QUELLE EST L'ÉTENDUE DE LA VIOLENCE À L'ÉGARD DES PERSONNES ÂGÉES AU CANADA(6) ?Environ 7 p. 100 du groupe de plus de 4 000 personnes âgées de 65 ans et plus qui ont participé à l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation menée en 1999 ont indiqué avoir fait l’objet d’une certaine forme de violence émotive ou d’exploitation financière de la part d’un enfant adulte, de leur conjoint ou d’un fournisseur de soins au cours de la période de cinq ans précédant l’enquête. Dans la grande majorité des cas, cette violence avait été exercée par le conjoint. La violence émotive a été signalée plus souvent (7 p. 100) que l’exploitation financière (1 p. 100). Les deux formes les plus courantes de violence émotive signalées étaient de se faire dénigrer ou dire des mots blessants et de voir les contacts avec des membres de la famille et des amis être limités. Seule une faible proportion d’aînés (1 p. 100) ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle(7). Près de 2 p. 100 ont déclaré avoir fait l’objet de plus d’un type de violence(8). Selon la Déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC2), les voies de fait ont constitué, en 2000, l’infraction violente la plus souvent commise à l’endroit des personnes âgées par des membres de leur famille. Il s’agissait dans la plupart des cas de voies de fait simple, comme pousser, gifler, donner des coups de poing et menacer d’utiliser la force. Les trois infractions les plus souvent commises à l’égard de personnes âgées par des membres de leur famille étaient les voies de fait simples (54 p. 100), la profération de menaces (21 p. 100) et l’agression armé ou causant des lésions corporelles (13 p. 100)(9). Parmi les cas de violence familiale signalés aux services de police qui participent à la DUC2, les enfants adultes et les conjoints représentaient près des trois quarts (71 p. 100) des agresseurs des personnes âgées(10). Selon la DUC2, sur 10 personnes accusées d’avoir fait usage de violence à l’égard d’un membre âgé de la famille en 2000, 8 étaient des hommes(11). Au cours de la même année, 3 personnes âgées pour un million (pour un total de 10 personnes âgées) ont été tuées par un membre de leur famille, ce qui représente environ le quart (26 p. 100) de tous les homicides de personnes âgées commis au Canada(12). Parmi les homicides de personnes âgées commis par des membres de la famille entre 1974 et 2000, les conjoints étaient le plus souvent les auteurs (39 p. 100), suivis des enfants adultes (37 p. 100) et des membres de la famille élargie (24 p. 100)(13). Il n’est pas possible de connaître toute l’étendue de la violence commise à l’égard des personnes âgées. Les victimes peuvent ne pas vouloir — ou ne pas pouvoir — signaler les actes commis à leur égard à cause de ce qui suit :Les personnes qui sont témoins de la violence causée à un aîné ou qui soupçonne qu’un aîné est maltraité peuvent ne rien dire parce qu’elles :
- déficience cognitive, notamment démence ou maladie d’Alzheimer
- fragilité physique ou invalidité
- difficultés à s’exprimer ou barrières culturelles empêchant l’accès à de l’information, à des ressources et à du soutien
- isolement social ou géographique
- dépendance par rapport à l’agresseur (émotive, physique ou économique)
- crainte de représailles ou d’abandon
- crainte d’être placées en établissement
- crainte d’une intervention extérieure (perte d’indépendance et contrôle)
- crainte de ne pas être crues
- honte ou stigmates
- croyances au sujet de l’importance du mariage et de la famille
- pressions visant à maintenir la réputation de la famille ou de la collectivité.
Il est maintenant obligatoire, dans certaines provinces au Canada, de signaler tout cas de violence commis à l’égard d’une personne âgée. Les exigences applicables à cet égard et les peines qui peuvent être infligées à une personne qui ne remplit pas cette obligation varient d’une province à l’autre. Incidences d’une population vieillissante Les personnes âgées représentaient 13 p. 100 de la population en 2001. Cette proportion devrait atteindre 15 p. 100 d’ici 2011. On s’attend à ce que la population qui vieillit le plus rapidement — les personnes âgées de 80 ans et plus — augmente de 43 p. 100 entre 2001 et 2011, alors qu’elle pourrait dépasser 1,3 million de personnes(14). Les données du recensement de 2001 ont révélé que, comparativement à la situation il y a 20 ans, plus de personnes âgées vivent seules, avec leur conjoint ou avec des enfants adultes, et moins en établissement de soins de santé(15). Le vieillissement de la population, combiné au fait qu’une attention moins grande est apportée aux soins en établissement pour les personnes âgées, et les changements apportés aux services sociaux et de santé laissent à penser que la violence à l’égard des personnes âgées pourrait augmenter dans l’avenir car les membres de la famille seront de plus en plus appelés à s’occuper de leurs parents âgés(16). De plus, comme plus de personnes âgées continuent de vivre dans la collectivité plus longtemps, la proportion des personnes très âgées habitant dans les établissements de soins de longue durée pourrait augmenter. Les personnes de 85 ans et plus formaient le groupe le plus susceptible de vivre dans des établissements de soins de santé en 2001(17)et le groupe d’aînés les plus susceptibles d’avoir une déficience cognitive.
- ne savent pas qu’elles ont l’obligation de dénoncer la violence ou ne comprennent pas leur responsabilité à cet égard
- ne connaissent pas les signes et les symptômes de la violence
- ne se rendent pas compte que le comportement constitue de la violence
- croient que la violence n’est pas « grave », en particulier si elles n’ont constaté aucune blessure
- ne veulent pas s’en mêler
Notes 6 Cette section présente les données nationales disponibles sur la violence commise à l’égard des personnes âgées. Il importe de mentionner cependant que, dans l’ensemble, au Canada les personnes âgées sont moins susceptibles que les membres d’autres groupes d’âge d’être victimes de violence en général. Selon les données recueillies par la police en 2000, les personnes âgées de 65 ans et plus étaient celles qui couraient le moins le risque d’être victimes d’un crime violent. En outre, les aînés étaient deux fois plus susceptibles d’être victimes d’une personne qui n’était pas un membre de leur famille — le plus souvent un étranger — que d’un membre de leur famille. Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, aux p. 30 et 31. 7 Canada. Statistique Canada. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2000. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2000, aux p. 6, 29 et 30. Remarque : L’ESG étant une enquête menée par téléphone, les personnes n’ayant pas le téléphone et les personnes infirmes, malentendantes ou isolées d’une autre manière peuvent ne pas y participer. Les entrevues sont menées seulement avec des personnes vivant dans des maisons privées. Aucune personne vivant en milieu institutionnel n’a été interviewée dans le cadre de cette enquête. Aucune donnée nationale sur la violence commise à l’égard des aînés vivant en établissement n’est disponible. Il y a cependant suffisamment de renseignements anecdotiques pour croire que la violence à l’égard de ces personnes est un phénomène courant. Voir aussi Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, à la p. 27; Canada. Santé Canada. Mauvais traitements et négligence à l’égard des aînés : Document de travail. Préparé par L. McDonald et A. Collins pour l’Unité de la prévention de la violence familiale. Ottawa, Santé Canada, 2000, à la p. 19 (en ligne) (consulté le 6 février 2003). Disponible sur Internet. 8 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, aux p. 30 et 31. 9 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, aux p. 31 et 32. À l’heure actuelle, 166 services policiers dans 9 provinces participent à la DUC2 et représentent 53 p. 100 du volume national de crimes signalés. 10 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, à la p. 33. 11 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, à la p. 32. 12 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, à la p. 33. 13 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, à la p. 34. 14 Canada. Statistique Canada. Profil de la population canadienne selon l’âge et le sexe : le Canada vieillit (en ligne) (consulté le 5 février 2003). Disponible sur Internet. 15 Canada. Statistique Canada. Profil des familles et des ménages canadiens : la diversification se poursuit (en ligne) (consulté le 5 février 2003). Disponible sur Internet. Remarque : En 2001, 35 p. 100 des femmes âgées et 61 p. 100 des hommes âgés vivaient avec un conjoint ou une conjointe (et sans enfant). Parmi les aînés, 13 p. 100 des hommes et 12 p. 100 des femmes vivent avec au moins l’un de leurs enfants adultes. Plus du tiers (35 p. 100) des femmes âgées et 16 p. 100 des hommes du même groupe d’âge vivent seuls. On a aussi constaté que de plus en plus de personnes âgées de 85 ans ou plus vivent seules, quoique dans des proportions plus faibles : la proportion des femmes de ce groupe d’âge qui vivent seules a augmenté de 13 p. 100 et celle des hommes, de 7 p. 100. Il y avait 287 480 aînés qui vivaient dans des établissements de soins de santé en 2001 (soit 9,2 p. 100 des femmes âgées et 4,9 p. 100 des hommes âgés). 16 Canada. Statistique Canada. Centre canadien de la statistique juridique. La violence familiale au Canada : Un profil statistique 2002. No de cat. 85-224, Ottawa, Statistique Canada, 2002, à la p. 29. 17 Canada. Statistique Canada. Profil des familles et des ménages canadiens : la diversification se poursuit (en ligne) (consulté le 5 février 2003). Disponible sur Internet. Remarque : Les personnes de 85 ans et plus vivent moins souvent avec un conjoint ou une conjointe (seulement 7,2 p. 100 des femmes de ce groupe d’âge et 39 p. 100 des hommes). Ces personnes forment le groupe le plus susceptible de vivre dans des établissements de soins de santé (quoique la proportion des personnes vivant en établissement ait diminué autant chez les femmes que chez les hommes de ce groupe d’âge depuis 1981). Source : http://www.justice.gc.ca/fr/ps/fm/adultsfs.html Ministère De La Justice Canada
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