L'adolescence : période de transitionLe début de l’adolescence est, presque par définition, un moment de transition, où l’on constate des changements importants dans tous les aspects du fonctionnement de l’enfant. La fin de l’adolescence est davantage un moment de consolidation, où les jeunes font preuve d ’une nouvelle identité plus cohérente, d’objectifs et d ’engagements plus clairs. Norma Haan (1981) propose une façon pratique d’aborder cette différence, fondée sur les concepts d’assimilation et d’accommodation de Piaget. Selon elle, le début de l’adolescence serait un moment dominé par l’assimilation, tandis que la fin de l’adolescence serait davantage un moment d’accommodation. L’adolescent de 12 à 13 ans assimile plusieurs nouvelles expériences physiques, sociales et intellectuelles. Pendant ce temps, et avant que ces expériences soient totalement intégrées, l’adolescent se trouve plus ou moins dans un état de perpétuel déséquilibre. Les anciens modèles ne sont plus très opérants et les nouveaux ne sont pas encore instaurés. C’est durant cette période que le groupe de pairs acquiert une importance capitale. L’adolescent de 16, 17 ou 18 ans commence à accomplir les accommodations nécessaires, il rassemble les différents fils pour établir une nouvelle identité, de nouveaux modèles de relations sociales, de nouveaux objectifs et de nouveaux rôles. Extrait du guide « Ma vie, c’est pas fou d’en parler! » Être adolescent aujourd’hui Période trouble, l’adolescence? Nul doute que oui. Entre 12 et 18 ans, tous les jeunes créent certains remous autour d ’eux parce que tous en vivent à l’intérieur d’eux-mêmes. C’est une période marquée par la puberté, cette formidable poussée de croissance du corps, et par l’actualisation de la pensée formelle, celle qui permet de juger, de critiquer et de remettre en question le monde environnant. C’est aussi la période des contradictions. On a besoin de ses parents, mais on les ignore; on veut être écouté, mais on se refuse à parler; on a envie d’être libre, mais on a encore besoin de la sécurité affective de la famille. Les émotions sont souvent à fleur de peau chez les adolescents; ils rient et pleurent. C’est une étape de la vie où déséquilibre, transition, expérimentation et remise en question vont de pair avec affirmation de soi, opposition, et parfois même, avec marginalisation. Notre monde en mouvance constante n’est pas toujours aidant. Les balises d ’antan ont disparu sans avoir été nécessairement remplacées. Les choix et les possibilités se sont multipliés. Les jeunes évoluent dans un terrain de jeu souvent trop grand pour eux. Représentant jadis le modèle à analyser, la famille à proscrire, mais finalement à reproduire, est aujourd’hui éclatée, monoparentale ou recomposée. La désunion n’est certes plus un phénomène marginal. Toutefois, séparation et divorce demeurent une expérience traumatisante pour les jeunes, spécialement quand l’un ou l’autre des parents choisit un nouveau conjoint sans analyse préalable des causes de la rupture du lien amoureux précédent. L’adolescence et la santé mentale Bien guidée dans la période d’expérimentation qui leur est nécessaire, l’étape de l’adolescence peut malgré tout s’avérer « tripant » et concluante. Dans sa recherche d’identité, le jeune peut être amené au sentiment d’être un tout cohérent entretenant des liens harmonieux avec l’environnement. Toutefois, laissés à eux-mêmes dans l’illusion de pouvoir tout contrôler ou, au contraire, brimés dans leur besoin d’affirmation et d’autonomie, les jeunes risquent de vivre l’adolescence comme une véritable traversée du désert. Ils risquent même de s’y perdre. La santé mentale d’un jeune peut être compromise par le vécu d’une détresse psychologique, par un traumatisme ou même un événement de vie (une rupture amoureuse ou le divorce de ses parents, par exemple), sans que l’on parle nécessairement de maladie mentale avec diagnostic psychiatrique. Il importe donc de pouvoir reconnaître les signes d’un jeune en détresse, afin d’être en mesure d ’intervenir adéquatement et de le référer au professionnel compétent. Quand sonner la cloche? La plupart des jeunes traversent l’adolescence sans trop de cassures et finissent par s ’organiser une vie adulte conforme à leurs aspirations. Toutefois, pour mille et une raisons, plusieurs jeunes vivent cette période beaucoup plus difficilement. Certains se sentent même littéralement happés par le fond. Les voies empruntées alors par les jeunes sont diverses : décrochage scolaire, drogues, dépression, troubles alimentaires, suicide … Les jeunes ont finalement bien des façons de dire que ça ne tourne pas rond. Mais encore faut-il qu’ils soient entendus. Certains signes peuvent mettre la puce à l’oreille et permettre aux adultes de dépister leur détresse en vue d ’agir adéquatement. De façon générale, lorsqu’un adolescent ne veut plus voir ses amis, ceux-là mêmes qui étaient toute sa vie; qu ’il se désintéresse de ce qui le passionnait et trouve tout le monde nul, à commencer par lui, on peut dire que cet adolescent mérite nos préoccupations. L’état de santé physique peut également s’avérer un indicateur important. Trop ou pas assez de sommeil, une fatigue constante ou un trouble alimentaire sont des signes évocateurs de détresse. L’hyperactivité soudaine ou l’euphorie forcée ou exagérée peuvent également camoufler un état de mal-être sous-jacent. On ne parle pas alors nécessairement de maladie mentale avec diagnostic, mais plutôt de manifestations concrètes de détresse. Toutefois, quand l’un ou l’autre de ces symptômes modifie le comportement, l’humeur, les émotions, la pensée et la perception de l ’adolescent au point où il peut difficilement fonctionner dans le quotidien, on peut penser qu ’ils sont les signes avant-coureurs de maladies mentales plus graves. Ce sont l’intensité, le cumul et la durée dans le temps des signaux de détresse qui doivent alerter l’adulte responsable. Il est important de garder à l’esprit que l ’adolescence a beau avoir le dos large, elle n’explique pas tout. On expédie trop souvent et trop facilement sous son couvert les symptômes de maladies mentales réelles et sérieuses. Savoir les reconnaître et en référer à des professionnels qui sauront les diagnostiquer et agir avec compétence constitue parfois la meilleure voie à suivre.L’école et la santé mentale Une école bien éclairée sur son rôle en prévention et qui ne se perd pas dans la confusion des messages sur les problématiques, peut plus facilement intervenir avec cohérence et efficacité sur la santé globale des jeunes. Elle est aussi plus apte à coordonner les actions sur son terrain et plus accueillante à l’endroit de la communauté. Cette école est donc en mesure de créer un environnement sain pour la santé mentale des élèves. Elle offre un milieu de vie où l’élève peut se réaliser de manières diverses. Elle s’assure aussi que tous les élèves reçoivent le soutien et l’aide personnelle nécessaire pour qu ’ils gardent leur équilibre et tous les adultes y travaillant sont informés sur cette réalité et conscients du rôle qu’ils sont appelés à jouer en cette matière. Plus spécifiquement, elle propose des activités éducatives qui favorisent le développement de compétences personnelles et sociales telles que la résolution de problèmes et de conflits, l’estime de soi et l’affirmation de soi, la gestion du stress et des émotions. Elle est soucieuse du sentiment de compétence scolaire qui habite les élèves et organise la pédagogie et l’évaluation en conséquence. Source : www.acsmmontreal.qc.ca/jeunes/
Absence de communication intergénérationnelle Absence de figures significatives Autonomie précoce ou pseudo-autonomie Déménagements multiples Expériences d’abus ou de violences Expériences de séparations prolongées (deuil, divorce, etc.) Placements nombreux Problèmes familiaux Troubles de santé mentale chez un parent ou dans la famille immédiate
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