, au travail. Toutes les semaines, elle apporte un panier de pacotilles à vendre. «Évidemment, cela ne s'était jamais vu dans un bloc opératoire! Tout le monde a acheté de petits objets, et le tout a créé une atmosphère de fête! Avec l'argent récolté, j'ai payé mon dossier d'immigration. Significatif, non?»

Pour Marie-Christine, il était important que ses proches ne lui en veuillent pas de son départ. «Je leur ai demandé leur avis sur un tas de trucs. Je les ai impliqués dans ma décision. C'est moi qui changeais de vie, il m'importait donc que les autres n'en souffrent pas. Je leur ai parlé de cette impression d'être une automate, de vivre une vie écrite d'avance. Il fallait qu'ils comprennent mon besoin de me déstabiliser, de me surprendre, de me dépasser, de m'imposer d'autres défis.» À ses yeux, seul un changement de vie allait lui procurer une telle opportunité. «Perpétuer la vie que je menais me semblait plus vertigineux que de faire le grand saut dans l'inconnu.»

Elle a choisi de vivre à Montréal, une ville qu'elle avait aimée en vacances. Elle y a trouvé un boulot d'infirmière en bloc opératoire, sa spécialité, dans un hôpital anglophone. C'est là qu'elle apprend l'anglais! «C'était important pour moi de conserver un certain équilibre. Un travail, un horaire, un logis, une stabilité. Je ne partais pas découvrir le monde en sac à dos, je partais m'installer ailleurs pour me permettre de devenir Marie-Christine à part entière! Pas celle que l'on croit que je suis, mais bien celle qui se cache en moi. Je me sentais prisonnière d'une vie qui ne me convenait plus.»

Marie-Christine est arrivée à Dorval avec seulement trois valises. «J'ai pratiquement tout laissé derrière. J'ai distribué mes meubles, mes bibelots, mes souvenirs de voyages, mes vêtements, et même mes bijoux. Un peu comme un legs, après un décès. Sauf que j'étais plus en vie que jamais. Je n'ai pas rompu. Je suis retournée en France, l'été dernier, pour mes vacances. C'était formidable de voir que mes affaires rendent mes proches heureux. Un morceau de moi est vivant, là-bas. Quant à moi, m'en départir m'a apporté un grand sentiment de liberté. Un soulagement. Je ne savais pas vraiment si je pouvais vivre sans tout ce confort matériel. Me prouver que oui m'a apporté une grande fierté.»

De son propre aveu, Marie-Christine n'a pas choisi un chemin facile. «La personne qui partageait ma vie ne se voyait pas tout quitter. Cette séparation a sûrement été le changement le plus difficile. Mais je voulais aller au bout de moi-même. Pour ne pas sombrer dans la nostalgie, je sors, je vois des spectacles, je rencontre des gens. Bizarrement, m'éloigner de mon ancienne vie m'a permis de mieux comprendre qui j'étais. Cette méthode oblige aussi à s'ouvrir aux autres puisqu'à l'étranger, on redevient un enfant. On ne sait même pas comment prendre un bus! On a besoin des autres.»

Grâce à son ouverture d'esprit, elle a bénéficié d'une grande sollicitude. «En arrivant à Montréal, je connaissais trois personnes. Pourtant, une foule de gens ont participé à mon installation. Je suis arrivée dans un appartement neuf, aux murs blancs, avec mes trois valises. En une semaine, les gens se sont passé le mot et mon appartement a été meublé! Si, en France, j'ai beaucoup donné, ici j'ai beaucoup reçu. Mon logis est devenu un vrai «chez-moi» avec des meubles et des objets disparates. Pourtant, il me ressemble, en quelque sorte, bien qu'il n'y ait pas de trace du luxe que j'ai quitté. Cela me rappelle que l'on ne peut ni se sauver de soi-même, ni fuir ce qui bouillonne dans notre esprit. Cela me rassure de savoir que Marie-Christine est inchangée tout en se permettant désormais d'être elle-même. Vous avez devant vous une femme libre.»

Les autres m'aiment quand même!

Représentante pour une entreprise internationale de déchiquetage de documents confidentiels, Louise Borduas a perdu son emploi en juin 2003. Mais elle a pu surfer sur la vague. Selon elle, c'est son travail avec sa coach qui l'a rendue forte et solide.

Retour en arrière. Louise est au début de la trentaine. Elle rêve d'une vie de citadine, sans enfant, dans un luxueux condo qu'elle quitterait régulièrement pour voyager. Elle rencontre Sylvain. Trois ans plus tard, ils se marient, acquièrent une maison de quatre chambres à coucher et trois salles de bain, une piscine, deux voitures. Bref, à ses yeux, le kit complet de la parfaite banlieusarde. En prime, Louise est enceinte de Katherine. En thérapie, elle berce des poupées pour se préparer à accueillir sa petite fille. Elle surmonte ainsi sa détresse et aborde sa nouvelle vie.

Pour combler ce qu'elle perçoit comme un vide, elle quitte son poste de réceptionniste et se met en quête d'une carrière de représentante. «J'ai abouti dans la vente de maté-riaux métalliques. Des commentaires du type: «Ça t'es-tu déjà arrivé de ne pas retourner au bureau après un lunch?» sortaient allégrement de la bouche de mes clients. Un d'entre eux m'a même dit que si je voulais qu'il achète mon matériel, je n'avais qu'à revenir le voir... en jupe plutôt qu'en pantalon! Qu'on ne se méprenne pas! J'ai 43 ans. Ce travail, je l'ai occupé à la fin des années 1990, et non des années 1950! Mon patron m'avait avertie: dans ce milieu, les hommes ont le cerveau en bas de la ceinture! Mon estime de moi en a pris un coup!»

Louise ira alors de poste en poste, à la recherche d'un travail qui comblera ce vide. «J'ai un époux extraordinaire, une vie que j'étais parvenue à apprécier, mais il me manquait un accomplissement individuel, une passion. J'étais la fille de, la blonde de, la femme de, la mère de, la représentante de, mais je n'arrivais pas à être moi. Par exemple, dire "non, je ne veux pas aller à cette réunion de famille", était une réaction qui m'était inconnue. Je faisais mes devoirs! Jusqu'au jour où j'ai été coachée pour m'occuper de moi, penser à moi, savoir qui je suis et me faire plaisir. C'est fou à quel point les autres s'en accommodent... et m'aiment quand même!»

Ces changements dans sa vie personnelle ont débordé dans sa vie professionnelle. Aujour-d'hui, Louise fait profiter les autres de ses nouvelles expé-riences: elle aborde une nouvelle carrière de formatrice et conseillère en ressources humaines.

Plan de match

Selon la coach Claudine Bergeron, il importe d'avoir fait la paix avec son passé avant d'entreprendre une démarche de coaching. «Un coach n'est pas un psy! Pas question de chercher à déceler les problèmes de l'enfance qui déterminent les comportements actuels. On vient voir un coach parce qu'on ne sait plus quelle direction prendre! On arrive à un carrefour, à un cul-de-sac, ou on veut ajouter des étages à son gratte-ciel, mais il faut d'abord vérifier les fondations: qui est-on, que désire-t-on? Je pense à cet homme qui voulait mettre sur pied un lave-auto haut de gamme. Il se voyait laver les autos, mais au cours des séances de coaching, nous avons découvert qu'il possédait le potentiel et le désir d'une plus grande entreprise. Aujourd'hui, il est gestionnaire, mais il avait besoin d'aide pour voir ces possibilités.»

La coach Yannick Bouguyon va dans le même sens. «Il faut être disposée à se déprogrammer. Par exemple, chez beaucoup de femmes, la notion de plaisir est encore négative, parfois associée à la paresse. En tant que coach, je suis un phare, un pivot, un élément qui peut repérer un tel problème, en posant les bonnes questions.» Les réponses et les actions viennent de la femme qui la consulte. «Intégrer un coach dans sa vie, c'est un engagement envers soi-même dont il faut accepter les répercussions. Je connais certaines clientes venues me voir pour un problème de gestion de temps, et qui ont fini par maigrir, changer de look et même d'orientation professionnelle! D'autres ont imposé leurs limites, ont augmenté leur confiance en elles ou ont cessé de se juger à coups de masse sur la tête! Mais cela implique de prendre ses responsabilités, d'arrêter d'accuser les autres de ne pas répondre à nos propres besoins et d'agir!»

Comment repérer un bon coach de vie?

Avant d'entreprendre une démarche de coaching, il faut avant tout comprendre qu'on va devoir travailler dur, comme un athlète! «Il ne suffit pas de libérer 45 minutes par semaine pour discuter avec un coach en séance structurée, note Claudine Bergeron. Il faut être prêt à faire du travail sur soi entre les séances. En ce qui me concerne, les clients peuvent me contacter n'importe quand. Il faut aussi savoir que la démarche va bousculer un certain ordre établi dans sa vie. Normal, puisque l'objectif est de changer des choses! Enfin, il faut se demander si l'on est disposé à essayer de nouvelles méthodes ou à éliminer ses comportements néfastes. Devenir maître de soi peut exiger des efforts!»

Ceci dit, quel coach choisir? Difficile au Québec de séparer le bon grain de l'ivraie, car la profession n'est pas normalisée. N'importe qui peut s'improviser coach de vie sans encourir de sanctions. Selon Claudine Bergeron, le Québec compte moins d'une dizaine de coachs formés et efficaces! La Fédération montréalaise des coachs en répertorie quant à elle près d'une quarantaine, mais spécifie ne pas avoir vérifié leur compétence. Bien que l'instinct et la confiance en notre jugement demeurent nos meilleures clés, voici quelques points de repère.

  1. Un bon coach vous offrira une séance gratuite (de 20 à 30 minutes au téléphone) afin de vous permettre de mesurer vos affinités
  2. Durant cette période, un bon coach pose des questions et écoute les réponses
  3. Un coach sérieux ne fait pas de pitch de vente.
  4. Sans vous mettre sous pression, il vous suggérera de prendre le temps de réfléchir et de le rappeler vous-même.
  5. Un coach bien formé utilise des outils. Entre les séances planifiées au téléphone, vous devriez avoir du travail à faire: questionnaires à remplir, lectures adaptées à vos besoins.
  6. Un coach perspicace peut vous référer à un autre conseiller (psychologue ou orienteur) pour un problème précis.
  7. Généralement, un coach vous proposera un contrat, souvent une première tranche de trois mois, éventuellement renouvelable à trois ou quatre reprises.
  8. Certains coachs demandent jusqu'à 3000 $ par mois! Ne vous laissez pas décourager par ces tarifs hollywoodiens: on en trouve d'excellents pour 350 $ à 400 $ par mois.
  9. Il existe deux écoles de formation majeures. Le Coaching Training Institute, de Toronto, qui offre des ateliers, et le Coach University, une université virtuelle basée au Colorado, qui propose 40 modules en trois ans. Un coach sérieux est probablement passé par là...
  10. La Fédération montréalaise des coachs, une section de la Fédération internationale des coachs (ICF), offre des rencontres et de l'information. http://pages.infinit.net/mtlcoach ou posez votre question par courriel à info@montrealcoach.com. Sachez notamment que les coachs de vie membres de l'ICF sont régis par un code d'éthique.

    En outre, plusieurs coachs ont leur propre site. Visitez par exemple: www.claudinebergeron.com, 1 877 907-8223 ou www.coach-visions.com, (514) 831-5740.

Source : http://www.canoe.qc.ca/artdevivresociete/oct03_03_change_a-can.html




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