QUELS SONT LES FACTEURS QUI JOUENT UN RÔLE DANS LA VIOLENCE DANS LES FRÉQUENTATIONS ?

Des recherches semblent indiquer que différents facteurs peuvent jouer un rôle dans la violence dans les fréquentations. En voici quelques-uns : les antécédents de violence d’une personne, ses croyances et ses attitudes, sa connaissance des relations et sa capacité de les gérer, la consommation de drogues et d’alcool, le caractère sérieux de la relation, l’influence des pairs et la pornographie.

Antécédents de violence

Le fait d’avoir été maltraité dans son enfance (notamment par ses frères et sœurs) est un facteur très important de la violence dans les fréquentations(27).

Croyances et attitudes

Les croyances et les attitudes d’une personne ont une grande influence sur la manière dont elle agit et juge la conduite des autres. Par exemple, certaines personnes peuvent penser qu’il est acceptable de forcer une autre personne à participer à des activités sexuelles si celle-ci :

L’enquête nationale a révélé que les hommes qui ont des croyances et des attitudes patriarcales (c.-à-d. qu’ils croient qu’un homme a le droit de décider si sa conjointe ou sa partenaire devrait sortir avec des amis le soir ou travailler à l’extérieur de la maison, qu’il devrait parfois montrer à sa conjointe ou à sa partenaire que c’est lui le chef, qu’il a le droit d’avoir des activités sexuelles avec sa conjointe ou sa partenaire quand il le veut, même si celle-ci ne le veut pas) sont plus susceptibles d’employer la violence sexuelle, physique et psychologique à l’égard des femmes qu’ils fréquentent(29).

Manque de connaissance des fréquentations et incapacité de les gérer

Les stratégies de prévention de la violence dans les fréquentations ont tendance à être basées sur l’idée que le manque de connaissances et de compétences au sujet des communications, de la résolution de problèmes, de la gestion des émotions et des relations saines peut aussi être un facteur important. Pour les adolescents, les fréquentations constituent une période d’expérimentation, et la manière dont ils assument ces nouveaux rôles et traitent ces attentes peut traduire les modèles de comportement (appropriés ou non) qu’ils ont adoptés et les leçons qu’ils ont apprises au sujet de la résolution de conflits(30).

Consommation de drogues et d’alcool par des personnes qui se fréquentent

L’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes dans les collèges et les universités confirme que la violence dans les fréquentations est souvent liée à une consommation d’alcool. Plus les hommes et les femmes boivent, et plus ils le font en compagnie de la personne qu’ils fréquentent, plus ils sont susceptibles de commettre des actes de violence à l’égard de cette personne ou d’en être victimes. Les hommes qui consomment fréquemment de l’alcool et qui le font souvent avec la personne qu’ils fréquentent font partie de ceux qui sont les plus susceptibles de s’en prendre à leur partenaire. Les femmes qui consomment fréquemment de l’alcool et qui le font souvent avec la personne qu’elles fréquentent risquent davantage que les autres d’être victimes de violence(31). On a aussi appris qu’il existait, chez les jeunes adolescents, un lien étroit entre les agressions sexuelles commises dans le cadre des fréquentations et la consommation abusive d’alcool et d’autres drogues(32).

Caractère sérieux de la relation

L’enquête nationale a aussi révélé que les hommes sont plus susceptibles d’agresser physiquement et sexuellement la personne qu’il fréquente lorsque la relation est sérieuse. Bien que d’autres recherches sur la question soient nécessaires, un tel phénomène peut s’expliquer par le fait que les hommes qui vivent une relation intime peuvent être plus dépendants de leur partenaire sur le plan émotif que les hommes qui vivent des relations plus occasionnelles. Un homme peut être violent à l’égard de sa partenaire dans le but d’établir ou de maintenir l’engagement ou la dépendance de celle-ci envers lui(33).

Influence des pairs

L’influence des pairs est un facteur qui influe sur la violence dans les fréquentations chez les jeunes hommes. On a découvert que les associations d’étudiants, par exemple, constituent un milieu propice aux comportements sexuels coercitifs dénués de violence physique(34). Des liens ont aussi été faits entre la violence dans les fréquentations et d’autres formes de soutien par les pairs masculins. L’enquête nationale a révélé que, si les hommes ont des pairs qui les guident et leur conseillent d’employer la violence sexuelle, physique et psychologique à l’égard de leurs partenaires, cela aura une grande influence sur leur comportement. De plus, les hommes qui ont des amis qui commettent des actes de violence physique, sexuelle ou psychologique à l’égard de la personne qu’ils fréquentent sont plus susceptibles d’adopter un comportement identique(35).

Pornographie

L’industrie de la pornographie — ainsi que les autres médias — tend à normaliser et à promouvoir la violence et les comportements violents et peut créer de mauvaises perceptions au sujet des relations et du comportement sexuel. Par exemple, l’enquête nationale a révélé que la pornographie joue un rôle majeur dans la violence sexuelle et physique commise à l’égard de femmes qui fréquentent un camarade de collège ou d’université(36).

Ces influences extérieures peuvent amener les jeunes, en particulier, à ne pas bien comprendre les relations et la sexualité ou à se créer des attentes inacceptables à cet égard. Ces jeunes peuvent avoir de la difficulté à faire la différence entre certains signes de violence, comme une jalousie excessive, et l’« amour »(37) (voir, plus loin, la section portant sur les signes avant-coureurs). Autres facteurs qui accroissent la vulnérabilité à la violence

La vulnérabilité à la violence dans les fréquentations peut aussi être accrue par de nombreux autres facteurs qui touchent et marginalisent les personnes et les collectivités, notamment la discrimination, le vieillissement, le racisme, l’homophobie, l’invalidité et le manque d’accès à de l’information, à du soutien et à des services, notamment au système de justice pénale. Bon nombre de ces facteurs peuvent aussi aggraver les effets de la violence et faire en sorte que celle-ci soit moins souvent dénoncée(38).

27 Wolfe et al., 1998; Reitzel-Jaffe et Wolfe (sous presse); Wolfe et McGee, 1994, cités dans David Wolfe, Katreena Scott, Christine Wekerle et Ann-Lee Pittman. « Child Maltreatment: Risk of Adjustment Problems and Dating Violence in Adolescence ». Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, mars 2000; Catherine J. Simonelli, Thomas Mullis, Ann N. Elliott, Thomas W. Pierce. « Abuse by Siblings and Subsequent Experiences of Violence Within the Dating Relationship ». Journal of Interpersonal Violence, vol. 17, no 2 (2002), aux p. 103 à 121.

28 University of Alberta Health Centre. Sexual Assault and the Law in Canada (en ligne) (consulté le 15 janvier 2003). Disposible sur Internet.

29 Walter S. DeKeseredy et Martin D. Schwartz. Woman Abuse on Campus: Results from the Canadian National Survey. Londres, New Delhi, Thousand Oaks, Sage Publications, 1998, à la p. 97.

30 Collins et Stroufe, 1999, cités dans David A. Wolfe, Christine Wekerle, Katreena Scott, Anna-Lee Straatman, Carolyn Grasley et Deborah Reitzel-Jaffe. « Dating Violence Prevention with At-Risk Youth: A Controlled Outcome Evaluation ». Journal of Consultng and Clinical Psychology (sous presse).

31 Walter S. DeKeseredy et Martin D. Schwartz. Woman Abuse on Campus: Results from the Canadian National Survey. Londres, New Delhi, Thousand Oaks, Sage Publications, 1998, aux p. 122 et 123.

32 Debra J. Pepler, Wendy M. Craig, Jennifer Connolly et Kathryn Henderson. « Bullying, Sexual Harassment, Dating Violence, and Substance Use Among Adolescents », dans Christine Wekerle et Anne-Marie Wall (éd.). The Violence and Addiction Equation: Theoretical and Clinical Issues in Substance Abuse and Relationship Violence. New York, Brunner-Routledge, 2002, à la p. 165.

33 Walter S. DeKeseredy et Martin D. Schwartz. Woman Abuse on Campus: Results from the Canadian National Survey. Londres, New Delhi, Thousand Oaks, Sage Publications, 1998, aux p. 115 et 116.

34 Boeringer, Shehan et Akers, 1991; DeKeseredy, 1990; DeKeseredy et Kelly, 1995; Lavoie, Herbert et Dufort, 1995, cités dans Susan M. Jackson. « Issues in the Dating Violence Research: A Review of the Literature ». Aggression and Violent Behaviour, vol. 4, no 12 (1999), à la p. 242.

35 Walter S. DeKeseredy et Martin D. Schwartz. Woman Abuse on Campus: Results from the Canadian National Survey. Londres, New Delhi, Thousand Oaks, Sage Publications, 1998, aux p. 101, 102, 106 et 107.

36 Walter S. DeKeseredy et Martin D. Schwartz. Woman Abuse on Campus: Results from the Canadian National Survey. Londres, New Delhi, Thousand Oaks, Sage Publications, 1998, à la p. 113. Remarque : Les auteurs indiquent que c’est la conclusion qu’ils tirent « provisoirement ».

37 Lavoie, Vezina, Piche et Boivin, 1993; Gagné et Lavoie, 1993; Gamache, 1991, cités dans Walter S. DeKeseredy et Martin D. Schwartz. Woman Abuse on Campus: Results from the Canadian National Survey. Londres, New Delhi, Thousand Oaks, Sage Publications, 1998, aux p. 52 et 53.

38 Yasmin Jiwani, Nancy Janoviøek, Angela Cameron. « Erased Realities: The Violence of Racism in the Lives of Immigrant and Refugee Girls of Colour », dans Alliance de cinq centres de recherche sur la violence. Violence Prevention and the Girl Child: Final Report. Publié par Helene Berman et Yasmin Jiwani (recherche financée par Condition féminine Canada, 1999); Comité canadien sur la violence faite aux femmes. Un nouvel horizon : éliminer la violence, atteindre l’égalité, rapport final. Ottawa, ministre des Approvisionnements et Services, 1993.

Source : http://www.justice.gc.ca/fr/ps/fm/datingfs.html Ministère de la justice




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