La santé:un enjeu de taille pour les aînés

Chronique du lundi, 16 novembre 1998

La campagne électorale est entrée dans son dernier droit. Entourés par des conseillers en images, nos politiciens redoublent d’ardeur pour obtenir notre vote. Inflation verbale, guerre des chiffres, pelletage de promesses, toutes les tactiques sont de mise pour influencer en sa faveur le choix des citoyens. Au menu pour les aînés : à quoi carburera le système de santé au tournant de l’an 2000?

"Au cours des prochaines semaines, il faudra mettre de la chair autour de cet os (le système de santé) car, pour le moment, d'aucuns se demanderont en quoi le projet libéral conduirait plus sûrement à une meilleure qualité des soins que l'offre de continuité du Parti québécois", concluait Jean-Robert Sansfaçon, du Devoir, dans un éditorial paru en tout début de campagne. La suite n’allait pas tarder.

De son côté, en entrevue à L’Actualité, Lucien Bouchard annonçait ses couleurs : ouvrir l’avenir aux jeunes, investir dans l’éducation, moderniser la souveraineté et relancer Montréal. Entraîné par les événements, le chef péquiste a dû ensuite prendre de front le sujet de la santé, mis temporairement sur une voie secondaire.

Prise un : l’entente de Jonquière. Prise deux : cette étude intérimaire montrant les répercussions négatives de l’entrée en vigueur du système d’assurance-médicaments. Au rang des "victimes", les assistés sociaux et, pour le quart d’entre elles, les personnes âgées. Bref, un mini-scandale qui a poussé Lucien Bouchard a rouvrir la porte d’un retour éventuel à la gratuité pour certaines classes moins "pourvues" de la société.

Pas question de rater si belle occasion, les libéraux ayant fait de la santé la "priorité des priorités". Un gouvernement libéral imposera un temps d’arrêt à la réforme, ainsi que la fin des compressions actuelles. Les patients sont en réalité plus qu’une "colonne de chiffres", a lancé un Jean Charest indigné, qui propose de diminuer de moitié la contribution maximale exigée, aux personnes âgées notamment, à l’achat de leurs médicaments.

PQ ou PLQ promettent donc de réinvestir dans le réseau de la santé, malgré des montants et des cibles variables – CLSC, cliniques privées, etc. À entendre leurs savants calculs, le citoyen avisé y perd toutefois son latin. Y a-t-il un ovni-praticien dans la salle (d’urgence!) pour nous débarasser de ce "virus" ambulatoire?, s’exclamerait le célèbre Sol! Tous, à votre devoir de citoyen!

Source : www.carrefour50ans.com/chroniques.asp?ID=178&UsrID=49




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