Vieux, so what ?

Chronique du jeudi, 15 août 2002

Sans enfants pour la renouveler, une société s’éteint à petit feu. Voilà pour le côté sombre. Mais une population qui vieillit bien a plusieurs raisons d’être optimiste. Pour peu que ses membres envisagent l’autre versant de la vie de façon positive.

À ma naissance, au milieu des années 1960, la moitié des Québécois étaient âgés de 25 ans ou moins. Pourtant, 36 années ont passé et je fais toujours partie – malheureusement pas pour très longtemps encore ! – des 50 % de citoyens les plus jeunes.

En effet, selon les plus récentes données dévoilées par Statistique Canada, l’âge médian, qui divise la population en deux groupes égaux, s’élève maintenant à 38,8 ans. Résultat d’une baisse de fécondité qui place le Québec au 2e rang parmi les provinces les plus âgées au pays.

Mais il y a, au-delà des chiffres, des réalités et des faits qui parlent davantage. Être en santé, jouir d’une qualité de vie satisfaisante, se sentir valorisé, utile à la société et pouvoir compter sur le soutien affectif de son entourage, voilà autant de facteurs qui allègent le poids des années. En d’autres termes, une personne de 65 ans qui est bien dans sa peau et se sent en harmonie avec sa nature profonde peut en avoir l’air de 51.

Alors que les statistiques révèlent dans un enrobage d'objectivité que les têtes blanches sont en surnombre, cela ne doit pas suffire à nous faire perdre le Nord. Un peu de folie : voilà peut-être, dixit le communicateur Jacques Languirand, le lubrifiant indispensable de la sagesse. L’ingrédient grâce auquel la maturité devient un allié et non une camisole de force. Les personnes âgées qui prennent le pari de sortir des sentiers battus sont souvent les plus susceptibles de demeurer jeunes et alertes, fringantes et autonomes. Explorant avec audace ce qui se cache de l’autre côté des conventions, elles poussent plus loin le plaisir de vivre et l’audace du bonheur au quotidien.

À l’évidence, la vieillesse représente un beau défi, tant pour l’individu que pour la collectivité. Mais il n’y a pas qu’un mode d’emploi pour le relever avec succès. Si, comme le veut le dicton populaire, on vieillit de même qu'on a vécu, heureusement, on peut toujours apprendre à vivre mieux. S’améliorer, se rapprocher chaque jour d’un idéal loin d’être coulé dans le béton.

« Plus je vieillis, plus j’ai besoin d’être déraisonnable », disait Alexandre Jardin, au sujet de cette capacité à l’excentricité, à voir les choses différemment, lors d’une entrevue le printemps dernier avec Marie-France Bazzo à la Première chaîne de Radio-Canada. Pour cet écrivain français, il faut le courage d’être déraisonnable pour éviter de mourir avant sa mort. Un thème qui rejoint le besoin de folie mis de l’avant par notre Languirand à nous. Alors aux oubliettes cette uniformité dans la vieillesse ! Les faiseurs d’étiquettes et les marchands de préjugés peuvent aller se rhabiller…

Rapprochement entre les générations

Au début du mois d’août, un reportage entendu à l’antenne du réseau TVA confirmait une fois de plus l’importante contribution des aînés dans le développement social des nouvelles générations. Un exemple parmi d’autres qu’il y a tout plein de retraités qui ne sont pas intéressés qu’à la seule sphère des loisirs et des divertissements personnels.

On y apprenait que six jeunes décrocheurs de la région de l’Outaouais ont vécu au cours de la dernière année une expérience inoubliable. Ils ont participé à un programme mis sur pied par l'Académie des retraités de l'Outaouais. Le projet visait le rapprochement entre les générations en plus de favoriser le retour des jeunes à l'école. Belle initiative ! 

Source : www.carrefour50ans.com/chroniques.asp?ID=704&UsrID=49





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