École: grand-papa aussi est important

Ces temps-ci, les difficultés scolaires des garçons attirent l’attention des médias. On parle beaucoup de l’importance du père dans la valorisation de l’école auprès de ceux-ci. Et les grands-pères, eux, ne sauraient-ils exercer une influence positive sur l’attitude des garçons en classe ?

L’année dernière, 41 % des garçons québécois ont quitté l’école secondaire sans avoir obtenu leur diplôme. Chez les filles, la proportion de décrocheuses baisse à 26 %, un écart significatif que n’a pas manqué de relever, dans son plus récent avis, le Conseil supérieur de l’éducation. Le point, à Radio-Canada, a aussi consacré deux émissions au phénomène. Un psychologue y posait la question : une école mobilisatrice est-elle possible pour les garçons ?

Mais pourquoi un tel écart entre les élèves des deux sexes ? Au banc des accusés, les pères, encore trop absents dans les tâches associées à l’école. Plutôt que de lire le journal – car un livre serait davantage un objet féminin que masculin –, un père favoriserait le succès de son fils en l’aidant à faire ses devoirs ou en l’accompagnant à certaines sorties culturelles.

Vrai, le père a un rôle déterminant sur la réussite scolaire. Mais qu’en est-il des grands-parents, en particulier des grands-pères ? Comment peuvent-ils faciliter la longue route parsemée d’obstacles menant les écoliers de la maternelle jusqu’aux études supérieures ? Par leur présence attentionnée. Et le temps de qualité passé en compagnie de leur petit-fils.

Comme dans Caillou, ce petit héros de bandes dessinées à la tête chauve, où son grand-papa lui apprend à faire du camping : ils finissent par monter la tente dans le salon de la maison familiale. Qu’importe, ils ont passé une soirée à se poser des questions, à écouter les sons d’insectes et à voir le jour tomber. Un moment magique, une tranche de vie mémorable.

Le rapport avec l’école ? Tout. Parce qu’un enfant dont la vie est riche en relations stimulantes et pleine de sens en dehors de la classe a plus de chances d’accepter de se plier aux exigences scolaires. Et de s’épanouir dans une école qui ressemble parfois à une bulle en apparence coupée de la réalité. Car l’école ne peut se limiter à une activité parascolaire ni à une pizza all dressed. Elle exige des efforts, un labeur qui paie plus tard.

Comme on dit plus largement à propos de l’éducation des enfants, les grands-parents ne doivent – et ne peuvent – pas remplacer les parents dans l’aide aux devoirs. Les aînés, dans la mesure du possible, sont appelés à tenir un rôle de soutien. Par exemple, grand-père, passé maître dans le réseau des réseaux, peut communiquer sa passion d’Internet à son petit-fils. Lequel s’en inspirera ensuite pour mener à bien ses recherches avec l’ordinateur de l’école.

Changer les attitudes des garçons vis-à-vis l’école prendra du temps et beaucoup plus que la participation des grands-parents. Mais les petites choses qui sont à la portée de ces derniers ne doivent pas être minimisées sous prétexte que le cœur du problème est ailleurs. Grand-papa, viens-tu assister au spectacle avec moi ? Ainsi, se sont ravivées bien des flammes vacillantes.




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