Son "chum" s'est suicidé
  En la regardant, personne ne pourrait se douter que son "chum" s'est enlevé la vie par un triste après-midi de pluie. C'est avec générosité qu'elle a accepté de nous confier son histoire afin d'aider celles qui ont vécu la même chose...

Pourquoi?

«Je pense que mon "chum" pensait au suicide depuis assez longtemps. Il trouvait la vie difficile et était pessimiste, il avait ce qu'on appelle le mal de vivre. Après pas mal d'épreuves avec ses anciennes blondes, il ne se faisait plus confiance et ne s'aimait pas beaucoup. Pour lui, le suicide était une solution à ses problèmes, mais il reportait toujours cela à plus tard. Ce jour-là, il a appris qu'il échouait un cours pour lequel il avait beaucoup travaillé. Cela l'a découragé à un point tel qu'il a mis fin à ses jours. Mais je demeure persuadée que cet échec scolaire ne représente qu'un prétexte qui a déclenché le drame.»

Comment l'as-tu appris?

«Je travaillais comme d'habitude et je devais me rendre chez lui après. C'est me mère qui est venue me chercher et qui m'a annoncé cette terrible nouvelle. Le choc a été atroce. J'étais comme paralysée, dans un brouillard. Je ne pouvais pas le croire. Je me sentais terriblement coupable.»

Parle-moi de la culpabilité...

«C'est un sentiment dévastateur. Tu n'arrête pas de te dire que c'est de ta faute, que tu ne lui as pas démontré suffisamment que tu l'aimais,etc. Je me maudissais de n'avoir pu détecter à quel point il était malheureux.»

Étais-tu au courant de son plan?

«Il était pas mal renfermé, mais malgré cela, il m'en parlait de plus en plus souvent. Lorsqu'il traversait une passe difficile ou quand il entendait parler de quelqu'un qui l'avait fait alors là, il n'arrêtait pas d'y penser. Parfois, cela m'effrayais et je le suppliais de demander de l'aide, mais en même temps je me disais que s'il en parlait autant, c'est qu'il ne le ferait jamais.

As-tu ressenti de la colère face à son geste?

«De la colère, tu dis? Une colère qui t'empêche d'avaler. Je me suis sentie trahie et abandonnée. J'ai beaucoup douté de son amour pour moi. Heureusement, sa mère m'a rassurée à ce sujet. Elle est convaincue qu'il m'aimait vraiment, mais que ses problèmes avaient pris trop d'importance dans sa vie. J'en ai aussi beaucoup voulu à son entourage, à ses amis, à ses parents. Je voulais trouver un coupable.»

As-tu peur du jugement des autres?

«Oui, mets-en! J'avais l'impression que tout le monde croyait que c'était de ma faute. J'ai du apprendre à vivre avec ça.»

Que trouves-tu le plus difficile?

«Son absence me pèse lourd. Je dois apprendre à lui pardonner et à accepter son départ.»

Comment t'en sors-tu?

«Je vois une psychologue depuis ce jour. J'ai besoin d'en parler pour essayer de comprendre. Ma famille et mes amis me sont également d'un grand secours.»

Qu'aimerais-tu dire aux lecteurs?

«Je voudrais que les jeunes qui songent au suicide sachent qu'il existe d'autres solutions que la mort pour régler leurs problèmes. Il faut avoir confiance en la vie et demander de l'aide lorsqu'on se sent en détresse.»

Source : http://esjn.csriveraine.qc.ca/Travaux/etudiants/ Pages_des_eleves98/marcam/page8.htm
 




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