Consentement sexuel et exploitation des enfantsL'âge moyen de l'entrée de la prostitution au Canada est 14 ans. Quelque 80 % des adultes évoluant dans la prostitution ont été prostitués à un âge mineur. On estime à plus de 10 000 le nombre d'enfants dans la prostitution. De plus en plus de cas d'exploitation sexuelle d'enfants sont mis en évidence. Déjà, dans les années 1980, une commission d'enquête gouvernementale, la commission Bagdley, avait estimé à plus de 60 000 le nombre de mineurs canadiens photographiés à des fins pornographiques. Même si l'âge du consentement sexuel était porté à 18 ans, cela n'éliminerait pas "l'exploitation sexuelle" des enfants, mais peut-être une telle mesure permettrait-elle plus facilement certaines poursuites judiciaires ? Selon l'enquête de Matiada Ngalikpima, les différences entre l'âge de la majorité sexuelle, de la majorité légale et celui de l'interdiction de la prostitution des enfants, ou de l'"exploitation sexuelle commerciale" dans certaines législations, rendent complexe et imprécis le fondement des poursuites pénales. Enfin, une récente étude canadienne révélait que les juges sont beaucoup moins sévères envers les agresseurs sexuels qui s'en prennent aux enfants qu'à l'égard de ceux qui agressent des adultes. Pour lutter contre l'exploitation sexuelle, ne serait-il pas avantageux que la loi soit axée sur l'activité des prédateurs sexuels, individus, réseaux comme industries, qu'elle soit commerciale ou non, et non uniquement sur l'âge de consentement ? Pour combattre l'exploitation de la prostitution des enfants ne faudrait-il pas s'attaquer à la cause, la prostitution elle-même ? Richard Poulin, Département de sociologie, Université Ottawa
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