Saisir le bonheur pour en profiterJouir pleinement de la vie, est-ce possible? Si oui, pourquoi avons-nous autant de difficulté à le faire? À trop chercher le bonheur, peut-être avons-nous oublié une réalité toute simple: il réside dans les petites choses de la vie et vient à ceux qui ont véritablement envie de l’accueillir… Par Nicolas Tardif Jamais le bonheur n’a fait l’objet d’autant d’études, d’analyses et d’ouvrages publiés aux quatre coins du globe. Psychologues, médecins et spécialistes du mieux-être se penchent sur la question, comme si le bonheur était une espèce en voie de disparition! Lassés d’une société de consommation où se multiplient les produits destinés à nous rendre supposément plus heureux, un nombre croissant d’individus constatent le vide de leur existence et réalisent abruptement que même les plaisirs les plus intenses s’estompent lorsqu’ils deviennent mécaniques et répétés. Nous voulons tous profiter des plaisirs de la vie. Or, nous sommes plus souvent frustrés que comblés, incapables d’assouvir ce besoin frénétique de plaisir renouvelé. Au bout du compte, c’est la déception. Bienvenue dans l'ère des «amochés du trop jouir», comme le dit la psychanalyste française Dominique Miller! Pourtant, le bonheur est souvent juste là, tout près de nous. Habiter l'instant présent Pour Bruno Fortin, psychologue et auteur de nombreux livres, le bonheur, «c’est avoir la sensation d’avancer vers la réalisation de choses qui nous tiennent à cœur. Ça implique donc qu’il faille avoir une direction, un objectif, un projet personnel qui donne le sentiment de cheminer dans sa vie». Sentir que l’on est utile, que nos gestes ont une véritable portée, voilà le sens du bonheur. Mais pour cela, il faut profiter de l’instant présent, être pleinement à ce que l’on fait. Bref, se réapproprier ces petits moments de bonheur que l’on ne voit malheureusement plus et qui donnent un sens réel à l’existence. «D’autant plus que nos sociétés ont établi un genre d’idéal voulant qu’il faudrait être heureux tout le temps. Il s’agirait pratiquement d’une obligation puisque nous avons supposément tout pour y arriver», explique avec une certaine désolation Bruno Fortin. «Mais ce n’est pas en se torturant l’esprit et en voulant accomplir des exploits qu’on va parvenir au bonheur. Il faut plutôt prioriser ce qui est essentiel, puis graduellement avancer vers ces choses qui sont importantes pour nous», conclut le psychologue. Interrogé il y a quelques années à l’occasion du lancement de son livre Vivre heureux, psychologie du bonheur, le psychiatre français Christophe André donnait trois conseils pour être heureux.Spécialiste en coaching de vie et de carrière, Lyne Leblanc côtoie fréquemment des gens qui désirent donner un sens à leur existence. «Chaque individu a ce qu’il faut pour aller là où il veut aller. L’important est de trouver ce qui le fait carburer, précise-t-elle. La première démarche pour aider une personne à renouer avec le bonheur est de trouver ce qu’elle a d’essentiel en elle, de lui donner une perspective différente de sa situation et de graduellement remettre en place les morceaux de sa vie.» Les obstacles au bonheur Cela ne surprendra personne: nous vivons dans une société de l’excès, du «toujours plus»: plus d’émotions, plus de sensations, plus d’argent… Les psychologues voient défiler dans leur cabinet une cohorte d’individus qui tiennent à peu près le même discours: «J’ai tout pour être heureux, mais je ne le suis pas.» Cette dépendance au «toujours plus» est devenue le principal obstacle au bonheur. Car le bien-être matériel procure une certaine jouissance, mais nous éloigne souvent du véritable bonheur qui, lui, se construit, se suscite, se crée. «Lorsque les gens me parlent de leur malheur, explique Bruno Fortin, c’est souvent qu’ils n’ont pas la sensation d’avancer, qu’ils se sentent impuissants à vivre les choses primordiales pour eux. Ces choses peuvent être aussi simples qu’une vie familiale, un projet d’écriture, un élan de créativité, mais elles sont importantes.» Passer du culte des plaisirs forts à celui des plaisirs minuscules… Voilà une des pistes qui mènerait au bonheur. Autrement dit, s’attarder à des activités toutes simples que nous sommes en mesure de savourer pleinement. Quand pour la dernière fois vous êtes-vous émerveillée du goût d’une fraise? Quand pour la dernière fois avez-vous pris le temps de vraiment jouer avec votre enfant ou tout simplement de vous attarder à la beauté d’un paysage en vous disant que la vie était belle? Il faut revenir à des choses essentielles. Pour atteindre le bonheur, il est indispensable d’avoir d’abord le goût de soi. C’est la condition pour pouvoir saisir les moments de bien-être et les savourer pleinement. Comme le bonheur n’est pas un objet en vitrine que l’on peut choisir, payer et emporter, se «l’approprier» exige une part de travail. Bien sûr, les spécialistes admettent que certaines personnes sont prédisposées à la joie de vivre, mais ils ajoutent immédiatement que le bonheur, c’est aussi un apprentissage. Et pour goûter au bonheur, il faut se mettre à sa disposition en prenant conscience de la vie autour de soi mais aussi en soi. Le bonheur n’est pas un luxe, mais un besoin vital chez tous les humains. En ce sens, il est accessible à tous, mais encore faut-il lui faire de la place. Il y a quelques années, Françoise Giroud expliquait dans un très beau texte que «le bonheur existe. La preuve, c’est que, quelquefois, il n’existe plus. On ne se méfiait pas, on se laissait vivre, il était là comme un beau champ que l’on caressait, comme un ciel limpide (…). Puis un jour, dans la construction de la vie, une pièce craque. Ce peut être pour mille raisons, un ennui sérieux de santé, un enfant gravement malade, un échec professionnel ou encore, ce qui signe souvent l’extinction du bonheur, la fin d’un amour qu’on croyait partagé. Alors, on découvre par défaut ce que l’on a perdu…» Source : http://femmeplus.canoe.com/bienetre/article1/2007/10/09/4562544-fp.html
- Primo, inutile de se rendre plus malheureux que nécessaire. Il faut apprendre à chasser activement la mauvaise humeur non fondée.
- Secundo, accepter qu’il y ait des moments où les circonstances ne favorisent pas le bonheur. L’important est de miser sur son retour possible.
- Tertio, prendre conscience que le bonheur se construit, qu’il ne vient pas tout seul. Il faut s’attarder aux petits plaisirs, cultiver les émotions positives, développer des amitiés et voir la vie de manière optimiste, tout en restant lucide.
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